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L'histoire d'une épée est écrite dans le sang [PV : Kerorian]

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Blaze Kazeroi
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Mer 31 Oct - 15:14


Une autre journée, comme les autres cette fois. Depuis sa réunion avec le trio, le bretteur avait largement changé sa façon de voir le voyage. Peu importe ce qu’on vous dira, une relation est un poids qu’il faut assumer et prendre en compte. Bien qu’elle était florissante et légère, Blaze prenait un plaisir coupable à parfois filer seul en avance sur la route du trio. La lenteur de Catô était insupportable pour lui, moins pour Khar’a, et il était le seul qui… ne pouvait-être laissé seul. Ainsi, Blaze et Khar’a se relayait si l’un ou l’autre avant envie de liberté et de filer en avant, dans la théorie. Dans la pratique, c’était surtout le jeune marqué qui profitait de ce ‘deal’ pour prendre, de temps à autre, des moments de solitude réparateur.


Il ne restait jamais loin ni très longtemps cela-dit. Par rivalité avec Catô et par amour pour Khar’a, il revenait fréquemment et restait la majorité du temps avec eux. Le voyage pour Gallia était long dans tous les cas, avec ou sans mage à moitié infirme. De plus, les routes étaient pas les plus sûrs ces derniers temps, avoir un éclaireur n’est pas un luxe, leur sécurité était sa plus grande satisfaction. Alors pourquoi il se tenait là, en pleine forêt, entouré de cadavres fraichement découpés et couvert de sang, le souffle court et de nombreuses coupures ?



« … Sanguinem infernum… » dit-il en langue ancienne dans un juron tremblant.


Eh bien, s’éloigner du centre de Daien est, avec les récents évènements, une mauvaise idée : La peur fait proliférer les bandits, qui adorent cette ambiance pour tenter des raids plus audacieux sur les grandes routes d’habitudes bien gardés et plutôt sûre. Catô, Khar’a et Blaze forment un trio particulièrement vulnérable à ce genre de menace. D’où cette idée de partir en éclaireur, il aurait aimé que le voyage se déroule sans accro, mais aucun plan ne résiste aux imprévues. Il fut attaqué sur sa route mais seulement par une petite bande de brigand de bas étage à peine plus de 3, il les repoussa très facilement et les suivit jusqu’à un petit campement en pleine forêt. Le genre de point de préparation pour une agression de commerçant.


Alors qu’il avait commencé son départ pour prévenir Catô et Khar’a de la menace et de la nécessité de faire un détour, on le repéra. Et la suite fut une histoire sanglante et sans saveur. La différence de technique était si apparente qu’on croyait voir un adulte combattre une bande d’enfant, mais quelques coups chanceux réussirent à le toucher dans la mêlée. Surtout une mêlée contre une personne. Survivre ainsi n’était pas très loin du miracle, si n’était que Blaze était, fort heureusement, à son avantage dans des escarmouches pareilles. La forêt lui avait offert une excellente couverture pour jouer autour des bandits et éviter un encerclement fatal, et sa maitrise de l’épée comparée à la technique basique de hache de ses attaquants prouva définitivement à quel point il était important de pouvoir toucher sa cible.


Le plus gros des bandits ont pris la fuite, mais il y aura de nouveaux dans ce campement sous peu, quelques morts ne les décourageront pas surtout que la route amenait à un village plutôt important. Le bretteur avait plusieurs options : retourner auprès de ses amants et préparer un détour, aller jusqu’au village pour prévenir de ce problème, ou finalement, rester ici jusqu’à la venue de Catô et Khar’a pour s’assurer que les enfoirés ne soient pas de retour d’ici au moins demain…
 


« Voyons déjà ce qu’il y a. »


Le bretteur commença une fouille des lieux mais à part des armes, de la nourriture et quelques richesses misérables de quelques personnes ayant été volés… Les corps n’avaient pas d’intérêt, même pas d’armure, de bouclier, ou quoique ce soit, des haches et des hachettes.


« Armes de simplet… »


 Toutefois, cette petite bataille avait fait un sacré bouquant et les corbeaux n’étaient pas les seuls qui se rassemblent au bruit du combat. Le village n’était pas trop loin et dans le cas d’une patrouille, il aurait des explications à faire. Essuyant sa lame, il prit quelques minutes pour observer autour de lui, s’apprêtant alors à aller jusqu’au village pour prévenir de ce problème : Attendre Catô et Khar’a venait à courir le risque qu’il se fasse noyer sous le nombre de renfort, et faire un détour ralentirait encore plus Catô qui rendait le voyage déjà lent…
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Kerorian
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Mer 31 Oct - 20:04

Enfin, un peu de tranquillité. Criméa ne lui avait attiré que des problèmes, enchaînant les rencontres qu'il ne souhaitait pas faire avec des gens qu'il n'avait pas envie de connaître.
Était-ce vrai ?
Le Rôdeur avait un doute lorsqu'il y repensait. La solitude était sa compagne favorite, à n'en point douter...mais était-ce la seule qu'il recherchait ? Son nouveau pacte avec Pandora agitait nombre de ses journées, en bon ou mauvais, et lui donnait une cible physique et mentale. Quelque part, devoir s'occuper d'elle, la regarder grandir et devenir adulte, s'endurcir face à ce monde hostile...provoquait...quelque chose qui...

Kerorian secoua à nouveau la tête, le craquement sec de branches sous sa monstrueuse masse fournissant une ancre à sa conscience pour ne pas s'égarer. Pandora était une plaie ! Une clocharde qui ne savait pas courir les routes et il lui fallait se la trimballer comme un boulet ! Pour quelle autre raison sinon s'empresserait-il de la bazarder loin de lui à la première occasion ? Il détestait la compagnie d'autrui !
Preuve en était de plus avec cette mage, cette Hedwidge venue de Begnion. Une femme intéressante, à n'en pas douter. Mais le Rôdeur admettait que des gens puissent lui plaire, sous un aspect ou un autre, sans pour autant devoir souffrir de leur présence. Elle aussi, il lui avait faussé compagnie à la première opportunité.
Hmm...même lui n'était pas convaincu. S'il avait souhaité les réduire au silence, pourquoi s'était-il donné tant de mal pour les épargner alors ?

Une touffe feuillue lui gifla le visage, son angle mort par la droite ne l'ayant pas remarqué. D'un geste contrarié, il cassa la branche et la jeta au sol. Cet éternel dilemme, cette question qu'il ne parvenait pas à formuler et qui demeurait imperméable à toute réponse satisfaisante persistait à le hanter.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il était mieux à Daein. Kerorian n'était pas très patriotique...pour ce qu'il comprenait du patriotisme en tout cas. Il admirait la loi imposée par Ashnard, appréciait le caractère rude et obstiné des soldats arborant l'emblème du wyrm sur fond de gueule, ces mêmes couleurs qu'il portait sur la tête comme une crinière sauvage. Et il aimait ses paysages, ses montagnes gelées, qui formaient comme une couronne de roche surmontée d'un manteau blanc au loin, ceignant le royaume de toute leur hauteur, leur impassibilité.
Oui, il aimait ce pays et ressentait comme un appel depuis ces pics immuables, indifférents aux tragédies des rois et des hommes, que même la Grande Guerre ou le Chevalier de la Mort ne parvenaient à troubler. Kerorian était né dans ces montagnes, et il avait la certitude qu'il y chercherait sa fin en temps voulu.

Bon okay, c'est cool la poésie et de savoir ton point de départ et d'arrivée...mais actuellement, le Rôdeur cherchait la route, et toutes les formulations élégantes qu'il tairait à tout jamais ne l'aideraient pas à démêler les chemins qui s'offraient à lui.

Et ce bruit qui attire son attention, plus loin dans les bois...c'est celui du combat. La seule chose dont il ne doute pas, la violence. Juste ou égoïste, contrôlée ou aveugle, elle était toujours là et avec une règle simple. La vie ou la mort.
Devait-il aller voir ? Le guerrier solitaire en doutait. Il en avait assez de courir à droite, à gauche, à la recherche d'une cible digne de ce nom pour ne trouver que misérables mécréants et déception. Le chant des rossignols était bien plus agréable que la futilité de quelques vies éphémères.
Mais est-ce qu'il avait mieux à faire, honnêtement ?

Ses pas lourds s'arrêtèrent, et un bref conflit d'intérêt émergea dans ses consciences. Quelques secondes plus tard, une réponse fut tranchée et le Rôdeur se dirigea vers la source de cette agitation, sa masse écrasant branches, buissons et racines alors que sa cape bruissait dans les feuillages et les épines.
Peu lui importait la discrétion, il ne craignait ni de voir ni d'être vu. Au contraire, les lâches fuiraient d'eux-même à sa présence, lui faisant gagner du temps en lui évitant de se donner la peine de les juger, et...
Et merde.


"J'en ai plein le cul, de ma vie..."

Cette tête d'ahuri surmonté d'une paillasse rouge, cette attitude avec une lame légère à la main qui donnait envie de lui coller des claques, cette assurance innée, mélange de témérité et de bêtise...c'était Blaze. La face d'oignon qui était venu lui souffler dans les narines, d'abord avec Pandora, puis après Kerowyn, pour lui faire la même morale que tous les autres.
Son pays était aussi pourri que les autres en fait. Il se balade au milieu de nulle part pour être tranquille et là, BLAM ! Une tête qu'il avait pas envie de voir de plus !
Avec un profond soupir, envahi par la lassitude, le Rôdeur essaya de positiver en se disant qu'au moins, pour une fois, c'était pas une foutue gonzesse qui viendrait lui casser les pieds...c'est vrai, ça aurait pu être Liyu ! Là ça aurait été le pompon dans le cul du cochon !
Mais qu'est-ce qu'il raconte...

Ah, et les macchabées autour du bretteur ? Rien à péter, si c'est mort on s'en fout.
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Blaze Kazeroi
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Ven 2 Nov - 18:46


Alors que le calme semblait revenir chez l’impétueux bretteur, le destin s’amusa une nouvelle fois à jouer avec lui. Si ce dernier existe véritablement cela dit. Des pas lourds, très facile à entendre, l’alertèrent d’une nouvelle présence venant s’ajouter à la partie. Arrogant, il jeta du haut de son épaule un regard dans la direction de ce bruit, seulement pour voir une masse difforme sous les arbres. Main à la garde, le bretteur analysait déjà la taille, la posture et… L’œil rougeoyant de son nouvel opposant. Soudainement, une vague de peur brisa son masque de confiance.



(D-Death ???)


Comme un torrent ne pouvant être maitriser par un barrage humain, la peur l’envahit et son visage devint livide de terreur. Death ? Ici ? Par tous les saints, la mort était venue le chercher ? Alors qu’il avait enfin atteint un bout de bonheur ? La futilité détruisit tout tentative d’évasion, si cette entité avait fait le chemin entier depuis Criméa, alors courir un peu plus ou un peu moins n’allait pas faire de grande différence. Le désespoir sembla l’accabler… Et puis.


La peur se lisait toujours sur son visage, la connaissance même de sa mort. Mais il avait prit une posture de combat, refusant de laisser mourir sans au moins offrir une légère résistance. Il s’apprêtait à prier que Khar’a et Catô le pardonnent jusqu’à ce que cette personne se révèle être Kerorian. La détermination passa à la surprise, puis à la déception. Visiblement, ni l’un ni l’autre n’avait envie de se revoir. Blaze essaye de positiver en se disant qu’au moins, ce n’était pas quelqu’un qui allait paniquer pour quelques morts autour de lui.


« …»



Il avait été particulièrement clair que Blaze l’avait confondu avec quelqu’un, quelqu’un dont il avait incroyablement peur. La preuve, il se sentait désormais bien plus en sécurité à savoir que c’est Kerorian. Un homme massif de plus de deux mètres, maniant une arme capable d’abattre des arbres et de le broyer entre ses mains comme une vulgaire allumette. Il n’y a que deux choses plus effrayantes : La mort… et une femme en colère, et Blaze avait expérimenté les deux. Dans un silence qui surpassait de sens n’importe quelle charade, il prit place sur un des corps pour s’assoir et se remettre de ses émotions en observant longuement Kerorian, se débarbouillant le sang avec sa main.



« … Tu lui ressembles beaucoup. » souffla-t-il pour lui-même, comme pour se convaincre. Il aurait bien dit à quel point ils n’avaient pas envie de se voir, mais leurs regards communiquaient déjà cette sensation de ‘Pas lui putain’. « T’es plus avec la gamine ? » faisant visiblement référence à Pandora. La présence de Kerorian le rendait perplexe, que diable pouvait-il bien foutre là ? La dernière fois qu’il l’avait vu était à Nevassa, aux services d'une enfant gâtée pourrie.


Laissant ses mots suspendre, il essuya une derrière fois son épée avant de la ranger dans son fourreau définitivement, heureux qu’au final il allait vivre encore un peu. Peut-être cela dit. Comme dit précédemment, Kerorian a beau ne plus être la chose la plus terrifiante hantant l’esprit du bretteur, il n’en restait pas moins une menace qui force le respect.
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Kerorian
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Ven 2 Nov - 19:16

Allons bon. Qu'est-ce qui lui arrivait, à l'autre tartignole ? Le Rôdeur se souvenait qu'il avait une tête d'ahuri, mais pas à ce point quand même. Cela dit, sa mémoire tendait à lui jouer des tours même sur les jours récents, il pouvait très bien avoir enjolivé l'aspect du bretteur, dans l'espoir de rencontrer un jour un guerrier digne de ce nom.
Cela dit, son expression actuelle et sa façon de s'asseoir comme s'il se remettait d'une émotion intense évoquaient une autre façon de penser. Comme si...il était soulagé de le voir lui. Qui pouvait bien être assez taré dans sa tête pour être heureux de le voir débarquer.
Il crut l'entendre marmonner quelque chose, mais préféra imaginer n'avoir pas compris. Pas encore un de plus, se disait le vagabond cuirassé. Lui qui assumait sans remords sa propre réputation, voilà que tout le monde le prenait pour un autre à cause d'un débile encore plus caparaçonné. Fait chier quoi !


" 'Devez avoir le même âge, crétin."

La question était fourbe. Répondre oui, car effectivement il s'était collé miss double F sur le dos, aurait été mentir car elle n'était pas présente...et répondre non, du fait de son absence, serait mentir aussi car le guerrier avait passé un nouveau contrat avec elle. Aussi, préféra-t-il esquiver la question.
Avant de répondre plus en avant, le Rôdeur jeta un oeil aux corps environnants. De la vermine, comme toutes ces racailles qui proliféraient partout en ce moment, même un enfant aurait pu s'en défaire...cela dit, le rouquin semblait les avoir vaincu sans mal, par des coups propres et efficaces.
Un bref instant, Kerorian posa ses yeux ardents sur lui pour l'étudier, le juger. Devenait-il un adversaire digne de ce nom ? La dernière fois, il s'était enfui au pas de course...aujourd'hui, il semblait plus fort, plus assuré.
Mais était-il au niveau ? Vraisemblablement pas. Le Rôdeur n'avait aucun intérêt à poursuivre une sauterelle qui ne ferait que sauter et fuir. Mais il progressait...tant mieux pour lui.


"Qu'est-ce que tu fous ici, tocard ? T'es pas dans la bonne direction pour Hatary."

Son regard était attentif, sa concentration hostile et sa voix sonnait comme le bois frappé par la foudre. Rêche, craquante, usée par de trop rudes traitements...mais l'égarement, le conflit qui l'étourdissait autrefois avaient disparus, et le Rôdeur toisait de toute sa conscience le bretteur, se demandant quel mauvais tour lui préparait encore le destin en lui envoyant encore et toujours de tels gens sur son chemin.
Une leçon peut-être ? Hedwidge n'avait pas la force pour l'affronter, mais avait mérité son attention...qu'est-ce que ce nabot pouvait bien opposer à son tempérament écrasant ? Une brève curiosité le saisit.
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Blaze Kazeroi
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Ven 2 Nov - 20:34


La réponse fit un instant glousser de rire le bretteur. Ay. Il ne devait pas être très loin de l’âge de la gamine d’apparence parce que. Marqué duh. Mais cela ne répondait pas à la question, tu parles d’un asocial des montagnes… Bien qu’il n’était plus effrayé, il n’était pas non plus stupide pour passer la fine ligne du respect. Il s’en contenterait pour un demi-oui. Car dans tous les cas, Pandora n’avait rien à faire ici, loin de Nevassa. Mais le bretteur avait se présentiment, et généralement il est bon. Généralement cela-dit, il l’amène souvent dans des situations dangereuses dont il ne peut s’extirper, la preuve sur le moment.
Ah, la fameuse question pour répondre à une question. Classique. Si ce n’est même très adapté pour la conversation entre eux. Avant de répondre, il prit un long soupir en rigolant doucement, un rire bas et mesquin, on pourrait dire, un rire blazé.

« Oh je sais pas, ptête que je vais pas à Hatary ? »

Chacun avait confiance dans le manque de confiance qu’ils avaient mutuellement. Si l’un ne répondait pas correctement, l’autre n’avait aucunement raison de faire l’effort. Et Blaze avait dépensé toute sa naïveté dans ce domaine pour faire le premier pas. Qu’est-ce que cet homme considère dans l’honnête. Pas grande chose : au mieux ça te fait des amis, au pire cela peut te tuer. Pour quelqu’un dont la vie se résume à la guerre, il s’agit d’un poids plutôt que d’un trait au fait.

Mais aussi peu naïf Blaze voulait se croire, il faisait encore des erreurs : Durant un instant, il réfléchit à Hatary, puis à Khar’a et Catô. Son expression s’adoucit lentement pour un sourire en coin bienveillant, chose qu’il remarqua et qu’il tenta de cacher au plus vite derrière un peu plus nonchalance et un soupir. Il se releva pour taper sur ses jambes, jamais il n’aurait cru éveiller de la curiosité chez le regard de cet… homme ? Au pire, il s’en foutait.


« Et qu’est-ce qu’un grand gaillard comme toi fait ici ? A part m’indiquer le chemin. »

Il savait déjà la réponse : Pas ses oignons. Mais bon, quitte à s’envoyer simplement l’un et l’autre valser avec des questions plutôt que des réponses, ils y seront encore là pour la nuit.

« Nah c’est bon. J’en ai rien à foutre, t’en as rien à foutre, on s’en sortira mieux comme ça. Jvais au village pour qu’il passe le balai, quitte à faire le sale boulot, autant être récompensé pour. » finit-il en prenant direction vers le village. Deux choses l’interpelèrent : Déjà personne ne le croirait avec la présence de Kerorian à côté qui était visiblement une présence bien plus respectable de front. De deux, il était fort possible que des fanatiques rodent considérant la ressemblance plus que proche entre Death et Kerorian. Cela s’annonçait délicat.

(Khar’a, Catô… J’espère que vous allez bien) se dit-il une dernière fois avant de reprendre sa concentration sur le moment présent.
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Kerorian
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Ven 2 Nov - 21:03

Était-il juste arrogant, ou profondément provocateur ? A jouer avec sa chance, on rencontre toujours son destin, qu'il fusse glorieux ou funeste. Cela, Kerorian pouvait le comprendre. La désinvolture de Blaze n'était-elle pas un écho, un reflet déformé, de sa propre témérité ? Depuis qu'il avait pris la route, il n'avait jamais craint ni lame ni flamme, la seule chose qui les séparait vraiment était leur manière de l'exprimer.

Pas à Hatary, hein...ça pouvait tout dire. Viré de son pays pour son incompétence ? Pour crime ? Avait-il coupé tout contact pour suivre sa propre voie, comme lui-même l'avait fait ? Un oiseau ne vole vraiment que lorsqu'il se jette dans le vide.
Bon, ce pigeon là méritait une énorme tatane dans ses gencives car il l'insupportait royalement...mais à sa décharge, tout insupportait royalement le terrifiant Rôdeur. Les hommes, les femmes, les Beorcs et les Laguz...la seule chose qu'il convoitait, c'était la puissance, et par elle, le défi. L'adversité forge l'Homme, et sans résistance, aucune progression. Une leçon de la vie autant que de son maître.

La réponse du bretteur aurait pu être punie de mort. Après tout, qu'est-ce qu'il était, sinon un chiot qui se prenait pour un loup ? Un de plus, parmi tous les autres. Mais peut-être était-il un grand chiot, presque un véritable animal, qui tendait à quelque chose de plus noble...comme lui-même, avait toujours tendu à être plus grand qu'il ne l'était.
Autrefois, il se nourrissait de sagesse autant que de puissance, d'escrime comme de poésie, trouvant sa grandeur dans la littérature comme dans le sang. De la plume ou de l'épée, il se moquait de savoir qui était la plus forte. Lui, aimait les deux. Et aujourd'hui encore, malgré sa malédiction, cette passion brûlait encore en lui.
Aussi, suivit-il le jeune canidé bipède, sans être affecté de son insouciance ou de son crime. Le sang valait le sang, le sien comme celui d'un autre. Ne meurent que ceux qui ne peuvent survivre, c'est ce que le Rôdeur se disait toujours, et cette même philosophie lui valait d'être écarté du monde.
Comme cela lui convenait.


"Je cherche quelqu'un apte à me tuer."

Kerorian doutait de pouvoir être plus clair. Depuis des mois, des années, sa seule véritable et principale quête résidait dans le fait de chercher un rival, un défi, un péril. Aujourd'hui plus que jamais, le Rôdeur espérait rencontrer un adversaire qui puisse lui faire mordre la poussière. La victoire enseigne l'arrogance, la défaite le pouvoir. C'était une autre leçon de son maître.
Hélas, le fait qu'il soit encore envie, était une preuve dangereuse de son arrogance justifiée. Il courrait le monde, les pays, les tribus, sans rencontrer de d'adversaire digne de lui. Est-ce que lui, le garçon des montagnes, était-il devenu si puissant qu'aucune lame en Tellius ne puisse plus le terrasser ? Ou bien les prétendus experts du combat étaient à ce point pathétiques qu'aucun ne parvienne à le menacer ?
Beorcs comme Laguz, nul ne le faisait vibrer. Alors que risquait-il, à suivre ce jeune fou ?


"Encore réduit à courir après l'or ? Hmpf."

Jamais, de sa vie d'ermite ou de guerrier errant, Kerorian n'avait attribué de valeur à l'argent. Pièces, rubis et bijoux ne représentaient rien d'autre pour lui qu'une preuve de sa faiblesse personnelle. L'argent permettait d'échanger, certes, mais il devait être raisonné. Ceux qui s'y vaudraient, ou n'avaient d'autre objectifs qu'en accumulaient, ne pouvaient qu'échouer.
Alors il arrivait, avec son armure, son épée ancestrale, et écrasait forts et faibles sans distinctions. Sans pitié, sans remords, sans même en garder un souvenir.
Mais le rouquin, qui semblait s'améliorer, attira son attention une fois de plus. Parviendrait-il à imprimer sa mémoire, ne serait-ce que pour briser sa routine quelques jours, quelques semaines ? Le Rôdeur n'en demandait guère plus, car il s'ennuyait tant...
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Blaze Kazeroi
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Ven 2 Nov - 21:44


Quelqu’un d’apte à le tuer… C’était effectivement toutes les informations dont il avait besoin. Tu parles de quelque chose déprimant… Mais Blaze pouvait comprendre cela, si lui-même était ce géant de puissance, que tout s’écrasait si facilement sous sa main, ou serait la joie de la réussite ? De la survie ? La pique le fit bien rire toutefois, l’argent n’a pas de valeur, tant que t’es pas en putain de couple !!! Se loger à 3, ça coute quand même à la longue, et c’est pas avec un putain d’érudit qui se contenterait de faire des leçons qu’ils allaient gagner de quoi se trouver un lit pour… pour… God damn it.

« Apte à te tuer hein… Plutôt apte à te battre. Voir même te menacer. »

Il tenta d’ouvrir la conversation, n’étant pas son fort… Sans compter le morceau qui allait l’écouter. Enfin cela valait peut-être le coup, qu’avait-il à perdre après tout ?

« Tsais, je suis faible. C’est un secret pour personne et toi encore moins. Mais c’est ça qui donne de la saveur à la victoire, et à la survie. Quand je manque de me faire trancher la tête sur une esquive, toi tu te contentes de regarder tes adversaires s’écraser contre ton armure en te demandant à quel moment c’est supposé t’inquiéter ? Quand je survis un jour de plus, je souris et me dit que je l’ai mérité. Pour toi, c’est aussi simple que respirer… »

Cette réflexion, Blaze l’avait faite en se rappelant de sa jeunesse, quand il voulait devenir fort. Quand il avait encore le rêve de devenir un bretteur si puissant et connu à Hatary que personne ne pourrait le challenger. Mais aujourd’hui, il voit la tristesse d’un tel chemin. Un chemin que Kerorian avait emprunté. Là ou Kerorian se battait pour mourir et enfin sentir encore la peur, l’excitation, le frisson du combat, Blaze à l’inverse se battait pour vivre, appréciant chaque seconde qu’il arrachait à la mort. Cette différence fondamentale de philosophie expliquait certainement leur aversion mutuelle.

« T’es déjà dans le haut de la chaine alimentaire, doit-être ennuyeux ce trône non ? Franchement, si je craignais pas une baffe, j’aurais même dit que j’ai pitié de toi… Chié. »

Trop tard, lui et sa grande gueule. Au pire, la baffe arrivera et il sourira encore et au mieux ? Au mieux il savait pas. Mais cela posait la question, comment satisfaire ce mec ? Clairement, Blaze était au courent de l’écart de niveau entre eux, puis du désavantage massif de leur style de combat respectif. Donc hors de question… Et puis merde, chacun ses problèmes. Il y réfléchirait quand il aura une idée, car à part essayer de le torcher et faire des conneries, c’est pas la peine. Il pouvait maintenant qu’attendre de prendre la baffe. Ou pas.
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Kerorian
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Ven 2 Nov - 23:11

Tch ! Voilà bien la réponse la plus pertinente qu'il n'avait entendu depuis fort longtemps ! Au lieu de le juger d'un point de vue stupide, le bretteur lui fournissait une réponse logique - du moins de vue d'un guerrier - qui s'écartait des bonnes mœurs et de la morale.
Des chaînes inutiles et stupides qu'aimaient s'imposer les faibles, en somme. Le seul fait de le comprendre témoignait que l'épéiste du désert était soit très fort...soit infiniment arrogant. Car comme cette crevette le disait, Kerorian possédait de nombreuses forces. Sa puissance pure extraordinaire, apte à faire baisser les yeux à un putain de Dragon. Ou bien sa maîtrise du combat, car malgré son jeune âge, la seule chose qu'il n'ait jamais connu a été le combat, la façon d'appréhender la distance, la manière de sentir le danger, de saisir l'opportunité qui sépare la victoire de la mort, et sa pesante armure qui, malgré l'épouvantable entrave qu'elle représentait, formait également un mur d'une fantastique résilience.
Armé de tant d'atouts, Kerorian savait être un des guerriers les plus dangereux de Tellius. Insensible à la douleur, même un ouragan de flèche, de flammes ou de lames ne pouvait l'arrêter. Puissant, et dangereusement doué, peu d'êtres pouvaient espérer lui tenir tête en duel. De fait, "être en haut de la chaîne alimentaire" était une comparaison ô combien primaire...mais juste.
Et c'était là tout son dilemme. Trop fort pour être défié, trop faible pour être satisfait. Pile entre les deux, tout ce qui lui restait, c'était sa souffrance mentale, en tant que guerrier, qui pensait pouvoir faire mieux.


"Tss...Cette armure ne sert qu'à pallier ma faiblesse."

Kerorian détestait les armures. Depuis toujours, il comprenait l'intérêt d'avoir des protections, de couvrir les zones les plus sensibles, et l'avantage de porter une carapace impénétrable...mais lui ne pouvait pas le supporter. Dans sa jeunesse, il se contentait du minimum, bras et jambes, rien de plus. Pourquoi demanderait-il plus ? Sa force pénétrait les armures, et son allonge contrait lances et agilités.
Mais...avec la Dragonslayer. Le poids, les blessures, il prenait conscience, alors que son corps s'insensibilisait, qu'il ne pouvait plus éviter des coups indignes...alors il s'était couvert de cette armure qu'il méprisait. Force ou faiblesse ? Aujourd'hui, le Rôdeur n'aurait su trancher. C'était faiblesse que se priver d'un atout, mais était-ce force de se cacher derrière l'acier ?


"Ennuyeux...Oui. Je parcours le continent, indifférent à l'Ordre comme au Chaos, à la recherche d'un duel digne de ce nom."

Pourquoi confiait-il donc ses espoirs les plus secrets...ou évidents à cette vermine, ce déchet de la société et du culte de la guerre ? Aucune idée. Le Rôdeur avait simplement besoin d'entendre...un avis, un jugement plus clair, différent. Quelque chose. Il voulait juste qu'on l'oriente, d'une manière ou d'une autre, sur un chemin ou contre une cible. C'est tout ce qu'il demandait.
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Blaze Kazeroi
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Sam 3 Nov - 17:58


Pas de baffe ? Pas de baffe. Un soupir de soulagement dérapa de ses lèvres alors que Kerorian répondit avec un calme qui était… désarmant. Habituer à l’hostilité et généralement le sentiment de vouloir l’écraser sans vergogne, le bretteur se retrouvait véritablement plus gênée qu’autre chose, vous savez, cette sensation de culpabilité quand vous avez terriblement mal calculé le caractère d’une personne et qu’elle vous le démontre avec une honnête aussi brutale qu’un crochet du droit. Il y avait un peu de ça. Secouant brièvement la tête, il se dit que cela devait être un relâchement temporaire…
Toutefois, s’il y a une chose que les hommes aiment de façon commune, c’est être écouté. Trop souvent, l’un comme l’autre parlait avec l’acier, une langue simplissime mais au combien complexe. Parfois, mettre sur parole la pensée de l’un est la première étape pour mieux se comprendre. Il y a une raison pour laquelle le chant, la peinture et la sculpture sont considérés comme des arts : Chacun est une tentative, plus ou moins réussite, de mettre ce qui se passe dans la tête, sur un objet réel. Alors Blaze écouta…

« La chair est faible et est une faiblesse commune à tout le monde. Mais… Le port d’armure reflète un état d’esprit, celui d’accepter de se faire toucher. Les rêveurs comme moi se passent de protection pour voler toujours plus haut, jusqu’à bruler j’imagine… »

Voler jusqu’au Soleil pour se bruler les ailes tandis que Kerorian, coffrer dans son armure, reste misérablement au sol. En vie, certes, mais au sol. Une métaphore dont Blaze ne s’était pas cru capable. Pourtant, ironiquement parlant, Blaze possédait une armure, non non, pas l’amour ou une connerie du genre. Une vraie armure de cuir, ou plutôt un manteau renforcé. Généralement, ce genre d’armure est amélioré à l’aide d’acier aux endroits critiques mais Blaze n’en possédait point. Au mieux, cette ‘armure’ pouvait encaisser une coupure de couteau ou de lame très légères utilisés par un abruti. Mais dès que cela s’avère sérieux eh bien…

« Ah. Le duel. Je le vois très bien… Même si le duel que nous recherchons n’est pas le même. »

Non. Blaze veut un duel d’une propreté et d’une intensité si palpable qu’on pourrait découper l’air au couteau. Ce duel ne comporterait que 2 ou 3 coups, ni plus, ni moins. La tension du regard, le cliquetis d’une lame sortant de son fourreau. Et puis un simple coup. Et un seul s’en sortant vivant. Le duel que pouvait souhaiter Kerorian selon lui, était beaucoup plus cru, brut et cruel : Certainement avec beaucoup de coup, de choc, lame contre armure, bouclier contre lame, acier contre acier. Une bataille de mastodonte, de vrai « hommes » si l’on peut dire ainsi.

« Hélas. Tu n’es pas un adversaire facile. Peu peuvent t’encaisser de front, et ceux qui peuvent te tuer sont principalement des mages, pas très glorieux. J’ai même entendu que la mort par le feu dans une armure est une des pires… »

Imaginez un instant votre armure, votre plus fidèle compagnon d’arme, celui qui vous a sauvé un nombre incalculable de fois, soudainement se retourner contre vous ? L’acier prenant une température insupportable, vous brulant sous votre cote de maille, vous étouffant à petit feu et vous cuisant comme un vulgaire pot-au-feu. Blaze eut un frisson à imaginer cette terrible mort… Durant cette réflexion, le village était en vue, quelques pas et ils seraient à portée des soldats à leur poste, mais définitivement pas en train de faire leur travail à vue d’œil.
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Kerorian
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Sam 3 Nov - 20:48

Hmm...ce pauvre fou était-il en train d'essayer de tenir un dialogue philosophique ? Après tout, n'importe quel poivrot moyen était capable de se réinventer un monde. Mais pendant une seconde, le Rôdeur crut que ce rouquin avait quelque chose d'intelligent à dire. Porter une armure, c'était accepter de subir les coups...ça se défendait comme idée.
En revanche, il se demandait s'il l'insultait ou non. Certes, ce gamin était un rêveur, qui à force de se croire trop léger allait finir par se vautrer...mais est-ce qu'il sous-entendait que le Rôdeur était une enclume, et qui comme toute enclume n'irait jamais ailleurs que sous le marteau ?

Mais Blaze semblait stupide même lorsqu'il réfléchissait enfin. Comment un duel pouvait être autre chose qu'un duel ? Qu'importe la façon de se battre, seul comptait le résultat...ou bien l'épéiste sous-entendait que leur destination n'était pas la même ? Auquel cas, leurs voies seraient en effet différentes.
Ou alors il était juste véritablement con comme un boulon. Cela semblait plutôt être ça, car le bretteur se fendit d'une tirade d'une évidence épouvantable qui fit rouler des yeux au Rôdeur. S'il y avait une leçon à tirer de cette rencontre, c'est que Kerorian avait tort de penser que les femmes étaient ses ennemis. Tout le monde l'insupportait, parfum saucisse ou abricot, ils étaient tous aussi exaspérants les uns que les autres.


"Seuls les débiles dans ton genre peuvent croire qu'un mage puisse me terrasser."

Certes, la lourdeur l'exposait aux terribles dégâts des sorciers, les boules de feu et autres éclairs transperçant son armure comme ses propres coups transperçaient la chair...mais le Rôdeur était un mastodonte. Même si l'enfer devait jaillir à la surface du monde, et que les démons ravageaient toutes les terres connues, il continuerait à démontrer sa ténacité. Un trait qui faisait défaut aux mages.
Pourquoi ne rencontrait-il donc que des débiles lambdas, bas de plafond, sans talent et sans raisonnement, incapable de voir plus loin que le bout de leur nez, enfermés dans leurs croyances et préjugés bornés ? Tout ce qu'il demandait, c'était de rencontrer quelqu'un de différent.

Recommençant à s'énerver, le Rôdeur trouva dans le village dont il se rapprochaient un exutoire à son tempérament dément. Il n'avait pas la moindre d'idée d'où il était, ni pourquoi. Lui, se contentait de suivre ses pieds, au gré d'un obscur instinct.


"Qu'est-ce qu'on vient foutre chez ces sacs à merde ?"

Est-ce que cet idiot pensait apprendre quoique ce soit auprès de ces paysans, civils et pochtrons sans avenir ?
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Blaze Kazeroi
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Lun 5 Nov - 11:42


Mais bien sûr, traite-moi d’attarder tant qu’on y est. T’es pas plus malin en disant que tu camoufles ta faiblesse dans de l’acier pour après te dire que t’es puissant. La résistance à la magie est une capacité mentale, dont tu sembles visiblement exempté.

Mais c’était Kerorian, toujours aussi injurieux, agréable et sympathique pour tenir une conversation. A quoi s’était-il attendu, un propos cohérent ? Visiblement il avait placé ses espoirs bien hauts. Il se retourna pour observer avec un regard froid comme l’acier traduisant à peu près cela.

Tu sonnes comme un vieux grincheux dont la démence prend doucement tout ce qui te reste, chose dont tu es conscient et que tu caches derrière une attitude aussi exécrable que ta prétendue force. T’es pas seulement faible de chair, t’es faible d’esprit et de conviction et tu continues ta recherche futile en espérant que cela changera. Pauvre fou.

Il aurait aimé dire cela, mais à quoi bon ? Pour arriver contre une oreille sourde ? L’un comme l’autre parlait mais n’écoutait pas. En même temps il y a bien peu à synthétiser des paroles de Kerorian. Sans compter qu’il serait certainement enclin à lui briser la nuque sur ce genre de parole. Toutefois, la dernière phrase fut la goutte qui fit déborder le vase.

« Tu vas arrêter un instant de te plaindre sombre connard ? »

Il venait de faire demi-tour pour lui faire face de sa hauteur, certes, très humble, mais il paraissait plus grand qu’à ses débuts…

« Tu parcours depuis tout ce temps Tellius et tu trouves personnes, t’as pas pensé un instant que ça ne marche pas comme ça ? » Ou t’es encore à te branler sur ta propre force en te disant qu’on vaut tous pas un clou. Bien, c’est beau d’être aussi égoïste et égocentrique que ça. Les traits d’un vrai guerrier ! Hah !

Raclant sa gorge avant de cracher sur le côté pour s’assurer que sa voix serait claire et pas tremblante, il continua sans faire attention à l’attention qu’il attirait.

« Imagine que je suis quelqu’un d’autre, avec du potentiel. Est-ce que j’ai une raison de me battre contre toi ? Non. Aucune surtout si je tiens à ma vie. Tu n’as ni ami, ni ennemi et tu t’attends à trouver la perle comme ça ? T’auras des cheveux blancs avant que ça n’arrive ! Oh je parcours le monde en ignorant tout, cherchant le grand guerrier qui m’offrira enfin un vrai combat. » dit-il en parodiant le ton sombre et le regard sombre de Kerorian.

« Arrête de te plaindre et commence par déséquilibrer un peu les choses si tu tiens tant à trouver un combat digne de ce nom. Fait toi des alliés, fait toi des ennemis, obtient de la gloire tant qu’on y est. Donne au gens une raison de te combattre avant de te plaindre que personne ne vient te voir. T’étais sur une bonne piste avec la noble de Daein. »
 
Soupirant et se grattant la nuque, il n’avait plus grand-chose à ajouter. Mais il croyait sérieusement ce qu’il disait : C’est en rencontrant et en maintenant des relations que nous évoluons en tant qu’humain et en tant que guerrier. Il avait rencontré Mysti, Engar, Raphael, Burnagore et d’autres encore, qui lui ont donnés des raisons de combattre ou de ne pas combattre. Et faire cela attire forcement des ennemis, des défis et de nouvelles expériences. Mais est-ce que cela serait à la hauteur de la demande de Kerorian ? Probablement pas, du moins au début. De la même façon que la légende d’Ike raconte comment il a commencé en tant que jeune homme se cherchant encore, jusqu’à ce leader d’une bande de mercenaire, puis d’une armée, pour vaincre le roi fou, le chevalier noir et même une divinité… Ike a rencontré des individus avec lesquels il s’est lié d’amitié, ou au contraire, lié dans la haine.

Il soutint le regard de l’homme devant lui, à la fois curieux de sa réponse et terrifié qu’il venait de se faire peut-être, un ennemi dont il aurait du mal à se défaire. Certes, avec plus d’expérience, un équipement parfaitement adapté pour le travail et beaucoup de chance, il pouvait tuer ce fou. Mais ça ne serait pas la mort qu’il souhaiterait. Il serait un moustique qui allait le piquer à mort, l’obligeant à brasser sur vide jusqu’à fatiguer et enfin mourir de façon pathétique. Kerorian était techniquement cela par rapport au monde, un moustique qui voulait son quelque chose mais qui ne mettait pas les moyens…
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Kerorian
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Lun 5 Nov - 12:30
Finalement il y avait bien quelque chose à apprendre en effet. Sa théorie se confirmait, homme ou femme, ils étaient tous aussi pourris et pénibles les uns que les autres. La réflexion du petit Blaze était celle d'un avorton, de l'enfant qui se plaignait que "c'est pas juste ! Il m'a tapé parce qu'il est plus grand que moi !", une défense parfaitement intolérable, encore plus de la part de quelqu'un qui osait lui donner des leçons.
Encore.

Qu'est-ce qu'ils avaient tous, en ce moment, à lui prendre la tête comme pas permis et à le défier tout en clamant haut et fort qu'ils se savaient impuissants face à lui ? Bon, la diplomate de Begnion avait finalement été intéressante, elle, car elle avait su faire preuve de recul malgré son évidente humanité qui souillait tous ses efforts...mais le bretteur ne faisait même pas cet effort. Il débitait des conneries plus vite que le Rôdeur n'arrivait à les écouter.
Comme souvent, c'était un point de vue qui se défendait bien sûr. Pour un Humain. S'entourer d'amis, ou d'ennemis, se mêler aux gens pour interagir avec eux...la routine quoi. Mais qui, une fois de plus, ne s'appliquait pas à lui.
Les lois sont bafouées par ceux qui les créent, les serments rompus par ceux qui les prononcent. L'honneur disparait, étouffé par la peur et la cupidité, et avec le courage s'estompe le pouvoir.


"Pourquoi je m'entourerais d'incapables qui n'ont rien à m'apporter ?"

Se traîner des boulets ne le rendrait pas plus fort. Plus humain, peut-être...ou bien achèverait de lui faire péter les plombs. Il s'était encombré d'amis, de famille, d'une compagne et même d'un enfant. Et pourtant, il n'avait jamais été plus puissant que lorsqu'il s'en était débarrassé.
Mais ça, le guerrier n'allait pas se fatiguer à l'expliquer à cet obtus bas de plafond. Ici aussi, ce serait une perte de temps d'essayer de lui faire comprendre quoique ce soit. Ce n'était qu'un humain parmi tant d'autres, juste un déchet de plus sur la route.


"Comme tous les autres, tu te crois suffisamment sage et intelligent pour me dicter ma vie. Mais réfléchis-tu seulement avant de parler ?"

Le toisant de toute sa stature, le Rôdeur se pencha légèrement, comme si son ombre allait écraser l'épéiste du désert. Rencontrerait-il seulement quelqu'un capable de ne pas lui faire le même discours que tous les abrutis rencontrés jusqu'alors ?

"Crois-tu donc que ma lame s'est souillée de sang toute seule ? Abruti il le bouscula. Une simple poussée pour lui, mais peut-être un ouragan pour le bretteur Contrairement à toi, petit déchet, anonyme dans la foule, j'ai même eu une famille."

Il perdait son temps...il perdait son temps, c'était sûr et certain. Mais Kerorian était susceptible, susceptible et sur les nerfs. Certes, il rêvait un peu naïvement de tomber sur un guerrier à sa hauteur, même s'il doutait d'en croiser un comme ça sur la route...mais le pouvoir passe aussi par l'esprit. Un duel digne de lui pouvait être aussi un conflit de volonté, quelqu'un qui enfin manifeste une force mentale hors du commun, qui mériterait d'être écoutée, considérée, et qui ne lui déblatérerait pas les même conneries que tous les autres.

"J'épargne les chasseurs de primes à ma poursuite, pauvre débile. Dans l'espoir qu'ils comprennent le fossé entre eux et moi, et qu'enfin un vrai guerrier se montre il cracha aux pieds du bretteur, pour lui faire comprendre que ce guerrier ne serait jamais lui J'attends de tester ma force, pour savoir dans combien de temps je pourrais défier les Rois. Mais plus j'attends, plus je désespère de voir que l'imminence d'une nouvelle destruction affaiblit Tellius."

Lui qui désirait rencontrer un obstacle, ne pouvait alors pas réaliser que sa force continuait à sa croître, et à écraser des adversaires qui, quelques mois à peine plus tôt, lui auraient donné du fil à retordre...mais en revanche, il tenait à faire comprendre l'écart de puissance et de projets qui les séparaient, lui, et le chien du désert.
Kerorian demande du défi, pour se jauger, progresser, et un jour prendre la vie de rien de moins qu'un seigneur-Laguz - les Beorcs n'étant dirigés que par des femelles - ou perdre la sienne dans un combat aussi noble qu'intense.


"Tandis que toi, pauvre bâtard, quel est ton rêve sinon de me casser les pieds en jappant plus fort que tu ne battras jamais ?"

Du haut de sa carrure, le Rôdeur le tança de ses yeux de feu, où luisait dans ses pupilles brillantes tout le mépris qu'il ressentait pour cette larve prétentieuse qui ne faisait que beugler. En le traitant ainsi, il insultait son sang-mêlé plus que son origine de loup - qu'il avait oublié - et espérait lui faire comprendre que les mots ne formeraient jamais de lame suffisamment puissante pour le blesser.
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Blaze Kazeroi
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Lun 5 Nov - 21:44


Le retour de flamme était attendu, mais n’avait véritablement aucun poids. Car pour être franc, voir Kerorian sourire de façon heureuse et tendre serait plus terrifiant que n’importe quelle grimace qu’il pouvait émettre. La simple dépiction d’une telle aberration rendit Blaze malade… L’argumentaire de s’encombrer était valable, compréhensible même, assez pour qu’il hoche un sourcil d’intérêt. Enfin quelque chose de valable, pas pour long du moins.
Attendre quelque chose des autres est une faiblesse en soit. Pour un être aussi solitaire, il ne s’attendait pas à un tel jugement, dont la plus belle ironie arrivait. Il ricana aux mots sage et intelligent. Oui il ne réfléchissait pas beaucoup sur ses paroles, ça venait du cœur, n’était-il pas des guerriers ? Qui parle avec les muscles ? Le cœur est un muscle non ? Le cerveau, c’est discutable.

« Si tu es venu pour de la sagesse, t’es vraiment mal tombé. » Mais bon, ça te fait plaisir de te dire que personne n’a de valeur, c’est tellement plus facile que d’essayer de mettre dans les bottes d’un autre après tout. Connard va.



Kerorian le domina de sa hauteur, l’écrasant sous une ombre qui ne fit qu’accentuer le sourire de défiance du bretteur. Il avait vu plus grand et plus intimident physiquement après tout. Du moins, cette phrase donna un peu plus d’information pour le bretteur, avant même de pouvoir les procéder, le Rôdeur s’amusa à le bousculer. C’est qu’il y avait de la force, mais dans un rire toujours aussi énervant, il se rattrapa élégamment avant de mettre les mains dans ses poches pour toiser du regard Kerorian, beaucoup plus petit avec cette distance. Il eut toutefois la gentillesse de rappeler le dépit par un crachat. C’était de bonne guerre.
Cette bousculade l’avait, en vérité, plus mis en sécurité qu’autre chose. Mais la vraie question était de savoir si le Beorc l’avait fait de façon volontaire pour épargner le bretteur, ou simplement dans un acte de rage bête et méchant. Plus sérieusement, Blaze s’inquiétait pour l’enfant de Kerorian, vivre sans père n’est pas une enfance facile et pouvoir le faire épargner serait une réussite pour lui. Mais comment convaincre quelqu’un qui ne ressent rien ? La logique, froide et meurtrière. S’il en était capable.

« Erf, tu me demandes de réfléchir comme quelqu’un qui n’a pas d’humanité… » Voyons, je suis un géant, surpuissant, dont le cœur est mort. Je ne veux qu’une chose, une mort glorieuse dans un combat si violent et brutal que je puisse enfin sentir quelque chose à nouveau… « Pourquoi les épargner ? Les tuer augmenterait ta prime et ta réputation, le prix d’une prime reflétant généralement la difficulté. Tant que ta prime est basse, tu n’attireras que des guêpes. »

Blaze devait se pincer pour s’assurer qu’il venait de prononcer cela. Niveau éthique, on est bas, très très bas. Mais c’était un argument en toute somme, parfaitement logique. Il doit exister des chasseurs de prime extrêmement puissant, mais cela courait le risque d’attirer des assassins… Pas exactement la cible souhaitée, mais il devait forcement y avoir un ou deux chasseurs à la hauteur.


« Peut-être que le véritable test est justement sur ta patience ? » dit-il en rigolant, n’y croyant absolument, et paradoxalement, se foutant ouvertement de la gueule de Kerorian. « Si ton objectif final est d’atteindre les Rois, alors leurs généraux sont d’excellentes mise en bouche, et si c’est trop, il existe des champions d’arène qui doivent représenter un bon challenge. »

Hélas, il n’avait pas la science infuse, il était un épéiste, heureux, bête, mais heureux. Et si l’écart de force restait présent, Blaze avait une puissante conviction en ses propre projets. Il répondit avec une douceur presque inquiétante considérant le ton de la conversation.

« Mon rêve ? Tuer Ducan. Et faire de Tellius un endroit où les Laguzs et les Beorcs peuvent vivre heureux ensemble. » Alors que toi, misérable merde égoïste, tu veux tuer et tuer et tuer juste pour voir ton niveau et tuer un roi. J’espère que tu crèveras d’une mort surprenante et décevante, comme nous tous.



J’aimerais parler de ta famille et te traiter encore de père indigne, ce que tu es. J’aimerais parler du fait que tu juges comme tu respires avant de le jeter au visage pour te défendre derrière l’argument du ‘Ne me juge pas, ya que moi qui juge’. J’aimerais discuter des Loups qui sont morts de tes mains alors qu’ils étaient sous MA responsabilité, cela te vaudrait la mort par mes mains, alors j’attendrais le moment opportun. J’aimerais qu’on discute un peu du pourquoi tu es si obsédé par cela, de ce qui t’a rendu si misérable que tu ne dérives aucun plaisir plus de rien. T’offrir une bonne mort est un luxe que tu ne mérites pas.



« Mais vraiment, si tu te sens prêt, les généraux de Daein sont un bon point de départ. En battre un en combat singulier sera une preuve plus que suffisante. Et si tu étais encore avec la gamine, tu aurais eu un ticket gratuit pour ça. »

J’espère qu’ils vont écraser ton crâne, qu’ils vont te… Argh, j’aimerais plutôt que tu t’occupes de ta putain de fille qui va grandir sans son père. J’aimerais que tu puisses sourire avec une bonne bière à la main, que tu t’excuses pour ces pauvres Loups. Que tu ais… autre chose qu’une étincelle vacillante dans ton œil. J’aimerais voir la flamme qui t’a animé un jour pour que cela ne m’arrive jamais.



« Si notre timing est bon, tu te chargeras de l’un pendant que j’étripe l’autre. Et on se sera fait tant d’ennemi avec ça que tu souriras tous les jours tiens ! » Il rigolait, mais d’un rire sombre, peu franc et franchement maussade.
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Kerorian
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Lun 5 Nov - 22:27
Mais quel être pathétique. Le seul fait qu'il respire encore était une insulte à tous les autres épéistes, car si cet imbécile ultime pouvait rêver de tuer l'un des Cavaliers de Daein, alors les bretteurs devaient vraiment être d'épouvantables combattants. Chaque fois qu'il ouvrait la bouche, c'était pour dire une connerie, juste pour étaler son arrogance comme une carapace.
Il lui faisait presque regretter ses équivalents féminins. Ce qui en soit, était une performance. La seule chose un minimum sensée qu'on puisse tirer de cet abruti, c'était de suggérer d'aller affronter les noms connus...ce qui démontrait aussi son absence totale de capacité à se projeter dans l'avenir. S'il allait affronter ces célèbres guerriers, et qu'il les écrasait...
Et ensuite ? Il recommencerait à tourner en rond en attendant que quelqu'un lui tombe dessus ? Sauf que s'il se taillait une telle réputation, les amateurs le fuiraient...ou viendraient lui casser les pieds, comme celui-ci. Le Rôdeur préférait éplucher les combattants errants et se réserver les cibles fixes pour plus tard, comme "dessert", ou lorsqu'il en aura assez de chercher en vain.


"Continue à te cacher derrière ton arrogance, et prie pour qu'elle te permette de mourir sans avoir à assumer d'être dépourvu de force, d'intelligence et de courage."

Juste une grande gueule. Il était déjà comme ça la dernière fois, à parler, parler, parler...bordel, mais il était encore pire que Pando' en fait ! Pando au moins elle est bonne ! Et elle essaye un minimum de faire marcher son cerveau, alors que le rouquin semblait s'entraîner consciencieusement pour le marathon de la connerie.
Le jour où une telle épreuve est officialisée, le Rôdeur parie toutes ses économies sur le bâtard du désert, il est sûr de devenir riche en un rien de temps.


"Tu as failli comprendre qu'il est impossible de nous placer au même niveau. Alors maintenant, pauvre larve, comment peux-tu oser croire avoir la moindre leçon à me donner ?"

Ses nerfs commençaient franchement à lâcher. Chaque fois qu'il rencontrait quelqu'un, c'était la même histoire, le même monologue, la même lassitude...et pourtant, Kerorian se résignait à les laisser parler dans le vent, préférant ne pas s'emparer des âmes éternelles - ou presque - de ces déchets sur pieds...mais plus il les épargnait par dépit, plus ils se multipliaient.
Et en plus, ils s'étonnaient qu'il soit violent !?


"Pèses très soigneusement tes prochaines paroles, ou tu découvriras que tu pourras fuir aussi loin que tu voudras, la Mort finit toujours par rattraper ses proies."

A n'en pas douter, le rouquin plastronnait comme un imbécile car il était soit le dernier des abrutis - ce dont le Rôdeur ne doutait pas - soit car il se sentait en sécurité grâce à sa vitesse. En effet, on ne pouvait pas lui retirer ce fait, il courait vite. Contrairement à Kerorian, qui même sans son armure et son épée n'était pas un grand sprinteur...
Mais lui ne se fatiguait pas. Ne mangeait pas, ne dormait pas. Il pouvait le traquer inlassablement, jour et nuit, des plaines aux montagnes, sous le soleil ou dans les neiges nocturnes - lorsque viendra la saison - peu lui importait.
Engoncé dans son épaisse armure, alors que son épée émanait un miasme éthéré en réponse à l'intense désir de violence de Kerorian, ses yeux s'illuminèrent un instant, comme animés d'une flamme écarlate, avant de reprendre leur éclat naturel. Poursuivre quelqu'un n'intéressait pas le Rôdeur, c'était d'un ennui mortel...mais si ça pouvait faire taire cette insupportable grande gueule, l'affaire valait peut-être l'effort.
Et bien sûr, inutile de dire que s'il ne suggérait même pas au bretteur d'essayer de se battre, c'est car il pensait que le Marqué n'était rien de plus qu'un lâche, tout juste bon à prendre ses jambes à son cou à la moindre occasion. Cela se sentait dans son ton, et son regard mordant.
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Blaze Kazeroi
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Mar 6 Nov - 0:35


Au moins, Kerorian pouvait se vanter d’une chose, il comprenait bien Blaze. Son arrogance a toujours été sa meilleure arme, et sa meilleure ruse. Il n’avait plus confiance en lui depuis les récents évènements, sa force était loin d’être sujet aux rigolades mais elle n’était pas non plus encore exceptionnelle. Il n’était ni fûté, ni le plus courageux, et c’était quelque chose qui l’aurait piqué à l’honneur il fut un temps. Il se contenta de répondre joyeusement.


« Oh ? C’est si facile à lire ? Mince, je devrais faire plus d’effort. »


Leçons… Leçons ? Cela ressemblait plutôt à des conseils plutôt qu’à des leçons !



« Si tu penses que donner des idées ou des suggestions revient à te faire la leçon, t’es perdu mon pauvre. Quant à la mort… » Il haussa les épaules avec une désinvolture apparente. « Tu t’es vraiment cru malin à sortir une évidence pareille ? Quand je t’ai rencontré encore, j’aurais dégluti. Un peu trop tard pour ça maintenant. J’espère juste ne pas être trop surprit le jour où elle me prendra… Elle surprend toujours. »




« Il y a un souci ? »




Blaze tourna doucement la tête vers l’un des gardes du village qui les avait approchés, tremblant et visiblement celui qui a eu la malchance de se faire designer pour aller vérifier s’il y a un problème.


« Non. Aucun. » dit-il calmement en retournant son regard vers Kerorian.


« Oh. Heu. D’accord… » dit-il avant de courir aussi vite qu’il était venu. Blaze soupira, c’était peut-être la goutte qui faisait déborder le vase alors autant essayer de calmer le jeu.


« Écoute. Je préférerais te voir sourire, plutôt que d’être aussi grincheux et mélancolique. Mais je peux pas t’y forcer, t’es comme tu es. Jsuis con et arrogant, mais c’est comme ça que je suis. Donc soit on fait tous les deux des efforts, soit on continue à être des connards majeurs envers tout ce qu’on rencontre et… et merde. Toujours là au pire moment. »
 
Comment ses enculés l’avaient-ils retrouvé ? Aucune idée, mais c’était très inquiétant, au point où Blaze manqua de paniquer en pensant à l’avenir de Khar’a et Catô s’ils venaient à rencontrer un groupe pareil. Chassant cette idée de son esprit, il entrevit une escouade d’une dizaine de fanatique l’apercevoir au loin, hurlant des cris barbares. Lances, arc, hache et épée, ils y avaient de tous et de rien, surtout de rien. Les fanatiques, tels des barbares sous stéroïdes, portait peu ou pas d’armure, à l’exception du plus gros, qu’on pourrait qualifier de plus dangereux mais la taille ne fait pas tout.


« Bordel de … » dit-il en agrippant son épée et baissant son centre de gravité pour adopter une posture de combat. « Je crois qu’on devra s’en remettre à plus tard, j’ai des invités… »


Ces saloperies sont ici à cause de moi, alors c’est ma responsabilité de m’en charger. Bien sûr, tu t’en moques… J’espère juste que Khar’a et Catô sont en sécurité.


« TU VAS PAYER TRAITRE ! MORT AUX INFIDELS ! »


Blaze s’approcha d’eux, une confiance mesquine au visage camouflant un long doute : Avec ce sujet sur la mort, allait-il vraiment la rencontrer aujourd’hui ? Merde, c’était bien possible.


« On m’a déjà fait le discours. Venez qu’on en finisse. »


Route ouverte, terrain découvert, un village loin derrière qui allait probablement fermer ses portes et pour finir, cerise sur… merde sur le gâteau, Kerorian derrière. C’était vraiment pas son jour de chance niveau rencontre… La troupe chargeait désormais, mais avec un désordre apparent. Manquait plus de voir leur réaction devant le sosie de Death. Heh. Au moins il allait mourir en rigolant.
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Kerorian
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Mar 6 Nov - 20:41

C'était vraiment, encore, et toujours la même rengaine. Bordel, n'y avait-il donc plus de véritable guerrier ou de véritable dément pour qu'il puisse gratter un peu d'expérience à leur contact ? Tout ce dont il avait besoin, c'est de quelqu'un lui ressemblant un petit peu, et capable de lui tenir tête...mais ces deux conditions semblaient être déraisonnables.
Il avait beau les avertir, les mettre en garde et leur rappeler que non, il n'avait pas à s'aligner sur leurs lois et préjugés, que leurs fragiles petites vies dépendaient de son bon vouloir, mais rien à faire. Tous autant qu'ils sont, les abrutis défilaient pour lui faire la même morale et dans la même attention. "Le rendre plus gentil, plus humain.". Avaient-ils seulement pu imaginer que le Rôdeur n'avait pas la moindre intention d'être humain, car il n'y voyait aucun intérêt ?
Tant pis pour lui. Malgré son avertissement, le rouquin des sables avait une fois de plus démontré sa stupide naïveté. Alors qu'il meurt, puisqu'il était un véritable poids tant qu'il respirait.

Une nouvelle présence attira son attention. Un intrus, un des cloportes du village qui venait voir au pas de course si tout allait bien...avant de repartir aussi sec. Brièvement, le Rôdeur réalisa que cette attitude était très étrange...ça puait le piège, ou alors ce patelin était vraiment peuplé uniquement de super-loques.
Mais bien vite, il écarta cette interrogation. Peu lui importait la peur des autres, au contraire. Qu'ils le fuient, ainsi ils ne lui adresseront pas la parole...mais tandis qu'il commençait à porter la main à son épée, le bretteur se détournait de lui.
Il s'apprêtait à le tuer, et l'autre punk lui tournait le dos ? Décidément, Blaze était assuré de remporter toutes les médailles ! Cependant le Rôdeur s'intéressa plutôt à la source de sa distraction. Une petite bande de dégénérés, encore plus cons que les autres, qui beuglaient à tort et à travers en brandissant toutes sortes de choses.
Vaguement, il entendit "Mort aux infidèles" et roula des yeux. Il ne manquait plus que ça ! Lui qui courait les routes à la recherche d'un guerrier ne vivant que par et pour le combat, voilà que ses seules rencontres étaient des femmes non-combattantes, des abrutis congénitaux, et des déviants ayant été bercé trop près du mur et trop souvent.
Mais quelle vie de merde...

Kerorian écarta le bretteur comme un vulgaire rideau sur côté d'une poussée distraite de la main et s'avança. Certes, il voulait et aller tuer l'autre saloperie de bretteur, cette espèce de tique qui parle, mais cette bande de débiles l'énervait déjà. Leur façon de se grouper, de courir en hurlant en l'honneur d'une entité autre qu'eux même...cette servitude aveugle le répugnait au plus profond de lui-même, et il tira déjà son immense épée.
Une dizaine, dénombra-t-il d'un coup d'oeil. Quatre, peut-être cinq coups, six s'ils essayaient de fuir, serait suffisant. Leur frénésie contre sa volonté implacable...voilà le seul match qui serait intéressant depuis bien longtemps. Quelque part, il était curieux de voir si leur absence totale de goût pour leur propre vie pouvait leur permettre de le blesser.

Mais la question ne trouva pas de réponse. En l'apercevant, certains beuglèrent de plus belle, mais d'autres ralentirent en écarquillant les yeux alors qu'ils détaillent le Rôdeur, sa carrure, sa stature, son "aura" diraient les plus fous.
Puis l'un d'eux s'écria.


"C'est le Maître !"

Cela coupa net leur élan, à quelques mètres à peine du géant aux yeux rouges. Au début ils le regardèrent, incrédule, prêts à étriper leur compagnon pour avoir vociféré un tel blasphème...puis petit à petit, leur délire collectif s'harmonisa. Un guerrier de haut taille, aux épaules larges, engoncés dans une sombre et pesante armure en maniant une gigantesque épée - si grande qu'aucun homme ne pourrait seulement espérer la tenir - et dont les yeux luisaient tels des braises de haine. Sans parler de cette...sensation, ce parfum de chaos, de maléfice qui l'entourait.
Leur frénésie changea, et bientôt ils furent tous animé d'une véritable adoration pour le Rôdeur qui les regardait avec une intense perplexité. Certains se jetèrent même à genoux en lui criant leur ferveur. Et plus ils hurlaient, plus les autres fanatiques se montaient la tête en se convainquant que ce surhomme était bel et bien leur seigneur adoré.

Okay. En fait, le Marqué était pas si mal en fait. Même Kerorian, qui pensait être indifférent aux bonnes moeurs, à la logique, et au bon sens commun des Mortels réalisait à quel point ces débiles étaient totalement défoncés du bulbe.
L'un d'eux s'avança, rampant à moitié en le dévisageant avec des yeux brillants comme un enfant qui rencontre pour la première fois son souverain préféré.


"Maître ! Ô notre Maître ! Nous sommes à votre service ! Ordonnez-nous, qui devons-nous tuer pour votre gloire !?"

Lassé, et dangereusement animé d'envie de meurtres depuis un long moment déjà, le Rôdeur laissa tomber. Visiblement, la diplomatie ne pouvait pas marcher avec lui. Il essayait de convaincre les gens de lui foutre la paix, on lui collait aux basques. Il leur disait qu'il n'était pas comme eux, on voulait le forcer à rentrer dans le rang. Alors quand une bande d'attardés shootés au plâtre le confond - comme l'autre blanchette là - avec le Chevalier de la Mort...hé bien il ne va pas se donner la peine d'un long et inutile discours, qui prendra des heures, pour finir sur une bagarre et passe directement à l'option "tabassage".
D'une seule main, il brandit sa titanesque lame et l'abattit sur le prêcheur, broyant sans discriminations os, chair et équipement avant de s'enfoncer profondément dans le sol en faisant tomber un silence de mort.
Cette exécution, sans une parole, sans laisser la moindre chance, surpris les cultistes qui durant quelques secondes ne pipèrent plus mot...avant d'exploser d'une joie fébrile, exultant d'une véritable excitation.
Alors ça, c'était pas prévu.


"Nous comprenons Maître ! Du sang ! Nous vous donnerons celui des innocents, celui du traître, et le nôtre !"
"Et le nôtre ! "Répondirent en choeur les autres acolytes
"Bénissez-nous de votre jugement !"

Loin de les intimider, la seule probabilité d'être assassiné de sang-froid par leur vénéré seigneur morbide les plongeait dans une allégresse folle. Eux qui ne juraient plus que par la mort, et convaincus que périr en faisant face à leur destin leur vaudrait un trépas encore plus glorieux, ils empoignèrent de plus belle leurs armes et la moitié des survivants se jetèrent sur le Rôdeur, qui définitivement passait une journée de merde, tandis que les autres chargeaient le bretteur plus loin, désireux de faire tout d'abord payer ce traître comme il se doit.

"Ah les cons !"

Bon. Soyons optimistes, au moins il aura vu quelque chose de nouveau et de parfaitement inattendu...
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Blaze Kazeroi
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Ven 9 Nov - 10:20


Prêt à prendre ses responsabilités, résultant de ses actions passées, la surprise n’en fut que plus brutale alors que le géant l’écarta sans aucune gêne. Pas qu’il pouvait résister ou quoique ce soit, mais même. Grognant de mécontentement, il relativisa en se disant que le quiproquo allait s’avérer aussi délicieux qu’une possible façon de s’en sortir sans faire couler le sang.  Il ne savait pas en revanche s’il devait être rassuré ou inquiété de voir le Rodeur dégainer son immense épée. Probablement inquiet.

« … » Blaze gloussa malgré la situation. Le visage désabusé de Kerorian était absolument génial alors que les fanatiques l’avaient effectivement confondu avec Death. En toute franchise, ils se ressemblaient, mais Blaze avait expérimenté la puissance de l’entité nécrotique : Elle dépassait de très loin toute émanation provenant du borgne. Certes, cela ne retirait aucunement la sensation de danger lorsqu’on se tient prêt du Beorc mais disons qu’à rencontrer le terriblement haut, le juste haut devient banal, d’où probablement son arrogance et son calme relatif devant une figure qui l’aurait terrifié il y a quelques années.

Voir ces fumiers à genoux prier était une vision aussi repoussante que nauséabonde, remplissant de mépris la gorge de Blaze, dont il retint son venin. Le silence avait fait bien plus de mal que n’importe quel mot qu’il aurait envoyé, lui apprenant une importante leçon sur la puissance du silence. Peut-être devrait-il en prendre de la graine.

Alors qu’il y avait enfin une chance pour qu’il fasse un choix, qu’ils fuient et qu’ils se rendent compte de leur stupidité, cela ne fit que les enhardir. C’était vraiment pathétique, Blaze fut soudainement prit d’une chaude envie de pleurer, mais il se contenta d’un sourire las.

« Les cons en effet… »

Il prit une distance confortable de Kerorian, car rester proche d’une personne maniant une arme aussi longue avec des mouvements aussi larges étaient une garantis de prendre un coup perdu, qui n’en serait probablement pas un. Toutefois, il pouvait également l’utiliser à son avantage pour forcer les fanatiques à trainer un peu trop prêt, vu qu’ils semblent visiblement si heureux d’être en sa présence.

« C’est votre choix. » se murmura-t-il avant de finalement respecter ce dernier : Le combat à mort se sera. A un ou deux, Blaze était assez fort pour les désarmer sans trop de peine, mais avec ce petit groupe, cela représentait trop de risque et cela faisait juste bien longtemps qu’il se voilait la face derrière une pseudo logique bonne et morale.

Une autre leçon important de Mysti, du moins, dont il a été l’acteur de sa conception : On préfère être bon qu’être efficace. Kerorian avait certainement comprit ce problème et arracher les causes à la racine. Blaze lui, voulait un compromis. Du moins, la philosophie s’estompa pour le sang, l’adrénaline et l’acier. Dans un tintement singulier, son fer létal sortit à la hauteur du porteur : Là où le géant maniait son épée silencieusement, le seul son étant celui de son épée brassant l’air, la lame de Blaze hurlait de son crissement habituel avant de partir au combat.

Sa survie dépendait de sa vivacité, et il ne démentit pas. Dans un poussée d’accélération fulgurante, Blaze attaqua immédiatement le lancier, le surprenant suffisamment pour découper son torse avant d’envoyer une seconde taillade en plein dans le cou, amenant la victime à ses pieds, les mains désespérés pour de l’air. Il voulait la mort ? Autant leur donner la plus horrible possible.

La riposte ne se fit pas attendre, mais la rage et le fanatisme n’étaient pas des armes efficaces seules : elles constituent une bonne base mais combattre sans discipline ou technique relèvent du suicide, ce qui était un peu le cas. Désormais libre contre des épées et des haches, tous le talent du jeu de jambe d’un bretteur s’exprima alors qu’il tranchait dans des mouvements parfois acrobatiques, souvent sans forme, mais subitement en posture par moment. La plus grande surprise chez les fanatiques était la force surprenante du bretteur pour son physique. Ceux qui pensait qu’un bout d’armure les protégerait subissait soudainement une lame dans la fente la plus évidente de celle-ci, et ceux qui se fiait en leur divinité réalisait très vite qu’ils n’offraient aucune protection physique…

« Arrête de bouger saligaud !!! » lança l’un alors que leurs épées se rencontrèrent dans un passage.

Bientôt les odeurs du combat emplirent l’atmosphère, l’acier, la sueur et le sang. Le groupe autour du bretteur tombait sous des coups d’une précision létale et d’une vitesse insupportable. Leur foi leur permettant toutefois d’outrepasser ce que Blaze considérait comme les limites de la stupidité, ou de la détermination selon la perception. Il jeta un œil discret pour voir comment s’en sortait le Beorc même s’il n’avait aucun doute sur le résultat.
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Kerorian
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Ven 9 Nov - 14:23

Il fallait reconnaître que jusqu'à maintenant, Kerorian n'avait jamais eu affaire à de véritables fanatiques. Peu convaincu par la religion, il s'était abstenu de s'approcher des prêtres les plus virulents, les plus insultants envers leur propre foi, et ne pouvait guère plus qu'imaginer ce qu'était un fou persuadé de servir une entité supérieure.
L'expérience actuelle répondait enfin à sa question. En dépit du quiproquo, que sa force inouïe n'avait pas aidé à dissiper, les cultistes n'éprouvaient pas la moindre peur ou doute. Ils n'étaient que des hommes, sans talent ou expérience particulier, mais leur frénésie leur accordait pourtant une véritable dangerosité, tandis qu'ils se ruaient sans limites sur leurs ennemis, ne craignant ni de briser leur corps, ni de perdre la vie.
Le Rôdeur recula d'un pas pour se ménager une distance de frappe et balaya l'espace devant lui d'un puissant coup de la Dragonslayer, qui défonça l'armure de cuir, la cage thoracique et la colonne vertébrale du manieur de hache avant de poursuivre sa route, emportant sur son passage sa victime dont le corps se heurta à deux de ses compagnons. Ceux-ci ne furent pas fauchés comme des blés, mais projetés sur le côté et un peu sonnés. L'épéiste avait été suffisamment vif pour se glisser sous l'énorme lame, tandis que le dernier se retirait de quelques pas pour bander son arc.

Quelque chose dans leur comportement dérangeait le chevalier des montagnes. Comme lui, ils recherchaient en tout et pour tout le combat, le sang, la mort, pour eux-même ou leur adversaire. Comme lui, ils partaient au combat sans éprouver aucune pitié, sans écouter aucune loi.
Comme eux, il ignorait la douleur. Cette ressemblance le troublait, car il détestait avoir le sentiment d'avoir une leçon à prendre d'une larve à piétiner.
Avant qu'il n'arme son retour de lame, l'épéiste se rua sur lui et porta une double attaque, à l'épaule et au flanc. Son fil aiguisé mais trop léger ripa sur la spallière du Rôdeur, et ricocha sur sa cuirasse. Kerorian n'était peut-être pas expert dans le port de l'armure, et ne savait pas dévier et encaisser les coups comme le faisaient les Chevaliers, mais une arme légère ne saurait percer sa carapace, et lui-même pouvait supporter même les charges les plus violentes.
Une flèche se brisa sur son plastron. Deux poids plumes qui allaient l'asticoter comme des insectes alors que les deux survivants se relevaient déjà, une adoration dégénérée peinte sur leurs visages leur faisant ignorer tout risque, tout dommage. Vermines...

Alors que l'archer encochait son second trait, le Rôdeur changea de plan. Au lieu de frapper de sa puissante épée, il libéra une main pour attraper l'épéiste par le col et le soulever comme s'il n'avait été qu'un chiot devant lui. La flèche se ficha dans son dos, lui arracha un râle étranglé alors qu'il se crispait. Un rictus, à mi-chemin entre la souffrance intolérable, et l'extase pure et simple, lui déforma les lèvres, arrachant une moue répugnée à Kerorian qui le lança sur le tireur. Problème temporairement réglé. Au suivant.
Il reportait à peine son attention sur les deux acolytes, que le lancier sautait sur son espadon abaissée pour l'étreindre comme la plus torride des amantes alors que son compagnon à la hache prenait de l'élan, comptant naïvement au moins toucher le faux Chevalier de la Mort grâce à une charge frontale.


"Vas-y, je la tiens !"

Le temps d'un battement de coeur, le Rôdeur pesa la stratégie. Plan audacieusement rusé, ou complètement con ? En lestant son épée de tout son corps, le lancier devait effectivement pouvoir l'empêcher de parer l'assaut du Combattant, voire même de riposter...mais croyait-il vraiment qu'une telle astuce puisse marcher contre le Régicide ? Death avait prouvé que sa force n'avait aucune limite.
Et s'il n'était pas à sa hauteur, Kerorian aussi. Serrant à deux mains la longue poignée de la Dragonslayer, il la souleva jusqu'au-dessus de sa tête avant de l'abattre violemment sur le porteur de hache dans le coup fondamental de son escrime, le premier qui lui avait enseigné son Maître.
La puissance déployée, et l'inversion soudaine de direction catapulta tout simplement le lancier derrière lui, alors que la sombre lame déchirait de la tête à l'aine l'autre guerrier pour terminer sa course en se plantant dans le sol.

Kerorian se retourna alors, pour observer de son oeil valide derrière lui. Le rouquin semblait s'en sortir sans peine, sautant et frappant comme une mante contre des mouches. Le lancier-projectile terminait son voyage aérien quelques mètres plus loin que le bretteur. Bien, ça c'était fait.


"Pour les Puissances Éternelles !!"

L'archer s'était relevé entre temps, et rendu définitivement fou - de jalousie, semblait-il - de voir ses compagnons accéder à l'ultime récompense avant lui, s'était rué sur le dos du cuirassé aux cheveux rouges et noirs en brandissant un poignard. Il glissa sur les plaques d'acier, peinant à trouver une vraie prise alors que le Rôdeur réagissait déjà, et frappa au gré du destin. Son couteau cogna contre l'épaulière une première fois, avant de glisser sur le gorgerin, puis trouva enfin la chair et lacéra le faucheur d'âme de l'oreille au menton avant que Kerorian ne lui saisisse enfin le bras.
D'une poigne de titan, il lui brisa les os avant de le projeter au sol. Le choc vida les poumons de l'archer, qui n'eut que le temps de sourire tandis que le Rôdeur soulevait au-dessus de lui l'énorme épée noire pour l'empaler là il se tenait.

Méprisables fanatiques, jura intérieurement le Rôdeur. Cette obsession pour le meurtre, la violence, sans aucun autre but que celui-ci de se battre trouvait un écho un peu trop familier en lui, et lui déplaisait souverainement. Plus que jamais, il était satisfait d'avoir surmonté l'influence de son épée, et comprenait mieux pourquoi il laissait les mortels du commun l'ennuyait par leur incessant babillage au lieu de tous les pourfendre.
Car sans ça, il ne serait rien de plus qu'un fanatique de plus, un fanatique de sa propre et seule personne. une telle idée l’écœurait. Piétinant le cadavre de l'archer, il délogea sa lourde lame du sol autant que du corps, sans même réaliser que le Combattant à la hache était parvenu à le toucher. Une fine balafre marquait son armure sur le flanc gauche, et un très mince filet de sang en coulait paresseusement. La plaie était superficielle, indigne de son attention, mais en revanche celle du visage débitait à flot, une fois de plus. Et se faire blesser, même sans aucune gravité, par de telles vermines était une preuve que quelque chose lui manquait.
Un casque peut-être ? Probablement, mais le Rôdeur ne se sentant pas de vivre entièrement caché à l'ombre d'une boite de conserve, à visage masqué.

Il n'accorda guère plus qu'un vague regard au lancier, s'attendant à ce que le bretteur du désert aille l'achever, et s'intéressa plutôt à ce dernier. Lors de leur première rencontre, son arrogance s'était heurté à l'égarement du guerrier du nord. La seconde fois, ils avaient fait trêve, car bien que tous deux insupportables, les acteurs de cette journée avait été Pandora et l'épéiste venu à son aide - bien qu'inutile - et remis leur conflit à plus tard.
Alors que leur réservait cette troisième fois, alors qu'ils étaient à couteaux tirés avant l'intervention de ces cloportes ? Le dénouement le rendait curieux. Cette curiosité, qui a tué bien plus qu'un chat, qui continuait finalement à animer le Rôdeur.


"Et maintenant, que fait-on ?"

Pour lui, Blaze n'était clairement pas à la hauteur. Son poids ne pouvait retenir sa lame, sa vitesse ne suffirait pas à échapper à ses coups, et aussi tranchante que soit son fil acéré il ne lui serait d'aucune aide face à la carapace du Rôdeur. Ce combat ne serait rien de plus qu'un meurtre, fastidieux car il lui faudrait attraper ce lapin fou.
Mais s'il souhaitait défier son sort, alors il serait ravi - enfin, ce qui s'approchait d'une satisfaction - de l'y aider et d'abréger la souffrance qu'était sa vie. Après tout, il était sur le point de le tuer juste avant leur intervention...
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