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Furie contre Passion [PV : Burnagore] 18+ FINI

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Blaze Kazeroi
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Lun 27 Aoû - 17:02


Death s’était à nouveau envolé comme il était arrivé. Tel un souffle de mort, il passe et part, pourtant chacune de ses venues restent marqués dans les mémoires. Oh oui, on n’oublie pas de sitôt un visage pareil. C’était ce à quoi pensait le bretteur alors qu’il dégustait un morceau de lapin pas très gras grillé. Depuis sa fuite du champ de bataille, pour ne pas dire un cimetière, les fanatiques de Death semblaient avoir pris comme passe-temps de le pourchasser et de le tuer au nom de sa trahison. Les idiots… Ils avaient bien vite compris que rester trop nombreux aller les épuiser par manque d’eau et de nourriture, après tout Blaze prenait un malin plaisir à les trainer en bourrique. Alors ils étaient désormais en plus petites escouades, le traquant avec la même certitude qu’il avait de rejoindre Daein.


Il avait grossièrement une journée d’avance, bien qu’il ne le savait pas exactement, il avait assumé considérant ces pauses et sa dernière rencontre avec un groupe qu’il avait réussi à esquiver. Malgré  tout, une certaine pression se maintenait, l’obligeant à tenir un rythme plus soutenu de voyage qu’il ne le souhaitait. Bien sûr, cela pouvait être bien pire, mais le tout restait une sorte de bras de fer, sur la durée.


La viande était un peu ferme et sans plus de goût mais c’était déjà un repas avec ce qu’il avait récupérer sur le chemin. Un petit feu de camp, une petite préparation, il ne manquait plus qu’un bon repos mais faire une sieste considérant qu’il est traqué, s’avère une proposition dangereuse. Sa plus grande protection sera les villages mais ce n’est pas comme si sa bourse était pleine pour profiter d’un toit, surtout qu’en prévision de revoir Catô et Khar’a, il aurait aimé garder de côté pour un cadeau, ou quelque chose…


Mais pas le temps pour ça. S’il avait survécu à Death pour les revoir, ce n’était certainement pas pour mourir aux mains d’une bande d’attardés énervés. Écrasant le feu avec un peu de terre et retirant des traces, il s’apprêta à reprendre la route quand soudain… Ce n’était qu’un pressentiment mais quelque chose allait mal. Réajustant ses épées et gardant à la main son fer létal, il observa longuement autour de lui avant de regagner un bout de forêt plus épais et la route éventuellement. Cette sensation lui collait à la peau comme un vêtement trempé de sueur froide… N’y tenant plus, il laissa clairement entendre le bruit de son épée en la passant sur le bout de son fourreau.


« Qui va là ? »


Pas la meilleure manière de se faire discret mais Blaze faisait confiance à ses tripes, peut-être un peu trop pour le coup. Si c’était les fanatiques en question, ils n’auraient certainement pas été si calme, vu leur tendance à gesticuler et hurler le nom de leur divinité… Un des généraux de Death ? Improbable, mais si c’était le cas, pourquoi irait-il si loin pour lui. Non c’était beaucoup trop incohérent… Il ne restait rien d’autres à part des animaux, d’autres voyageurs ou quelqu’un de dangereux. Voir pire, Death qui réanime à nouveau les morts. La simple perspective le fit déglutir, combattre des choses animés de magie noire n’était définitivement pas dans sa liste de chose à faire.
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Mar 28 Aoû - 9:42
Cela faisait des lustres qu'il n'avait pas approché Criméa et ses alentours. D'ailleurs, ces derniers jours, ses lames étaient plus actives encore que ses jambes. Les environs pullulaient de vermines non-mortes et de fanatiques méchamment dérangés. Bien sûr, Burnagore avait su éviter quelques groupuscules pour s'accorder quelques petites pauses salvatrices, à lui et à la gamine dont il n'arrivait pas à se détacher, mais il n'en demeurait pas moins que ses imitations macabres de Fers Létaux étaient imbibés de sang à force de traverser la chair. S'il ne les avait pas nettoyées en chemin avec les moyens du bord, sans doute auraient-elles déjà commencé à prendre la rouille...
Le tissu noir, déjà en bien piètre état, troué à de mutliples endroits, qui recouvrait les épaules du Vengeur exhalait une odeur de mort à force d'avoir été éclaboussé de fluides vitaux. Burnagore s'en serait volontiers séparé si cette sinistre connerie ne lui indiquait pas efficacement où se promenaient les séides de la magie noire les plus proches de sa position.
C'est intéressant : les traces qu'ils laissent dans leur sillage prêtent à croire qu'ils suivent une piste en particulier...
Les chasseurs qui se font chasser chassaient eux-aussi un certain gibier ? Très ironique comme situation ! Burnagore aurait pu en rire dans d'autres circonstances - et ouvertement. Malheureusement, dans le cas présent, il était contraint de s'en abstenir ; devant la petite, il parvenait à brider sa folie. La gamine le craignait uniquement quand le feu de la colère se mettait à irradier en lui. Quand il se contentait de marcher, l'épée au fourreau, elle n'hésitait pas à s'approcher de lui et à le suivre elle-ne-savait-trop-où.
Et depuis quand les requins nagent-ils avec les petits poissons ? Combien de temps encore comptes-tu protéger cette chieuse ? Sa présence empêche ton épée de s'alimenter. Sa présence t'empêche de... ressentir !
La voix de son Ka disait vraie. Quand il ne se battait pas jusqu'à la limite de l'épuisement, il ne ressentait effectivement plus rien - pas même des fourmillements dans les doigts. Le monde autour de lui conservait toutes ses couleurs mais ne lui soutirait plus aucune sensation. Il ne s'y trouvait pas vraiment et se sentait presque plus proche des cadavres ambulants que des vivants...
Avec la magie de la Sorcière, il en allait autrement. Mais où se cache cette foutue garce ?!
Il serrait un peu trop fort la main de Gwendolyne, qui grimaça en conséquence avant d'émettre ces quelques justes protestations :

- T-tu me fais mal !...

Burnagore baissa les yeux sur elle et la relâcha aussitôt, comme s'il avait laissé sa main dans un feu de camp sans même s'en être rendu compte. La petite blonde l'observait avec un mélange de crainte et d'inquiétude.
...De l'inquiétude pour moi ou pour elle ?
Ses prunelles sanglantes se dérobèrent au spectacle de l'enfant lorsqu'il entendit une voix tendue et prévenante s'interroger à la cantonade.
Un vivant dans les parages autre qu'un tordu de fanatique ? Burnagore n'y croyait presque plus, pourtant sa cape morbide ne lui avait pas indiqué la présence d'une créature corrompue.
Toujours hors du champ de vision du détenteur de ladite voix, il se tourna vers la gamine, pour qui la tension était devenue palpable, et lui fit part des consignes idoines :

- Comme d'habitude : reste derrière moi, avec deux bons mètres de distance entre nous. Hurle si jamais tu entends quelque chose se glisser dans ton dos, puis jette-toi à terre le temps que je le réduise au silence.

- J'ai peur... grelottait Gwendolyne.

- La peur fait partie du quotidien, maintenant. Et si tu ne t'y habitues pas très vite, elle finira par te dévorer toute crue.

Avant un éventuel combat, Burnagore n'était pas du genre à prendre des gants. S'il s’adoucissait avant de danser avec la Mort, il courrait à sa perte. Il se devait d'affûter sa lame autant que possible et d'attiser tout aussi intensément le brasier de sa forge intérieure, toujours !
Plus de place pour les sentiments.
Il se mit à découvert, quittant l’abri des bois afin de se faire bien voir du fou qui s'était mis en tête de déguster un bout aussi près de la route. Peu lui importait de tomber sur un type armé d'une arbalète ou autre. Sans compter que le fait d'avoir entendu très distinctement une lame glisser hors de son fourreau juste avant que la voix ne s'exclame l'invitait forcément à faire de même.
C'est une façon comme une autre de se dire bonjour et... Putain de dieu ?
...Blaze Kazeroi ? L'épéiste qui avait eu la vie sauve, au détriment de celle d'un Oiseau de Sang présumé mort par noyade !
L'homme avait quelque peu changé depuis leur dernière altercation avec le colossal serviteur armuré de la Sorcière. Il ne s'agissait pas seulement de ses vêtements, ni du fait qu'il avait renoncé à son couvre-chef. Aux yeux expérimentés du Vengeur, l'aura qui se dégageait du bretteur paraissait plus forte et bien plus trouble qu'auparavant. Probablement le résultat d'une accumulation de péripéties aussi sanglantes qu'éprouvantes.
Mais de ce côté-ci non plus le Vengeur n'en démordait pas ; avec ses habits sombres, sa posture assurée, son attirail de moissonneur d'âmes sur les hanches - deux fourreaux - et sur le dos - une lame exagérément longue enfermée dans une sorte de cage -, sans omettre la noirceur de ses traits qui suggérait qu'il ne fallait pas le faire chier...
Absolument tout chez lui exhalait l'odeur du danger, du sang et des ténèbres.
De la mort elle-même.
Il fixait son homologue roux sans piper mot, sa lame carmine au clair tandis que sa jumelle sommeillait encore dans son ténébreux fourreau. La surprise était telle qu'aucun mot ne lui était venu à l'esprit.
Un vrai silence de mort.
Sachant que les morts, eux, ont, ces derniers temps, trop souvent tendance à se relever... C'était un coup à se méprendre sur la vie ou la non-vie de l'un d'entre-eux.
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Blaze Kazeroi
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Mer 29 Aoû - 12:26


Il allait sans dire que personne ne répondit à son appel. Du moins c’est ce qu’il crû avant de soudainement resserrer sa posture. Quelqu’un était bien là, mais quelqu’un d’isoler, de seul. Soufflant de soulagement, il sortit lui-même du morceau de forêt pour aller à la rencontre de son interlocuteur. Et l’injure qu’il entendit était parfaitement adaptée à ce qu’il pensait lui-même. Lui ? Vivant ? Ici ?

Ce fut d’abord un moment de frayeur qui le parcourut, avait-il ressuscité aux ordres de Death pour le tuer ? Cette pensée était bien assez pour le faire fermement tenir son épée, prête à faire sonner la chanson de l’acier. Puis il décortiqua le visage de Burnagore, médusé : La cicatrice était telle que dans ses souvenirs, pareil pour le vêtement, si ce n’est très abimé par le temps. Une aura qui pue la mort et les vêtements bien évidement d’un rouge sombre caractéristique du sang séché. Ceci remémore aux bretteurs leurs adieux des plus brutaux… D’ailleurs, après comparatif, chacun avait deux épées à la hanche, et une longue épée dans leur dos. A part la longueur de cheveux et les cicatrices, les deux bretteurs semblaient de parfait opposé : L’un plus propre, au cheveux long et un style bien plus assumé et développé. L’autre aux cheveux courts et à la dégaine digne d’un meurtrier sans remord ni pitié. C’était presque comme se voir dans un miroir reflétant une vision opposée de soi.



« Enfoiré de fils de pute je t’ai vu couler au fond d’un lac !!! Et tu reviens comme ça ? Heh… Hahahahaha ! »

Un rire à la fois nerveux et franc le prit, c’était comique presque. Certes, il avait oublié au bout d’un temps cet homme qui était mort de son incompétence même s’il ne se l’était jamais admis. Mais d’un autre côté, c’est un mélange de soulagement et d’surprise qui l’animait. Comment diable avait-il survécu ? Il le voyait encore tomber dans les abysses du courant, et lui tentant désespérément de lui agripper la main.




« Eh ben merde si on m’avait dit ça… Ça se sent que t’a progressé pendant ton séjour dans l’autre monde. »

Progresser en tant qu’épéiste certes. En tant que personne. Si Blaze était prêt à parier que le bretteur écarlate avait toujours ces tendances agressives et brutales, il fut surprit par un enfant. Un enfant derrière Burnagore, qu’il protégeait visiblement. A sa vue, Blaze comprit du moins que rester épée dégainée n’aiderait pas le gamin à être en confiance, alors il rengaina son fer létal dans un soupir.

« Et qui est ce petit ange qui traine avec un démon pareil ? » lança-t-il avec son ton sarcastique habituel. Les deux semblaient effectivement avoir fait pas mal de route… « Peu importe. Tiens. » Blaze sortit de son sac de voyage un fourreau à la lame brisé, lui tendant en question le morceau d’acier. L’épée détruite de Burnagore, le signe d’un échec qu’il avait gardé sur lui, secrètement.

« Un petit momento de notre dernière rencontre. Par contre, tes vêtements ont besoin d’une retouche… » Bon moyen de détourner l’attention du point dur de Burnagore : Sa sœur. Blaze bouillait de question, allait-elle bien ? L’avait-il retrouvé ? Cet enfant était celui de sa sœur ? Tant de question. « Ne restons pas là, je suis suivi par des personnes… mal intentionné »

Faisons en sorte que cette réunion, particulièrement avec la présence de cet enfant, ne se finisse pas en bain de sang. Ces personnes étaient de piètres combattants, facile à tuer et encore plus à berner. Mais restait que leur ferveur fanatique les rendant dangereux, surtout pour les autres. Et aussi habile Blaze pouvait se vanter d’être, il portait encore une belle plaie d’une hache qui avait manqué de le fendre en deux au niveau du torse. La seule indication était la trace de sang sur son haut de corps blanc.

HRP : pour des raisons de visibilité, j'écris les paroles de Blaze en bleu
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Jeu 30 Aoû - 23:05

Des salutations d'une flatulence émouvante !
Au moins cette succession d'insultes pouvaient se traduire par quelque chose de plus poli sans que le doute soit permis entre les deux bretteurs. La preuve étant ici que Burnagore ne prit pas la mouche, même s'il détestait qu'on "traite" sa mère de catin. Bien au-delà des mots, ce fut la surprise hautement lisible sur le visage de Blaze qui le fit sourire intérieurement.
Il se retint de lui dire qu'il avait simplement fini au fond d'une satanée rivière, et non pas d'un foutu lac comme il venait si bien de le mentionner. Les détails importaient peu dans un moment pareil. Oui, ils importaient beaucoup moins que les faits. Des faits relativement absurdes, d'ailleurs.
Tandis que son homologue se fendait la tronche d'incrédulité, Burnagore avait négligemment porté sa main non-gantée - la gauche - dans ses cheveux roux. Un geste machinal qu'il ne sentait pas, son sens du toucher ayant été dérobé dans son intégrité par la sombre personnalité qui sommeillait en lui. Cette situation était un tantinet gênante pour le Vengeur, et il n'aurait su dire si la présence de Gwendolyne y était pour quelque chose ou si le simple fait de se tenir devant une vieille connaissance suffisait à le rendre ainsi.
A l'évidence, Blaze n'en croyait toujours pas ses yeux, mais au moins ce dernier ne l'avait-il pas pris pour un de ces cadavres ambulants !

- C'était surtout d'un ennui mortel, répondit Burnagore, bien incapable pour le coup de se retenir d'esquisser un sourire en coin.

Avisant Blaze ranger sa charmante lame dans son fourreau, l'ex-mercenaire fit de même. Cela aidait Gwendolyne à se sentir moins oppressée par la répugnante perspective de voir, à cause de l'acier, de nouveau le sang couler en cascade.
Le joyeux Blaze passait d'ailleurs de surprise en surprise quand ses yeux se posèrent sur la petite, qui attendait toujours l'aval de Burnagore pour s'approcher davantage. Celui-ci, qui était plutôt sur le point de répondre à la question de son interlocuteur, fut à son tour contaminé par l'inattendu : son homologue venait de lui remettre entre les mains un sacré souvenir !
Un manche de sabre brisé dont la garde ressemblait à un oiseau vu de profil. Autrement dit... les restes de la lame héritée de son défunt paternel.
Le regard de Burnagore, déjà moins sombre depuis ses retrouvailles avec Blaze, exprimait un fond de nostalgie.
On venait de lui remettre un morceau de lame, symbole de son échec mais pas que.
Qu'est-ce que le destin essaye de me dire ?... que l'espoir n'est pas mort ? que le phœnix renaît toujours de ses cendres ?
Tout en rangeant l'artefact après l'avoir contemplé quelques longues secondes, le balafré éluda le commentaire que le téméraire venait de faire sur ses sinistres vêtements. Le bougre n'imaginait pas les dangereux petits secrets que renfermaient la semelle de ses bottes...

- Merci, finit-il par évacuer.

La moindre des choses était effectivement de le remercier pour lui avoir restitué un bien de haute valeur sentimentale.
S'étant sentie quelque peu oubliée, Gwendolyne prit les devants, passant sous les yeux d'un Burnagore, assagi et bien mon hagard qu'à l'accoutumée, pour se présenter à Blaze.

- Dis, monsieur... Tu veux dire quoi par là ? s'enquit-elle, suite à la remarque faite sur les « personnes mal intentionnées », pour finalement s'avancer : Tu veux parler des... morts ?

Rien que le fait de les mentionner suffisait à lui filer la chair de poule. Les yeux bleus de la gamine croisèrent ceux, rouges comme les flammes, du Vengeur qui étaient restés baissés sur elle.

- C'est donc toi qu'ils pourchassent, déduit l'ex-mercenaire en reportant ses prunelles sur le Marqué. Qu'est-ce qui te fait dire qu'ils abandonneront les recherches de ci-tôt ? Et depuis quand sont-ils à tes trousses, exactement ?

Gamine ou pas, Burnagore ne voyait pas d'autre alternative que de se débarrasser de la vermine non-morte. Ces résidus de mortels pourraient bien finir par les avoir à l'usure, après tout. Alors, considérant cette sale perspective, pourquoi ne pas les frapper avant qu'ils ne le fassent ?
Gwendolyne n'approuvait visiblement pas l'idée. L'expression lugubre sur le visage de son protecteur la mettait mal à l'aise.
Tout le contraire du Ka de Burnagore, qui se languissait dans l'ombre de voir son hôte répandre le sang...
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Blaze Kazeroi
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Ven 31 Aoû - 12:26


La réaction de l’oiseau de sang lui confirma qu’il avait devant lui l’authentique Burnagore, le simple sourire en coin et la réponse à l’ennui mortel chez les morts, ne fit qu’ajouter un petit rire de sa part. De même c’était étrange, il avait presque l’air embarrassé si Blaze ne se souvenait pas de sa difficulté à démontrer toute autre émotion que la rage intense ou un froid glacial. Le souvenir sembla par ailleurs rallumer une vieille flamme dans les yeux du bretteur sombre, un éclat nostalgique et triste mais… avec une lueur menaçant de se raviver.

Bien que ceci semblait beaucoup importer à Burnagore, Blaze n’en avait strictement rien à faire, se satisfaisant amplement d’avoir rendu un objet à son propriétaire. Le destin et tout ceci n’avait rien à voir avec la détermination d’un Hatarien borné. Mais le Marqué en question s’immobilisa au merci, ça… c’était très rare. Assez pour qu’il en sorte un sourire arrogant et joueur, Nom ditchu va, tu parles d’une première.

Alors qu’il s’apprêtait enfin à se remettre en route, la petite s’avança, dépassa visiblement Burnagore pour s’afficher un peu plus devant lui. De façon amicale, le bretteur aux cheveux longs se baissa jusqu’à être à sa hauteur en pliant les genoux pour lui parler de visage à visage. Hum, les personnes mal intentionnés hein… Burnagore ajouta immédiatement son commentaire ce qui fit soupirer Blaze, au point de se gratter la nuque.


« Je ne parle pas des morts hélas. Je parle des fervents de Death. » Il se releva, la simple mention l’incitant à reprendre la route de plus belle. « Death a attaqué une ville il y a quelques jours, je m’étais infiltré dans son armée de lunatique pour en tirer des informations. Au moment de l’attaque, j’ai changé de veste pour défendre du mieux possible la ville mais. Je reste qu’un seul homme. »

Sans un important poids politique, une puissance colossale, ou préférablement les deux, Blaze restait un simple duelliste qui ne peut pas arrêter une armée.


« Et du coup, après la tombée de la ville, ils se sont mis en tête de m’exécuter car Death a disparu aussi subitement qu’il est venu, les laissant bien dépités. » Il en rigola franchement, car sans cet objectif, les fanatiques découvriraient rapidement à quel point la divinité qu’ils vénèrent n’en a strictement rien à carrer d’eux. Mais cela restait une épine dans son pied.

« Par contre si vous parlez de mort-vivant… J’ai des informations qui peuvent t’aider. »

Blaze expliqua des détails qu’il avait la levée de l’armée des morts il y a de nombreux mois. Death avait ainsi invoqué une armée sur plusieurs continents qui se réunissait en direction de Sienne qui n’a, bien évidemment, pas tenu. Il expliqua ainsi les détails de la capacité de cette créature à la puissance apparemment sans limite ainsi que les explications de Catô sur la nécromancie en général.

« On sait que Death est juste… autre chose en terme de puissance. Mais il n’a aucunement ressuscité qui que ce soit ces derniers temps, les morts sont donc de quelqu’un d’autre qui t’en veux, et étrangement ça ne m’étonne pas. »

Continuant de marcher à rythme lent pour la petite, il continua. « Cela laisse deux options, soit le nécromancien est proche de toi sur un certain rayon, soit tu es maudit, dans le sens que quelque chose relève les morts autour de toi et t’attaque… Ce sont des hypothèses toutefois. »

Bien assez sombre pour ruiner une journée malgré tout, mais l’épéiste n’en perdit pas un seul instant son sourire. « Mais chaque chose en son temps, trouvons un coin d’eau, j’aimerais rafistoler ton manteau avant qu’on t’arrête pour nudité devant mineur, ça serait bête non ? »

Un nouvel éclat de rire le prit dans son chemin alors qu’il entreprit de se repérer à l’aide des arbres, des courants d’air et d’une carte du coin.
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Ven 31 Aoû - 22:39

Ha ! Il était davantage question des fanatiques - des types qui avaient plus ou moins conservé leur tête - que des décérébrés en voie de décomposition. Dans les faits, cela ne changeait pas grand-chose. A la rigueur, Burnagore n'aurait pas besoin de leur décrocher la tête des épaules d'un coup de sabre pour les envoyer dans une contrée plus digne d'eux. Baaah... le Vengeur prendrait toujours le temps de les décapiter, au cas où leur maître se mettrait en tête d'ajouter leurs carcasses à son bataillon de débiles.
D'une petite poussée dans le dos, Burnagore intima à Gwendolyne à suivre Blaze. Pour le coup, il préférait savoir la gamine devant lui plutôt que dans son dos.

- Je vois... Continue.

Une infiltration de Blaze chez les sociopathes. Un glanage d'informations qui tourne mal. Une ville qui en fait les frais. Ouaip ! Une ambiance absolument merdique.
Ça vendait plus du cauchemar que du rêve. Ceux qui ne savaient pas se défendre allaient forcément douiller.
La triste loi de la nature... peut-être pas tout à fait, puisqu'en temps normal les morts ne se relèvent pas.
Burnagore secoua la tête - un geste à peine perceptible.
Après lui avoir brièvement expliqué sa fuite, Blaze se fendit en hypothèses sur un prétendu manipulateur de cadavres autre que Death. Une idée qui ne plaisait pas beaucoup au Vengeur. L'épisode du village encombré de morts-vivants assassins avait sans doute marqué son interlocuteur. Pour autant, Burnagore eut l'élémentaire politesse de le laisser s'épancher sur ses sinistres divagations.
Il n'intervint que pour lâcher ceci :

- Maudit, très probablement. Je le suis depuis ma plus tendre enfance, si tu veux mon avis.

C'était presque drôle, mais ça ne rassurait pas tellement la pauvre Gwendolyne, qui avait coulé un regard penaud à son diable de protecteur. Celui-ci n'avait même pas pris la peine de hausser les épaules en signe de je-m'en-foutisme.
Une nouvelle fois, l'hilarité de ce bon vieux Blaze ne le fit pas sourciller. Pas comme l'idée saugrenue lui ayant tout juste traversé l'esprit : celle de rapiécer le linceul de mort perché sur ses épaules, légué par la sorcière/nécromancienne elle-même.

- Oublie cette idée, rétorqua-t-il. Un jour ou l'autre, On m'arrêtera pour autre chose de plus terrible de toute façon.

Il enchaina très vite, sans laisser le choix à son drôle d'homologue :

- C'est elle qui m'a sorti de l'eau, Blaze. Elle et surtout l'un de ses pantins, qui n'a rien à envier à son prédécesseur armuré en terme de puissance brute.
...Et tu veux savoir la meilleure dans tout ça ?


Burnagore avait cessé d'avancer. Son regard ne brillait pas de colère et encore moins de haine. Il tirait une mine sombre qui sous-entendait : "J'ai bien conscience d'avoir fait une connerie, mais je l'assume."
D'autant plus que le choix ne s'y prêtait pas.
Chose rare en dehors d'un massacre, il se mit à ricaner ! D'abord doucement, puis de plus en plus fort, sans pour autant qu'il n'éclate de rires.

- J'ai conclu un pacte avec cette garce, déclara-t-il enfin. Je tue autant que possible et, pendant ce temps là, elle se délecte du spectacle. La Mort fascine cette vipère, certes, mais je ne suis pas d'accord avec tes hypothèses. En ce bas monde, il n'existe pas trente-six nécromanciens capables de rayer ne serait-ce qu'un village entier de la carte ! Celle dont je te parle, malgré ce qu'elle m'a fait subir, ne le peut pas non plus.

Gwendolyne regardait les deux hommes avec force inquiétude. Elle aurait de loin préféré n'avoir rien entendu ! Et surtout pas ce qui venait de sortir de la bouche de Burnagore. Ce dernier ne s'en préoccupait même pas. Il se contentait de fixer Blaze et ne bougeait pas d'un pouce.
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Blaze Kazeroi
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Dim 2 Sep - 22:16


Aaah Burnagore n’avait pas tant changé que cela, fallait-il s’en réjouir ou s’en inquiéter. Seuls les dieux le savent. Entre la référence à leur naissance, Blaze retint un léger sourire au coin, dans ce cas précis ils partagent une même malédiction. Mais dans le sens plus large oui, l’oiseau de sang en avait bien plus bavé que lui. Et la suite ne pouvait qu’attester à quel point on aimait s’acharner sur lui…

Elle ? Une sorcière qui se joue de lui ? La mention de la brute épaisse les ayant envoyés valser froissa l’un de ses muscles. Avant il était bien plus faible, mais désormais, il le réduirait en une pile sanglante de morceaux. L’armure rendait son travail difficile, mais ne le bloquait plus systématiquement contrairement à l’époque. Mais quelque chose de plus puissant encore, cela éveilla l’intérêt du bretteur. Une curiosité macabre de tester sa puissance contre quelque chose de « fort ». Mais le regard de Burnagore, ce foutu sourire en coin d’homme abattu, laissait présager le pire. Ce rire, ce rire qui fit perdre tout sourire à Blaze pour qu’il se retourne, la posture à nouveau prête à confronter l’épéiste.

« Je vois. C’est ta nouvelle excuse ? Ta sœur, c’était trop vieux ? »

La voix de Blaze avait perdu son ton joyeux et détaché pour un cynisme et un sarcasme aussi désagréable que provoquant. Mais il s’avisa en reprenant la route.

« Si elle est si fascinée, pourquoi ne pas lui présenter directement en face la mort non ? Enfin. Tu as avancé sur ta piste au moins, ou tu es trop occupé à jouer le clébard ? »

Considérant toutefois la position, il ne pouvait s’empêcher de le plaindre. Elle lui donnait une seconde chance de sauver sa sœur. Pouvait-il vraiment refuser ? Mais encore, toutes ses morts pour une quête aussi... Blaze ne savait pas comment réagir. Il n’avait pas le droit de juger et de condamner Burnagore pour ce qu’il faisait, mais il se devait de s’interposer entre son massacre et les vies qui peuvent être sauver.

Blaze ne se retournait pas pour confronter le regard, laissant à l’inverse l’homme derrière lui dans ses pensées. Parfois, laisser quelqu’un devant ses démons est pire que lui offrir le refuge d’une conversation. Mais Blaze n’y tint pas et rajouta, toujours aussi ironique dans ses propos.

« Tu dis que tu tues autant que tu peux non ? Alors tue moi. Qu’est-ce qui t’en empêches après tout ? Notre pseudo amitié ? La gamine qui te suit ? Un code d’honneur inexistant ? Ou la peur d’avoir à faire à quelqu’un qui sait se défendre ? » finit-il en se retournant, dévisageant Burnagore. Blaze savait sa tendance pour apprécier le fait d’écraser sous sa botte les plus faibles que lui… « Ou alors simplement je deviens paranoïaque et tu ne fais que te défendre à chaque fois. » Il dit un clin d’œil à la gamine, qui lui donnera probablement plus d’information que Burnagore en lui-même. « Fait attention à tes dires Burnagore, j’ai déjà tué un tueur fou, et cet homme était mon père. »

Leur amitié ne sera en aucun cas un bouclier qui empêcherait Blaze de mettre un terme au carnage lugubre de Burnagore. Bien qu’il préfèrerait éviter d’en arriver là… Ils arrivèrent toutefois au niveau d’une petite rivière qui traversait la forêt. Blaze s’étira et retira Kaze de son dos pour la poser contre un arbre.

« Aller raconte-moi les détails, soit pas avare. »
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Mer 5 Sep - 21:40

Le loup s'était manifestement fait les crocs ailleurs pendant les... congés forcées du Vengeur. Il exposait sa nouvelle et menaçante dentition, préalablement cachée par une bonhomie trompeuse.
Burnagore tiqua en l'entendant faire mention de sa sœur. Décidément ! il commençait fort, ce satané Blaze. Mais son locuteur, tout sourire éteint, ne commit pas la bêtise de rentrer dans son jeu. Au lieu de ça, son visage effrayant n'affichait aucune émotion. Absolument rien de lisible.
Mais rien que cela suffisait à rendre la petite Gwendolyne nerveuse. Bien qu'elle ne le connaisse que depuis peu, elle se doutait bien qu'un Burnagore calme pouvait très vite basculer dans une sanglante démence. La gamine jonglait alors du regard entre les deux protagonistes, guère rassurée par le sinistre rebondissement du Marqué-loup. Elle reprit la marche à la suite de ce dernier, et l'homme qui veillait sur elle fut bien forcé de faire de même.

- Parce que tu t'imagines que je n'ai pas tenté ma chance lorsque cette sal-..., il coula un regard vers la môme et se reprit : cette adorable fêlée m'a ramené dans ce putain de monde ? Si tel est le cas, Tu es plus naïf encore qu'un clébard.

Échange de piques. Rien de bien terrible tant que ce n'est pas un échange de coups de lame.
Sentant un début de moutarde monter, le Ka de Burnagore commençait tout juste à se réveiller. Et il eut tôt fait de se manifester dans un coin de la tête tourmentée du Vengeur lorsque cet abruti fini de Blaze suggéra à ce fou égaré de Burnagore de le tuer.
Eh bien ? Tue-le. Voilà qu'il te le propose si gentiment... Ce serait franchement impoli de refuser une telle offre. Crois-moi, tu te sentiras mieux une fois que tes mains seront couvertes de son sang.
Satanée voix ! Burnagore secoua la tête, comme pour se départir de cette idée barbare et insensée.
Rends-moi un gentil petit service, veux-tu ? Vraiment pas grand-chose. Juste... ferme-la.
Son homologue s'était retourné pour le regarder droit dans les yeux au moment où le Vengeur avait pleinement recouvré ses esprits. Être seul dans sa tête, ne serait-ce qu'un petit moment, l'allégeait d'un fardeau susceptible de lui refiler un putain de mal de crâne.

- Loué soit le jour où tu auras enfin fini de me déballer tes conneries d'hypothèses. Je crains que cela n'arrive que lorsqu'un bandit de grand chemin et ses compagnons nuisibles auront décider de te capturer puis de t'arracher cette langue trop bavarde pour s'en faire un joli collier. Oui, on parle exactement du genre de vermine que je châtie.... comme c'est curieux, non ?

Sarcasme contre sarcasme. Un jeu entre sales gosses, et aussi un bel exemple pour la gamine qui ne perdait pas une miette du spectacle.
Burnagore évacua un soupir las, puis enchaîna :

- Je tue ceux qui savent tuer, ceux qui méritent de passer de l'autre côté. Quel intérêt aurais-je à arracher la vie d'un type pour qui je me suis pseudo-sacrifié, hein ?
 J'extermine la vermine, espèce d'imbécile ! Ça te va comme réponse ? Quant à cette collaboration avec la Nécromancienne...


Avant de poursuivre, il s'assura, en avisant rapidement les alentours, qu'un de ces foutus espions-corbeaux ne les épiaient pas. Exactement le temps qu'il fallait pour que Blaze se mette à son aise. Gwendolyne, elle, n'y parvenait pas vraiment. Il y avait de la tension dans l'air, et le fait d'entendre Burnagore parler autant la surprenait beaucoup.

- ...Elle n'est que temporaire. Et sache que je ne reçois aucun ordre de sa part ; je tue ceux que je dois tuer, c'est tout. Tu en veux la preuve ? Eh, bien ! tu n'as qu'à poser les yeux sur la gamine. Si j'avais écouté l'autre garce, la fille ne t'aurait jamais rencontré car elle aurait été laissée pour morte et se serait fait dévorer par ses propres parents réanimés !

Burnagore n'aimait pas se placer en héros, mais ce tordu de Blaze avait fini par l'y forcer à sa putain de manière ! Pourtant, à l'origine, dans le village de son oncle, il n'avait pas été question de sauver la gamine. La réalité était tout autre ; enivré par son sens du toucher restitué, Burnagore avait simplement laissé libre cours à ses pulsions meurtrières. Il avait fait pleuvoir la vraie mort - sans rédemption possible - sur les quelques séides de Death, avant de passer victime des circonstances. Ce jour-là, si Gwendolyne, coursée par un Laguz loup corrompu, n'avait pas crié à l'aide, sa vie se serait éteinte et le Vengeur aurait pu continuer sa tuerie.
C'était finalement la nouvelle lame d'un Vengeur assoiffé de sang qui avait extirpée la gamine de ce mauvais pas...
L'air pas commode du tout, l'Oiseau de Sang bascula du regard sur la petite blonde... qui avait bien choisi son moment pour se volatiliser.
Le Marqué cligna des yeux, passablement ahuri. Il s'était figé.
Merde.
Disparue ? Non. Pas possible !
Putain de bordel de merde !
Son regard de prédateur, dans lequel brillait tout de même l'éclat de la crainte, finit par se braquer sur un passage étroit entre les buissons, suffisamment petit pour permettre à la fille de s'y glisser sans faire trop de bruit.

- La mioche s'est envolée, lâcha-t-il, trop alarmé pour conserver son calme. Tu fais chier, merde ! rugit-il, à l'attention du bretteur. Putain ! Pourquoi j'ai perdu mon temps à me justifier auprès de toi ?! Voilà où ça nous mène !

Burnagore avait commis la bêtise de parler, en la présence de la concernée, d'un sujet sensible pour cette dernière. Il n'y était pas allé avec le dos de la cuillère, en plus !
Mais quel con ! Quel sombre connard !
L'ex-mercenaire bouscula Blaze, qui se trouvait bien malgré lui sur son passage, et se fraya un chemin dans les buissons. Il n'y avait pas un instant à perdre ! Leur petite joute verbale à tous les deux les avaient rendu aveugles et bornés.
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Blaze Kazeroi
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Lun 10 Sep - 12:41


Ceci est une règle ancienne, très ancienne même au sein des clans d’Hatary. Un adage d’une simplicité mais pourtant d’une efficacité étonnante. Pour découvrir quelqu’un, met le en colère. Non seulement ceci permettait de tester l’acier d’une personne, mais Blaze en tirait une satisfaction presque morbide de faire sauter les gonds de ces interlocuteurs. Mais l’expérience lui avait réalisé qu’il ne savait en vérité, pas faire grand-chose d’autre. Peut-être se cachait-il derrière ce masque d’arrogance et de méchanceté. Ou alors il était tout aussi sensible et que voir les autres en colère avant lui le rassurait par rapport à sa difficulté à gérer ses émotions ? Questions sans réponse, jusqu’à ce jour.


Mais revenons à la situation que nous avons : Burnagore entra dans un léger tantrum, tirant un sourire sur le visage de Blaze. Du moins, il obtenu ce qu’il voulait, des concessions plus franche et surtout beaucoup moins vague et inquiétante. Tuer autant que possible reste en soit ce qui l’a forcé à se montrer si agressif dans ses propos. Le sarcasme de l’Oiseau de sang se reflétant devant le sourire amusé de Blaze, croyait-il vraiment qu’il n’avait point changé depuis ce jour fatidique. Bien malheureusement, il était prêt à parier que c’était lui qui avait changé, et en bien pire. Béni soit les cieux qu’ils n’aient pas à en faire la démonstration.


Écoutant attentivement les propos sur la fameuse sorcière, il voulut soudainement interrompre Burnagore en apercevant la gamine fuir au loin. Son expression passant de l’arrogance à l’inquiétude, il tenta tant bien que mal d’en placer une mais l’autre était trop bien sur sa lancé. Impossible de l’arrêter si ce n’était pas une mandale et dieu sait que c’était l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Obligé de choisir un moindre mal, il attendit avant que ce dernier s’en rende compte lui-même. Bien sûr que cela allait tomber sur lui…



« Si tu m’avais laissé en caser une. » Trop tard, il était déjà parti en cherchant furieusement la gamine. Contrairement à la direction que prenait Burnagore, Blaze garda un certain calme et observa le sol, essayant d’en détecter des traces de pas.  La trace était très fine, après tout une gamine ne pèse pas grand-chose. Mais c’était possible à suivre. Prenant une direction similaire à Burnagore mais bien plus orienté sur la gauche, il fit ses propres fouilles.


« Elle n’a pas pût aller bien loin. » Surtout que la trace se faisait de plus en plus facile à suivre. Branche à moitié brisé et changé de place, pas dans des zones boueuses. C’était presque facile… Trop… Facile. Gardant une main sur la garde de son épée il continua à rythme beaucoup plus soutenu, désormais aussi inquiet que l’Oiseau de sang.


Son instinct s’avéra juste. Un hurlement de rage se fit entendre derrière lui alors qu’un homme le chargeait, épée en main, pour le tuer. Esquivant et courant jusqu’à un endroit plus dégager pour faciliter le combat, il s’apprêta à faire payer celui qui a tenté de le surprendre.


« STOP ! Un mouvement de plus et j’égorge la gamine ! »


Blaze équarquilla les yeux de surprise et se tourna lentement, l’épée toujours braqué sur son assaillant qui le dévisagea avec amusement. Une petite troupe de fanatique, aux accessoires les plus ridicules les uns que les autres tant que c’était des os ou des crânes ou tout ayant un rapport avec la mort, l’avait encerclé. Si cette situation n’était pas déjà assez délicate, la gamine en plus était leur prisonnier, un de ces fous la prenant par les cheveux pour lui mettre un acier tranchant sous la gorge… La première pensée de Blaze fut de sprinter et briser l’encerclement pour prendre la fuite jusqu’à atteindre un endroit plus pratique pour combattre. Mais la gamine… Quelle plaie putain ! Et la voilà qui chialait sur la dague qu’elle avait au cou.



« Lâche ton épée… Lâche là tout de suite ! »


Il serra les dents. C’était la dernière chose dont il avait envie. Clairement, se rendre ne ferait que prolonger l’agonie de la gamine en plus de lui infliger une mort certaine. La moralité valait-elle la vie ? Non. Certainement pas. Mais dans cet étrange sens d’honneur d’un homme sans, se faire tuer à cause de soi est inacceptable. Son épée tomba au sol, tel un appel d’alarme, tout le monde se rua sur lui pour l’attacher, le plaquant au sol. Désormais les bras ligotés dans le dos, chacun de ces connards se délectaient d’avoir enfin obtenu leur prise. Et comme tout fils de pute se croyant fort parce qu’il suce la bite d’une divinité, celui qui tenait la gamine nomma une sentence, rien que ça.


« Tu es condamné à mort pour avoir trahi Death ! Le nouveau dieu ! Celui qui apportera le renouveau de ce monde pourrit ! A genou ! »


Bien sûr, il n’eut pas le temps d’obéir, celui qui tenait ses liens lui mit une taloche dans les jambes pour l’amener à genou. Merde, ça n’allait vraiment pas. Chacun s’éloignait pour bien observer la scène alors qu’un autre prenait son épée au sol et se mit à côté pour lui trancher la tête tel un exécuteur de pacotille. Il ne voulait pas finir comme ça…


« Attendez ! … Au moins donne-moi une mort de guerrier, une mort propre. Si vous servez tant que cela Death, il vous sera reconnaissant de me laisser ressusciter en cadavre pouvant se battre et pas en abomination sans tête… »


Un coup de poker, pour gagner du temps, juste un peu plus de temps. Visiblement ils n’étaient pas au courant qu’il y avait un autre bretteur dans ces bois. Avec un soupir de résignation, le chef fit un hochement de tête. Sentant la pression se relâcher sur ses liens, l’exécuteur se mit derrière lui alors qu’il penchait sa tête pour offrir sa nuque. Une mort de guerrier… Un coup propre vertical dans la colonne vertébrale. Une mort rapide sans trop mutiler le cadavre… De la sueur perlait de son front alors qu’il pouvait sentir la pointe de l’épée sur la nuque. Puis la pointe s’envola vers le haut pour prendre son élan. N’y tenant plus, Blaze se redressa brutalement pour mettre un coup de tête dans le ventre de son exécuteur. Juste assez pour le déstabiliser alors qu’il remontait ses pieds pour se jeter de tout son corps sur son agresseur. Un cri de souffrance, les deux tombant à terre, le bretteur se relevant, la bouche couverte de sang et définitivement pas le sien. Son mouvement de recul continuait alors qu’il tentait frénétiquement de récupérer sa lame courte avec ses mains liées, sans y parvenir. Chaque seconde du choc était trop précieuse pour se gâcher, alors il tenta une manœuvre stupide et désespérée pour ne serait-ce que donner à la gamine l’occasion de s’enfuir. Prenant avec ses dents le sabre létal des mains de l’égorgé, le bretteur se rua avec toute la vitesse qu’il pouvait déployer vers le chef, tentant de le menacer avec cette façon inhabituelle de tenir une épée…


Le choc sembla enfin passer alors qu’un mouvement de violence anima les fanatiques qui reprirent doucement leur assaut. Certain avait déjà armé leurs flèches mais ils étaient aussi imprécis qu’impatient de tuer Blaze. Le chef se protégea, éraflant dans la manœuvre le visage de la gamine avec la lame avant de bloquer sans peine l’attaque molle venant d’un coup de mâchoire. Bien que la petite pouvait courir, elle ne fit pas… Et bientôt ils allaient tous les deux mourir ici. Blaze avait besoin de temps, quelques secondes suffisaient, mais sans elle, impossible de se libérer et de combattre à proprement parler !
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Lun 10 Sep - 21:29


Putain ! Il avait fallu qu'elle choisisse pareil moment pour se carapater ! Mais à quoi pouvait-elle bien penser ? A quoi lui servait sa petite cervelle ? s'enfoncer ainsi dans les bois, alors que la lie de l'humanité sillonnait probablement les bois à la recherche d'une ou deux proies faciles...
Comment peut-on être aussi idiote, bordel ?!
Burnagore avait suivi la piste de la gamine. En fait, il l'avait même dépassée sans s'en rendre compte, du fait du brasier de colère qui avait repris vie en lui sous le coup de cette saleté de bouffée d’adrénaline.
Il arracha rageusement une branche qui nuisait à sa visibilité au moment où son Ka choisit de se manifester dans un coin sombre de son esprit :
Mes félicitations !
Les mâchoires crispées, Burnagore ne fit pas mine de ralentir, déchirant l'agaçante frondaison avant qu'elle ne vienne lui cingler le visage. Son Ka se mit à rire.
...Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?
Toi. Ton affolement, lui répondit la voix fantomatique. Pourquoi la survie de cette gamine te préoccupe-t-elle tant ? Je vais te le dire : c'est parce que tu as peur de ce que tu deviendras le jour où ce flot de haine qui t'habite noiera le peu d'humanité qu'il te reste.
Fadaises !

Burnagore se servait de l'un de ses sabres comme d'une machette. Il ne parvenait pas vraiment à se calmer, autant oppressé par le venin déversé par son Ka que par la disparition inopinée de la petite.
La peur, je ne la ressens plus ! Exactement comme toutes les sensations que tu m'as volées, démon !
Un autre rire, ponctué par l'élagage du Vengeur qui commençait tout juste à comprendre sa bévue.
Le déni, c'est chose commune chez toi. C'est ce qui t'as rendu aveugle vis-à-vis de la perfidie de ton meilleur ami, et c'est ce qui continue de te nuire en ce moment-même.
Intérieurement, comme piégé dans une transe momentanée, Burnagore visualisa l'ombre du sourire malsain de son tourmenteur. Il se figea d'effroi... puis se tourna à demi.
Je vais te faire une fleur, cœur tendre. Sache que tu fais fausse-piste ; la gamine, tu l'as dépassée. Et quelque chose me dit qu'elle n'est pas aussi seule qu'elle l’espérait...
Burnagore jura entre ses dents puis, alerté par des bruits de conversation tendue, revint immédiatement sur ses pas !
Le brasier de son âme venait de gagner en intensité.
Spirituellement, ce même feu se mit à le consumer.


Edward était un homme incertain. Pire encore : il était ce qu'on peut appeler un suiveur. Influencé par ses camarades bellicistes, fervents serviteur de la nouvelle mort incarnée, il avait donc suivi le pas, tout simplement. Néanmoins...
Positionné légèrement en retrait par rapport à ses dangereux collègues aveuglés par une soif de meurtre qu'il avait quelque peu du mal à partager, Edward observait ce massacre en devenir. Ils étaient tous là, réunis autour de la gamine et du sauvage qui avait littéralement croqué dans la gorge de l'un des leurs.
La petite blonde, la respiration sifflante, semblait enracinée sur place. Un mince filet de sang coulait de son entaille à la joue, faite par la lame de Bertram - leur leader - alors qu'il avait tenté de se protéger de la charge du bretteur désespéré.
Tout cela allait forcément finir par un sanglant passage à tabac. Edward ne voyait aucun inconvénient à matraquer un type jusqu’à la mort pour peu que ses camarades frappent avant lui, mais il ne partageait pas cet avis concernant la petite. Il restait assez de bon sens et de moral chez ce suiveur pour douter des croyances démentes de son entourage.
Alors, indécis, il restait planté là, deux pas en retrait par rapport à son collègue armé d'une hache. En face de lui, à l'opposé de sa position par rapport au rouquin et à la gamine pétrifiée, le peu d'archers dont son groupe disposait avaient déjà bandé la corde de leur arc.
Mise à mort dans cinq petites secondes, à tout casser !
Mais quelque chose se mit à briller dans les buissons éparses. En arrière-plan par rapport aux tireurs. Un éclat rouge, bref et discret mais non moins hypnotisant.
C'était quoi, ça, à l'instant ?
Le Diable seul le savait.
Un horrible frisson lui traversa l'échine et lui fila la chair de poule.
Alors que l'atmosphère irradiait de pulsions meurtrières, quelque chose de plus lourd et de plus effrayant encore lui était perceptible. Edward en avait les mains mottes de sueur, et l'épée qu'il tenait fermement entre ses poings frêles ne lui était plus d’aucun réconfort.
Mais c'est quoi, cette sensation ?!
C'est à ce moment-là que la gamine se mit à crier, horrifiée par le sang qui engluait ses doigts tremblants qu'elle les avait porté à sa joue meurtrie.
Une demi-seconde plus tard, le rapport des forces bascula de façon drastique !
Edward était aux premières loges pour y assister ; dans une gerbe de sang, une lame émergea de la bouche d'un de ses compagnons archers ! La pointe, projetée par l'invité mystère, avait jailli de sa gorge comme une seconde langue. Le type s'écroula d'emblée, tandis que les autres archers, incommodés par cette interruption improbable, s'étaient tournés vers la source du danger.
D'apparence, c'était un démon comme on les décrit de manière si irréaliste dans les contes. Drapé de noir, des cheveux flamboyants dressés en épis, les yeux rouges comme ceux d'une créature sortie tout droit des Enfers et la moitié du visage barré par une impressionnante balafre luisante du feu du Diable, l'entité tout sauf humaine venait à peine de retirer la lame pourpre de la gorge de sa récente victime qu'il avait déjà brandi sa jumelle pour trancher la main d'arc d'un autre camarade ! Autour de sa silhouette ténébreuse dansaient d'inquiétantes volutes rougeâtres.
Et son hurlement, monstrueux, était à glacer les sangs !
Avant que le monde se remette à tourner, Edward, complètement passif, le vit propulser le troisième archer d'un violent coup de pied frontal. Le bougre atterrit aux pieds de leur chef et manqua s'effondrer sur la gamine. Tous eurent un mouvement de recul, mais cela ne sauva guère le gaillard à la hallebarde - et le plus large d'épaules ! -, qui ne put parer qu'un seul coup de façon maladroite avant de finir avec l'acier souillé en travers des viscères. Toujours sous les yeux écarquillés de terreur d'Edward, l'espèce de créature démoniaque, dont l'expression faciale transcendait le sadisme lui-même, n'avait pas fini de répandre la mort promis par leur nouveau maître ! La masse du hallebardier agonisant fila devant lui, l'acier mortel dépassant toujours de son dos perforé, pour s'emplâtrer dans un arbre... ou presque, car un autre des compagnons d'Edward - celui à la hache - qui ne s'était pas dégagé assez vite de la trajectoire du fou furieux fut emporté comme un fétu de paille !
Résultat ? Deux hommes embrochés sur un arbre, l'arme sanglante enfoncée jusqu'à la garde dans le ventre du premier.
Edward, le pantalon trempé et alourdi, coupa à travers bois au moment où le tueur riva ses yeux maléfiques sur lui.


Gwendolyne n'avait vu que la moitié de cette abominable tuerie ! Autour d'elle le monde, qui n'avait été plus que ténèbres, s'était subrepticement teinté de rouge. Le sang, qui lui barbouillait les joues, qui avait éclaboussé sa petite robe brune, n'était pas le sien. C'était une tempête furieuse, létale, impitoyable, qui s'était déchaînée dans cette forêt ! Et quand la gamine avait ouvert les yeux juste après se les être frottés - merci les éclaboussures! - ce qu'elle vit lui fit perdre l'équilibre. Ses jambes, déjà flageolantes, n'avaient plus assez de forces pour la soutenir. Sa gorge, effroyablement sèche, ne produisait plus aucuns son - pas même un halètement. Ses yeux ronds d'horreur étaient passés du charnier à ses pieds à la brochette d'humains agonisants fichée dans l'arbre.
La terreur qu'elle ressentait était telle qu'elle ne vit pas l'archer, pourtant si proche d'elle, se relever, le visage tordu par la rage, une flèche serrée dans sa main vengeresse. Ni même le chef de ce groupe de fanatiques qui avait repris du poil de la bête !
Le monde était devenu fou. Quant à celui qu'elle connaissait ? Il s'était envolé.
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Blaze Kazeroi
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Jeu 13 Sep - 12:33


La situation semblait réellement sombre. Pas inextricable pour être franc, mais perdre la gamine pour ce genre de chose serait cher payer… Son coup fut médiocre pour ne pas dire pathétique, mais eut au moins le mérite de lui donner le temps qu’il voulait, particulièrement avec la distraction. Crachant son épée au sol avant de mettre ses liens dessus pour les trancher, Blaze était désormais libre. Libre et dangereux, mais pas assez pour ne pas être un instant horrifier de ce qu’était devenu Burnagore. Il aurait presque cru voir son père tant cette rage, cette folie l’animaient sans aucune retenue.

Mais priorité à l’innocence. Le bretteur s’interposa entre la gamine et le reste du monde avant de la prendre avec lui. L’archer s’était relevé et brandissait une flèche. Trop dangereux, Blaze réagit d’un coup létal. L’archer continua sa course avant de s’écraser sans vie, la tête s’étant lentement détacher de son cou. Agrippant la fille pour la mettre sur son dos, Blaze mentionna d’une voix ferme.

« Accroche-toi. Fort. »

Pas la position optimale pour combattre, mais c’était bien mieux que la laisser ainsi. Le chef avait rageusement commencé une attaque qui trancha l’air avec lequel le bretteur semblait s’être subitement inversé. Son cri de rage ne dura qu’un instant avant de s’arrêter net. Le contre fut net et précis, d’un léger mouvement de bras, son épée se planta dans la gorge du chef qui s’étouffa dans un gargouillis. La rage du reste du groupe n’en fut que décupler et le festival commença.

Edward paniquait devant le démon qui semblait ne pas s’arrêter, mais maintenant c’était leur cible qui avait pris les armes et la gamine ! Il avait déjà envoyé le chef, le seul qui avait reçu un semblant d’entrainement, au tapis en l’espace d’un simple coup de lame ! Il tomba au sol et recula de frayeur avant d’être hypnotisé. Le second n’était pas un démon, non. Il dansait, avec grâce, brutalité et élégance. Ses esquives étaient fluides comme l’eau et ses coups vifs comme le vent, le tout dans un ensemble improbable. Ses frappes étaient peu nombreuses mais précises et décisives, tranchant les doigts, parfois un tendon, le cou. Jamais son épée ne restait enfoncer comme la bête démoniaque le faisait.

Mais le plus surprenait était la gamine accrochée à son dos. Elle avait presque les ongles enfoncés pour tenir les mouvements rapides mais fluides. Son salut s’apparentait à sa capacité à rester accrocher, et ce n’était pas chose facile surtout que le bretteur devait calculer en plus sa charge pour ses manœuvres.

Dans un cri, la gamine lâcha prise, semblant couper un instant le combat. Dans un réflexe qu’il ne connaissait pas, Blaze rattrapa d’un bras la gamine au vol avant de la couvrir d’un coup de lance. Une gerbe de sang s’envola alors que le bretteur subissait le retour de son altruisme. Puis un second, et un troisième avant de finalement réussir à faire sortir la gamine de la mêlée.


« Graaah… Tain. » Douloureux, certes. Grave ? Pas tant que cela. Des égratignures qui guériraient après un léger traitement et du repos. Il observa la gamine pleurante et encore sous le choc et… un bandit effrayé. Pointant sa lame vers lui, le fanatique sursauta de peur, ayant déjà lâché ses armes. Blaze se retourna vers le danger immédiat, c’est-à-dire les enfoirés qui venaient de le cribler de coup. Deux d’entre eux se mirent en protection du 3ème qui arma un tir d’arc.

« Pcht. »

Dans un grognement de mécontentement, Blaze tira Kaze de son dos et fit voler une lame de vent, lacérant le buste de l’archer qui s’écrasa au sol. La surprise fut totale.

« Il a… une épée magique ? »
« Mais il ne s’en est pas servi durant… »

Des paroles futiles car Blaze envoya une seconde attaque de vent avant de rengainer pour reprendre le fer létal, bien plus léger, raffiné et pratique. La double menace des bretteurs réduisait, seconde après seconde, la taille de la petite escouade jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une pile de cadavre et de mourant. Certains rampaient encore, d’autres gémissaient. Mais Blaze n’avait pas fini, son épée se braqua vers Burnagore et il attendit patiemment. La férocité sans nom qu’il montrait inquiétait le Loup marqué, au point de vouloir prendre toutes ses précautions. Son « compagnon » était encore au prise avec quelques un d’entre eux et Blaze craignait que dans sa rage, il s’attaque à lui. Se rapprochant doucement et toujours avec une garde prête, il obtiendra sa réponse bien assez tôt.
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Dim 16 Sep - 17:14


Depuis qu'elle avait rencontré l'homme à la balafre, qu'elle avait cru bien plus bon que son apparence donnait à penser, Gwendolyne jouait bien malgré elle aux équilibristes sur le fil branlant qui représentait sa vie en ces temps troubles. Naguère, dans l'ancien monde qu'elle avait connu, jamais n'avait-elle vu autant de sang couler - quelques gouttes au mieux, après s'être écorché les genoux en tombant !
Ce monde là n'était définitivement pas le sien.
Il était beaucoup trop sombre et morbide pour elle !
Perchée sur le dos du Loup Marqué, la gamine priait intérieurement, et de toutes ses forces, pour que le cauchemar cesse. Ses doigts, fermement agrippés au rouquin, lui faisaient mal. Entendre les hommes autour d'elle hurler de douleur lui faisait mal au crâne. Ses narines la picotaient, attaquées par l'odeur métallique du sang. Et sa gorge asséchée par la peur la brûlait.
Gwendolyne ne voulait pas de cette vie, pas de ce monde de fous !
Ses doigts relâchèrent prise et elle faillit tomber sur les fesses, mais Blaze la rattrapa in-extremis. Pendant le processus, il accusa quelques vilains coups, qui firent pleurer encore plus la pauvre gamine avant que celle-ci ne se retrouve écartée de l'affrontement par son courageux protecteur.
Mais pourquoi.... se battent-ils tous ?
Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait plus rien !
Pourquoi est-ce qu'ils continuent à... ?
Elle manqua s'étouffer à force de sangloter. Au même moment, Blaze venait de découper un type qui ne se tenait pourtant pas à portée de sa lame. Cela n'avait pas manqué de surprendre les collègues de l'homme devenu cadavre, avant qu'ils ne finissent pas le rejoindre dans l'autre monde. La magie avait été mise à l’œuvre sous les yeux stupéfaits de la gamine.
L'époque des merveilleux contes de fée était révolue. Et la vision de l'Oiseau de Sang qui s'adonnait de plus belle à cette folie renforçait cette effroyable idée...


Edward s'était enfui mais cela n'avait pas d'importance. Burnagore aura tôt fait de remettre la main sur le fuyard... en temps voulu. Il reporta son attention sur ses victimes empalées.

- Merci de me l'avoir si bien gardée... fit le Vengeur en posant la main sur le manche de son Ignifer coincé dans l'arbre parmi les deux agonisants.

- Beuh...Glurgh, lui répondit l'un de ces derniers, en vomissant un sang qui tendait un peu vers le jaune.

Un autre déchet de la société voulut s'en prendre à Burnagore en lui administrant un coup de lame dans le dos. Il fut aussitôt recadré en se prenant le coude du Vengeur entre les mâchoires et tituba en arrière, la main pressée contre ses gencives meurtries.

- ...Mais je vais encore en avoir besoin.

Enfonçant sa botte dans le ventre du hallebardier embroché, le fou sanguinaire raffermit sa prise sur sa lame et l'extirpa de son carquois de bois et de chair d'un coup sec ! Aussitôt libérée, l'acier meurtrier faucha les cuisses du type à la bouche ensanglantée, ce grâce à un mouvement circulaire initié par son dangereux propriétaire.
Le Marqué ajouta à sa liste de victimes un autre fanatique qui, armé d'un minable petit couteau, se trouvait un peu trop près de lui. En guise de cadeau d'adieu, il lui laissa un Ignifer - celui qu'il tenait dans sa main droite gantée de fer noir - entre les clavicules. L'individu, chutant sur la face, rendit l'âme sans demander son reste.
Ceci tandis que Monsieur "Gencives sanguinolentes" chutait sur le dos. Burnagore, comme possédé, se jeta sur lui non pas pour le trancher mais pour lui administrer une volée de coups de poings avec sa main alourdie par le poids de l'acier.
 Il lui réduisit en bouillie sa sale face déjà ravagée !

- Alors ?! Il a quel goût mon poing, hein ? Il a quel goût, putain ?!

Il interrompit la "conversation" quand un éclat métallique lui chatouilla le coin de l’œil. Burnagore  se décala sur le côté et observa ce sketch.
L'un de ces tocards adversaire avait voulu le poignarder en y mettant tout le poids du corps. Résultat : il se retrouvait maintenant étendu sur le cadavre de son compagnon de croyance, la lame serrée entre ses mains coincée dans un poitrail figé par la mort.
Avec un plaisir malsain, Burnagore le frappa lourdement de sa botte au niveau du visage, ce qui étala sur le dos ce stupide fanatique pas foutu de viser correctement !
Il lui arracha le couteau des mains et, d'un geste, le planta dans le genou du dernier type qui avait osé tenté de lui nuire en toute impunité. Burnagore ne prêta aucune attention à son cri - il y était habitué, depuis le temps - et reprit son œuvre sanglante. En l'occurrence, il s'intéressa au précédant glandu encore sonné qu'il avait laissé en suspens.

- Bande de connards... Vous vous croyez vraiment tout permis, hm ?

Il l'attrapa par les cheveux après lui avoir enfoncé sons poing dans le ventre.
Massacre-le ! Fais-lui roter du sang ! Fais-lui maudire jusqu'à cette foutue catin qui lui a donné naissance ! hurla son Ka, extatique, dans la tête d'un Burnagore ivre de sang.

- Tu vénères la Mort ? Alors je vais te la présenter. La vraie. L'authentique.

D'une poigne de fer, il souleva son supplicié par la tête et le traîna jusqu'à son homologue mort qui avait toujours un Ignifer logé entre les clavicules. La lame rouge-sombre dépassait de la nuque brisée du macchabée, dont les lèvres baisaient impassiblement la terre piétinée.

- Salue-la de ma part.

Le "Nooooooo-" du malheureux se termina par un "sprotch!" sans équivoque. Son crâne perforé ressemblait désormais à quelque macabre décoration d'un sorcier planté sur la hampe d'un sceptre de fer souillé de fluides vitaux.
Burnagore tourna son regard de prédateur sur le dernier salaud encore en vie. Le genou de ce petit chanceux - plus pour très longtemps - suintait d'un sang épais.
Apprenti fanatique ou pas, il s'était littéralement fait dessus.
Celui que la Sorcière appelait l'Ange de la mort, guère repu par ce petit massacre, récupéra son Ignifer qui avait servi de pieu pour tuer deux de ces chiures ineptes pendant que le dernier larron du défunt groupe reculait tant bien mal jusqu'à se cogner le dos contre l'écorce d'un chêne.

- L-l-la mort ! bégaya le futur cadavre, en pointant du doigt l'homme à l'allure démoniaque qui s'était avancé vers lui, ses deux lames souillées en main. Elle est... venue nous... chercheeer.

Sous ses yeux écarquillés d'effroi, Burnagore leva sa lame.
On te reconnait enfin à ta juste valeur, on dirait, lui souffla la voix fantomatique dans sa tête, non sans y mettre une pointe d'émotion.

- Ne te méprends pas, rétorqua-t-il. Je ne suis que son messager.

D'un revers, Burnagore lui sépara la tête des épaules.
Une tête qui alla rouler, sous le coup du hasard plutôt qu'autre chose, jusqu'aux pieds de Blaze et de la gamine.
Le Vengeur échangea un regard avec son homologue qui, de toute évidence, n'était plus d'humeur à faire usage de sarcasme. Il tentait une approche malgré tout, et Burnagore ne fit pas mine de lever ses lames.
Non. Au lieu de ça, il se contenta de lui passer devant et de lâcher par-dessus son épaule, sans même se retourner :

- Il en reste un. Et je n'ai aucune intention de le laisser filer.

Il reprit la traque, en suivant cette fois-ci les empreintes de pas laissées par Edward.
Gwendolyne, qui avait assisté autant à la froide exécution qu'au vagabondage de la tête arrachée de son tronc, était complètement paralysée, ses doigts serrées sur le pantalon de Blaze. Son regard exprimait la peur, intense et irrépressible. Un peur transfigurée et redirigée vers l'Oiseau de sang.
Si le Marqué Loup n'étant pas étranger à cette récente tuerie, le Vengeur n'en avait pas moins été plus brutal et plus cruel que lui !
La petite ne reconnaissait plus l'homme qu'elle avait vu s'entrainer derrière la forge de son village. Celui-là... en était un autre, infiniment plus terrifiant ! Elle fixait le dos du bretteur et le voyait mentalement, par-delà le sang et tout le reste, cet océan de flammes qui s'étendaient comme des langues avides tout autour de lui.
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Blaze Kazeroi
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Ven 21 Sep - 15:23


L’exaltation sur le visage de Burnagore était à vous glacer le sang, de par la démence qui s’en dégage et la brutalité du manieur. Il n’avait aucune élégance, aucune subtilité. Juste de la violence à son état le plus pur. Une immondice, la représentation de ce qu’il y avait de pire dans l’être humain, ce qui Blaze lui-même détestait par-dessus tout. Ironique venant de lui, entrant en extase lorsque le jeu d’épée devient la seule chose qui l’obsède. Mais la gamine ne méritait pas de subir un tel spectacle, les mettre en déroute était bien suffisant, mais son tuteur s’était laissé aller vulgairement, sans aucune retenue, tel un enfant en pleine crise.


Le simple fait qu’il le passe ainsi fit soupirer Blaze, abattu et surtout déçu. Il lança un faux sourire à la gamine pour qu’elle le lâche. Bien sûr qu’il allait chercher le dernier, c’était évident, trop évident. Blaze le suivit mais avant même qu’ils puissent sortir de la zone…


« Non. »


Blaze agrippa le col arrière de l’épéiste pour le tirer brutalement en arrière, l’obligeant au moins à couper sa course. Le bretteur avait toujours son fer létal à la main avant de le braquer sur lui.


« Si tu le veux, va falloir me passer. »


Ce n’était pas parce qu’il avait spécialement de la compassion pour le fuyard, ou surtout une forme de pitié. Non. C’était simplement une forme de valeur. S’il laissait Burnagore faire ce qu’il voulait, alors ses meurtres étaient également sa responsabilité à lui aussi. Ce n’était qu’une vie vous pourriez dire, juste une vie dans l’océan de sang que Blaze avait fait couler. Mais si on commence à ne plus considérer cela, alors votre humanité se perd à jamais.


Et puis… Blaze trouvait incroyablement déshonorable la méthode du meurtrier. Sérieusement, fuir les combats durs pour se contenter de trancher des individus sans vraie expérience du combat ? Certes il combattait des mécréants… Mais des mécréants qui savent à peine se battre, qui ne méritent pas le titre de combattant. De la petite friture qui n’apporte aucune expérience du combat si ce n’était plus de sang sur les mains. Ce genre de bavure était excusable tant que lui-même était véritablement en danger de mort, mais avec l’expérience vient la puissance, et avec elle des responsabilités.


« Je pense qu’il est temps que tu redescendes un peu sur Terre "messager de la Mort". J’espérais que cette gamine t’aurait au moins fait murir mais visiblement, tu restes un enfant incapable de se contrôler. »


Bien que des deux pourtant, c’est Blaze qui avait encaissé le plus de coup, non seulement depuis l’évènement avec Death, mais aussi sur ce combat. La brutalité l’avait plus ou moins protégé en ce sens. Pure chance ? Possible. Mais une chose était sûre, et assurait qu’en cas de combat, le Marqué Loup l’emporterait : Burnagore était au service de sa rage.


Les émotions sont des armes dangereuses, instables et imprévisibles. La colère, la haine, l’amour, le désespoir, l’espoir, chacune d’entre elle peut bonifier les capacités au combat, mais sans contrôle, c’est l’inverse qui se passe. Le tableau derrière Burnagore représentait parfaitement les dangers de ce principe. Et peut-être, juste peut-être, que la seule chose qui pouvait vraiment aider l’Oiseau de sang, était de subir une défaite. De la même façon que lors de leur dernière rencontre, il avait été vaincu par son incapacité à le sauver de sa noyade.


Dans tous les cas, Blaze attendait la réaction de l’épéiste qui n’en était pas un, se demandant s’il allait regretter de s’être opposer ainsi à la folie meurtrière de l’Ange de la Mort… non. Non il ne regretterait pas, comment pourrait-il même se présenter devant Khar’a s’il ne tentait pas au moins de le retenir un peu dans cette stupide quête de qui fait couler le plus de sang… Sans compter que ces véritables ennemis sont autre part.


« Ton choix de prendre ce combat. » L’idée était surtout d’offrir une résistance à Burnagore, un véritable frein, un physique cette fois. Pas de juste balancer des bonnes paroles et faire le philosophe. Après tout, cela lui ressemblait mieux d'enfoncer ses idées à coup de poing, de botte et d'épée. Il voulait voir autre chose dans le regard de Burnagore, pas juste cette haine viscérale et sans fond. Il cherchait tout ce qui était autre : une étincelle de regret, un semblant de honte, un voile de tristesse, une nostalgie pour sa sœur et un temps plus simple, une noblesse dans sa quête... N’IMPORTE QUOI !!


L’unique vérité est que malgré l’excuse de la sorcière, il les aurait tués exactement de la même façon. Ce qui Blaze craignait n’était pas ce qu’il ne voyait pas dans le regard de son compagnon, ce n’était pas cette absence de bonté ou de pitié. C’était la présence de cette passion délirante, si puissante qu’elle transcende les mots. Et cette exacte passion, se déclenchait dans ses massacres…
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Dim 23 Sep - 15:30

Meurtre, mort, détruire.
Tu dois le tuer. Le retrouver et le tuer. C'est dans tes cordes. C'est aussi simple pour toi que de le saluer.
Meurtre, mort, détruire.
Et ce ne sera pas la dernière fois que tu le feras. Tuer te revigore, non ? C'est devenu un besoin identique à celui de te nourrir, ni plus ni moins.
Meurtre, mort, détruire.
Et c'est l'heure du dessert ! Ne laisse pas la présence des autres nuire aux pulsions qui t'animent. Tu n'as pas d'autres moyens pour "ressentir", après tout.
Il avançait en se fiant à ses seules pensées. Ou plutôt celles qui provenaient de son Ka. De cette voix dans sa tête...
Pense à ce que les déchets dans son genre ont fait subir à tes parents, à tous ceux que tu aimes ou... que tu as aimés. Défoule-toi sur eux pour noyer ta culpabilité dans leur sang ! N'oublie pas que le dernier doit morfler plus que les premiers.
Son sang bouillait. La mort de l'autre idiot l'attendait. Tout ce qu'il avait à faire, c'était de la lui prodiguer.
Simple comme bonjour !
Mais une main le retint et le tira en arrière par le col de sa veste. Burnagore fit volte-face, son œil balafré luisant du feu de sa colère. Cette même lumière surnaturelle. L'annonce d'un danger imminent qui ne laissait aucunement place à la pitié.
Burnagore baissa les yeux sur la pointe du fer létal levé vers lui.
C'était Blaze qui s'opposait à ses recherches, au châtiment qu'il contenait faire subir à l'autre lâche.

- Qu'est-ce que tu racontes ?!

Cet imbécile protégeait l'autre tanche ? Putain mais il lui manquait combien de cases à celui-là ?
Assez pour qu'il te menace avec sa lame, lui répondit son ignoble Ka. Il se met en travers de ton chemin après que tu l'aies secouru. Alors ? Quel goût ont tes bonnes actions, maintenant ?
Burnagore serra les dents. Son homologue lui expliqua cette décision, que l'Oiseau de Sang jugeât comme prise à la va-vite.

- L'adorable enfant que je suis vient de te sauver la vie pour la deuxième putain de fois, tête de nœud, répliqua-t-il, ses lames encore dégoulinantes de sang serrées dans ses poings.

Mais le bretteur n'en démordait pas. Il restait campé sur sa position, là, face à Burnagore, pour l'empêcher de perpétuer ce massacre. L'Oiseau de Sang le regardait sans esquisser le moindre sourire. Il avait la mine sombre, certes, mais paraissait un peu plus lucide qu'à première vue.
Il n'était pas sourd aux arguments de son interlocuteur. Par contre, dans l'instant, il se fichait bien de la petite qui se trouvait dans le dos de Blaze, occupée à se frictionner nerveusement les mains et à détourner ses yeux humides des corps mutilés.

- La terre, c'est toi qui viens de la quitter, ajouta l'ex-mercenaire. Tu t'interposes entre moi et ce lâche, et pour quelle raison ? Parce que tu t'imagines que j'ai agi par caprice ? parce que tu penses que je suis allé trop loin ?
Ha ! Alors j'aurais dû laisser ces types te passer à tabac ? Et ensuite, quoi ? Il s'en seraient pris à la gamine, l'auraient probablement battue, violée, avant de clouer ses tripes à un arbre pour simplement savoir s'ils seraient assez longs pour en faire le tour.


Il eut un rire sans joie, puis redevint aussitôt sérieux.

- Mais tu as raison sur un point : eux et moi ne jouons pas dans la même cour, il s'approcha un peu plus de Blaze et lui souffla au visage : A côté de ces bâtards, je suis un putain d'enfant de chœur, oui.

Il coula à peine un regard à Gwendolyne, qui restait terrifiée par les propos de l'Oiseau de Sang. Elle aurait bien voulu dire un mot, mais elle ne se sentait pas capable de le faire.
Burnagore rangea ses Ignifers et se servit de sa main droite pour baisser, du bout des doigts protégés, la pointe de l'épée qui le tenait en respect.

- Et je pensais te l'avoir déjà dit : je ne m'en prends qu'à ceux qui le méritent. Et à mes yeux, le traître qui a lâché sa lame pour se faire la malle à l'insu de ses compagnons ne mérite pas de vivre. Il ne vaut pas mieux que ceux qui sont restés oisifs alors que l'homme en qui j'avais le plus confiance m'a balancé d'une foutue falaise !

Le feu de la colère s'était intensifié dans son regard au moment où il eut prononcé ces paroles.
Il les visualisait mentalement, les membres de son ancienne compagnie de mercenaires. Ceux-là qui n'avaient pas bougé le petit doigt alors qu'on l'avait ciblé avec un arc, qu'on lui avait balafré la face et qu'on l'avait tranché en travers de la poitrine !
 Toutes ces blessures le brûlaient encore, autant physiquement que moralement. Inconsciemment, Burnagore les avait conservés pour garder sa haine intacte. Et avec elle, il leur rendrait là pareil, à toutes ces ordures méprisables.
Mais en attendant... en attendant...
Il évacua un soupir et se décontracta. Son expression se fit plus tendre lorsqu'il posa les yeux sur la gamine.
Pensait-il à sa jeune sœur qu'il n'avait pas revue depuis sa chute ?
C'était chose possible.

- Enfin bon... Tu as gagné suffisamment de temps pour que cet imbécile parvienne à s'enfuir. Mes félicitations, Blaze !

En se fendant d'un petit rire, il posa une main sur l'épaule du courageux bretteur et la tapota avec un semblant d'affection.

- C'est bien, vraiment.

Puis, contre toute attente, il lui décocha une gauche en travers de l'estomac ! Suffisamment forte pour le pousser à se plier en deux.

- Continue à faire ce que tu sais faire de mieux, fit-il en baissant les yeux sur la petite horrifiée. Veille sur la gamine le temps que je découpe ce traître en morceaux.

Non. Il n'en avait pas terminé avec le survivant des fanatiques. Et non, son avance ne le sauvera pas non plus des serres de l'Oiseau de Sang.
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Blaze Kazeroi
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Lun 24 Sep - 19:07


D’abord l’incompréhension, puis la rage. Un cycle naturel dans une soi-disant trahison. Soudainement le temps semblait être lent, l’air difficile à respirer. Tout de suite un justificatif après un autre. Je t’ai sauvé, j’ai sauvé la gamine. Si on résout comme ça, aider une bonne femme te donne le droit de la violer. Blaze n’en avait rien à foutre, il s’en serait sortie, juste avec beaucoup plus de blessure et la fille probablement morte. Mais il aurait survécu. Son interlocuteur était tellement prit dans un speech macabre qu’il ne se rendait même pas compte que la gamine écoutait. Une gamine qui venait de voir un massacre qui était leur responsabilité, leur échec de la protéger. Et quelle est la réponse de Burnagore ? Plus de sang, plus de mort. Même en étant lui-même un tueur il pouvait bien voir la folie de son jugement ?

Bien sûr, l’argument de la gamine. Il fallait qu’il tombe si bas… Ne pas répondre et ne pas se laisser aller. Blaze intériorisait sa rage et sa volonté de répondre avec tout autant de venin à l’Oiseau de sang. Ils étaient tous les trois vivants mais cela ne suffisait pas on dirait… La comparaison entre Burnagore et les fanatiques fit essuyer un rire à Blaze.


« Si tu savais à quel point tu as tort » dit-il, quasiment inaudible. Burnagore était, certes, moins pire qu’eux, mais il se tenait bien plus proche qu’il semblait ne vouloir l’accepter. La preuve, une vie suffit à le mettre ainsi hors de ses gonds. Et pourquoi si ce n’est que le plaisir de tuer. Pour éviter de se faire retrouver par le reste ? Ils auraient déjà pris les voiles bien avant. Ce meurtre qu’il voulait commettre n’était PAS nécessaire. Et c’est exactement pourquoi cette indulgence mérite opposition.

Ainsi se déroula une scène qui n’aurait jamais dû se passer. Une qui allait couvrir de honte Blaze et marquer le tournant de cette histoire. Burnagore rengaina, mais Blaze voyait bien que ce n’était pas la raison qui animait son geste. Le maniaque utilisa sa main pour baisser la pointe de l’épée de Blaze vers le sol. Comment l’avait-il laissé faire ? Il ne le savait pas, une amitié stupide, de la compassion, un espoir futile de rédemption.

Peut-être les paroles de ce pauvre fou l’avaient perturbé. Car dans ce cas, Blaze était un cadavre sur patte. Il méritait tout autant de mourir qu’il avait envie de vivre. Un raisonnement biaisé venant d’une personne trop peu qualifié pour juger de la vie. Pas dans cet état du moins. Mais reste que, malgré ses compétences, Blaze se fit avoir. Dans une phrase qui semblait enfin rassurer le bretteur et permettre de reprendre la route. Son regard était toujours concentré sur Burnagore avant qu’il lui mette un coup de poing dans le ventre. Fort.

« URK ! Uuuuuh. » Son souffle se fit très difficile, plié en deux par le choc. Comment était-ce arrivé ? Where… Where did i go wrong ?

Lui qui a survécu à tant d’horreur. Cette question le tourmenta et lui fit plus mal que le coup en lui-même. La gamine eut un cri de surprise en le voyant s’écrouler en se tenant et Burnagore partir… Difficile de retenir les émotions viles de l’homme lorsqu’on est en souffrance. Il ressemblait à un instrument mal joué tant son souffle était affecté par le choc. Son sang bouillait, l’envie de hurler à plein poumon le nom de cet idiot le prit mais il devait déjà se remettre.

« M-monsieur. V-vous allez bien ? »
« Huuuh. Ca huh ira… » répondit-il à moitié mourant tant son souffle était faible. Toutefois, il s’en remit au bout d’un court instant et sortit de sa poche une potion qu’il avala en en mettant partout tant il toussait. Son souffle se rétablit enfin après un bref instant.
« Ah… Accroche-toi gamine. Je vais pas le laisser faire. »
« M-mais il va vous faire mal… »
« Heh… Possible. »

La gamine obéit du moins, et Blaze s’élança à la poursuite de Burnagore. Avec le sprint, son souffle revint à pleine puissance et sa rage s’atténua pour de la honte. Un tel échec méritait d’en souffrir les conséquences, mais pourquoi protéger ce pauvre fanatique qui a pris la fuite ? Car ce n’est pas lui qu’il protégeait. Plutôt un idéal, celui de Khar’a. Mourir pour cela est vraiment la dernière des choses que Blaze voudrait mais l’Oiseau de sang, aussi intimidant était-il, restait à un niveau plus que gérable pour lui. Et s’il ne mettait pas les points sur les i, alors personne ne le ferait.

Notamment plus rapide malgré la charge de la gamine, le bretteur retrouva enfin Burnagore dans sa recherche frénétique du dernier survivant. Clairement, il était loin d’être assez discret pour celui à la mine sombre ne le remarque pas. Déposant la petite derrière lui, il s’avança et lança d’une voix tonitruante.

« Si tu penses que la surveiller est ce que je fais de mieux, tu as vraiment de la merde dans les yeux enculé. »

Le jeu d’injure était lancé. Cela allait s’avérer amusant, dégainant à nouveau son sabre létal, il en fit quelques tours, le sourire mauvais au visage.

« Tu n’es ni assez sage, ni assez fort pour me donner d’ordre Burnagore. » s’ensuivit une attaque fulgurante. En l’espace d’un instant, Blaze avait traversé la distance qui les séparait pour tenter de porter une attaque en pleine tête, la lame pointé sur l’œil valide. Pour finalement dévier de quelques centimètres… vers le centre du crâne. Horrifié, Blaze réalisa qu’il venait de perforer de son attaque le crâne de son compagnon dans un bruit de bois craquant. Une épée en plein dans le front, Burnagore s’écroula alors qu’il reculait, toute rage et haine dans ses yeux s’éteignant.
« N-non… je… ne voulais. »
Le hurlement de la gamine retentit et…

Une hallucination ? Blaze était encore en train de courir dans les bois avec la gamine sur le dos. A quel moment avait-il commencé à rêver debout ? Il secoua la tête et se recentra sur sa tâche de retrouver. Aurait-il vraiment fait cela ?  Devait-il vraiment porter le combat ainsi ? Blaze connaissait l’étendu de ces capacités, mais il ne pouvait pas encore juger avec précision celle de Burnagore. S’il surestimait l’Oiseau de sang, il risquait de le blesser voir de le tuer sur une passe d’arme. S’il le sous-estimait, c’était lui qui courait le risque d’y perdre plus qu’un peu de sang… Jusqu’à quel point valait la vie de Burnagore contre la sienne… Cela, il le savait déjà.

« Gamine. Quand je le retrouverais. Je veux que tu tentes de lui parler. »
« P-pourquoi ? Il ne m’écoutera pas… »
« Parce qu’entre homme, quand les mots ne suffisent plus, on se résout à la violence. Si tu ne réussis pas à l’arrêter, alors je m’en chargerais, mais cela risque d’être permanant. »
« Vous… allez le tuer ? »
« … »

La vraie bataille. Le vrai pari. Ce qui différencie le débutant de l’expert : la retenue. Si Blaze se retenait trop, il subirait le même sort que les autres. S’il déchaina trop sa vitesse et sa technique, Burnagore courrait le risque de se faire tuer… A ce moment, Blaze envia la simplicité de l’autre bretteur : Toujours à fond, jamais de retenue, aucune pensée envers les répercutions. Toutefois Khar’a n’approuverait pas, sa mère non plus. Tch, franchement, il avait été élevé mieux que ça.

La piste se faisait fraiche et Blaze retrouva enfin Burnagore. Déposant la gamine qui s’approcha doucement, le Loup pria intérieurement qu’il ne soit pas trop tard…
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Lun 24 Sep - 21:22
Avoir gaspillé de sa salive pour se justifier encore et encore auprès de ce crétin de Blaze l'avait passablement agacé, mais au moins cela lui avait permis d'entretenir un partie de sa rage. Et puis frapper cet idéaliste dans le creux de l'estomac... fut un bon défouloir.
A la suite de cet événement dont il tirait une certaine satisfaction, il avait donc disparu dans les buissons pour partir à la recherche du vilain petit lapin. Vraiment pas discrète, la bestiole !
Ces bois seront ton tombeau, gibier. Où que tu cours, cela n'y changera rien.
De nouveau ce sourire malsain qui étirait, doucement mais sûrement, ses traits. La perspective de découper un traître à sa fratrie le galvanisait ! Oui, il fallait qu'il meurt, cet enfoiré de fanatique ! Il sera bien plus utile au monde en se convertissant en tas de fumier. Ensuite viendrait le tour des individus dont les noms figurent sur sa liste, car si Burnagore s'était bien trompé sur une chose, c'est qu'il était en fin de compte bien incapable d'oublier sa jeune sœur comme le lui avait ordonné son oncle.
Si je tue tous ceux qui lui ont causé du tort ou qui risquent de le faire à un moment ou à un autre, alors j'aurais respecté la promesse faite à mes parents. Pour protéger, il faut savoir tuer. C'est là une nécessité.
Tu as tout compris. Mais que feras-tu si jamais il s'avère que ta petite sœur chérie n'est déjà plus de ce monde ?
Cette pensée révoltante enflamma le cœur du Vengeur. Plus, toujours plus de combustible !
Il se mit à respirer plus fort, un peu comme une bête.
Alors ils payeront cela très cher... Je m'attarderai sur leur supplice à tel point qu'ils ne seront plus capables de m'implorer d'arrêter !
La voix dans sa tête se mit à rire. Un rire de dément, bien sûr ! Elle approuvait cette pensée.
Les empreintes de pas de ce lâche d'Edward, profondes et hautement lisibles, accentuèrent le sourire de l'Oiseau de Sang. Son œil balafré n'avait rien perdu de son éclat, et le sang qui avait éclaboussé sa tenue n'arrangeait pas l'horreur qui se dégageait de ce tableau.
Dois-je me montrer expéditif ou bien... en profiter pour lui chanter un requiem qu'il n'oubliera pas, même après la mort ?
Blaze lui collait certainement au train, alors il allait devoir faire vite. Dommage. Vraiment dommage !
Et en parlant du Marqué, un froissement singulier dans son dos parmi les feuillages l'invita à se tourner à demi. Son œil hagard s'arrondit à la vision de la petite, que Blaze avait décidé de laisser en première ligne selon toute vraisemblance.
Burnagore reprit très vite son air de tueur, qu'il ne montra pas longtemps à la gamine.

- Je croyais avoir été clair, soupira le Vengeur avant de se détourner de la pleurnicheuse. Choisissez-vous un coin tranquille, le temps que je me charge du vilain monsieur.

Gwendolyne serra les poings et, animée par une colère d'un tout autre genre que celle de son interlocuteur, lâcha de façon catégorique :

- Non !

Le Vengeur se figea. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites avant de se poser sur la gamine pour la seconde fois. Il s'était totalement tourné vers cette dernière, ce qui lui permit de croiser aussi le regard du Marqué Loup.
'Font chier, ces deux-là...

- Non ? répéta-t-il. Te crois-tu en position de négocier, petite sotte ? Si je n'anéantis pas la menace maintenant, elle aura tôt fait de se reproduire. Ses pensées viscérales en contamineront d'autres. C'est un venin qui se répand, et qu'il faut endiguer au prix de quelques vies de moindre valeur...

- Tu ne dis que des bêtises ! s'insurgea la petite. Et en agissant comme eux, tu ne vaudras pas mieux qu'eux ! Tu deviens méchant, Burnagore ! Méchant, méchant, méchant... très méchant, finit-elle par murmurer en essuyant ses yeux pleins de larmes.

Burnagore évacua un long soupir. Il venait de perdre l'envie de sourire.
Les mots qui sortaient de sa bouche se firent plus doux :

- ...Te souviens-tu de ma première mise en garde, Gwendolyne ? Celle que je t'ai dite le jour où tu es venue me voir alors que je m’entraînais ?

Après un moment d'hésitation, elle secoua la tête.
Gwendolyne s'en rappelait très bien, et Burnagore le savait.

- Menteuse, fit-il en esquissant un petit sourire en coin. Je t'avais dit que c'était un endroit dangereux, poursuivit-il en lui présentant son dos, et que tu n'aurais pas dû t'y trouver. Je m'étais trompé alors que toi, tu avais raison.

- ...Quoi ?

Burnagore pouffa de rire de façon très brève, comme lors de ce fameux jour. Cette fois-ci, la gamine ne s'en vexa pas. Une attitude aussi désinvolte de la part de Burnagore, cela l'effrayait d'autant plus...

- Je t'ai aussi répondue avec ironie quand tu m'avais qualifié de "méchant". Et, là encore, tu n'avais pas tout à fait tort. En fin de compte, ce n'était pas l'endroit en lui-même qui était dangereux, mais bel et bien moi.

Alors qu'attends-tu pour lui prouver tes dires avec ta lame ? Débarrasse-toi d'elle, c'est le moment ! Tranche ces liens avant qu'ils ne te pourrissent ! Cesse de te mentir à toi-même.
Burnagore fronça les sourcils et se fit fort d'ignorer cette foutue voix tentatrice.

- Mais... !

Elle était à court de mots et, en désespoir de cause, tendait une main vers le Vengeur sans pour autant oser s'en approcher de plus près. Mais juste avant que Burnagore ne reparte en chasse, Gwendolyne revint à la charge :

- Arrête ! lui hurla-t-elle. ...Je la vois, tu sais ? Tout autour de toi... cette chose faite de flammes, qui a tendance à s'étendre... et qui te parle.

Une déclaration à laquelle Burnagore ne s'était pas attendue. Il coula un regard à la gamine, qui le soutint sans défaillir. A travers ses grands yeux bleus, le Vengeur lisait quelque chose d'étrange, d'atypique... et de dérangeant.
Oooh !~ Est-ce qu'elle parle de moi ?
Il leva les yeux sur Blaze, puis les reporta sur Gwenlodyne qui paraissait avoir éveillé sa curiosité.

- Tiens donc ? Étonnamment lucide pour une gamine trouvée dans un coin perdu.

Les joues gonflées par l'indignation, elle s'apprêtait à dire quelque chose quand le Marqué surenchérit :

- Mais cela ne change rien au problème. Et mon gibier a pris de l'avance. Continuez de discuter sans moi. Vous n'avez fait que me compliquer la tâche.

Non, il n'en avait toujours pas fini avec ce cher Edward ! Et... non, il ne comptait toujours pas le laisser filer.
Alors... à qui le tour ?~
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Mer 26 Sep - 12:21


Par un tour du destin, ils étaient arrivés à temps. Restait désormais le plus dur, convaincre ce borné de tueur à quel point s’acharner sur une seule vie, surtout celle d’une personne qui a fui et déposer les armes, était futile pour l’instant. La gamine se montra aussi droite qu’elle le pouvait mais ne rencontrait qu’un mur de folie. Observant silencieusement leur interaction, Blaze essaya de comprendre la pensée de Burnagore, sa façon de raisonner. Blanc ou noir, et lui dans un délicieux gris qui lui donne tous les droits. La petite avait au moins encore cette humanité en elle et une capacité à se rappeler que tuer, c’est mal. Franchement, la première des leçons quoi. Typiquement, le plus difficile n’est pas d’enseigner à tuer, mais d’enseigner à ne pas tuer. Sur ce point, zéro pointé à Burnagore.
Hélas les négociations prirent fin dans un échange plutôt intriguant. Un esprit ? Des flammes ? Blaze avait beau se concentrer, il ne voyait rien de cela. La fillette pleurait alors que Burnagore reprenait encore son chemin sans la moindre gêne du monde.
« P-pardon, j’ai pas réussi. »
« Eh là, c’est bon, tu as fait de ton mieux » dit-il en mettant une main sur l’épaule de la gamine. « Tu peux être fière de toi. »
« Mais… j’ai pas… »
« Non mais tu as essayé. »
Il se releva en soupirant.
« V-vous aller faire quoi ? »
« Ce que je fais de mieux~ »
La fille pencha sa tête sur le côté, un peu intrigué avant que le Marqué Loup entame un sprint à pleine vitesse. Dans un bruit strident, son fer létal quitta son fourreau pour respirer à nouveau l’air qui venait de devenir épais et étouffant. Connaissant l’Oiseau de sang, il visa un point critique dans le centre de masse, évitant ces cibles préférées pour un style plus… sale. Ce n’est pas comme si chacun était équipé défensivement d’ailleurs. Ils étaient de délicieux morceaux de chair qui ne demandait qu’à être trancher et lacérer sous une lame, avec la sensation jouissive d’une absence d’obstacle. L’un comme l’autre pouvait tomber sur un coup bien placé, et Blaze avait l’intention de mettre hors d’état de nuire Burnagore temporairement au mieux, définitivement s’il persistait au-delà de ses limites.
Restait maintenant la retenue… A quel degré Blaze allait se retenir. La réponse fut simple. Pas du tout. Visant à purement et simplement lacérer avec force le meurtrier, il avait l’espoir de mettre fin à cette stupide errance meurtrière avec un coup, des paroles et probablement une gifle. Bientôt il était à portée de lame, voulait-il vraiment lancer ce combat ? Cette hésitation pouvait s’avérer fatale, et son adversaire n’en aurait aucune. Alors il lui rendrait la pareille.
Échangeant son attaque et passant Burnagore d’un long saut pour éviter une contre-attaque, il se retourna vers lui, un demi-sourire arrogant au visage.
« Réglons ça d’homme à homme veux-tu ? Si la gamine dit non, alors je serais celui qui te forcera à respecter ce choix. »
Il n’avait pas eu le temps d’analyser l’étendue des dégâts de sa frappe, ou même s’il avait correctement touché, mais désormais, c’était le moment de vérité. Posture ferme, jambes fléchies et prête, bonne tenue de garde et le regard sur l’épée adverse. Il était prêt à presque toutes les éventualités. Presque. Il rigola intérieurement de ses propres paroles. Dire d’homme à homme après une attaque en traitre est plutôt ironique. Bah ça lui apprendra tient. Blaze savait que les paroles étaient inutiles, et cela l’attristait plus qu’autre chose. Tant pis. Désormais, c’est l’acier qui parlera !
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Jeu 27 Sep - 22:35

Gwendolyne avait du mal à se sentir "fière d'elle". Tristement, son intervention n'avait rien changé du tout. Burnagore s'en était allé après lui avoir tourné le dos, à elle et à son ami.
Fin du débat ? Non.
En un éclair, Blaze l'avait suivi. Lui aussi s'en était allé mais pas pour la même raison. L'acier avait glissé hors de sa geôle de fer. Le porte-parole du Marqué allait s'exprimer autrement que par des mots. C'était inévitable.
Gwendolyne ne voulait pas regarder ça. Elle enfouit son visage dans ses mains et fit du mieux qu'elle pouvait pour penser à autre chose... comme le temps où elle vivait chez ses parents. Mais cela ne servait à rien. Les images d'horreur revirent très vite à la charge tandis qu'elle avait toujours les paupières closes. Les jolies souvenirs qu'elle avait de ses parents se substituaient à ceux où elle les voyait tous les deux - morts mais pas pour le moins animés - tendre des mains avides de sang vers elle !
Un cri retentit au moment où l'acier rencontra l'acier.


Il n'est jamais conseillé de tourner le dos à un homme, même si ce dernier a les mains vides.
Burnagore n'ignorait rien de cette règle d'or. Il en avait fait les frais lorsqu'il était encore mercenaire parmi les siens. Alors, ami, ennemi ou inconnu, la différence entre eux-tous était ténue pour lui. Aussi le loup avait-il fini par montrer les crocs, finalement. Et quel vacarme il produisait, celui-là, quand il dégainait et accourait vers sa proie !
Il n'y avait rien de subtil là-dedans.
L'Oiseau de Sang réagit au quart de tour, dégainant l'un de ses Ignifers pour l'entrechoquer au fer létal de ce beau petit enfoiré qui avait tenté de l'embrocher par derrière. Il n'eut pas le temps de chercher la contre-attaque ; le loup avait bondi à bonne distance de sa lame après l'avoir grossièrement nargué.
Les événements prennent une tournure intéressante, intervint la voix diabolique.

- Tch !

Ce n'était visiblement pas l'avis de Burnagore.
S'il avait réchappé à ce coup-là, il n'en demeurait pas moins remonté par l'audace de son assaillant. Ce satané couillon était vraiment prêt à lui couper la route pour protéger la vie d'un salopard de traître qui croyait en un nouveau "Rédempteur" sorti tout droit du trou du cul des ténèbres de ce monde !
L'Oiseau de Sang ne pouvait pas fermer les yeux là-dessus, quand bien même Blaze ne cherchait-il pas vraiment à protéger le sale type en fuite. Alors que cet idiot de Marqué protège un idéal, soit, mais qu'il ne se mette pas en travers de son putain de chemin !
L'air sombre, Burnagore fit craquer sa nuque d'un côté puis de l'autre.

- Tu n'as pas l'air de saisir... alors je vais devoir te l'expliquer autrement, dit-il, calmement, en positionnant sa lame dans d'alignement du marqué-loup. J'ignore qu'elles sont tes lubies exactes et je m'en moque, mais s'il y a bien une chose que j'abhorre...

Il fit glisser son autre sabre hors de son fourreau au moment où une ombre, plus effrayante encore, lui passa sur le visage. Burnagore ne souriait pas. Rien ne lui faisait plaisir en cette situation...

- C'est qu'on se mette en travers de mon chemin alors qu'une putain de pourriture est en cavale !

Il frappa de taille ! Une coupe fulgurante destinée à faire reculer son adversaire pour, au mieux, le déséquilibrer. Puis il enchaîna avec un revers ascendant afin de donner à Blaze l'impression que, dans un excès de rage, il lui ouvrait maladroitement sa garde. C'était bien évidemment une feinte, car le geste ne se termina pas là-dessus - il fut bien plus audacieux que ça. D'un pas vif tout en cherchant à maintenir hors de sa trajectoire d'assaut l'épée de son opposant, L'Oiseau de Sang entreprit de le frapper avec le pommeau juste sous les côtes. Un excellent moyen pour couper la respiration de n'importe qui, de le foutre à genoux et de prendre le temps de lui dire ses quatre vérités.
Pour l'heure, même si cela allait s'avérer foutrement compliqué, Burnagore ne projetait pas d'éliminer son stupide homologue.
Il préférait argumenter, convaincre, avec ses sabres.
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Blaze Kazeroi
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Mer 3 Oct - 14:01


Visiblement, pour un coup dans le dos, ce fut un échec, il n’a jamais été doué pour prendre les gens en traitre après tout. Toujours avec sa démarche de vengeur obstinée, le bretteur sanglant sembla enfin daigner son attention. Ce n’était pas trop tôt. Contrairement au visage froid et peu heureux, Blaze à l’inverse gardait un entrain certain. Peut-être quelque chose d’intéressant, de plus résistant que des personnes ayant à peine touché une épée depuis quelques mois. Un challenge. Une occasion de tester ses limites. Quelque chose dont il manquait cruellement. Et mettre un frein à la folie de Burnagore était en soit un succès.


Deux lames. Deux lames plutôt longues. Deux fois plus de frappe, deux fois plus d’épuisement. Généralement, il est préférable d’avoir un écart de taille entre les épées. L’une pour parer et attirer l’attention de l’adversaire, et la seconde pour frapper quand on ne s’y attend pas. Ce choix reflétait Burnagore : Aucune subtilité et tout pour frapper plus, plus vite, plus souvent. Pas que ce style n’avait pas ses avantages, bien au contraire.


Une phrase inutile et le combat était parti. La tranche de taille trouva le vent tant visiblement il servait à le faire reculer. Amusé avec un sourire en coin, il recula comme un danseur, prenant son mal en patience. Mais quelque chose était… off chez Burnagore. Ses yeux ne luisaient pas… Pour l’instant sa maitresse semblait dormir. La seconde épée arriva pour une nouvelle tranche mais le mouvement de bras de l’Oiseau de sang télégraphia la feinte.


(Bonne idée, piètre exécution)


Le fait que le mouvement soit une continuité et non, à l’inverse, une discontinuité, rendait le coup relativement facile à anticiper. Le simple fait que le coup ne soit pas voulu létal indiquait à quel point l’un ne prenait pas cela au sérieux. Avec la proximité nécessaire pour donner un coup de garde, le vengeur venait de faire une terrible connerie : Sacrifier sa portée. Avec une main de libre, Blaze avait un avantage mortel qu’il démontra en agrippa d’une main le bras d’épée de Burnagore pour bloquer définitivement le premier. Quand à celui qui arrivait avec la garde, il rencontra le fer de Blaze. Le maitrisant ainsi, Blaze bloqua la posture en regardant dans les yeux son homologue.


« Tu m’insultes avec des conneries pareilles. »


Lâchant la prise pour remettre une distance généreuse, ce ne fut pas sans un souvenir : un bon gros kick dans le ventre. A peine remis à zéro, Blaze brisa l’idée du monologue et pressa son avantage. Incisif et franc, les coups étaient peu fréquents, mais tous menaçaient. Jouant de sa portée et de son agilité, il avançait puis se subtilisait pour éviter l’avantage du manieur double. Et ce sourire. Ce foutu sourire qu’il avait en permanence sur le visage. Chaque frappe hurlait une intention bien unique : Ne te crois pas intouchable. Nombreuses furent les fois où Blaze pouvait tenter une frappe plus audacieuse et toucher mortellement son adversaire, mais ces coups comportent des risques pour les deux camps. Alors il continue de taper le point sensible, l’endurance. Manier un bout d’acier est bien moins fatiguant que deux…


Moquer les capacités de son adversaire à l’oral était une chose, le démontrer physiquement était souvent bien plus dévastateur et insultant. Dans un coup qui pouvait sembler régulier avec le jeu que jouait Blaze depuis le début, il lâcha soudainement son épée. Le morceau sembla flotter en l’air et le temps ralentir. Une telle erreur signifiait la mort, purement et simplement. Sauf si l’erreur n’en était pas une. Son bras continua le mouvement et brassa le vide et ce fut son autre bras que récupéra l’épée pour un coup d’estoc en pleine extension. Viser la tête était trop gourmand, le centre du corps était bien plus judicieux et moins dangereux.
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Mer 3 Oct - 21:50


Bizarrement, l'Oiseau de Sang n'en attendait pas moins de son homologue bretteur. Son offensive visant à le neutraliser fut un échec, et le choc entre leurs lames respectives ne fit qu'accentuer le fiasco.
Blaze lui cracha son indignation au visage avant de le punir avec la semelle de sa botte. Accusant le coup au niveau de la ceinture abdominale, Burnagore s'écrasa le dos contre un arbre, qui en fut quelque peu secoué.
Il n'avait cependant pas lâcher ses lames.
Cet heureux détail lui permit de les opposer à celle du Marqué-loup. On ne pouvait pas dire que l'Oiseau de Sang lisait en son adversaire comme dans un livre ouvert. Seulement, il savait se débrouiller pour que les offensives de Blaze ne le découpent pas en petits morceaux. Il n'avait par contre pas le temps de se soucier des multiples sueurs froides que subissait la pauvre Gwendolyne alors que les épées s’entrechoquaient. A chaque fois qu'elle se croisaient, la pauvre gamine ne pouvait s'empêcher de sursauter !
Ne pas rester continuellement sur la défensive demandait déjà assez de concentration comme ça à cet dément d'Oiseau de Sang ! Si en plus il fallait s’intéresser aux états d'esprit de la mioche...
Jusqu'à quand comptes-tu t'amuser avec ce fauve, exactement ? le tança son Ka au beau milieu du tintamarre produit par la rencontre des fers. Il s'oppose à toi et tu continues de remuer tes sabres comme un enfant qui en affronte un autre. Laisse-la s'exprimer... ta rage ! Il faut que tu fasses le ménage ! Sois impartial !
Ferme ta gueule ! Ce duel ne te regarde pas.
Mais elle commençait tout juste à revenir, cette lueur malsaine dans son regard de prédateur. Plus l'acier chantait, plus ce feu intérieur consumant le peu d'humanité qui lui restait se développait ! C'était inévitable, et là seule chose qui permettait au Vengeur de garder l'esprit clair tenait de sa capacité à gérer des situations de ce genre-là. Son passé de chef l'y aidait grandement. Ça et aussi le fait qu'il ne voulait pas se débarrasser stupidement de son teigneux d'adversaire.
...Même si son foutu rictus avait quelque chose d'irritant.
Il cherche à me foutre en rogne, ce crétin !
Burnagore ne comptait pas entrer dans son jeu. Ici, il n'affrontait pas un pauvre glandu qui se croit invisible simplement parce qu'il brandit un long morceau d'acier. Il ne faisait aucun doute que le Marqué-loup disposait d'une bonne maîtrise de l'épée, soutenue par une belle poignée d'années d’entraînement et de pratiques en combat réel.
Baisser sa garde et relâcher la bride à sa colère n'aiderait définitivement pas l'Oiseau de Sang.
Ce fut d'ailleurs cette vigilante pensée qui le sauva de l'insolite passe d'armes de Blaze. Le fou avait fait semblant de se départir de son unique lame pour finalement la rattraper de son autre main et frapper immédiatement en piqué !
Il fallait en avoir dans le froc pour oser un geste pareil.
Vicieux !
N'ayant pas le temps de dévier le coup avec l'un de ses Ignifers, Burnagore opta pour une esquive de dernière minute en se fendant d'un mouvement de contorsion. Il sentit malgré tout la pointe du Fer Létal du Marqué rapper la surface de sa veste. Une fine lanière de tissu pendouillait dans le sens de la longueur de cette même épée.
Réagissant au quart de tour, le Vengeur laissa choir l'une de ses lames à ses pieds pour, de la main gauche, saisir ce poignet si généreusement tendu. Il fit mine d'avancer sa jambe pour décocher un coup de genou mais, au lieu de ça, trouva l'espace pour frapper d'un coup de boule - front contre front! - cet enfoiré de Blaze !
Le choc à double tranchant permit à son initiateur de refréner encore un peu la sauvagerie qui sommeillait en lui.
Burnagore n'eut guère dans l'idée de poursuivre son offensive. Il se contenta plutôt d'arracher d'un coup sec la fine lanière de tissu qui pendouillait toujours sur sa poitrine entamée.

- Permets-moi de refuser cette valse, pauvre con.

Il se remit immédiatement en garde. Avec une seule lame cette fois-ci. L'autre reposait par terre, à sa droite, non loin de sa botte. Se laisser tenter serait, pour ainsi dire, des plus suicidaire. Bah !... Il la ramassera plus tard.
En espérant ne pas avoir à récupérer la tête de Blaze au passage.
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Blaze Kazeroi
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Lun 8 Oct - 9:09


La feinte osée porta, mais pas assez, ajoutant un nouveau lambeau à la tenue de l’Oiseau de sang. C’était même raté si l’on était franc, toutefois Blaze savait garantir ses arrières et avait déjà préparé de sa main libre la prise sur la courte lame encore rangée dans son dos. Une mesure pour répondre à une contre-attaque. Ce fut une surprise quand il vit Burnagore lâcher simplement une lame pour agripper son bras tendu, encore plus grande qu’il était à portée pour lui agripper ainsi le poignet, clairement Blaze se pensait plus au point sur son espacement. C’est un peu le 101 de l’épée. Au lieu de tenter de porter un coup à son bras ou n’importe quoi de plus violent, il lui infligea un coup de boule. La brutalité lui fit perdre un instant le sens de l’équilibre.

Vacillant un instant avant de se secouer pour reprendre ses appuis, le duel semblait à nouveau au point mort… Refusant d’aller chercher sa lame, le Marqué Loup haussa un sourcil devant cette hésitation. Il aura besoin de cette seconde épée pour espérer tenir tête mais visiblement, réaliser l’étendu d’un écart de force n’est pas dans les cordes du meurtrier. Dommage.

« Dans ce cas tu n’as qu’à arrêter de poursuivre le dernier fuyard ? » répondit-il avec un sourire aussi enfantin qu’offensant. Il se souvenait d’une époque où la rage de Burnagore était son arme, pas sa maîtresse comme c’est le cas aujourd’hui. Prenant une posture relaxée, rengainant l’épée dans un rire, il ajouta : « Vraiment, c’est aussi simple que ça. »

Malgré tout, Blaze restait prudent, son sabre était rengainé mais toujours en main. S’il pouvait s’en sortir sans combattre, c’est toujours mieux, mais laisser faire le Marqué sanglait était hors de question. Et comme les mots ont visiblement peu d’influence sur lui… Décidant de montrer confiance, mais pas totalement, il raccrocha son sabre à la hanche en soupirant mais avec une main encore fermement placé sur Melly, dissimulé dans son dos et sous sa veste. Courte mais pas assez pour être une dague, elle était très rapide à sortir et particulièrement pratique pour se défendre proche du corps, possiblement ce que Burnagore irait chercher vu le changement de style…
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Lun 8 Oct - 18:58

La Marqué-loup marqua un temps mort, qui finit par s'éterniser pour devenir ce qui ressemblait vaguement à une trêve.
Mais... à quoi pensait-il, cet abruti condescendant ? Cherchait-il à gagner du temps ou bien... ?
Quelques secondes auparavant, il tente d'embrocher le Marqué en s'en prenant à lui en traître et puis là, soudain... plus rien.
Burnagore ne s'imaginait aucunement que son coup de tête avait autant refroidi les hardeurs de son fieffé crétin d'adversaire. Le Vengeur raffermit sa prise sur son arme ; le fait de voir Blaze rengainer la sienne ne le rassurait pas pour autant.
Ne lui avait-il pas prouvé quelques instants plus tôt à quel point il pouvait se montrer fourbe ?
Ce serpent cachait bien son jeu. Mais qu'en est-il maintenant que ce que dernier s'est dévoilé sous son véritable jour ? Ce sourire... ne t'irrite-t-il pas ? Tu as les pouvoirs de le lui retirer de la bouche. Il suffirait pour cela de lui arracher les lèvres.
Encore son Ka, qui n'avait de cesse de lui marmonner ses sanglantes recommandations.
Burnagore parut se relâcher - très modérément - assez pour répondre verbalement aux provocations ridicules de son homologue.

- Il n'y a rien de simple dans cette histoire, répliqua le Vengeur. A qui crois-tu rendre service en te dressant ainsi sur mon chemin ? l'imbécile a qui tu offres une belle petite longueur d'avance, peut-être ? ou bien à la gamine ?

- Gwendolyne ! le coupa la concernée. Moi, c'est Gwendolyne ! Pas la gamine.

Elle avait récupéré un peu d'aplomb. Burnagore lui coula un regard, croisant ainsi le sien, avant de le reporter sur Blaze. Il avait l'air le plus sérieux du monde, et non pas animé par une quelconque rage meurtrière.

- Gwendolyne, rectifia-t-il, non sans pousser un soupir désabusé. Te rends-tu seulement compte de ce qui risque de se passer si jamais l'une de ces enflures qui vous ont attaqués parvient à s'enfuir ?

Il leva la main, comme pour couper Blaze dans sa réponse.

- Ne te fatigue pas, poursuivit-il, autoritaire, le regard toujours aussi ferme. Je vais te le dire, moi, ce qui va se passer ; cet homme que tu as laissé s'enfuir empruntera deux chemins possibles. L'un le mènera droit en Enfer, où les visons de ses compagnons morts n'auront de cesse de le hanter, jusqu'à le pousser à se venger - pas seulement de moi, mais aussi de tous ceux qui ne lui reviendront pas. L'autre, s'il est trop faible d'esprit, le tirera probablement dans le sens inverse : dans les méandres de la peur. Alors il s’enfermera chez lui à double-tours, puis enfin sur lui-même. Il deviendra une loque incapable de penser correctement ou, pire encore, il pourrait bien en venir à commettre l'irréparable si jamais quelqu'un parmi ses proches tente de prendre contact avec lui.
Maintenant, dis-moi Blaze... Tu te penses toujours aussi miséricordieux ?


De l'avis de Burnagore, il n'y avait pas de rédemption possible ; cet Edward était bon soit pour la potence, soit pour passer sur le fil de son fer létal, soit pour sombrer dans une insondable dépression de laquelle il ne ressortirait pas l'esprit sain.
L'Oiseau de Sang préférait écarter une possible menace d'entrée de jeu ! Tout en sachant que monde n'avait pas besoin de porter un ver de terre de plus.
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Blaze Kazeroi
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Mar 16 Oct - 10:37


Le temps était clé, à ce point, suivre le dernier fuyard allait s’avérer une tache de plusieurs heures plutôt que de quelques minutes. C’était déjà une victoire en soit, désormais il fallait convaincre Burnagore la futilité de cette poursuite. Mais dur de réfléchir avec le mal de crâne…  Sur la défensive déjà.  Son opposant semblait se relâcher, mais beaucoup trop de signe de tension animait son corps et son visage pour éprouver un véritable calme.

Les gens aiment se rendre la vie compliqué, car elle l’est, soyons franc un instant, elle l’est totalement. Mais la tendance à ne pas rationnaliser et préférer l’émotif est une constante qu’il avait notée dans ses années dehors. Et Burnagore en exprima un incroyable exemple, il n’aurait pas demandé mieux. Prit d’un rire qui devint hilare, il tenta de répondre avec un minimum de respect… raté.

« Parce que ! Hah. Parce que tu te penses en état de juger ? HAHA ! Burnagore le juge, l’homme de raison et de logique ! Tu me crois miséricordieux ? Oh… OHHAHAHAH !! » Il frappa son genou avant d’essuyer une larme de rire. « Mon pauvre garçon, tu manques tellement de foi envers les autres et toi-même, c’est d’un tragique presque comique. Et si ce que tu dis est vrai, c’est de notre droit de juger ? »

Il soupira en pointant du doigt Burnagore. « Il a choisi de vivre. Peut-être une vie de vengeance ou de misère, mais il a fait un choix. Il aurait pût décider de crever ici avec les autres mais il a eut le courage de prendre ses jambes à son cou. Après tout, tu sais bien à quel point vivre est difficile, surtout toi. »



Vivre, c’est souffrir. C’est vrai, mais vivre c’est également découvrir de petits plaisirs, apprécier les petites choses, chercher à faire ce qu’on aime au plus profond de son être. Peut-être qu’Edward regrettera de ne pas avoir laissé sa vie ce jour-ci, peut-être qu’il cherchera vengeance, peut-être qu’il tombera dans la misère. Ou peut-être que cette expérience lui aura ouvrit les yeux sur la valeur d’une vie.

« J’en ai rien à faire de ce que cet homme fera. Et tu as bien d’autres chats à fouetter pour te permettre de jouer les bourreaux. Chaque vie que tu prends est peut-être une nouvelle cicatrice sur le corps de ta sœur toujours en cage ! Donc non, je ne rends service à personne sauf à moi-même. Tu crois que je ne connais pas le plaisir de découper la chair de mes adversaires ? La sensation délicieuse de sentir l’acier pénétrer le corps et le sang chaud couvrir la lame ? Tu es un idiot de me croire bon et un hypocrite de t’attribuer des raisons à ton massacre. »

Le comique avait cédé à la résolution. Brulante et radieuse, elle appuyait les mots de Blaze dans une forme de vérité. Une vérité subjective et imaginée par lui, mais sa conviction n'en démenait pas. Regardant Gwendolyne, les graines du conflit étaient semées. Désormais, il fallait voir comment elles allaient éclore. Verrait-il raison dans la stupidité de faire tant d’effort pour une mort de plus ? Ou persisterait-il à faire ce que sa démence lui impose. Le destin de sa seule famille reposait dessus…
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Ven 19 Oct - 22:16

Ce crétin lui tapait sérieusement sur le système ! Il parlait de choses qu'il ne comprenait même pas. Oui, il confondait deux notions radicalement opposées ; il confondait la châtiment et le jugement. L'ancien Burnagore qui avait parcouru Begnion avec sa clique - dont sa sœur parmi les siens - avait cru en la Justice. Derrière l'argent qu'il avait récolté pour sa survie et celle de ses hommes, il avait combattu pour la défense des plus faibles. Naguère, il avait même refusé quelques contrats particulièrement rentables pour préserver le bon mercenaire qu'il eût été. Droit dans ses bottes, le gentil Burnagore... mais également terriblement niais et rêveur. Un homme qui ne se nourrissait que de chimères, qui n'avait pas encore connu le goût infamant de la trahison. Qui n'avait pas encore vu la vraie face de ce monde.
Un grand enfant, qui a fini par évoluer !
Le "droit de juger" ne signifiait plus rien pour le nouveau Marqué. Tout le monde piétinait ce mensonge. Tout le monde passait outre ! La notion de jugement s'était substituée à celle, plus directe et plus sanglante, du châtiment. Blaze ne l'avait pas compris. Il avait un bien méchant train de retard. La fameuse différence, il ne la connaissait pas...
Tu t'échines à essayer d'instruire un imbécile. C'est aussi vain que de tenter de soigner un mort. Et pendant ce temps-là...
Le fanatique court toujours. Je le sais. Alors ferme-la et reste tapi dans les méandres de mon âme. Tu me fatigues.
L'imbécile hilare le pointa du doigt. Bien que déjà las, Burnagore haussa un sourcil... avant d'écouter des bêtises encore plus grosses que les précédentes.
Dans l'esprit du Vengeur, son Ka lui-même en riait.
Le courage de prendre ses jambes à son cou ? Il en a vraiment des bonnes, ton ami !
Je n'ai pas d'ami.
Parfait ! Alors maintenant, qu'est-ce que tu attends pour l'éliminer ?

C'était une excellente question à laquelle Burnagore n'avait pas vraiment de réponse.
Il porta son regard derrière son homologue bretteur qui lui faisait toujours face, là où se tenait, à bonne distance de l'affrontement, la misérable Gwendolyne.
A sa manière, Blaze lui déballa l'argument de retrouver la sœurette perdue au plus vite, au lieu de s'adonner à d'abominables tueries. En proie à une certaine agitation, les mains de Burnagore se crispèrent.
Mais de quoi se mêlait-il, bordel de merde ?!
Le Vengeur sentit son pouls s'accélérer de manière inquiétante... puis jouissive. Sans doute à cause de l'influence de son Ka, et du fait que Burnagore ressentait toujours son cœur battre, l'air lui chatouiller les pores de la peau, après tout ce temps passé depuis la dernière effusion de sang... ce genre de joyeusetés dont les gens normaux qui disposent d'un sens du toucher intact peuvent jouir en permanence.
Ce qui n'était plus le cas de l'Oiseau de Sang.
Il fit un remarquable effort pour se détendre alors que la volonté de son Ka s'opposait complètement à pareil état.
Tu comptes avaler ces insultes encore longtemps, ou bien te décides-tu enfin à les lui faire payer ?
Sans quitter des yeux le sermonneur, Burnagore, parfaitement muet, posa le pied sur la garde de son Ignifer. D'un geste millimétré, il fit passer l'épée au-dessus de sa botte et, en levant la pointe de cette dernière, la récupéra en plein vol.
Ni l'un ni l'autre.
Finalement, il rengaina ses lames sous les yeux écarquillés de l'enfant.

- Tout cela est ridicule.

Son manteau de défunt suivit le mouvement de ses épaules lorsque le Vengeur fit volte-face.

- Considère que tu as remporté ce duel si ça te chante, déclara-t-il en coulant un regard au Marqué-Loup par-dessus son épaule. Cette conversation m'ennuie. Je n'ai plus de temps à perdre, ni avec toi ni avec ce prétendu "courageux qui a pris ses jambes à son cou".

Une fin de phrase lâchée avec cynisme.
Il fallait se faire une raison : la vermine s'était échappée. Burnagore le réduira en poussière le jour où il se reproduira sur une scène identique à celle qu'il avait fui à en perdre haleine. Si jamais, en l’occurrence ; au fond de lui, l'Oiseau de Sang attendait ce moment de pied ferme.
Il reniflait l'odeur du mal avant même qu'elle ne prenne totalement forme.

- Enfonce-toi bien ça dans le crâne, Blaze, car je ne te le répéterai pas, dit-il, les traits de son visage assombris. Si jamais il s'avère que je rencontre à nouveau l'homme que tu viens de couvrir dans sa fuite et que ce dernier en vient à récidiver, alors il ne sera pas le seul à en mourir.

Inutile d'en rajouter.
Burnagore croisa le regard de Gwendolyne et, d'un simple mouvement de tête, lui fit signe de le rejoindre. Remonté comme il était, il ne l'obligeait en rien à le suivre... même si une partie de lui ne pouvait se résoudre à la laisser sous la tutelle d'un type aussi idéaliste et borné que Blaze.
Il avait facilement pu imaginer comment tout cette histoire aurait fini s'il n'était pas intervenu face à leurs derniers agresseurs.

- Adieu. A l'avenir, j'espère pour toi nous n'aurons pas à en reparler. Ça m’ennuierait un peu d'arracher la vie à l'homme pour qui j'ai commis naguère la bêtise de me sacrifier.

Il n'attendait pas de réponse. Ce serait futile. Autant finir là-dessus.
Aussi prit-il les devants, sans toutefois se presser, laissant tout de même le temps à Gwendolyne de se décider une bonne fois pour toute à le suivre.
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Blaze Kazeroi
Cocky Bastard, Mean Jerk, Best shot (in more than one way).
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Lun 22 Oct - 14:10


A l’apercevoir rengainer son arme, il n’y aurait pas crût. Burnagore n’était pas un couard dans sa tête, du moins pas dans le sens habituel du terme. Sa lâcheté venait de son incapacité à voir en gris plutôt que noir et blanc, surtout noir au final. Ceci était ridicule toutefois, ridicule qu’il fuit dès que sa façon de faire soit questionner du moins. Tournant le dos, Blaze haussa un sourcil avant de prendre une mine fatiguée et déçue. Gagner le duel ? Pfeuh, bien au contraire. Cette fuite de Burnagore était sa défaite à lui. Le fait qu’il le prenne ainsi montre qu’il n’avait pas compris la nature profonde de son opposition.

Clairement, le monde pour lui était noir, uniquement noir. Il se voyait le mal et le mal partout. A réfléchir ainsi, tout est justifiable car si tout le monde est aussi mauvais que lui, alors tuer est bien plus libérateur et facile à encaisser. La menace, aussi terrifiante pouvait-elle être, n’inquiétait guèrement Blaze par l’absence de poids mental qu’elle possédait. C’était Burnagore après tout ! Une menace, c’est tellement commun et classique.

« Humpf. Ta menace est à la hauteur de ton jeu d’épée : pathétique. S’il récidive, t’es la bienvenue d’y mettre fin, monsieur le juge. »

La gamine était au milieu du conflit et semblait désemparé. Le fait que ceci se fasse désamorcé ainsi la faisait plus paniquer que s’ils s’étaient battus. Le bretteur Loup lui lança un regard inquiet, le fait de la savoir avec lui était une grande source d’inquiétude et il allait être franc, il l’aimait bien cette gamine. Elle méritait mieux…


« Oh nous en reparlerons Burnagore, nous en reparlerons. » dit-il sobrement sans ajouter quoique-ce soit.
D’un geste, il indiqua à Gwendolyne de le suivre.

« Va avec lui, il a plus besoin de toi que moi… » Alors qu’elle hocha la tête et s’apprêta à se mettre en route. « Gamine ! Montre lui qu’il existe du bon en nous. » Il fit demi-tour à son tour en rangeant fermement le fourreau à sa hanche et poussant un juron en langue ancienne. Cette rencontre s’était pas passé aussi bien qu’il l’aurait souhaité mais une chose était certaine.

 
Ces deux bretteurs allaient un jour faire un duel qu’ils regretteraient.
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