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Le goût de la défaite

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Engar
Inutile Archer Mercenaire Hérétique.
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Jeu 16 Aoû - 14:05
Un jour, je crois, un individu autoproclamé sage a énoncé que l'histoire se répétait... J'ai toujours haï cette phrase car c'est admettre que rien ne changera jamais, que peu importe nos actes les choses répéteront toujours et, d'une certaine façon, c'est sans doute la pensée de ces cavaliers destructeurs. Puisque les guerres et haines d'antan sont vouées à recommencer, autant tout détruire, hein ?

Malheureusement... Lorsque ma flèche, tirée en m'exposant à de grands risques s'avère une fis de plus inutile, cette sensation de répétition se fait ressentir... Comme à Sienne mes efforts ne me mènent à rien, hormis à tout perdre. En fait, c'est pire encore, car je n'ai même pas de colère, même pas de hargne. Toute la volonté, la détermination que j'ai placé dans ce tir s'évapore en un instant alors que la flèche ne fait que siffler près de sa cible. Cette fois, nul pouvoir inhumain, nulle armure impénétrable, simplement mon incompétence et l'échec qui s'ensuit.

Les voix... Les voix que l'écho de la bataille avait su faire taire reviennent alors, hurlant leur amertume, criant leur mépris, murmurant leur déception, me blâmant encore et encore. Tant et si bien que j'en reste hagard un bref instant... Avant le violent choc qui me vide de mes étriers, me projetant violemment au sol. L'impact est violent, m'arrache un grondement de douleur, mais me ramène au moins à la conscience, suffisamment pour constater le mastodonte qui me surplombe, ce tigre qui pèse de tout mon poids, dont les griffes sont enfoncées dans mes épaules, me plaquant au sol, sa gueule prête à me dévorer. J'ai un sursaut, je tente de me débattre, malgré le poids imposant de la bête, l'instinct de survie me poussant à me battre, à faire face à ce tigre

"Moi aussi je suis morte..."

Cette voix... Celle d'Alice... La laguz qui a péri à Sienne, une infection... La tigresse blanche... La voix résonne comme une accusation, et je perds toute volonté de lutter. L'ironie est trop intense pour y résister. Périr des mains d'un tigre après avoir survécu là où une de ses semblables avec bien plus de valeur que moi a péri...

Le fil de mes pensées se rompt lorsque ses crocs s'enfoncent dans mon épaule, profondément. Je sens les os se briser. Dans la sensation de douleur je parviens à penser que c'en est fini. Même s'il ne m'achève pas directement, je mourrai dans mon sang. Bah ça ne finira pas ainsi hein ? en tant que fidèle de la mort ils mettront un point d'honneur à s'assurer de mon trépas, et enfin... Enfin les voix se tairont...

"Bordel moi qui pensait que tu avais retenu la leçon... Si ce n'était pas le tigre déjà en train de te bouffer, je te foutrai une baffe. C'est sûr que mort tu vas être utile !"

Ce n'est pas comme si être vivant faisait une grande différence... Si ce n'est la douleur qui s'accroit, l'amertume de l'échec...

"Tu chiales encore comme un chaton..."

Pleurer... Je crois que je n'en ai même pas la force... D'ailleurs c'est ça je crois... Si je suis à terre ce n'est pas par manque de réflexe, de vitesse, mais de volonté. Dans le fond, je crois que j'avais envie que...

Quoi... ? Mourir... Oui.... Mais je songe à Death, à ses pouvoirs... Bon sang mieux vaut être encore inutile que grossir les rangs de son armé, quel idiot je fais !

Comme si je peux encore y changer quoi que ce soit cependant, le tigre est bien trop lourd pour que je puisse agir, et quand ce n'estp lus les remords, c'est la douleur qui tétanise mon corps. Je n'en prends conscience que maintenant mais ça fait déjà plusieurs secondes que je hurle de douleur alors que ses griffes mettent mes habits et ma peau en lambeau. Ce sadique pourrait tout simplement m'arracher la gorge, mais il joue, comme un chat avec sa proie...

Mais d'un coups cela cesse... pas la douleur, celle ci persiste en toutes mes plaies, tout comme la sensation chaude du sang qui s'écoule, mais la prise de ses griffes, de ses crocs.

"Laguz ! Cette proie était la notre ! Sa vie nous appartient."

a travers le voile rouge de ma vision et les sons déformés je crois deviner qu'il s'agit des épéistes qui me poursuivaient, ils doivent être bien essoufflés... Une altercation commence alors entre eux et le laguz, chacun revendiquant le droit de me tuer...

Et là est ma chance. ils ne font plus attention à moi, seulement à eux... Mais je ne peux pas me relever et quand bien même le laguz me rattraperait rapidement. Il n'y a qu'une chose à faire... Faire le mort. Après tout... C'est tout ce qu'ils veulent, la mort, alors donnons leur ce qu'ils veulent, ou du moins faisons leur croire cela...

J'essaye d'oublier la douleur, et la peur, car je suis terrifié à l'idée de devenir un serviteur décérébré de Death. Mes gémissements s'étouffent, ma tête bascule, mes tremblements cessent...

"Merde il a clamsé... Saleté de Laguz."

Ca a l'air de prendre, je l'entends approcher, je dois résister pour ne pas réagir à cette approche... Et encore plus demeurer stoïque lorsque sa bête vient percuter violemment mon visage. Je ne dois pas hurler, pas bouger, du moins autrement que mon visage qui bascule une fois de plus.

"Comment rendre hommage à Death maintenant ?"

"Ah il doit y avoir encore de nombreux hérétiques à tuer dans les murs, et maintenant qu'il est mort on a accompli notre mission ! Allons rejoindre la grande moisson !"

Le plan semble faire l'unanimité... Et même le tigre ne prend pas la peine de s'assurer de mon trépas, c'était le plus grand risque, qu'ils puissent sentir que je n'étais pas mort ou entendre ma faible respiration...

Rapidement, je remercie le fait que l'armée de Death soit en grande partie composé d'amateur, et je comprends un peu mieux les récits d'Ekan où il avait pour ordre d'arpenter le champ de bataille et de planter sa hache dans tout corps qu'il croisait. Une précaution simple que ces adeptes de la mort n'ont pas pris... Mais je ne dois pas m'arrêter là, je ne dois pas laisser la fatigue et la douleur m'assommer... Car je doute que tous ne soient pas des pilleurs de corps où n'aient pas l'idée de s'assurer que la mort a bien été rendu... Mais je suis éloigné de la bataille principale, j'ai une petite chance... Je dois... Je dois rejoindre un abri... Et le plus près que je connais c'est le bois...

J'essaye de me relever, mais la douleur, tout comme le sang s'écoulant encore davantage m'en dissuadent... Alors je commence à ramper, vers ce que je crois distinguer être la forêt à travers le voile rouge de ma vision... Un voile oppressant, annonciateur de mon sort, même si j'atteins le bois, je ne vais pas pouvoir me soigner, et le sang... Tout ce sang... Mais...Je... Je dois essayer...Et je ne peux fermer les yeux, je ne dois pas me laisser bercer par les ténèbres, si je le fais, ma mort est encore plus certaine... En somme le résultat est le même, mais je... je n'ai pas le droit... Pas le droit de baisser les bras... pour Alice... Pour ces voix... Malgré leur haine et leur mépris... Et puis... J'ai promis à quelqu'un de revenir...

Effort après effort, mes mains agrippent la terre et les herbes et je traîne comme je peux mon corps, laissant sans doute une sanglante traînée derrière moi. Petit à petit, mes forces m'abandonnent, mais je dois... Je dois y arriver. Ne se... Ne serait ce que pour échapper à Death une fois de plus.
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Arael
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Jeu 16 Aoû - 17:55
Depuis quelque temps, des heures sombres venaient à s'installer en Tellius, amenant avec elles désespoir et dévastation.
En ce jour, c'était une ombre déjà connue qui venait de recouvrir une ville de Criméa, cette même ombre qui avait recouvert Kurthnaga, le Roi Dragon, pour n'en laisser qu'un cadavre aux yeux de tous au retour de la lumière. Death, le cavalier de la mort, avait de nouveau frappé.

Sur le dos de son cheval Perseus, Arael se hâta, à une vitesse où il passait le plus clair de son temps au-dessus de sa selle plutôt qu'assit.
Il n'y avait pas de temps à perdre, il n'avait rien pu faire lors des précédentes apparitions des cavaliers. Cette fois, il ne se permettrait pas d'être inutile à nouveau.

Porté par le bruit des sabots de son destrier, le Marqué voyait se dessiner au loin la ville attaquée par Death. Il n'avait aucune idée de la situation actuelle des choses, il ne pouvait cependant pas ralentir sa cadence. Peu importe le déroulement de la bataille, son aide ne sera que bénéfique pour défendre cette position face au cavalier de la mort.

Au fur et à mesure qu'il approchait, le fils d'Uriel distinguait de nouveaux détails inquiétant. Les remparts entourant la ville portaient de fraîches ouvertures, de la fumée s'échappaient de la place centrale et, surtout…
Il observait au loin, des troupes, plus ou moins rassemblée, partant dans une direction autre que celle empruntée par notre épéiste.

« J'arrive trop tard... » murmura le Marqué.

Bien que, après réflexion, il ne devait pas oublier une chose. Cette fois, il était arrivé. Il n'aura pas aidé à la protection de la ville, mais pourra aider à récupérer les survivants de la bataille, afin de pouvoir les stabiliser avant qu'un médecin puisse leur apporter les soins adéquats.

Suite à cette réflexion, Arael entreprit de faire le tour des remparts. Les troupes de Death semblaient s'être éclipsées, malgré tout le Marqué restait sur ses gardes. Trop de combattants avaient perdu la vie en se faisant attaquer par un ennemi qui avait, soit-disant, quitté le champ de bataille.

L'inspection ne donnait pas vraiment de bonnes nouvelles. Les quelques combattants trouvés par l'épéiste jonchaient sur le sol ou contre les remparts, baignant dans leurs propres sang.
Trouver si peu de cadavres à l'extérieur n'était pas très étonnants. Un ennemi mort, c'est un nouvel allié dans les rangs de l'armée de Death. Quant aux cadavres restant, ils n'étaient pas, ou peu intéressant pour le cavalier, ou simplement oublié par les adeptes de ce dernier.

L'épéiste se perdait légèrement dans ses pensées durant son inspection. Comment cela avait-il pu arriver ? Après tant d'années de paix, cette paix dont sa mère rêvait tant, comment de nouvelles ombres avaient-elles pu envahir Tellius ? Et qui étaient ces ombres ? Des Beorcs ? Des Laguz ? Des Marqués ?
Impossible d'en savoir plus. Pour le moment, c'était un mal inconnu qui s'attaquait à Tellius. Un mal inconnu, puissant et stratège. Les actions n'étaient pas choisies au hasard, elles visaient des points importants pour faire le plus de dégâts possible.

Un détails était alors venu sortir Arael de ses pensées. Une couleur, pour être plus précis. Un rouge sombre était venu recolorer l'herbe devant lui. Quittant la selle de son cheval et rejoignant le sol, le Marqué posa un genou à terre, inspectant sa découverte.
Il passa son doigt dans l’herbe… Du liquide, encore chaud, ainsi que des traces de lutte tout autour de cet endroit, caractérisées par de l'herbe plate ou arrachées, et des griffures éventrant la terre.

« Du sang… Du sang qui a fraîchement coulé. »

Voilà une situation ambiguë. Un combat avait eu lieu récemment. Relevant la tête, l'épéiste aperçu le sang, désignant que la victime de l'attaque s'était dirigée vers la forêt.
Il fallait cependant rester sur ses gardes, une personne blessée ne pouvait pas forcément être un allié. La victime pourrait toujours êtres un soldat de Death n'ayant pas réussi à rejoindre ses rangs.

Arael se redressa, posant sa main droite et son front sur le museau de Perseus. Le cheval comprenait le message. La situation pouvait être dangereuse, il devait rester en arrière, se protéger, et n'intervenir qui si le sifflement de son maître venait à se faire entendre.
Il devait rester en dehors du bois pendant que l'épéiste analysait la situation.

Faisant face à la traînée de sang à ses pieds, Arael libéra son épée de son fourreau avant de rentrer dans le bois.
Le sang était assez abondant, qu'importe la personne à qui il appartenait, elle devait être bien amochée. Autour du Marqué, seul les bruits d'une forêt dépourvue d'animaux résonnaient, le vent à travers les branches et les feuilles des arbres, ainsi que les bruits de la terre sur laquelle se posaient les pieds de l'épéiste.

C'était dans ce calme témoignant d'une bataille récente que l'épéiste découvrit un homme contre un arbre, baignant dans son sang.
S'approchant plus près, Arael ne notifiait aucune appartenance à l'armée de Death. Les seules caractéristiques notables étaient le bandeau de la personne, ainsi que les blessures qui recouvraient son corps à travers les déchirures de ses vêtements.

Le Marqué porta ses mains doucement sur les épaules de la victime, le secouant légèrement.

« Hé ! Vous m'entendez ?! »

Aucune réponse, verbale ou physique. L'homme était dans un sale état et inconscient. Le fils d'Uriel ne pouvait pas le laisser dans cet état.
Il posa un genou à terre, jeta son épée au sol et s'empressa d'appeler Perseus par un fort sifflement. Une fois le hennissement du cheval entendu, l'épéiste fit sortir une potion de sa sacoche. Il leva légèrement la tête de l'homme et commença à lui faire boire le breuvage.

Ça ne le guérirait pas entièrement, mais cela avait une chance de faire se refermer ses blessures peu profondes et de le ramener à la raison. Lorsque Perseus sera arrivé, il pourra alors le transporter à un endroit où ses blessures pourront être traitées.
Arael espérait pouvoir sauver ne serait-ce qu'une seule vie cette fois-ci.
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Engar
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Mar 21 Aoû - 17:02
Froid... Ténèbre... Silence...

"Hé ! Vous m'entendez ?!"

Un silence déchiré... Un froid réchauffé... Des ténèbres s'illuminant... Je sens une sensation agréable, partant de ma bouche, un liquide qui me redonne des forces, qui réveille mon corps et mon esprit. Se faisant la douleur que j'éprouvais revient aussi, mais atténué, et je me souviens... Je me souviens m'être traîné jusqu'à la forêt, avoir réussi à me reposer contre un arbre et à presser la plus grosse plaie, au niveau de l'épaule, diminuer l'hémorragie... Et attendre. Quoi donc ? Un miracle ? Non je méprise trop les déesses pour leur demander de l'aide, même aux portes de la mort. Un coup du destin ? Peut être plus... Mais à force d'attendre, mes forces m'avaient quittés, je m'étais évanoui et... Cette sensation terrible de vide... Je crois que je peux dire que j'étais aux portes de la mort.

Mais il y avait eu cette voix, ce réveille. Comme je l'ai espéré je ne suis plus seul, c'est un bon début, mais pas forcément une bonne chose. J'ignore tout de la personne qui vient "m'aider" et je n'ai rien compris de ses mots. Cela pourrait très bien être un sadique m'épargnant pour pouvoir mieux profiter de ma souffrance.

Mais il n'était pas seul... Sa voix n'avait été que la première d'une cacophonie qui ne tarda pas à m'emplir l'esprit... Les accusations, la jalousie de ma survie, le blâme de mon échec. Tout... Tout résonnait dans mon esprit, encore et encore.

Un cri m'échappe, de terreur quelque part, mais aussi pour supplanter cette cacophonie, la chasser, un effort vain, je le sais, mais qui m'apporte un soulagement minime. C'est déjà cela. Dans le même temps je rouvre les yeux, je revois la forêt, la trace de sang que j'ai laissé et l'homme... La première voix... Je l'ai presque oublié avec les autres qui l'ont succédé. Le sort en est jeté, il est trop tard pour le prendre par surprise ou pour faire quoi que ce soit si ses intentions sont néfastes. je suis bien trop faible et... Je n'arrive pas à me concentrer avec ces voix qui se répètent, mais sont toujours aussi blessantes et troublantes.

Enfin, je parviens tout de même à détailler la personne qui me fait face... Un gars assez jeune, peut être un peu plus âgé que moi. Je ne lui vois pas d'arme sur le coups, et il est trop propre sur lui pour être un gars de Death. Il a certes un peu de sang sur sa tenue, mais vu son éclat il est tout récent... Probablement le mien. Ennemi ? Ami ? ... Partons pour ami pour le moment, mais restons prudent. Enfin pour ce que ça change... Que je sois prudent ou non le résultat sera le même, l'échec...

"... Je ne sais pas qui vous êtes... ngh... mais vous perdez votre temps avec moi... Si vous faite ça pour me piller, je n'ai rien sur moi, tout était sur mon cheval..."

Grimaçant je porte ma main à ma plaie sur l'épaule, elle est toujours douloureuse, et la chair reste à vif mais au moins l'hémorragie a cessé. Reste à espérer que je ne me choppe pas une infection.

"Si c'est pour m'interroger, je ne sais rien du tout..."


Je le fixe de mon seul oeil visible, soutenant son regard, cherchant à lire en lui. Je n'ai jamais été doué en cela, mais ce n'est pas comme si je peux faire beaucoup mieux en cet instant.

"Et si c'est par altruisme... il y a des gens bien meilleur que moi à sauver entre les murs de la ville."

Je lui adresse un sourire amer, mais suis sincère dans mes propos. N'importe lequel des blessés dans ces murs a sans doute plus de mérite à vivre que moi... Cela étant.

"Notez que je ne m'en plains pas... J'ai fais une promesse et si je ne l'avais pas tenu je crois que j'en aurai entendu parler même dans la mort."

Seul la pensée de Mysti et de la promesse que je lui ai faite m'empêche de me laisser aller à la honte et à la culpabilité que me suscitent les voix qui refusent de se taire...

"D'ailleurs, il y a encore des gens en vie là bas ? Ou bien le destin a eu l'ironie mesquine de faire de moi le seul survivant."


Etrangement, j'ai espoir de ne pas être le seul. Death a beau affirmé que nul ne lui échappera, il n'a jamais fait montre d'une grande méticulosité dans son travail, enfin du moins c'était le cas la seule fois où je l'ai vu à l'oeuvre et j'espère qu'il s'agit d'une habitude !

Ca ferait la deuxième bonne nouvelle de cette maudite journée, la première étant d'être tombé sur un individu a priori bienveillant prêt à me soigner !
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Arael
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Lun 10 Sep - 15:37
L'homme avait finalement ouvert les yeux, accompagnant son réveil d'un cri amené entre la terreur et la surprise certainement. S'il avait eu ce genre de réaction à son réveil, alors cela voulait dire que cet homme revenait de très loin dans son sommeil. Qui sait s'il lui aurait été possible d'ouvrir les yeux de nouveaux si Arael était arrivé ne serait-ce que quelques minutes plus tard.

Le Marqué laissa le temps au blessé d'analyser les alentours, de visualiser sa situation. Après avoir jeté un rapide coup d’œil autour de lui et sur Arael, il commença à prendre la parole.

L'homme avait une philosophie… Particulière. Qu'importe les intentions que le fils d'Uriel pouvait lui porter, il ne cessait de répéter qu'il n'y aurait rien à y gagner à l'aider ou à le piller. Cependant, il précisa ne pas broncher sur les soins qui venaient de lui être prodigués. En parlant de cela, il demanda au Marqué s'il restait des survivants en ville. Ce dernier n'était pas allé vérifier, mais il lui semblait avoir entendu de l'agitation de l'autre côté des murs de la ville.

« Eh bien, pour répondre dans l'ordre à vos questions, je m'appelle Arael, et je pense que la promesse dont vous venez de parler suffit à prouver que le fait de vous sauver n'était certainement pas une action inutile. » Répondit le Marqué avec un léger sourire, tentant de mettre en confiance la personne qu'il venait de sauver.

« Et en ce qui concerne la ville, je ne me suis pas encore aventuré. J'ai préféré en faire le tour pour vérifier que les soldats de Death soient bien tous parti. Toutefois, je crois avoir entendu un peu d'agitation à l'intérieur. J'imagine que les habitants s'affolent à se rassembler afin de faire le bilan des morts et de soigner ceux qui peuvent l'être. »

Sur ces mots, Arael réalisa alors quelque chose. La potion qu'il venait de donner à cet individu était suffisante pour stabiliser son état, mais pas assez pour le guérir ses blessures. Cependant, peut-être pourra-t-il trouver un médecin en ville, cela valait toujours le coup s'il voulait sauver… Cette personne dont il ne connaissait toujours pas le nom.

« Au fait, quel est votre nom ? »

Tout en posant la question, les yeux du Marqué dérivèrent sur le bandeau de l'homme. Il recouvrait entièrement une partie du visage de ce dernier, mais ne semblait pas témoigner d'une blessure récente puisqu'il n'avait apparemment pas eu le temps de se soigner, et ce bandeau n'était vraisemblablement pas un morceau de tissu déchiré pour faire office de bandage. Cachait-il une cicatrice ? Ou bien tout simplement un œil ne lui servant plus à sa vision ? En tout cas, cela ne devait pas cacher une blessure grave.

Le fils d'Uriel profitait également de la demande du nom de l'homme pour vérifier son était mental. Ainsi, s'il venait à trouver un médecin, peut-être pourrait-il déjà lui donner quelques indications.

Quelques secondes après avoir posé cette question. Des pas assez lourd commencèrent à se faire entendre. Perseus, le cheval blanc d'Arael, venait d'arriver à l'emplacement de ce dernier avec un léger souffle.

« Si vous le permettez, je pourrai vous emmener en ville sur le dos de Perseus. Peut-être que nous pourrons obtenir de l'aide à l'intérieur. »

Le Marqué se redressa tout en attrapant son épée qu'il avait jetée au sol plus tôt, afin de la ranger dans son fourreau. Il semblerait qu'il n'aurait pas besoin de s'en servir.

Arael était prêt à apporter son aide à l'individu si ce dernier en avant besoin pour se déplacer ou pour monter sur le dos de Perseus.
Pour la première fois, Arael pouvait se rendre utile, et il ne comptait pas se relâcher. Maintenant qu'il avait réussi à stabiliser cette personne, il n'accepterait de partir que lorsqu'elle sera entièrement soignée, ou, en tout cas, entre de bonnes mains.

Le fils d'Uriel n'avait pu voir que le retrait des troupes de Death de la bataille, il n'avait même pas, ne serait-ce, aperçu le cavalier. Il avait cependant remarqué l'état dans lequel la ville en était ressortie… Peut-être que sa présence n'aurait pas fait changer beaucoup de choses, mais il aurait aimé être là. Il aurait aimé apporter son soutien aux combattants ainsi que de l'espoir aux habitants. Malheureusement, il en était autrement. Mais maintenant qu'il était là, même s'il n'avait pas pu combattre, il ne voulait qu'une seule chose…

« Je veux sauver le plus de personnes possibles... », ces mots s'échappèrent à voix basse.
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Engar
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Mer 10 Oct - 16:48
... J'ai beau ne pas lui avoir demandé expressément son nom, ça ne l'empêche pas de se présenter, ce qui m'arrache un léger haussement de sourcil. Je suis loin d'être aimable et pourtant il réagit de la sorte ? Hmpf, soit il est extrêmement bienveillant, soit extrêmement candide... Enfin, même si je ne paye pas toujours mes dettes c'est une bonne chose que de connaître le nom de ses créanciers. Et puis je ne vais pas blâmer un gentil gars, au contraire, dans le fond c'est plus de l'inquiétude qu'autre chose;.. Ce genre de bougre sont souvent les premiers à souffrir alors qu'ils ne le méritent pas. Enfin, en attendant, je ne vais pas cracher sur son aide, même si je maintiens qu'il aurait été plus utile ailleurs, c'est toujours mieux que ce que moi j'ai fais...

Je ne remarque qu'à cet instant que si je réfléchis aussi clairement c'est bien parce que la douleur s'est atténué grâce à sa potion, mais pourtant mon corps peine à se mouvoir. On dirait que je vais être bon pour rester au lit un moment...Tsss... Au moins, cela ne devrait pas être trop dur. Après tout si la ville était encore debout, le passage de Death avait dû libéré quelque couches. Oui, oui, je sais c'est là une pensée bien égoïste mais on trouve du réconfort là où on peut.

Mais encore faut il qu'il reste quelqu'un. Aussi opportuniste que je sois, je me vois mal dormir dans les ruines d'une ville... Enfin, d'une ville que j'étais sensé défendre du moins. J'ai quand même mes limites, et je crois qu'en plus ces fichues voix se feraient d'autant plus pressantes. Malheureusement le brave homme est aussi peu informé que moi sur la situation de la ville, et la conversation finit par prendre un tour personnel... Bien sûr, quelqu'un ne donne jamais son nom sans demander celui de son interlocuteur en retour.

"Engar... Ou tu peux aussi dire l'archer qui à deux reprise a pas été foutu d'égratigner Death ou un de ses officiers."

Je ricane amèrement en songeant à cela, un rire qui sonne faux bien sûr car la pensée de ce nouvel échec m'est encore plus cuisant que le précédent. Il ne s'agissait là pas seulement d'une armure sur laquelle ma flèche avait ricoché, je l'avais manqué... Manqué à l'instant où il ne fallait pas alors même que cette raclure fuyait! Tout ça pour au final tomber sous les coups de ses hommes ! Un risque idiot et au final inutile.

Mais alors que je ressasse cela je remarque son regard qui se pose sur mon bandeau... Tss... C'est vrai que je devrai m'en débarrasser, surtout après tout ce que j'ai pu voir avec Mysti, mais l'avoir me rassure encore un peu des fois et là je n'ai pas vraiment envie de rentrer dans les détails à ce sujet... Et de toute façon, fidèle à sa bienveillance jusque là il a la correction de ne pas poser de question à ce sujet.

Cela étant je me crispe en entendant des pas lourds s'approcher... pas une armure pourtant plus un cavalier;.. il ne me semblait pas en avoir vu dans l'armée de Death, mais ça n'aurait pas été impossible. Par instinct je pose ma main là où aurait dû être mon arc, en vain, je me crispe...Et soupire de soulagement en constatant qu'il ne s'agit visiblement que du cheval de mon interlocuteur, qui ne tarde pas à le mentionner...

"Perseus ? C'est un joli nom... Et non, je ne te permets pas de me sortir de ce bois où je me suis vidé de mon sang alors que c'est probablement ma seule chance de survie et que si tu voulais ma peau ou mes biens tu aurais tout loisir de le faire."


Je ricane légèrement avec dérision, n'ayant justement aucune raison de m'opposer à ce qu'il me transporte, et je me redresse comme je peux, une main sur le flanc. Mais c'est là bien tout ce que je peux faire tout seul. Face à l'effort la douleur ne tarde pas à revenir, et j'ai bien besoin de l'aide de mon sauveur pour monter sur sa monture et ce malgré l'expérience que j'ai en la matière... Je me sens vraiment diminué et c'est loin d'être une sensation plaisante.

A cela s'ajoutait encore et toujours les remarques et persiflage des voix et je n'avais plus rien pour les faire taire, alors même que l'on commençait à se diriger vers la ville... Cela étant, elles ne sont pas assez pressantes pour m'empêcher d'entendre ce que le jeune homme se dit à lui même... Ce à quoi je réponds par un long soupir afin d'attirer son attention.

"Dans ce cas presse un peu le pas de ta monture... Je suis blessé, pas en sucre et le plus tôt tu arriveras, le plus vite tu pourras te mettre au travail... Et plus vite je pourrai me remettre et faire de même... Ngh... A défaut d'avoir vu éviter ça, hors de question de jouer les grands malades."

Je ricane un peu, me tenant avec aisance sur la monture une fois installé... Au moins tout n'était pas perdu et mon savoir faire en la matière allait peut être lui permettre d'arriver plus vite pour aider ces braves gens.... Cela étant ça restait une sacré trotte, ennuyeuse dans l'absolu, donc autant tuer le temps..

"Dis...Tu viens de Crimea ou d'ailleurs ? Et qu'est ce que tu es venu te perdre ici ? Arrivé là par hasard ou en retard pour la bataille ?"


Je note qu'alors que je me suis mis à le tutoyer... Bah, je peux bien le faire à l'égard de quelqu'un qui m'a sauvé la vie !
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