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Mauvais présage. [PV Kero-Pando]

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Callie
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Ven 3 Aoû - 23:52
Mauvais présage.


Sauver des vies. Prendre son courage à deux mains, traverser tout un pays, se retrouver face à une créature d’une violence extrême, survivre, puis sauver des vies. Un cycle infini. L’Homme, de tous temps, a toujours causé des victimes. Là où il y a des victimes, il y a des médecins. Là où il y a des médecins, il y a Callie. Suite à son sauvetage dans la cellule de crise, la jeune novice décide de rester en Criméa pour sauver d’autres personnes et participer aux réparations du pays. En tant que médecin étranger au pays, la demoiselle sait que ses actions auront un impact positif, même à petite portée, sur la géopolitique. Son premier exploit, tenir tête à Death, suffit à lui faire une belle renommée dans tout le pays. Beaucoup ont entendu parler d’elle, si ce n’est tous. Du coup, il lui est bien plus simple d’accéder à un médicament ou un autre, mais surtout, tous semblent lui faire confiance. Suffisamment, du moins, pour se laisser approcher et soigner, malgré le traumatisme. Dès lors, la mission de Calliope prend une plus grande ampleur.

Voyager, marcher, découvrir. Avec un véritable objectif. Donner une raison à ce voyage, pas simplement de la balade oisive, de la découverte de paysages sans but. Callie aime se dire que son temps lui est utile. Même si elle ne découvre pas de nouveaux secrets de médecine, elle aide son prochain, sa présence sert à quelque chose. Peut-être cela lui vient-il de son père ? Véritable homme de terrain, Célio avait appris à sa fille de ne jamais rester en attente. Chef médecin dans l’armée, il ne se passait pas un jour sans qu’il ait quelque chose à faire : sauver une vie ou en prendre une, prendre des décisions lourdes … Réfléchir pour l’avenir de ses comparses. Constamment occupé. Calliope est donc la même, à la recherche d’une occupation, d’un but. De ce fait, sa continuelle recherche pour un remède contre la mort représente à la fois une chimère et un objectif palpable. Après tout, un médecin capable de ramener à la vie, n’est-ce pas incroyable ? N’est-ce pas une raison de considérer une personne comme le meilleur médecin existant ? Bien sûr, tout cela en pensant aux conséquences qui suivent. Qui pourraient être atroces.

Callie avance, sans trop se soucier de son entourage. Elle avance, en direction d’un village voisin, où d’autres blessés potentiels peuvent être venus se terrer. Des âmes en proie à la perdition, qui s’attendent à mourir et vont finalement rencontrer une petite novice. Ou des âmes déjà décédées, qui sait ? Des personnes qui ont perdu la vie et n’attendent qu’à être identifiées, enterrées ou simplement incinérées, dans le plus grand respect de leur mémoire. Calliope avance donc, sans trop savoir, sans trop chercher, elle se laisse porter par les chemins. Tout est désert, le soleil est haut dans le ciel mais ne brûle pas la peau. La chaleur diffusée par l’astre est agréable, accompagnée d’une brise qui secoue ses cheveux. La novice est relaxée, presque contente, jusqu’à ce moment.

Un éclair.

Elle s’immobilise, se frotte les yeux, s’arrête. Elle suit du regard le couple qui avance, non-loin d’elle, dans la même direction. Calliope fronce les sourcils, puis frotte à nouveau ses prunelles. Son instinct lui dit que dans ce tandem, une des personnes ne lui est pas inconnue. Une grosse arme, une démarche lourde. La silhouette qui l’accompagne est bien plus menue. Une femme, très certainement. Callie arque un sourcil, hésite. Elle ne peut pas les connaître, c’est impossible. Comment serait-ce possible ? Son voyage a débuté il y a peu et si deux personnes comme ces deux-là traînaient en Begnion, elles seraient connues. Alors …

Alors, le doute.

Callie décide de ne pas les poursuivre et de ne rien dire. Elle les laisse continuer leur chemin tout en suivant le sien. Mais il y a ce doute. Cette ombre sur son esprit, qui bloque tout le reste, qui l’empêche de passer à autre chose. Elle a déjà vu cet homme. Peut-être quelqu’un de Begnion ? Une haute figure ? Un chevalier de renom ? Quelqu’un dans l’armée ? Le doute grandit, encore et encore. Le doute la dévore. Elle doit savoir.

Alors elle rebrousse chemin, jusqu’à arriver dans un village qui se trouve sur le chemin que le couple arpentait. Regard à droite, regard à gauche, rien. La petite bourgade, tranquille et paisible – bien que de nombreuses fenêtres soient fermées et bloquées par un rideau – semble accueillir les visiteurs, véritable exemple de l’hospitalité criméanne. Calliope ne voit plus les deux autres. Dans le doute, la novice décide de se rendre à l’auberge. Dans le meilleur des cas, ils seraient là tous les deux ; dans le pire, elle trouverait peut-être du travail en tant que médecin.

Elle pénètre dans la bâtisse. Les effluves d’alcool et de nourriture lui montent au nez et font naître une grimace sur ses lèvres. Travailler ici est encore plus gênant qu’auprès de personnes blessées. Son odorat n’est absolument pas habitué à une telle agression. Toutefois, il n’est pas l’heure des lamentations ni des plaintes. Alors l’adolescente prend son courage à deux mains et avance jusqu’au bar, où le tenancier la gratifie d’un gigantesque sourire, avec des dents abîmées et jaunes. L’hygiène de ces hommes n’est plus à vérifier, tout le monde le sait, ils boivent bien trop pour avoir une dentition propre et un sourire accueillant. Qu’à cela ne tienne.
« Bonjour, auriez-vous besoin d’un médecin dans la région ? »
Il lui sourit.
« Oh ma p’tite dame ! Pour tous ces poch’trons, on en aurait bien b’soin ! Sinon, allez voir not’ méd’cin au bout du village. Il aura p’têt’ quequ’chose à vous dire ! »
Callie hoche la tête et lui commande un jus d’orange. Elle se décide à aller voir le médecin une fois sa pause prise à l’auberge terminée. La novice se saisit du verre et se tourne, à la recherche d’une table libre. Et là. Le doute revient. La pression sur son verre augmente, tout comme sa pression artérielle. La demoiselle se ressaisit. Elle a déjà vu ce type, c’est une certitude. Alors Calliope prend son courage à deux mains et va jusqu’à la table du couple. La jeune femme, brune aux yeux vairons, est aussi belle qu’impressionnante. Une aura désagréable émane d’elle, pourtant Callie mettrait sa main à couper qu’il s’agit d’un personnage intéressant. Le deuxième, un homme gigantesque aux cheveux rouges, fait exploser son cœur dans un mélange d’intérêt et de terreur.
« Eum … Excusez-moi de vous interrompre … Monsieur, on se connaît, n’est-ce pas ? »
Le doute, toujours le doute. Comme si quelque chose de grave se dérobait sous ses doigts pendant qu’elle essayait de comprendre. Le doute a-t-il une raison d’être ?





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Kerorian
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Sam 4 Aoû - 0:36
C'était très rare, mais il arrivait parfois au Rôdeur d'avoir des regrets. Il regrettait quelques fois Liyu, sans jamais déterminer si c'était de l'avoir perdue...ou de ne pas l'avoir lui-même jeté dès le premier jour. Plus souvent, il regrettait de se laisser aller à la colère face à des vermines, considérant de plus en plus leurs faibles âmes comme "malpropre". Il regrettait bien sûr d'être venu à Criméa. Sans doute. S'il avait rencontré la barde, Kerorian aurait...probablement vraiment regretté son séjour.
Très rarement, il regrettait son ancien lui. Sa gentillesse, son ouverture chaleureuse...et aujourd'hui, comme depuis un moment, il regrettait surtout de l'être encore un peu trop. Et la raison marchait à côté de lui, traînant le pas, râlant régulièrement et faisant la gueule de la poupée de porcelaine qu'on a abandonné dans le caniveau.
Comme un débile, Kerorian avait accepté un pacte. Il allait - encore - veiller sur l'autre brouteuse et l'aider à s'endurcir pour aller défoncer un jour son gros lard de moche-père. Sur le coup, ça avait été tentant.

Après tout...il n'avait pas oublié la relation qu'ils avaient développé, ces trop rares moments où la prétentieuse noble faisait place à une petite fille, trop ignorante de la vraie vie, et qui ne demandait qu'à être aidée et soutenue, sans fard ni complot.
Et puis elle devait être moelleuse.
Quand il l'avait revue, le Rôdeur avait été confus. Partagé entre l'envie de détruire tout ce qui pouvait compter à ses yeux, ou au contraire de la garder tout contre lui. Au final, il avait fait un compromis...et par une petite provocation sanglante et un peu de violence, ils avaient posés les bases d'une nouvelle relation beaucoup plus froide que la précédente.
Clairement, il avait peur de s'ouvrir. De perdre les pédales à nouveau. Mais la cruauté gratuite n'était toujours pas dans sa nature, et maltraiter l'ex-noble au quotidien ne lui plaisait guère plus.

Voilà ce qu'il regrettait vraiment, sans aucune hésitation. Avoir accepté de se coltiner ce boulet jusqu'à ce qu'elle s'estime suffisamment prête pour gagner...ce qu'il avait du tout calculé sur le coup, c'est qu'il allait devoir VRAIMENT la supporter jour et nuit la plupart du temps.
D'une fausse dure au coeur naïf à sa façon, Pandora ressemblait plutôt désormais à un gros parasite avec une bouche aujourd'hui. Et comme le Rôdeur était toujours très attaché à son sens de l'honneur, il était obligé de tenir parole...voilà en quoi il était profondément débile.

En plus il fallait la balader à droite et à gauche, la suivre dans les villes et les auberges...quelle perte de temps. Enfin ! Au moins se consolait-il en se disant que de toute façon, il se serait tout autant ennuyé seul. Aucun adversaire digne de ce nom n'était accessible par ici...et il avait un autre problème à trancher. Le sujet "Death". Depuis les révélations que lui avait fait sa fille du futur, le Rôdeur se creusait la tête du matin au soir pour trouver un sens à...ça.
Une forme vêtue de clair apparait dans son champ de vision, et semble s'adresser à lui. Ses yeux de feu se braquent sur elle, jugeant l'inconnue, sa force. Petite, frêle. Dépourvue d'arme ou d'armure, faible masse, faibles muscles. Une mage, une prêtresse plutôt, au vu de son bâton.
La lueur rougeoyante, comme une braise au fond de l'âtre, qui illuminait ses yeux s'éteignit et leur rendit leur éclat naturel alors que le Rôdeur se désintéressait totalement de la guérisseuse. Les prêtres étaient certainement la dernière chose qu'il souhaiterait tuer.


"Non fit-il d'un voix sèche et cassante, comme le craquement d'un chêne sous l'orage alors dégages, petite chose."

Refuser même de reconnaître l'identité de son interlocutrice, presque nier son existence. C'était tout ce que le Rôdeur pouvait lui accorder. Il espérait seulement que l'autre pénible, qui lui faisait découvrir les joies et malheurs de la vie coopérative avec un être du sexe faible, n'allait pas s'amouracher de la donzelle et demander à l'adopter...il n'en supporterait pas une deuxième.
Son esprit essaya ensuite de rationaliser. Pandora aussi détestait le "bas-peuple", bien qu'ils ne désignent pas la même chose l'un et l'autre par ce terme, et ne risquait pas de se lier d'amitié avec elle hein ? Ca serait vraiment, mais vraiment pas de chance de tomber sur une autre noble de haut rang avec qui la folle-dingue pourrait s'entendre !
Rassuré par les probabilités, le Rôdeur préféra retourner à ses pensées.
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Pandora
Pandobiatch ~ Héritière de la Cendrefer en sursis.
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Sam 4 Aoû - 1:23
Au début, et malgré sa résolution, les choses avaient étés très compliquées pour Pandora. Kerorian était violent, sa joue lui faisait mal de l'entaille qu'elle y avait pratiqué, et elle devait en plus de cela s'accommoder au port de vêtements dont elle n'avait pas du tout l'habitude. Et tout cela n'avait été que la partie la plus facile… Car il lui avait aussi fallu s'habituer à ne plus cacher son œil sous sa frange, sans même parler de ses cheveux à présent courts qu'elle ne pouvait plus attacher comme elle le souhaitait.

Pour l'héritière des Cendrefer en surcis, qui avait passée toue sa vie à devoir se préoccuper de son apparence pour mieux amadouer son entourage, tout cela était très compliqué. Et comme si cela ne suffisait pas, il y avait le reste.

Elle avait dû s'habituer à travailler pour gagner sa vie. Elle n'avait jamais fait cela auparavant, et devoir mettre la main à la pâte avait été une expérience profondément déplaisante pour la demoiselle. Heureusement, les champs de Criméa étaient trop mal en point pour que les agriculteurs n'aient les moyens d'embaucher des travailleurs. En revanche, la pauvreté avait jeté beaucoup de personnes à la rues, et nombreux étaient ceux qui se livraient à présent au banditisme et à la rapine. Aussi la fille de Daein avait-elle jugé que ces travaux lui conviendraient mieux. D'autant qu'elle avait suivi une formation dans le maniement de la rapière et de la magie de glace, alors qu'elle était totalement ignorante des choses de l'agriculture.

Depuis quelques temps donc, la demoiselle effectuait ce genre de missions. Elle partait à la recherche de brigands, les remettaient aux autorités compétentes et empochait la prime qui lui permettrait de vivre un jour de plus.

Les choses étaient loin de s'être passées sans problèmes. Au début, Pandora avait eu du mal à s'habituer au combat en situation réelle, et elle était passée plusieurs fois au bord de la catastrophe, soit qu'elle ait eu les yeux plus gros que le ventre, soit qu'elle n'ait eu trop confiance en ses capacités. Il était même arrivé une fois qu'une bande particulièrement bien organisée ne la capture, et elle n'avait dû son salut qu'à une intervention providentielle de Kerorian, qui l'avait sortie de ce fort mauvais pas.

Depuis ce jour, et à chacune des missions qu'elle acceptait, elle ne pouvait pas empêcher l'angoisse de la saisir. La peur de l'impuissance, de l'incertitude face à son sort, l'avait menée à nombre de crises d'angoisses. Et si la chose s'était un peu calmée avec le temps, elle avait appris à se montrer plus humble face à ses propres capacités.

Et pendant qu'elle menait à bien ses missions, Kerorian vaquait à ses propres occupations… Si bien qu'il arrivait souvent qu'ils se séparent l'espace de quelques jours.

Ce jour n'était pas de ceux-là.

Depuis leur dernière séparation, Pandora avait trouvé le comportement de Kerorian étrange, comme si quelque chose le rendait songeur. Elle n'avait cela dit pas chercher à en savoir plus. S'il voulait en parler avec elle, il le ferait, mais la demoiselle doutait fort qu'il en ressente un jour le besoin. Le rôdeur était du genre solitaire. Alors elle s'était contenté de rejoindre le village le plus proche avec lui et de réserver une chambre dans son auberge.

Attablée avec son "ami", elle mangeait à présent un repas de piètre qualité accompagné d'un lait soi-disant frais, mais qui devait avoir connu des jours meilleurs. Elle avait l'impression qu'il était légèrement rance. Elle ne pouvait pas s'empêcher de passer distraitement son doigt le long de la cicatrice laissée sur sa joue par le couteau qui avait scellé leur pacte. Un geste qui était devenu machinal depuis que la peau avait cicatrisé.

C'est alors qu'un personnage tour de blanc vêtu fit une entrée remarquée dans la taverne. Intriguée, la marquée déposa sa fourchette dans son écuelle et observa un instant l'inconnue qui échangeait quelques mots avec l'aubergiste. De là où elle était, elle entendit vaguement parler de médecins. Il ne lui en fallut pas plus pour se désintéresser de la nouvelle venue. En ces temps troublés, les guérisseurs étaient les bienvenus partout, ici comme ailleurs.

En revanche, ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était que la donzelle ne s'approche d'eux et ne s'adresse à Kerorian, affirmant l'avoir déjà rencontré.

Vexée de se sentir mise à l'écart, Pandora ne s'immisça cependant pas dans la conversation. Après tout, que pouvait-elle bien avoir à faire de cette doctoresse ? Elle n'avait pas besoin de soins. Cela faisait d'ailleurs parti de ses résolutions, prises lors de ce fameux contrat qu'elle avait signé de son sang avec le rôdeur : elle laisserait ses blessures cicatriser naturellement, sans l'intervention de la magie.

Et puis, Kerorian venait de rabrouer la dame blanche avec tout le flegme du monde. Ne s'estimant pas le moins du monde concernée, la fille de Daein reporta son attention sur sa pitance, s'attendant simplement à ce que la guérisseuse ne suive le conseil de Kerorian et ne rebrousse chemin. De toute manière, elle n'avait pas daigné remarquer sa présence, alors Pandora le voyait pas pourquoi elle devrait faire cette effort.


« Je commande. Tu obéis. »
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Callie
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Dim 5 Aoû - 17:57
La demoiselle aux yeux vairons n’a rien dit. Un silence qui ne dérange pas Callie, qui, malgré son intérêt pour elle, est bien trop occupée à dissiper ses soupçons. Toutefois, c’est l’inverse. Tout ce qui se produit ne fait que la réconforter. Elle pose son verre sur la table pour éviter de le briser sur le sol – mieux vaut payer pour ce qu’elle va boire plutôt que pour rien. Ses prunelles glacées font l’aller-retour entre l’homme et la brunette, très rapidement, encore et encore. Son cœur s’accélère. La peur, le doute, l’intérêt … Elle ne sait plus trop où se placer, pourtant elle sait qu’il y a quelque chose là-dessous et qu’elle se doit de creuser.

« Petite chose », il n’y a qu’une seule personne qui l’a appelée comme ça. Et puis il y a cette grosse épée, cette armure, cette carrure. Il y a toutes ces choses qui tonnent dans la tête de Callie comme des révélations. Et puis il y a « petite chose ». Ce surnom, qui résonne dans son cerveau, y cogne les quatre coins, comme une véritable litanie. Elle soupire, ferme les yeux, puis les rouvre. Il n’y a plus aucun doute à avoir. Elle le connaît, elle le sait.
« Non. »
Un simple mot, balancé du bout des lèvres, comme tombé à l’eau. Callie réprime un tremblement et prend son courage à deux mains pour ne pas se mettre à trembler ou simplement perdre pied. Elle inspire profondément et plonge deux billes céruléennes dans les yeux de l’homme. Ses intuitions sont là, confirmées par ce qu’il a pu dire et ce qu’il est. Mais comment ? Il ne ressemblait pas du tout à cela … Elle ne trouve aucune explication logique à ce qu’elle ressent, pourtant les faits semblent avérés et elle ne parvient pas à se raisonner.
« Je ne saurais pas expliquer comment ni pourquoi, mais vous et moi nous sommes battus. »
Callie inspire de nouveau et se permet de s’asseoir, pour ne pas attirer l’attention sur eux. Il ne manquerait plus que le bar soit au courant de ce qu’elle a sur le cœur. Savoir qu’une menace comme celle-ci plane sur eux, sans rien dire, dans la plus grande des sérénités, serait créer de nouvelles émeutes inutiles. Parce qu’à l’heure actuelle, Callie reconnaît le personnage, mais il est différent. Moins hostile ? Moins terrifiant.
« Enfin, battus. Vous m’avez collé une raclée. »
Elle ricane, un rire nerveux à mi-chemin entre regret et frustration. Une novice face à un tel mastodonte, rien d’étonnant … Calliope n’avait aucune chance et ce, dès le départ. Rien que l’annonce de sa présence aurait dû la faire reculer. Pourtant, de nombreuses « bonnes choses » en avaient découlé. Notamment sa renommée au sein de Criméa, sa possibilité de soigner beaucoup de personnes, bref. Callie s’était confrontée au Mal et en était ressortie vivante, grandie, bien que traumatisée. La médecin fixe tour à tour les deux personnes et finit par lâcher, à leur attention commune.
« Death. »
Elle déglutit. Le silence la rattrape, les images reviennent. Cette confrontation qui lui a valu une énorme crise de stress et dont elle est sortie vivante, comme ça, complètement sans raison. Un miracle. Un miracle qui la ramène ici, face à celui qu’elle pense être Death lui-même, mais comment ?
« Je dis probablement n’importe quoi, et j’en suis désolée, mais je n’ai aucune autre explication. »
Callie se ressaisit et boit une gorgée du jus d’orange. Quel fruit incroyable. Elle est contente qu’ils soient parvenus à en avoir malgré la famine qui les a frappés. Les prunelles bleues passent ensuite du balourd à la jeune femme.
« Je m’appelle Calliope Van Eriven, abrégé par Callie. Je vous ai rencontré, ou du moins j’ai rencontré Death lors d’un face-à-face à Criméa. Je suis désolée si je m’avance et vous insulte, mais je ne parviens pas à m’enlever cette idée de la tête. »
Une bonne approche, peut-être, peut-être pas … Mais elle en est certaine. Calliope ne peut vaincre cette intuition, alors elle ira au bout, folle ou pas. Elle ira, c’est tout. Parce que ce n’est pas une « petite chose », et le jour viendra où ce mastodonte fera face à une femme bien plus forte, malgré sa carrure de crevette.





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Kerorian
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Lun 6 Aoû - 11:08
Bon, au moins Pandora ne s'engageait pas dans la conversation pour essayer de recruter une présence féminine. Par contre, Blanchette paraissait subir un pls mental intensif. Le Rôdeur roula des yeux alors que la prêtresse passait de "coconne random avec un bâton" à "énorme schizo' qui va pas bien du tout dans sa caboche". Non, parce que pour lui dire qu'ils s'étaient battus, il fallait vraiment avoir un grain de la taille d'une plage.
Le mercenaire à la crinière de feu et de cendre commençait à se demander comment l'éconduire, à coup de pompe dans l'oignon, de table dans les gencives ou par la fenêtre, puisque l'ignorer n'allait certainement pas suffire...quand elle laissa tomber un nom qui lui valut immédiatement son attention, son regard écarlate se braquant sur elle.

C'était qui, cette folle ? Probablement une des timbrées qui s'était retrouvée devant le Chevalier de la Mort dans le Comté assiégé récemment...jusque-là, rien d'étonnant, et s'il n'avait pas rencontré Kerowyn qui - une fois de plus - lui avait expliqué le pourquoi du comment des embrouilles, le Rôdeur ne lui aurait pas accordé plus d'importance que ça.
Il ne se demanda qu'un instant pourquoi elle était encore en vie. De toute évidence, comme lui même venait de la juger, Death l'avait considérée indigne de lui et lui avait probablement juste mis une claque.


"Ferme-là, tu parles trop."

La pauvre fille n'en avait pas tant dit que ça en vérité...mais le seuil de tolérance du guerrier était très bas, en particulier lorsqu'on le prenait au dépourvu ainsi. Kerorian se mura derrière un masque de marbre, prenant le temps de réfléchir sans s'exposer. "Van Eriven", déjà, ça sentait le prétentieux...mais elle possédait un surnom qu'elle usait volontiers, c'était un bon point.
Mais ça, on s'en fout. Le problème, c'est qu'elle soit venue le découvrir ici-même...et si cette larve en était capable, qui sait combien de temps il faudrait à des gens plus compétents pour en faire autant. Cela dit c'était une bonne nouvelle en fait, les challenges allaient d'eux-même lui courir après !
Enfin, avant qu'il ne rationalise. Parce que réunir l'instinct féminin, le fait d'avoir vu Death de près et d'y avoir survécu et enfin d'avoir certainement une sensibilité à la magie pour se laisser captiver par l'épée monstrueuse qu'il portait...ça allait être coton.


"Il n'y a pas d'insulte à être confondu avec un autre tueur de dragon, surtout celui-là."

Toujours dire la vérité, c'était un autre des critères stupides qu'il avait hérité du "petit Redeye". Le problème, c'est qu'il devait alors jongler avec les mots et les sens. Impossible de démentir, ou de confirmer les propos de la nabote...et le Rôdeur se savait bien trop peu habile des arts linguistiques pour donner une réponse convenable sans compromettre une cause ou une autre.
Alors en attendant, il essayait de temporiser. Et puis, qu'est-ce qu'il pouvait bien faire de cette morveuse ?


"Sois heureuse d'être en vie, et veille à ne pas la perdre bêtement en te précipitant sur le mec avec la plus grosse épée la prochaine fois."

Une brusque pulsion, un sombre instinct, le tenta d'ajouter quelques piques grivoises dans l'espoir de déclencher une hostilité quelconque qui conduirait à une bagarre, ou même mieux : Un carnage...mais Kerorian la fit taire, il n'avait aucune envie de perdre du temps et de l'énergie pour quelques pignoufs et ivrognes Criméans.
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Pandora
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Mar 7 Aoû - 12:48
Le cancrelas était tenace. La guérisseuse ne voulait pas s'en aller, mais en plus la voila à déblatérer ses inepties au sujet de Kerorian qui serait ce fameux cavalier de la mort qui ravage Tellius. Visiblement, cette femme avait un problème, puisque Kerorian était précisément avec elle lorsque l'attaque avait été menée sur ce fameux duché Criméan, et dont elle avait entendu parler… comme ça, en passant. Cela dit, quelque chose la chiffonait.

Kerorian avait dit que Callie le confondait avec l'autre tueur de dragon. Cela dit, et elle avait fait bien attention, à aucun moment il n'avait dit "je ne suis pas Death". Et Pandora était de celles qui savaient discerner les subtilités dans les propos des gens. Haussant un sourcil, elle jeta un regard au géant qui l'accompagnait et lui apprenait la vie. Puis elle se tourna vers cette Callie pour lui adresser un regard incisif.

« Je crains qu'il n'y ait confusion en effet. Parce-que Ce grand dadais était avec moi lors de la dernière attaque de votre Death. Et à moins que je ne souffre de troubles de la mémoire assez sévères, nous n'y étions pas présents. »

Voila qui était dit, Pandora s'autorisa à détailler plus avant la brebis qui s'était mis en tête que Kerorian était un tueur sanguinaire à la tête d'une armée de morts. Elle devait avoir son âge, à peu de choses près, et semblait elle aussi issue de la noblesse, bien que Pandora ne l'ait jamais vue à Daein. Était-elle Criméanne ? A n'en point douter, compte tenu des tensions qui agitaient le monde politique… Et oui, la fille de Daein n'était peut-être plus de la cour, mais elle se tenait tout de même au courant. Du moins, autant qu'elle le pouvait. Elle ne voulait pas être totalement perdue le jour où elle retrouverait ses droits sur sa famille.

Distraitement, elle porta une bouchée de son plat peu appétissant à sa bouche.


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Callie
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Mer 22 Aoû - 17:53
Rire ou pleurer. Hésiter entre les bonnes et les mauvaises réponses. Ne pas savoir où elle est, ne pas savoir ce qu’elle y fait, mais être certaine de tenir la bonne réponse, alors que les deux autres la contredisent. Rire ou pleurer ? Dans un cas comme dans l’autre, elle sera probablement prise pour une cinglée. Enfin. Elle l’est déjà. Callie se retrouve face à deux individus, l’un qui ressemble terriblement à une personne qu’elle a vu de bien trop près, et une autre qui la contredit sans être au courant de rien. Bien sûr qu’il était avec elle, mais alors, comment expliquer le reste ? À part être regardée comme une véritable bizarrerie, il ne se passe rien. Callie soupire profondément, longuement. Elle ne sait plus quoi dire, pourtant, elle ne se laissera pas faire. Ses convictions sont des certitudes. Ses prunelles glacées se posent sur la demoiselle aux yeux vairons.
« Certes, il était avec vous, mais comment expliquez-vous qu’il ait exactement la même posture ? Une voix similaire ? Les deux tueurs de dragons ? » Elle marque une pause. La pensée qui traverse son esprit lui glace le sang. « Et surtout, comment expliquez-vous que les deux m’aient appelée … ‘petite chose’ ? »
Le silence revient. Callie attend, Callie hésite. Cette excuse sonne vraiment comme une accusation bateau, stupide et inutile. Pourtant, il y a quelque chose. Elle le sait. Sa main pourrait être mise à couper pour cette certitude, elle est certaine qu’elle en ressortirait indemne. Alors comment expliquer ça ? Comment mettre des mots simples sur cette idée, aussi saugrenue soit-elle ? Comment ne pas passer pour une folle à lier ? Callie soupire. Elle reporte son attention sur le gros balourd.
« Ce n’est pas être bête que de vérifier une conviction et d’agir pour le bien commun. Vous trouvez ça stupide, je m’en doute. » À nouveau, elle s’arrête. « Mais, à vrai dire, je m’en fiche. Mon rôle n’est pas de vous plaire ou d’aller dans votre sens. Il n’a jamais été tel. » Ses yeux défient l’homme qui lui fait face. « Peu importe ô combien je vous parais faible. Peu importe ô combien cela est dangereux. » Son ton n’est pas monté malgré la froideur et le direct de ses propos. « Parce qu’au fond pour protéger la vie des autres, je dois être capable de mettre ma vie en danger. »
Le silence revient. Elle laisse quelques longues secondes s’écouler, beaucoup trop longues. Mais elle n’a pas peur. Callie ne peut pas se permettre d’avoir peur, encore moins dans ce genre de situations. Il lui faut rester courageuse, forte. Rire ou pleurer ? Rire, probablement. Parce que pleurer serait se mettre en position de faiblesse. Or, Callie n’est pas faible. Callie est une Van Eriven. Une médecin qui se bat pour ses convictions, qui se bat pour les autres. Elle soupire longuement, puis reprend de plus belle. Cette fois, elle parle moins fort, pour éviter d’éveiller les soupçons et la terreur des personnes présentes dans l’auberge.
« Je peux laisser courir cette accusation, complètement oublier le fait que vous ressembliez comme deux gouttes d’eau. Je peux. Cela ne signifie pas que je cesserai d’y croire un jour, mais vous accabler ne changera probablement pas la situation dans laquelle nous nous trouvons. Néanmoins, je continuerai à poursuivre le même idéal, celui qui m’a menée face à Death et m’a fait passer si près de la mort. » Elle s’arrête. « Parce que s’il existe des êtres capables de détruire des vies, il existe aussi des êtres capables de les sauver. »
Idéaliste. Téméraire. Probablement cinglée. Mais il ne faut plus reculer. Ne pas se laisser happer par la peur, ne pas se laisser abattre. Callie serre les dents et plonge ses prunelles céruléennes dans les yeux sombres du rouquin. Rire ou pleurer ? Rire. Définitivement. Même si son chemin est semé d’embûches. Même si elle sait qu’elle va s’attirer ses foudres. Même si, si cet homme est vraiment la même essence que Death, il risque de lui tomber dessus et la détruire ; il vaut mieux rire. Ne pas pleurer. Ne pas avoir peur, jamais. Callie inspire.
« Cela n’explique pas, cependant, comment deux personnes aussi similaires existent au même moment, quasiment au même endroit … », lâche-t-elle, pensive.
Comment, hein ?





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Kerorian
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Jeu 23 Aoû - 10:38

Si le Rôdeur avait été une cocotte-minute, il serait en train d'enfumer la pièce toute entière. Il n'a pas envie de parler, ni de voir du monde, encore moins d'écouter une dégénérée pleine d'instinct féminin déblatérer ses âneries pendant une heure et demie, et pensait l'avait clairement fait savoir.
Pourtant, blanchette continue. Contrairement à beaucoup, elle ne tient pas un discours particulièrement stupide...enfin, en tout cas, il a du sens et des raisons, ce qui est assez rare. C'est juste dommage que ça le concerne, lui et Death. Sauf que même avec toutes les meilleures raisons du monde, la prêtresse commence à franchement lui taper sur le système, et bientôt sa nervosité trouve un expédient temporaire tandis qu'il se met à taper des doigts sur la table.
D'autant plus qu'elle ne manque pas de se toucher un peu la moule toute seule en affirmant haut et fort que même le Chevalier de la Mort ne l'empêchera pas d'accomplir sa noble, glorieuse et satinée destinée de pharmacie ambulante. C'en est vraiment trop, et sa patience commence à dangereusement s'effilocher.


"Est-ce qu'un jour, un seul putain de jour grinça entre ses dents le vagabond aux yeux rouges, une veine enflant sur son front je rencontrerais une femme qui comprenne que j'ai pas envie de voir sa gueule, que j'ai pas envie de lui parler, encore moins de l'écouter parler, et qu'il me suffirait d'une pauvre claque pour briser ses rêves à la con !?"

Fini le stoïcisme, on passe à l'hostilité affichée. Y'en avait franchement marre, partout où il traînait ses pieds, Kerorian finissait par tomber sur une femme - jusqu'ici, rien de surprenant, cette engeance occupe facilement la moitié de la population de Tellius - qui systématiquement venait lui brouter les noix d'une manière ou d'une autre et lui donnait des envies de génocide. Ou plutôt de sexicide.

"Je m'en cogne de ta vie, je m'en cogne que tu veuilles aider des gens. T'aideras plus personne si j't'enfonce ton bâton dans le cul tellement fort qu'il ressortira par ta grande gueule et te fasse taire une bonne fois pour toute !"

Quelques têtes se tournèrent dans sa direction. Lorsqu'un gros sac aux airs violents commence à gueuler sur deux petites pépites de femmes comme les nobles errantes, ça a tendance à éveiller les instincts primitifs des mâles bas de plafond...ou des chevaliers, ça en revient souvent au même.
Le Rôdeur frappa violemment du poing sur la table, laquelle craquela sous le choc d'une violence inouïe, et les fit bien vite retourner à leurs affaires et choppes. Vouloir plaire à deux jolis p'tits minois c'est une chose, se dresser face à une tempête de colère en arme lourde et armure de plaques, ça en est une autre.
Il redescendit le ton, fronçant encore un peu plus les yeux, comme un feu qu'on recouvre en attendant qu'il prenne pleinement.


"Maintenant casse-toi, ou tu serviras de planche de frappe pour l'autre vache à lait."

Parce quitte à se faire emmerder, autant trouver un intérêt dans la souffrance. Pandora commençait - petit à petit, car elle continue à en chier en général - à se faire à l'idée de combattre et de faire saigner, voire même de tuer peut-être quelqu'un d'autre...mais quand il s'agit d'un ennemi, d'un bandit, d'un être que l'on veut voir payer.
L'épreuve ici, serait de torturer et exécuter froidement une imbécile dont le seul crime aura été de leur parler à cause d'une peur compréhensible. Cela pouvait même devenir intéressant...en tant que professeur du moins. Car pour le Rôdeur, peu importe le pourquoi du comment, une vie n'est qu'une vie.
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Pandora
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Mar 28 Aoû - 15:26
- Hey !

Kerorian était visiblement très, très mal luné. Et accessoirement, Pandora n'appréciait pas franchement de se faire traiter de vache à lait.
Certes, cette fille, cette… Calliope, était proprement horripilante. Néanmoins, la fille de Daein n'était pour rien dans ce phénomène, et elle prenait assez mal que Kerorian se venge sur elle. Alors oui, il devait la rendre plus résistante, mais elle ne pensait pas que cela doive passe par des insultes gratuites.

- Je n'ai pas la moindre envie de croiser le fer avec cette femme. Et je te prie de ne plus me traiter de "vache à lait", dit elle, les lèvres pincées.

Le sujet était devenu sensible pour elle ces derniers temps, et elle avait commencé à se bander la poitrine pour ne plus attirer autant le regard des hommes. Se faire appeler de la sorte était d'autant plus pénible qu'elle ne mettait plus sa poitrine en valeur pour séduire un éventuel allié politique.

Elle fusilla Kerorian du regard, puis Callie, croisant les bras dans une attitude nonchalante. Décidément, cette fille lui sortait elle-aussi par les yeux. Elle venait, s'imposait à leur repas, pour déblatérer ses inepties sur ses objectifs - dont la Cendrefer n'avait honnêtement rien à faire - et insinuait en prime qu'elle lui ait menti, puisqu'elle ne croyait pas que Kerorian ait réellement pu être avec la fille de Daein tandis qu'elle affrontait le fléau.

- Quand à vous, je me fiche bien de vos impressions, de vos "intuitions", plusieurs personnes peuvent parler de la même manière, cela n'implique pas qu'ils soient la même personne. D'autant plus, je le répète, qu'il était avec moi au moment des faits.

Décroisant les bras, la Marquée se saisit à nouveau de ses couverts dans une série de gestes rendus secs par l'agacement, décidée à reprendre son repas là où il avait été interrompu.

- Maintenant, je vous prierai de bien vouloir débiter vos inepties ailleurs, ce repas n'avait pas besoin de vous pour être catastrophique.

Elle coula n'anmoins un regard vers Kerorian. Elle se souvenait très bien de la dernière fois où il s'était énervé. Lorsqu'elle y repensait, elle en avait encore mal à la gorge. Ce jour-là, il l'avait étranglée à tel point qu'elle en était tombé dans les pommes. Une leçon qu'elle n'était pas prête d'oublier. Cela dit, s'il décidait de laisser sa colère s'exprimer sur cette pénible femme, Pandora ne chercherait pas à le retenir. Elle détestait qu'on ne prête pas de crédit à ses propos lorsqu'ils étaient véridiques.


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Kerorian
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Dim 4 Nov - 23:49
Ayant vraisemblablement obtenu ce qu'elle voulait, ou ayant le sentiment d'être plus stupide que de raison et en ayant assez de se faire éconduire par le Rôdeur et l'ex-noble. Car la petite Pandora paraissait au moins aussi énervée que lui, même s'il sentait que sa façon de lui fournir un alibi cachait une pénible discussion imminente.
Car oui, elle avait été avec lui pendant un moment...mais il leur arrivait souvent d'être séparés également. De passer des heures, des jours sans se voir. Combien de temps la noble allait mettre avant de se demander quelle était le lien entre lui, ce géant armuré et surpuissant, et Death.


"Je te traiterais de ce que je veux."

Finit-il par dire une fois la gêneuse partie. La situation ne lui plaisait pas, car des secrets devaient être tus...et de plus en plus de doutes émergeaient. Et si, étrangement, il y avait quelqu'un dont il ne voulait pas entendre parler...c'était du Chevalier de la Mort.

"Tu es encore trop "précieuse", Pando. Cette fille ne lâchera peut-être pas l'affaire, et prendrait des mesures qui te dépassent."

Certes, sa première idée était de détourner le sujet...mais dans le fond, le conseil était franc. Imaginons qu'elle prenne mal l'attitude de la jeune noble, et veuille enquêter plus loin sur le Rôdeur. Elle pouvait très bien revenir avec une bande de mercenaires et s'en prendre à elle pour lui arracher des infos, ou essayer de le faire chanter. Et si la "Double G" préférait houspiller verbalement ses adversaires plutôt que tirer sa lame, elle allait vite se retrouver dans le pétrin. Encore.
Bon, ne pas démolir les gens pour un oui ou un non était la meilleure façon de ne pas s'attirer leur ire...mais l'inverse était en revanche la plus efficace pour s'en débarrasser. Et à défaut de pouvoir faire confiance aux inconnus un peu trop curieux, le Rôdeur aimait les réduire éternellement au silence.
Il imaginait que la cour qu'elle avait l'habitude de fréquenter regorgeait de ses propres serpents...mais ici, ce sont des loups qui rôdent.

Ou bien il essayait juste de la faire paniquer à cause des événements récents pour qu'elle ne lui pose pas de questions et lui foute la paix. C'était sûrement ça.
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Pandora
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Jeu 8 Nov - 15:47

Indéniablement, quelque chose d'étrange s'était passé pendant cette conversation. Certes, les affabulations de Calliope étaient sans queue ni tête, et Pandora était persuadée qu'ils étaient simplement tombée sur une folle furieuse, mais d'un autre coté... Le fait que Kerorian n'ait pas réellement démenti les dires de la soigneuse perturbait la fille de Daein. Elle fit cependant mine de se concentrer sur son repas un bref instant, tandis que Kerorian lui reprochait de ne pas avoir simplement embroché l'impertinente au bout de sa rapière.

- Si cette fille veut prendre des mesures, ce sera contre toi. Moi, elle ne me veut rien.

Tout cela lui donnait l'impression que Kerorian cherchait à détourner la conversation, d'autant plus que Callie ne semblait pas capable de faire du mal à une mouche. Elle était une soigneuse, elle s'était targué de vouloir aider les gens, et ce genre d'ambitions implique d'avoir le cœur sur la main. Or, quand on a le cœur sur la main, on ne réunit pas une troupe de choc pour torturer une pauvre fille à la recherche d'informations. Et Pandora n'avait aucun doute quand à l'issue du combat si elle devait se battre avec la soigneuse seule.
Elle la démolirait.

Non, décidément, c'était louche tout ça. Laissant quelques instants passer, Pandora reprit sa cuillère et mangea quelques bouchées de son plat si peu ragoutant avant de reposer le tout sur la table et de se tourner vers le colosse, le fixant de ses yeux vairons.

- Je te connais un peu maintenant... Tu n'est pas du genre à mentir, n'est-ce pas ?

Elle devait en avoir le coeur net. Certes, Kerorian était plutôt avec elle lorsque l'attaque de Death avait eu lieux, mais il vadrouillait souvent seul, et elle ne savait pas ce qu'il faisait alors. Et si Pandora ne pensait pas qu'il fut directement responsable de l'attaque, quelque chose lui disait qu'il était impliqué d'une manière ou d'une autre. Or, Death avait mené une attaque dévastatrice sur Begnion, puis sur Criméa... Que se passerait-il s'il décidait de s'attaquer à Daein ?
Pandora ne devait pas laisser une telle chose arriver. Certes, elle était manipulatrice, égoïste, vénale, mais elle aimait profondément son pays et elle ne le laisserait pas détruire par la folie des uns et des autres, fus-ce celle de Kerorian. Et elle comptait bien savoir de quoi il retournait.


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Kerorian
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Jeu 8 Nov - 17:03

Brave petite innocente à la langue bien pendue. Elle soulevait une question par son attitude, la naïveté est-elle universelle, ou réservée aux gens honnêtes ? Quoiqu'à la réflexion, le Rôdeur se demandait jusqu'à quel point on pouvait qualifier Pandora "d'honnête". Après tout, son éducation devait inclure de nombreux chapitre à propos de la séduction, la manipulation et la trahison.
Bah, qu'importe après tout. Elle était suffisamment fière pour être traitée comme tel, et lui n'en demandait pas plus. Quelle soit opportuniste si elle le désirait, bien que parfois discutable, ça n'en demeurait pas moins une force. Cependant, le borgne ne partageait pas son avis.


"Ceux qui ne se salissent pas eux-même les mains n'attaquent pas directement leurs adversaires. Ils essayent de faire pression sur leur entourage, plutôt que prendre le risque d'un affrontement. Tu te souviens de Liyu ?"

Une tactique des plus lâches et des plus efficaces, qu'il avait bien souvent vue mise à l’œuvre par des bandits, ou des marchands. L'exemple le plus frappant était bien évidemment son ex-compagne, qui pour une odieuse et basse vengeance avait tout perdu, à cause de lui.
Par ces mots, le Rôdeur espérait que Pando comprenne ce que ça impliquait de le côtoyer, qu'elle était désormais elle aussi "un entourage" qui serait pris pour cible en espérant que cela puisse contrôler la colère du guerrier aux yeux rouges. Et si c'était peine perdue, car Kerorian ne retiendrait pas ses coups  même contre un otage, l'événement restait aussi douloureux que frais dans sa mémoire, et il ne tenait guère à revivre un tel trouble.

Puis, la déshéritée se fit plus...curieuse. Elle s'enquit de la franchise du Rôdeur, qui commençait à regretter de ne pas voir cédé à ses pulsions et tué la prêtresse avant qu'elle ne sème les graines de l'emmerde. Car maintenant, la Marquée se posait des questions, et nul besoin d'être devin pour savoir ce qu'elle allait demander.


"Jamais."

Mentir, selon lui, c'était se renier soi-même. Que restait-il d'un homme, s'il abandonnait son honneur et sa dignité, et qu'il fuyait ses propres mots et pensées ? Alors, même si comme beaucoup il pouvait se contenter de demi-vérités, Kerorian restait toujours franc, et aussi direct que possible. Même si dans quelques secondes, ça allait sûrement lui prendre la tête...mais à vrai dire, il supposait que la solution se trouvait plutôt dans une action brutale de sa part que dans une éloquence détournée.

"Poses toutes tes questions directement soupira-t-il en se renfrognant plus vite on sera débarrassés, moins tu risqueras de prendre la table dans la gueule."

Il n'aimait pas parler, encore moins de lui, et certainement pas quand on le comparait à quelqu'un d'autre...alors subir un interrogatoire à la con réunissant ces trois critères n'était pas du tout, mais alors du tout, pour lui plaire. Et son impatience, son agacement étaient plus qu'explicites.
Pourquoi diable passait-il tant de temps à se retenir, alors qu'il lui suffirait d'une claque ou deux pour éviter les pertes de temps et les embrouilles inutiles ? Voilà qui était une bonne question, mais le vagabond doutait d'obtenir une réponse convenable s'il la formulait à haute voix.
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Pandora
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Dim 11 Nov - 10:22
Si le souvenir de la femme de Kerorian perturbait un peu Pandora, elle n'était pas encore assez idiote pour ne pas savoir faire la différence entre une bande de brigands et une noble adepte du bâton de soin... Les uns étaient des lopettes impuissantes, et l'autre avait eu assez de courage pour faire face à Death lui-même d'après ses dires. Et Pandora n'avait pas pensé qu'elle mentait à ce sujet. Donc non, elle ne s'attaquerait sans doute pas à Pandora pour atteindre Kerorian. Cela ne lui servirait probablement pas à grand chose, vu le peu de cas que le rôdeur faisait du monde qui l'entourait...

En tout cas, la curiosité de la Cendrefer ne semblait pas à son goût. Et bien tant pis pour lui ! Si elle devait rester dans l'ignorance, la demoiselle était prête à parier qu'elle en ferait vite une obsession. Et puis, le fait qu'il soit aussi réticent à s'épancher sur le sujet prouvait bien qu'il y avait anguille sous roche... Avant de répondre à la demande de son compagnon, Pandora pris le temps d'une gorgée d'eau.

- Je ne pense pas que cette fille soit dans le vrai lorsqu'elle dit que tu est le chevalier de la mort. Et pourtant...

Le regard de Pandora rejoignit celui du rôdeur, et elle le dévisagea avec une certaine insistance. Le souvenir de la main de Kerorian serrée autour de sa gorge était encore vivace dans son esprit. Elle savait de quelles violences il était capable. Est-ce que ces réponses valaient réellement la peine de courir un tel risque ?
...Oui. S'il devait devenir un danger pour Daein, sa patrie, elle se devait de le savoir. Et le cas échéant, une information était toujours précieuse. Celle-ci serait peut-être utile, à terme... De plus, elle pariait que Kerorian ne la tuerait pas ici. Pas après l'avoir prise sous son aile. Il lui ferait du mal, sans doute, mais il ne la tuerait pas. Et après tout, n'était-il pas censé l'entrainer à mieux encaisser ? Il était temps de voir si enseignement avait été profitable à Pandora...

- Tu n'a pas démenti ses dires, à aucun moment. Tu t'es contenté de lui dire de partir. Donc, tu as vraiment quelque chose à voir avec Death, et j'aimerais savoir de quoi il retourne.

Maintenant, restait à voir si la table allait voler ou non.


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Kerorian
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Dim 11 Nov - 15:47

Comme il s'y attendait, Pandora n'allait pas en rester là. Oh il comprenait, c'était dans la nature humaine, et plus vraisemblablement des celle des grands esprits que d'être curieux, quitte à s'exposer à un péril. Après tout, un enfant n'escalade-t-il pas un grand pin, juste pour voir à quoi ressemble le monde de là-haut alors qu'il pourrait se rompre le cou à tout moment ?
Et il était tenu à la vérité, par sa fierté, et comme un con il l'avait autorisée à l'interroger. La noble déchue semblait déjà avoir son opinion à son sujet, preuve de réflexion et d'une relative confiance, mais savait qu'il y avait quelque chose de plus. Quelque chose qui lui faisait soucis, et pas seulement pour elle-même car dans le cas contraire, la Marquée ne lui poserait pas la question en personne.

En dépit de ses manières et de son pénible caractère, qui s'adaptait toutefois mieux qu'il ne l'aurait cru à sa nouvelle vie, Pandora formula ses questions de façon simple et directe. C'était une des raisons qui faisaient qu'il appréciait la jeune fille, cette franchise qu'il n'aurait pas soupçonné chez un noble aussi prétentieux.
Peut-être essayait-elle juste de le brosser dans le sens du poil, car elle savait pertinemment - Pandora elle même venait de le dire, elle commençait à le connaître - que le Rôdeur détestait les entourloupes et les mots détournés. Mais qu'importe la raison, ses intentions étaient claires et sa question sans équivoque.
Cela dit, c'était aussi le moment de la tester à son tour. Quelqu'un de soucieux de ses informations lui aurait dit "pas ici" de peur qu'une oreille indiscrète écoute, mais Kerorian était au-delà de ces considérations.


"Et si c'était le cas ?"

Le visage plus fermé qu'une huitre au soleil, son oeil rouge la fixait sans ciller, comme un défi. Au lieu de lui répondre, le Rôdeur lui retournait une question des plus retorses. Pas un instant il ne doutait que la Marquée comprenne que, pour obtenir l'information qu'elle voulait, elle devrait elle-même expliciter ses intentions à son encontre...et ce, d'après une hypothèse des plus floues.
D'instinct, Kerorian pouvait supposer que l'ex-noble rêvait de s'opposer à la marche de Death et ses serviteurs, du moins si ça venait à menacer ses intérêts - en gros, ses projets et les biens qu'elle estimait être à elle - donc par extension, s'opposer à lui. "Que ferais-tu alors ?" disait son regard implacable.
Oserait-elle relever son défi, de front, alors qu'il exprimait sans le moindre doute par son attitude toute entière être prêt à se battre, n'importe où, n'importe quand, pour la moindre raison. Aurait-elle le courage d'assumer ses convictions lorsque la conversation peut se conclure sur le fil d'une épée ?
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Pandora
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Hier à 16:34
Elle aurait préféré que Kerorian se contente de répondre à sa question. Vraiment. Mais rien n'était simple avec lui, elle devait le savoir depuis le temps... Néanmoins, la fille de Daein ne put s'empêcher de noter qu'il évitait une nouvelle fois de répondre à la question.
A nouveau, cette réponse l'avait confortée dans son impression. C'était certain à présent, le rôdeur avait quelque chose à voir avec Death. Mais quoi ? Etait-il son allié ? Son ennemi ? De la part de n'importe qui d'autre, elle aurait parié sur la seconde option, mais avec Kerorian, rien n'était moins sur...

Honnêtement, Pandora était loin d'être tranquille. Au moins, le rôdeur ne s'était pas énervé, ce qui augurait plutôt bien de la suite de la conversation. Mais son regard lui parlait aussi surement que ses mots. S'il n'aimait pas sa réponse, il lui ferait du mal. Il ne la tuerait sans doute pas, mais il lui ferait du mal. Or, Pandora n'aimait pas avoir mal... Mais si c'était le prix à payer pour avoir ses réponses, alors elle le paierait.
Que ferait-elle ensuite de cette information ? Elle n'en savait rien. Cela dépendrait de la réponse que lui donnerait le rôdeur. Death était une menace, c'était certain. Mais quel était le rôle de Kerorian dans tout cela ? Est-ce qu'il pourrait être un danger supplémentaire pour sa patrie ? Ou une aide possible ? Devrait-elle en référer à son gouvernement, au risque de se jeter dans les griffes de son ennemi ?

- Je ne veux pas voir mon pays plus en danger qu'il ne l'est déjà. J'ignore quel est ton rapport avec le cavalier, mais si tu devait être une menace pour Daein...

Que ferait-elle alors ? A son échelle, elle aurait été bien prétentieuse de penser pouvoir faire quoi que ce soit. Elle ne pouvait pas le combattre, elle ne pouvait même pas le retenir. Mais elle pouvait apporter l'information à ceux qui, eux, pourraient faire quelque chose.

- Je suppose que je ferais ce que je peux... A mon échelle.

Mine de rien, son exile lui avait quelque peu appris l'humilité. Elle restait sacrément orgueilleuse et sûre d'elle, mais elle savait reconnaitre lorsqu'elle était incapable de faire quelque chose seule... Oui, elle avait gagné en maturité. Un peu, mais c'était toujours ça de pris. Elle croisa ses mains sur la table, sans détourner les yeux du rôdeur. Ses doigts tremblaient légèrement.
Kerorian était violent, et elle avait parfaitement conscience que ce qu'elle venait de dire ressemblait à une menace. Elle avait fait ce qu'elle pouvait pour la tourner de manière à ce que le rôdeur se sente le moins agressé possible, mais il y avait toujours une chance qu'il ne décide de lui faire sa fête ici et maintenant. Mais elle avait parié que son ancien garde du corps ne la tuerait pas, et tant qu'elle en sortait vivante, alors elle pouvait toujours agir derrière. Elle ne comptait plus que là-dessus.


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Kerorian
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Hier à 18:18

Ainsi donc, Pandora s'inquiétait pour sa patrie, pour Daein. Voilà une information, qui, honnêtement, surprenait assez le Rôdeur. Il savait la jeune Marquée moins pourrie que la plupart de ses comparses nobles, mais elle n'en demeurait pas moins une égoïste narcissique dont le confort personnel importait en premier lieu sur celui des autres s'il fallait faire un choix.
Peut-être était-ce là la raison de son attachement à son foyer ? Puisqu'elle considérait Daein comme "sa" patrie, elle s'y ressentait une affinité particulière, tout comme lui-même se sentait...au moins concenré par ce qui touchait son royaume natal.

Et elle se disait prête à le défendre, "à son échelle". C'était courageux de sa part, et aussi stupide qu'honorable, de le prévenir personnelle qu'elle lui mettrait des bâtons dans les roues s'il était un ennemi. Bien qu'il ne se donnât pas la peine de le montrer, Kerorian approuva également son raisonnement.
Clairement, elle n'était pas apte à l'arrêter. Même en engageant dix hommes, ou même cent si le cœur lui en disait, le Rôdeur doutait que son "apprentie" se révèle apte à le dominer. Cet écart titanesque, Pandora semblait en être consciente et prête à l'affronter par un biais détourné pour éviter ce rapport de force désavantageux.
Certains diraient que c'est lâche, mais étrangement pas le Rôdeur. Au contraire, il considérait qu'être conscient de ses limites et savoir faire avec et les contourner était une preuve d'intelligence et de sagesse, une véritable qualité selon lui, et que Pandora en fasse la démonstration lui procurait...une certaine fierté ?
Peut-être était-ce ça, qu'un parent ressent lorsque son enfant grandit, ou un maître face à un élève prenant la relève. Il secoua la tête, chassant la tendresse qui cherchait à s'installer dans un instant d'inattention.


"Et c'est quoi, ton échelle ?"

Sa voix demeurait rauque, craquante comme un éboulement de montagne, mais elle ne planait plus tel une épée de Damoclès en direction de la noble déchue. Elle avait prouvé qu'elle ne manquait pas de cran, ni de perspicacité, ni de prudence. Car bien qu'elle ait du mettre les deux pieds dans le plat, le Rôdeur n'avait pas manqué de voir que la jeune femme s'était efforcée de lisser les angles de son accusation, de sa menace, pour pouvoir l'exprimer en minimisant les risques de le provoquer.
Nul doute à ce sujet, Pandora possédait de bien nombreuses qualités qui ne demandaient qu'à être cultivées, sublimées par le temps et la patience. Ce n'était pas une attitude à punir, bien au contraire.


"Il te faudrait au moins les Cavaliers de Daein pour espérer rivaliser avec moi. Contrairement à bien d'autres, la quantité seule ne marche pas contre moi."

Tant à cause de sa robustesse, somme toute impressionnante, que de sa force titanesque, Kerorian ne redoutait pas d'affronter des légions entières. En fait, il estimait que ce serait même une perte de temps, car aucun homme, qu'il soit sain d'esprit ou non, ne saurait rester indifférent au spectacle d'un démon enragé balayant des soldats et mercenaires par poignées à chaque coup d'épée.
Il fallait engager des élites, et pas n'importe lesquelles, les meilleurs des meilleurs, pour pouvoir l'affronter...et ironiquement, c'était là tout ce qu'espérait le Rôdeur.


"Sauf qu'ils te reconnaîtront, Cendrefer. Et ils se souviendront du bal, et du contrat."

En gros, si elle portait l'affaire aux hautes autorités, elle était cuite. Certes, en invoquant son - ex - rang et le lien qu'elle entretenait avec lui, Pandora pouvait sûrement espérer être écoutée par un haut-général ou par la Cour...mais alors, non seulement elle se révélerait trop tôt à son beau-père, qui aurait tout aussi tôt fait de - littéralement - lui mettre la main dessus, mais en prime elle se tirerait un carreau dans le pied.
Combien de temps faudrait-il pour qu'on se souvienne que lui, le "potentiel allié de Death", avait été son garde du corps personnel pendant quelques temps, la collant jour et nuit sans relâche, et qu'ils avaient été présents lors de l'assassinat du roi par l'un des confrères du Chevalier de la Mort...et qu'ils en avaient rechapés en étonnamment bonne santé.
Kerorian savait que la jeune Marquée ne serait pas stupide pour se dénoncer toute seule...en revanche, il commença à se demander si elle aurait le cran de se vendre pour défendre son pays. C'était là une question particulièrement intéressante...
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