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Fiche d'un Vengeur

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Messages : 137
Age : 26
Classe : Bretteur
Localisation : Parmi les ombres.
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Lun 30 Juil - 20:17

Nom & Prénom du Personnage


PRÉNOM : Burnagore.
NOM : Hakka.
ÂGE : 25 ans.
SEXE : Masculin.
RACE : Marqué.
PEUPLE/CLASSE : Bretteur.
PAYS D'ORIGINE : Begnion.




Me, Myself, I

PHYSIQUE :

Burnagore mesure environ un mètre quatre-vingt, de couleur de peau légèrement beige. Il est difficile de ne pas remarquer l'individu en question en raison de ses cheveux courts rouge sang coiffés vers l'arrière. Ses yeux sont aussi de cette couleur synonyme de danger, comparables à deux rubis luisants dans l'ombre produite par sa capuche.

Son visage est plutôt fin, orné d'une impressionnante balafre. Cette fameuse cicatrice - impitoyable marque d'une trahison qui n'a de cesse de le hanter nuit et jour - lui fend la lèvre jusqu'au sourcil. Malgré cette ancienne blessure, il s'en est fallu de peu pour que Burnagore soit borgne. Même si cette blessure fait partie du passé, celle-ci persiste de temps à autre à le faire souffrir. Une douleur liée à l'âme, à un excès de confiance, se dit-il, envers lui-même ou en son infâme auteur ? Les deux peut-être. Peu importe.

A force de s’entraîner l'épée à la main, le guerrier n'eut de cesse d'affûter son corps afin d'allier agilité et puissance dans chacun de ses coups, partant du principe qu'il faut "tuer avant d'être tué". Principe qu'il s'est juré de respecter depuis l'enlèvement de sa sœur.
Ses dorsaux sont légèrement visibles lorsqu'on le regarde de face, faisant ainsi en sorte qu'il soit taillé en "V". "Un ennemi imposant est un ennemi puissant, mais un adversaire trop lourd est un adversaire lent" lui avait enseigné son maître. Selon lui, mieux vaut donc être entre les deux.
Sur son torse musclé se trouve là aussi une longue cicatrice oblique, vestiges d'un puissant coup de lame sans nul doute affûtée. Y survivre tenait du miracle. Doit-il sa survie à la haine qu'il porte envers son bourreau ? L'irrépressible envie de lui infliger bien pire ? Ou le besoin permanent de retrouver et protéger sa sœur enlevée par ce même individu méprisable ?

Ses mains sont, pour la plupart du temps, serrées comme deux pierres solides, dont la droite imprimée de cette marque maudite liée à l'union interdit entre une laguz et un beorc. Ce détail lui semble parfois bénin, sa cicatrice au visage le dérangeant bien plus que cette "stupide marque de naissance". Pourtant, il lui arrive parfois de la cacher par prudence sous des bandages : le personnage en question ayant horreur d'être au centre des attentions.

Il est vêtu d'une veste et d'un pantalon bordeaux, lui permettant de passer inaperçu la nuit et de se mouvoir en toute circonstance. Sur sa tenue sont plantés des plumes rouges au niveau de l'épaule droite, ainsi qu'un Phénix brodé juste en dessous en guise de décoration. Cette veste ne possède qu'une manche longue recouvrant son bras droit. Il est toutefois rare de le voir ainsi car Burnagore a souvent l'habitude de se cacher sous une grande toge noire à capuche. Surtout dans les endroits qu'il a déjà visité par le passé avec bon nombre de ses anciens compagnons.
Seulement, il est parfois pris pour un voleur ou un assassin avec cette sombre apparence. C'est toujours plus rassurant pour lui que de montrer son visage balafré aux passants.

Il porte toujours un sabre niché dans son fourreau, accroché à sa ceinture, au niveau de sa hanche gauche. Il ne s'en séparerait pour rien au monde, celui-ci étant un héritage de son défunt père. Sous sa toge et par dessus sa veste se trouve un manteau noir en cuir souple disposé à cacher son arme ainsi que son bras gauche nu. Cette protection peu conventionnelle permet, selon les dires de sa conceptrice anonyme, de se protéger des projectiles les plus pointus et d'amortir ainsi leur impacts à l'aide de petites plaques osseuses en guise de doublure. C'est un peu exagéré et Burnagore n'y croît pas plus que les autres clients. Disons que tout dépend de la vitesse de l'arme projetée et de sa capacité de perforation.


PSYCHOLOGIE :

A première vue, Burnagore semble sérieux, froid et impassible. Il sourit très rarement en raison de son passé tragique. La plupart du temps, il fronce les sourcils mais il lui arrive parfois d'esquisser un sourire diabolique en tranchant un ennemi en deux, surtout quand l'individu en vaut vraiment la peine. Tuer pour rien ?  Très peu pour lui.
Il préfère mettre fin à l'existence de ses opposants dans un duel plutôt qu'en leur enfonçant un poignard dans le dos, hormis les cas à part (Les pires traîtres, les kidnappeurs, les êtres les plus vils qui existent et qui ne méritent pas la moindre once de pitié... par exemple).

Toujours sur ses gardes à cause des immondes trahisons qu'il a vécus. Il n'aborde jamais personne sauf pour un contrat en tant que mercenaire. C'est sa façon de vivre après tout. Pas d'employeur, pas de travail. Pas de travail, pas d'argent.

Rongé par la vengeance et l'envie de châtier les ordures qui l'ont trahi en plus d'avoir enlevés sa petite sœur. Son but principal reste de la retrouver afin de tenir la promesse faîte à sa mère décédée : "la protéger quel qu’en soit le prix". De ce fait, il parcourt désespérément les régions à sa recherche tout en accomplissant des missions en chemin pour obtenir de quoi survivre et, surtout, pour se dépasser continuellement. Plus fort il en sortira, plus facile sera la vengeance.

Tous les jours, il ne peut s'empêcher de penser à sa sœur entre les mains de ses ravisseurs. Toutes les nuits, il revit cette cruelle phase de son existence l'extirpant de son sommeil agité dans un réveil brusque. Chaque rêve, chaque pensée, chaque question au sujet de sa sœur attise les flammes de sa colère susceptibles de le rendre plus haineux que jamais.

Il sait toute même faire la différence entre quelqu'un de bon ou de mauvais, mais évitera de trop se rapprocher des gens par peur de les voir disparaître ou tout simplement de les voir mourir par sa faute.
Avant l'enlèvement de sa sœur et l'apparition de ses horribles cicatrices, il était bien plus ouvert, attentionné et très protecteur envers sa sœur et ses alliés. Il croyait plus que jamais au soutien que lui apportaient ses proches et aux liens qu'il avait tissé avec ses compagnons d'armes. Mais il s'est rapidement rendu compte que le malheur chemine toujours non loin du bonheur et frappe la plupart du temps lorsqu'on s'y attend le moins, tel le tranchant d'une lame acérée provenant d'un angle mort.

Que la personne en face de lui soit Beorc, Laguz ou même Marquée, cela lui importe peu. Il ne fait jamais de préjugé et tente toujours d'analyser au mieux le comportement de ses interlocuteurs afin de déterminer s'il s'agît d'un éventuel allié ou d'une potentielle menace, car il sait que le nombre finit toujours par l'emporter. Amère leçon apprise à la vue du meurtre de sa mère et de son père suite à un raid de bandits armés jusqu'aux dents dans sa triste jeunesse.
Pour mettre au point sa vengeance, il aura forcement besoin de l'aide de personnes de confiance même si, à ses yeux, ce type de personne reste une denrée rare.





Who I was

BIOGRAPHIE :

Partie I : Une nuit d'horreur.

Le simple fait de naître fût une malédiction en soi. Fils d'un guerrier beorc, ex-soldat du royaume de Begnion aux cheveux courts de couleur rouge et au regard sévère, nommé Kalyan Hakka et d'une Laguz Corbeau nommée Sérhya Tyry. Les longs cheveux ondulés de sa mère, d'un noir de jais, étaient magnifiques. Son remarquable optimisme lui permit aisément de se rapprocher de Kalyan. Son sourire radieux ne cessait d'illuminer les journées de sa famille. Rares étaient les jours où Sérhya ne souriait pas, elle semblait perpétuellement au comble du bonheur, Son fils admirait la splendeur de ses longues ailes recouvertes de plumes raides, Sans doute rêvait-il d'avoir les mêmes.
Au lieu de ça, Burnagore hérita de cette fameuse marque maudite, symbole ineffaçable et dénonciateur des Marqués, visible sur sa main droite.

Dès son plus jeune âge, Burnagore apprit en premier lieu à se défendre à mains nues, puis fut par la suite muni d'une lame. Kalyan lui répétait toujours : "il est inutile de se battre avec une épée quand on ne sait pas se servir de ses poings". Son père lui enseigna les coups basiques du bretteur, le coup droit, le revers et l'estocade.
Au départ, l'idée de se servir d'une arme ne plaisait pas à Burnagore, il n'en voyait pas l'utilité. Pourquoi blesser autrui et verser du sang inutilement ? Le jeune Marqué n'avait aucun objectif lié au maniement des armes. Rien susceptible de l'aider à progresser une épée à la main. Il se contentait simplement d'écouter son père et de l’imiter dans chacun de ses gestes. L'enfant qu'il était à l'époque n'avait aucune idée de son avenir et des nombreux obstacles qui lui feront face. Il était trop naïf.

Quelques années passèrent et la famille s’agrandit. Ils célébrèrent la naissance de la petite sœur de Burnagore. Ryanne Hilaris Tyry. Elle ressemblait beaucoup à sa mère, aussi souriante, douce et gentille. Ses cheveux étaient mi-longs, d'un noir plus clair mais tout autant ondulés que ceux de Sérhya. Ryanne adorait sa mère, elles étaient très proches. Kalyan l'aimait aussi, mais comptait bien faire de son fils un redoutable combattant. S'occuper de sa fille tout en dirigeant continuellement l’entraînement de son fils était un véritable challenge pour lui.
Ryanne ne lui en voulait pas pour autant, elle apprenait très vite aux côtés de sa mère. elle sut lire et écrire bien plus vite que son frère. Sérhya privilégiait l'esprit, tandis que Kalyan se reposait davantage sur les muscles.
Ainsi, la petite fille ne cessait jamais de lire. Toujours un ouvrage à la main en compagnie de son frère. Elle l'admirait et adorait l'observer pendant ses exercices. Tout comme lui, elle hérita de la marque, positionnée au niveau de son omoplate droite. Une chance pour elle, contrairement à son frère dont l'emplacement de la marque n'assure guère la discrétion..
 Le regard de sa sœur et de sa mère posés sur lui, Burnagore se sentait réconforté. Petit à petit, il se découvrit un but. Il se devait de protéger sa sœur en cas de danger. Son père s'en aperçut et ne pu s'empêcher de le motiver d'avantage, apprenant ainsi à son fils diverses parades, le glaive à la main.

Le bonheur ne dure jamais éternellement. Le jour finit toujours par laisser place à la nuit.
Cet union et les deux enfants qui en résultèrent ne plaisaient pas aux habitants du petit village forestier. La famille de Burnagore fût sans cesse injuriée, rejetée ou repoussée. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que les villageois ne mettent le feu à leur maison pour on ne sait quelle raison révoltante et aberrante - ce qui ne serait pas bien difficile, celle-ci étant en bois, bâtie grâce au dur labeur du père de famille.
Kalyan dû s'empresser de rassembler leurs affaires et de s'emparer d'une charrette. Du genre prévoyant, il savait sans doute que cela arriverait tôt ou tard. Pas très loin de son village se trouvait celui de son frère nommé Darod avec lequel il s'était battu côte à côte au service du royaume de Begnion par le passé. Sans hésitation, il se dirigea vers le village de son frère, accompagné de sa famille.

Le seul obstacle conséquent était la forêt séparant les deux villages l'un de l'autre. La nuit réduisait considérablement la visibilité mais il ne paraissait pas possible de rester plus longtemps sur ces terres : les habitants se montraient bien trop hostiles. Il fallut avancer dans l'obscurité. Le peu de lumière reflété par la lune dessinait de sombres silhouettes difformes à travers les arbres sur le sol boueux. Burnagore était assis à l'arrière de la charrette avec sa sœur, la réconfortant autant que possible.
Lui aussi avait peur mais il se devait de montrer l'exemple... ou faire semblant du moins. Les deux enfants portaient une toge à capuche pour se protéger du froid. Kalyan et Sérhya n'en portaient pas, ils devaient s'attendre au pire en traversant la forêt la nuit et un tel accoutrement réduirait leurs champs de vision.

Au beau milieu d'un chantier, d'innombrables lumières dansaient dans l'ombre. Elles se rapprochaient de plus en plus et ne cessaient de croître. D'obscures silhouettes humaines s'étiraient sur le sol, elles semblaient éclairées par des torches. D'inquiétantes ombres recouvraient la terre et gagnaient du terrain. Kalyan sentit que quelque chose n'allait pas. Pourquoi autant de monde traverserait la forêt à une heure aussi tardive ? Pour lui, une chose était sûr : ce ne sont pas des gens ordinaires. Trop tard pour faire machine-arrière. Kalyan posa instinctivement sa main sur le manche de son épée, prêt à dégainer.
Sérhya, assise juste à côté de son mari, le regardait d'un air inquiet. Kalyan remarqua le regard contrarié de sa femme posé sur lui et sourit en retour dans le but de la rassurer, bien que lui-même ne semblait pas du tout l'être. Il fronça les sourcils en tournant son regard vers les ombres. Au loin, les inconnus marchaient en petits groupes. Confiants, bruyants, ils semblaient ne pas savoir se tenir. Kalyan se rendit compte un peu tard que les étrangers étaient des bandits.
Pour la plupart équipés d'un hache, leur démarches, leurs gestes, leur tenues de sauvage, certains portaient même un crâne d'animal sur la tête !
Plus aucune place pour le doute.
Kalyan le savait de par son expérience : "Une bataille n'est jamais gagnée d'avance, mieux vaut s'attendre au pire".
Les chances que les bandits les laissent passer sans faire d'histoire étaient peu probables, d'autant plus qu'une Laguz faisait partie du groupe. Il devait tout de même essayer de s'arranger avec eux, voulant à tout prix éviter que sa famille fasse partie des dommages collatéraux lors d'un éventuel affrontement.

Kalyan arrêta la charrette en tirant sur les guides, puis se retourna vers son fils, ce dernier ignorant tout de la situation. Il retira délicatement son pendentif et le lui confia en main propre. Kalyan lui adressa ses quelques mots :


- Burnagore, je te lègue ce pendentif. Ne le perds surtout pas, il est la preuve que tu es mon héritier. Je risque fort de devoir me battre dans peu de temps, si jamais cela tourne mal, tu devras fuir vers le nord avec ta sœur, toujours tout droit sans jamais dévier. Une fois que vous serez parvenus destination, dirige-toi vers la forge au fond du village et présente ce collier à ton oncle. Ainsi, il te reconnaîtra. J'espère sincèrement que nous n'aurons pas à en arriver là... Fais en sorte que personne ne soit au courant pour la marque située sur ta main droite. Est-ce bien compris ?

L'enfant acquiesça d'un hochement de tête. Kalyan se mit en marche, s'éloignant de la charrette pour préserver ses occupants d'un mauvais coup. Il valait mieux tenter d'entamer la conversation à l'écart au cas ou la situation deviendrait incontrôlable et, de toute manière, ils ne disposaient pas du temps matériel pour s'enfuir à bord du véhicule.
La boule au ventre, Sérhya, Burnagore et Ryanne observaient la scène en silence depuis la charrette. Les inconnus s’arrêtèrent juste en face du guerrier Beorc, la main sur la poignée de leurs haches. L'un d'eux s'avança assez prêt pour être entendu.


- Voyez-vous ça ! Le gibier vient nous voir de lui-même. C'est trop d'honneur, vraiment !

Les bandits rirent de concert, un rire général plutôt exagéré.
Il continua de parler, le regard chargé d'un profond dédain.


- Un marchand ambulant, je suppose ? Se promener ainsi la nuit... si ce n'est pas de la provocation, ça ?

L'individu esquissa un sourire carnassier. Kalyan l'interrompit sèchement, légèrement irrité par son interlocuteur sarcastique et indéniablement insolent.

- Du tout. Voyage familial, rien qui pourrait vous intéresser.

Le bandit se pencha grossièrement sur le côté et jeta un coup d'œil à la charrette par dessus l'épaule de Kalyan. La présence d'une Laguz l'interpella, surtout ses imposantes ailes de corbeau parfaitement visibles.

- Permets-moi d'en douter. C'est de la bonne marchandise que je vois là, dis-donc ! J'pourrais facilement en tirer un bon prix.

Kalyan fronça les sourcils, resserrant sa prise sur son fourreau. Le mot "marchandise" désignant sa propre femme lui fit voir rouge. Discuter paraissait vraisemblablement être un idée bien pauvre.

- Ôtes-toi tout de suite cette idée de la tête. Il s'agît de ma femme.

Le sourire du bandit s'élargit aussitôt. Il jeta un regard vers ses compagnons qui se mirent de nouveau à rire bêtement.

- Quoi ? Depuis quand s'accouple t-on avec le bétail ? Alors les deux mioches en sont, eux aussi ? Les gars, On va faire razz-... Gooourgh?!

Le père de Burnagore, incapable de contenir sa rage plus longtemps, dégaina son épée et trancha la gorge du bandit d'un revers. Celui-ci finit sa phrase dans une écume sanglante inaudible avant de s'écraser dans la boue en se tenant vainement le cou.

- Ignobles salopards ! Vous ne poserez jamais vos sales pattes sur ma famille !

Kalyan fût rapidement encerclé par les barbares enragés. Ils étaient déjà, de toute évidence, prêts à lui sauter dessus. Horrifié, Kalyan se rendit compte d'un détail effroyable : quelques mètres derrière le cercle de bandits se trouvaient des archers qui encochaient leurs flèches.
Le guerrier Beorc s'arrangea constamment pour qu'un de ses opposants armé d'une hache soit sur la ligne de tir, afin que l'archer ne puisse pas s'attaquer à lui au risque de toucher son camarade.
Les bandits se mirent à l'insulter en chœur de tous les noms tout en essayant de le découper, comme des collègues bouchers munis de leurs hachoirs devant leur imposant morceau de viande.
Le père de Burnagore, enchaînant d'habiles parades et esquives, fit signe à Sérhya de faire demi-tour d'un geste désespéré. Un coup de hache lui entailla le bras gauche, répandant une giclée de sang au sol. L'auteur de l'assaut se prit un impitoyable coup d'estoc en pleine poitrine et s'effondra sous son propre poids, plusieurs coulées de sang jaillissants de son ignoble bouche. Une mare de sang noire se répandait sur le sol, juste en dessous du cadavre.

Sérhya commençait à peine à tirer sur les rênes pour guider les chevaux de la charrette, quand Kalyan s'aperçut d'un geste familier effectué par un barbare en retrait. Une main en l'air, les doigts tendus vers la charrette.
Cette ordure ordonnait aux archers d'empêcher le véhicule de rebrousser chemin !
Une menaçante nuée de flèches dégringola vers la charrette. La laguz, consciente du danger, lâcha les guides et se retourna vers ses enfants. Elle se positionna devant eux pour les protéger, déployant ses ailes recouvertes de plumes raides. Les flèches embrochèrent les chevaux qui moururent sur le coup. Sérhya encaissa le reste des projectiles, au point que son dos et ses ailes en furent criblés. Burnagore et Ryanne observaient la scène, totalement impuissants et choqués. Leur mère, un filet de sang au coin de lèvres, esquissa un sourire et prononça ses dernières paroles avant de s'éteindre :


- Protège ta petite sœur... quoi qu'il advienne.

Des larmes coulaient le long des joues des deux enfants. Le corps de Sérhya vacilla lentement de côté et finit par chuter aux pieds de la charrette.
Kalyan reculait, l'arme à la main, abattu par la mort de sa femme... puis foudroyé par la colère ! Il poussait des cris de rage en tranchant ses assaillants, les yeux embrumés par les larmes. Mais malgré la tristesse qui guidait sa lame, il commençait à faiblir. Les bandits tombés étaient très vite remplacés par d'autres barbares qui, tout comme lui, criaient vengeance !
Le guerrier Beorc hurla à son fils de fuir entre deux coups de lame.
Les paroles de son père lui procurèrent assez d'adrénaline pour le pousser à se lever. Sans doute aurait-il voulu venir en aide à son père, mais il devait penser avant tout à sa sœur. Les dernières paroles de sa mère et les hurlements de son père guidaient chacun de ses gestes.
Burnagore se retourna vers sa sœur, paralysée par la peur et par une tristesse infinie, ses yeux larmoyants pointés sur le cadavre de sa mère. Il tentait en vain de lui suggérer de se lever et de courir. Il dut la soulever et la hisser sur son dos, pour ensuite courir vers le nord comme son père le lui avait ordonné.
Pendant sa course effrénée, il détourna le regard vers le champ de bataille et vit son père, épuisé, lui sourire une ultime fois avant qu'il ne reçoive un violent coup de hache en plein torse.

Burnagore pénétra dans l'obscurité des bois, Ryanne en pleurs accrochée à son dos. Malgré les ombres menaçantes formées par les branches noueuses des arbres grisonnants, il courut tout droit sans jamais dévier de son chemin. La respiration haletante, les muscles brûlants, les bras engourdis et le dos torturé par la vie qui pesait dessus, il continuait tout de même d'avancer. Une lueur d'espoir dissipa soudainement les ténèbres du désespoir : le village de son oncle, enfin !
Il traversa les lieux d'une traite en direction de la forge. Étant donné l'heure, les villageois dormaient encore et son oncle aussi sans doute.
Arrivé devant la forge, haletant, Burnagore avisa la demeure de son oncle : un grand amas de pierres éclairé par une simple torche située non loin de la porte d'entrée. Du toit jaillissait une longue cheminée semblant pencher d'un côté.
Burnagore posa délicatement sa sœur sur un banc collé au mur de la maison et la recouvrit de sa toge en guise de couverture. Ryanne dormait, les joues humidifiées par les larmes versées, considérablement épuisée par la tristesse due au meurtre de ses parents.
Burnagore frappa à la porte mais personne ne répondit. Il s'y essaya à plusieurs reprises mais rien n'y faisait. Désespéré, il s'installa donc auprès de sa sœur et veilla toute la nuit sur elle, sans jamais fermer l’œil.

La nuit touchait à sa fin et le jour se levait. Les premières lueurs du ciel rougeoyant illuminaient le visage fatigué de Burnagore. Celui-ci chancelait de fatigue quand, sur le point de s'endormir, il vit un homme baraqué, très large d'épaules, dressé devant lui.
L'individu portait une barbe rouge bien taillée et des cheveux courts de la même couleur. Les pommettes saillantes et l'air aussi sérieux que son père, un pendentif ressemblant à celui de Kalyan fixé autour de son cou robuste.
Il s'agissait de son oncle Darod, le forgeron mentionné par son père. Celui-ci posa son impressionnante main sur l'épaule de l'enfant comme pour l'empêcher de tomber. Les questions ne tardèrent pas :


- Qui es-tu, mon garçon ? Et que fais-tu ici si tôt le matin ?

Burnagore, éprouvant un mal fou à garder les yeux ouverts, lui répondit tout en lui montrant le pendentif de son paternel :

- Mon père m'a dit de venir vous voir... des bandits nous ont attaqué et... je... nous...

Épuisé, Burnagore s'effondra sur le banc, inconscient aux cotés de sa sœur endormie. Le forgeron inspecta du regard le pendentif de l'enfant et reconnut bel et bien le fils et la fille de son frère.
Un par un, il les transporta avec douceur à l'intérieur de sa maison et les installa confortablement dans un lit.

Une fois réveillés, les enfants lui expliquèrent l'affreuse nuit passée dans la forêt à fuir les bandits, ainsi que l’assassinat de leurs parents. Ryanne en pleurait encore, profondément attristée par les événements. Burnagore, blessé par son impuissance et rongé par les remords, avait ses yeux rouges luisants figés dans le vide.
Bien avant que la nuit soit tombée, Darod décida d'interroger son neveu sur le lieu du drame.
Le chemin indiqué par l'enfant ne fut pas compliqué à remonter : une ligne droite traversant les bois. Le forgeron parcourra la forêt, armé d'une hache attachée dans son dos.
La forêt paraissait beaucoup moins sinistre en plein jour. Les rayons du soleil traversaient les branches difformes et feuillues des arbres les plus anciens pour éclairer la voie. Les racines crochues mais parfaitement visibles transperçaient de la terre meurtrie, et les croassements incessants des corbeaux résonnaient dans les bois. Les bruits de leurs ailes, guère rassurants, fouettaient l'air par intermittence.

Une fois arrivé sur le champ de bataille d'une nuit, Darod, à son grand regret, identifia les corps des parents de Burnagore, étalés au beau milieu de nombreux cadavres de bandits. Le forgeron ne vit pas la charrette dans laquelle se trouvait les affaires des deux défunts, ce qui ne l'étonnait pas le moins du monde : probablement emportée par les barbares.
 Les corps meurtris subsistaient en ces lieux saccagés, ainsi que les flèches plantées au sol et les armes brisées pendant les combats. L'oncle de Burnagore ne s'attarda pas davantage : il ramassa l'arme brisée de Kalyan et souleva les dépouilles des parents de Burnagore pour les porter sur ses deux épaules solides.
Quelques instants plus tard, il rentra au village pour enterrer les morts qu'il avait transportés sans difficulté juste derrière sa demeure.
Burnagore tenait à aider son oncle pour creuser les tombes de ses parents. Il le faisait avec la plus grande peine, secoué par les sanglots. Darod l'observait du coin de l’œil et, ne pouvant pas exprimer sa tristesse, se murait dans un silence tout en creusant.
Ryanne, submergée par le chagrin et la tristesse, n'avait pas la force de participer. Des larmes amères ne cessaient de couler le long de ses joues à chaque fois qu'elle posait son regard sur les corps inertes de ses parents.
Juste derrière sa maison, le forgeron bâtit une tombe sur laquelle il inscrivit les noms et les actions héroïques de son frère et de sa femme.

"En l'honneur de Kalyan et Sérhya, sacrifiés pour permettre à leurs enfants d'échapper aux griffes des bandits."

Par la suite, le forgeron décida d'adopter et d'héberger les deux enfants de son frère.



Partie II : Une chance de rédemption.

Les années passèrent ; Burnagore et Ryanne ne voyaient pas le temps  filer en compagnie de leur oncle.  L’aîné n'eut de cesse de se perfectionner, l'épée à la main comme son père le faisait autrefois. Sa sœur, avide de lecture, dévorait les livres disposés dans les étagères poussiéreuses de son oncle. Elle retrouva son optimisme et, avec lui, son sourire perdu. Son attitude joyeuse représentait le seul réconfort de son frère : il la considérait comme son soleil lui permettant d'oublier ses pensées les plus sinistres et d'aller de l'avant.

Un jour, elle mit la main sur un tome magique abandonné parmi les autres ouvrages de son oncle.  L'objet consignait des incantations capables de contrôler le vent. Ryanne s’exerça à lancer des sorts à l'insu de son frère et de son oncle au beau milieu d'une plaine, à quelques pas du village.
Durant ces longues années, L'oncle de Burnagore enseigna l'art de la forge à son neveu. Ils fabriquèrent ensemble d'excellentes armes vendues raisonnablement à de nombreux clients satisfaits.
En plus de lui offrir un toit, un avenir radieux et des compétences de forgeron, Darod remplaçait son frère dans l'apprentissage du maniement de l'épée. Il confia à Burnagore des conseils pour frapper plus fort, viser les points vitaux et blesser mortellement quiconque se dresserait sur son chemin.


- La meilleure défense, c'est l'attaque, lui répétait-il.

Compléter l’entraînement de son neveu ne fut pas bien compliqué, lui-même ayant de nombreuses fois combattu aux côtés de son frère par le passé en tant que soldat du royaume de Begnion.
 Il connaissait parfaitement le style de combat de Kalyan : vif, précis et mortel.
Dans cette optique, il affronta plusieurs fois son neveu en s'équipant d'une hache, et lui enseigna ainsi le proverbe suivant : "Un ennemi imposant est un ennemi puissant, mais un adversaire trop imposant est un adversaire lent".
Même si sa force augmentait grâce aux entraînements impitoyables de son oncle, Burnagore devait toujours privilégier la vitesse.

L’entraînement du jeune homme ne passait pas inaperçu aux yeux des habitants du village. Le jeune Céasar Vulturès assistait discrètement aux exercices effectués par Burnagore afin de pouvoir rivaliser avec lui dans un avenir proche.
Ce jeune orphelin, à la corpulence plus ou moins proche de son rival, aux cheveux blonds très courts, quelque peu moqueur, disposait d'un certain talent de bretteur. Les deux épéistes en devenir, considérés comme rivaux, finirent par se connaître dans l'adversité et par devenir , plus tard, les meilleurs amis !

L'apprenti bretteur aux cheveux blonds avait un petit frère baptisé Dunkel qui le suivait partout. Doué au tir à l'arc et plus calme que son grand frère, reconnaissable grâce à ses cheveux blonds raides et mi-longs ainsi qu'à son air sérieux, l'individu se promenait toujours avec un arc improvisé,  une solide branche archée avec une ficelle robuste, attaché dans son dos.
Dunkel adorait analyser autrui en silence - son passe-temps préféré. Tout comme Céasar, il se rapprocha de Burnagore et Ryanne aux côtés de son frère. Ils formèrent ainsi un quatuor inséparable.

Néanmoins, un beau jour, Ryanne ne se présenta pas à la réunion quotidienne du quatuor. Burnagore, trouvant cela suspect, ne put s'empêcher de partir à la recherche de sa sœur sans attendre davantage. Il commença par visiter la forge et se diriger vers l'étagère où étaient alignés divers ouvrages. Comme sa sœur lisait souvent peut-être n'avait t-elle pas vu le temps passer ?
Et pourtant, aucune trace de trace de sa sœur dans les parages.
Peut-être dormait t-elle ? Pas de trace de Ryanne dans sa chambre.
Soudain, un cri féminin provenant d'une petite zone défrichée, non loin de la forge, mit fin aux recherches de Burnagore. Cette voix familière l'interpella : il s’agissait sans nul doute de sa sœur !
 Ce cri lui rappela les dernières paroles de sa mère et le noble sacrifice qui les avait suivies. Le jeune homme fronça les sourcils et courut de toutes ses forces en direction de la plaine, sans s’arrêter, à s'en déchirer les poumons !
Dans sa hâte, Burnagore récupéra, sans trop se soucier du détail, une épée en fer conçue par la main experte de son oncle. Il ne disposait pas du temps nécessaire pour une telle expertise.

Le vent soufflait sur la plaine. Ryanne s’entraînait souvent au maniement du tome sur cet espace dégagé et non visité. Elle pouvait s'exercer à la magie comme bon lui semblait et sans détruire les biens d'autrui, voire blesser leurs propriétaires par inadvertance.
Toutefois, cette journée n'avait rien d'ordinaire et un événement inattendu se manifesta.
Un bandit patrouillait dans les parages, grossièrement vêtu d'un harnais de combat et équipé d'une hache avec laquelle il jonglait d'une main à l'autre.
L'individu dégarni affichait un sourire pervers en faisant face à Ryanne. Surprise par le voyou, elle trébucha et tomba sur les fesses, le tome magique serré conte elle.
Au moment où l'individu tenta de poser sa grosse main crasseuse sur elle, l'apprentie magicienne poussa un cri et recula ! D'un geste vif, elle ouvrit son tome et récita une incantation plus ou moins simple en tendant son autre main vers l'agresseur. Une bourrasque repoussa le barbare en arrière et l'individu tomba dans l'herbe, sur le dos.
Pendant sa chute, il tenta stupidement de garder son équilibre en faisant des cercles avec ses bras, mais le poids sa propre hache lui fit défaut et le bandit ne put échapper à son humiliation.
Il se releva brusquement, enragé, rouge de colère ; l'idée d'avoir été mis à terre par une gamine ne lui plaisait pas. Sans doute voulait-il préalablement la kidnapper pour ensuite demander une rançon, voire même en faire une esclave. Mais la récente humiliation subie lui empêchait de penser à de telles bassesses.
Le barbare se préparait à abattre sa proie d'un coup de hache quand il entendit plusieurs foulées rapides s'approcher de lui à grand pas. Burnagore poussa un cri de guerre juste avant de frapper le bandit avec sa lame. Celui-ci pivota pour parer l'assaut - en vain car la lame de l'épée lui entailla le flanc gauche et une coulée de sang ruissela de sa blessure. Le jeune homme atteignit sa cible mais certainement pas à l'endroit escompté : son coup droit visait le cœur.
Le bandit posa sa main gauche sur sa blessure et foudroya Burnagore du regard.


- Sale mioche ! T'es déjà mort ! Je vais te tailler en pièces !

Burnagore fit signe à sa sœur de s'éloigner et se mit en garde, l'épée dans la main droite, les traits de son visage plissés par la colère. Ce monstre voulait tuer sa sœur, et le simple fait d'y penser l'énervait au plus haut point.

- Tu ne toucheras pas à ma sœur, et je vais aussi m'arranger pour que tu ne touches plus jamais qui que ce soit !"

Le jeune homme se jeta sur le bandit et enchaîna de nombreux coups droits et revers, faisant ainsi reculer son adversaire protégé par l'épaisseur de sa hache. Les rôles s’inversèrent, le barbare attaquait de toutes ses forces mais Burnagore esquivait les assauts maladroits avec souplesse - impossible pour lui de parer une hache aussi imposante et lourde avec une épée de fer.
La blessure du bandit le gênait suffisamment pour offrir un avantage conséquent au jeune bretteur.
Sa sœur, éloignée de quelques pas du champ de bataille, observait la scène avec inquiétude.
Elle voulut ouvrir son tome et réciter une incantation afin d'aider son frère mais elle risquait de le blesser en même temps que son opposant. L'apprentie magicienne se ravisa en serrant les dents, contrainte d'assister à un combat de plus en plus violent.

Le tintement de l'acier résonnait dans toute la plaine ! Burnagore parvenait à dévier quelques attaques du barbare tout en restant debout. Certaines offensives le faisaient vaciller, mais il se redressait très vite pour attaquer à son tour. Il fallait tout de même se rendre à l'évidence, le bandit disposait davantage d'expérience au combat, contrairement au jeune forgeron...
Soudain, une flèche siffla dans l'air et se logea dans l'épaule gauche du bandit. Le sauvage poussa un cri de douleur et tourna la tête en direction de l'archer. Burnagore fit un bond en arrière et aperçut Céasar et son frère côte à côte. Le cadet tira une autre flèche de son carquois et l'encocha aussitôt. Son frère bretteur rejoignit Burnagore face au bandit blessé et engagea la conversation.


- Nous sommes venus nous joindre à la fête ! Ce que tu peux être bruyant lors d'un combat...

Burnagore poussa un soupir de soulagement, puis jeta un regard en direction de sa sœur beaucoup moins tendue qu’auparavant.

- J'étais sur le point de conclure.

Céasar gloussa et reporta son attention sur son adversaire.

- Tu attaques son côté gauche, moi je vise son côté droit.

Burnagore acquiesça d'un hochement de tête tandis que le bandit chargea son ami en brassant l'air de sa hache. Il ne savait plus ou donner de la tête, le bougre !
Céasar esquiva d'un pas léger et la hache alla s'écraser contre le sol dans un bruit sourd. Le jeune ami de Burnagore s'appuya sur le dos de la hache avec tout le poids de son corps pour empêcher le colosse de la soulever.
Le jeune forgeron profita de l'occasion pour asséner un violent coup d'estoc au bandit. La pointe de la lame traversa sa main gauche utilisée comme protection. Le barbare hurla et expulsa Céasar en arrière d'un coup de pied chassé. L'adolescent atterrit sur son ami. L'adulte se pencha pour ramasser son outil de tuerie via son unique main valide.
Les trois combattants se regardèrent droit dans les yeux l'espace d'un instant. Le bandit se tourna brusquement vers le frère de Céasar dans le but de lui asséner un coup mortel. Sans doute que la distance à parcourir lui paraissait raisonnable ?
Ryanne ne resta pas inactive en voyant le bandit courir vers son camarade ; elle réagit avec vélocité et déstabilisa le bandit à l'aide d'une nouvelle bourrasque bien placée. Dunkel, tout en poussant un cri de ralliement, décocha une flèche droit dans le torse du barbare vacillant. Frappé de stupeur à la vue de ce projectile fiché dans sa poitrine, le colosse poussait un grognement étouffé.


- Dans le mille ! C'est maintenant ou jamais !

Céasar et Burnagore fondèrent sur le bandit avec une agilité incroyable et le tranchèrent tous les deux d'un revers croisés. Une croix sanglante se dessina sur la poitrine meurtrie du bandit, celui-ci poussa un dernier râle de douleur avant de s'effondrer sous son propre poids. L'herbe se teinta de rouge sous le corps du brigand étalé au sol et les quatre jeunes poussèrent un cri de victoire.

- On a fini par l'avoir ! s'exclama Céasar en tapant amicalement Burnagore dans le dos.

- Je dois bien admettre que votre aide nous fût précieuse. Merci à vous, répondit Burnagore, un peu essoufflé.

Dunkel souriait en rangeant son arc et s'avança vers le groupe. Burnagore s'approcha de sa sœur et lui adressa quelques mots réconfortants en esquissant un sourire.

- Tu m'as surpris sœurette ! Te voila capable d'utiliser la magie, maintenant. Quelle surprise, vraiment !

Ryanne dépoussiéra ses vêtements et lui rendit son sourire, un visage toujours aussi radieux.

- Désolée de t'avoir mis en danger. C'est grâce à toi si je suis encore vivante à l'heure qu'il est !

Du sang ruisselait le long de la lame de Burnagore. Le liquide funeste s'écoula au bout de ses doigts et cette couleur semblait le fasciner plutôt que l'horrifier. Il se disait que son père avait sûrement commencé ainsi, en tuant des malfrats du jour au lendemain. Il attendait de ressentir des remords, mais jamais ils ne vinrent le hanter. Prendre une vie pour sauver celle de sa sœur, quoi de plus noble ?
Pour protéger, il est parfois nécessaire de tuer.

Darod arrivait juste à temps pour identifier le bandit allongé au sol. Il regardait autour de lui et poussa un soupir de soulagement, agréablement surpris de voir que tout le monde allait bien. Le fait qu'un bandit visitait les alentours du village ne le rassurait pas le moins du monde, il en avait fait l'expérience plusieurs fois et ça se terminait généralement dans un bain de sang.


- A mon avis, il s’agissait d'un éclaireur. Les autres ne tarderont pas à apprendre sa mort, que l'on cache son corps ou non. Et donc...

- Nous devrons utiliser sa dépouille comme un appât afin d'attirer le reste du groupe dans cette plaine, éloignée des habitations du village, et de les éliminer avant de subir une probable offensive de leur part, l'interrompit Ryanne.

- C'est tout à fait exact ! s'exclama l'oncle de Burnagore. Où as-tu appris ça ?

- Dans un de vos livres, sans doute, sourit-elle.

- Ils sont entre de bonnes mains alors. Je vais prévenir les villageois capables de se battre et mettre en place une embuscade.

Quelques heures plus tard, le forgeron rassembla assez de monde pour défendre le village et mettre un terme aux raids des bandits. Les combats furent intenses mais indispensables pour maintenir la paix dans le village. Les bandits ne disposaient pas des conditions stratégiques nécessaires pour remporter la bataille, à savoir l'effet de surprise et le nombre ; ce fut rapidement la débandade parmi leurs rangs.
Burnagore, Ryanne, Céasar et son frère participèrent eux-aussi aux affrontements. Ils se couvraient mutuellement sans jamais défaillir : une seule erreur pouvait leur être fatale et ils en avaient consciences.
Il fallait se battre pour survivre, mais tous ces combats permettaient à Céasar et Burnagore de mettre en pratique leurs acquis, une épée à la main et dans des situations réelles.
La paix finit par revenir au sein du village et Burnagore et son oncle reprirent du service en tant que forgerons. Ryanne continuait de s'instruire et de s'améliorer avec son tome magique mais sans se cacher comme le faisait naguère la lectrice.


Le malheur chemine toujours non loin du bonheur.
Un jour, un client de la forge posa son regard sur la main marquée et exposée de Burnagore. Ce détail racial ne lui échappa pas. La vue d'un Laguz ou d'un Marqué répugnait le bonhomme au plus haut point, et celui-ci ne tarda pas à afficher son mépris devant le forgeron et son assistant.
Le client supposé important et plutôt riche souhaitât fortement que le jeune Marqué quitte la forge, menaçant même de répandre la nouvelle dans le village en cas de refus de la part de Darod. Cette situation inconfortable déplaisait au maître des lieux, et celui-ci mourrait d'envie d'abattre son marteau sur le crâne de cet imbécile vaniteux pour le faire taire une bonne fois pour toute. Mais Burnagore l’arrêta et lui proposa une perspective pour la moins inattendue.
Lui et son ami Céasar en avaient déjà parlé autrefois : ils souhaitaient tous les deux former un groupe de mercenaires. Un rêve leur permettant d'atteindre gloire et fortune l'arme à la main, tout en protégeant autrui.
Darod ne s'y attendait pas du tout. Il souhaitait très certainement voir Burnagore évoluer en tant que forgeron et en faire son remplaçant par la suite au sein de cette même forge, mais il savait au fond de lui que les villageois seraient facilement manipulables et finiraient tôt ou tard par s'en prendre à son neveu à cause d'une simple rumeur.
Il réfléchit longuement avant de donner son avis et n'eut d'autre choix que de plier face à la décision du jeune homme. Burnagore était assez grand pour s'en sortir et devenir indépendant, après tout. Sa sœur, au courant de la situation, décida de le suivre afin de l'aider à accomplir son objectif. Son frère ne pouvait pas non plus supporter l'idée de la laisser au village. Tous les deux partirent annoncer la nouvelle à Céasar et son frère Dunkel. Ils n'hésitèrent pas une seconde à quitter l'orphelinat pour se lancer dans ce projet dément.
En guise de cadeau d'adieu, l'oncle de Burnagore sortit l'épée rénovée de Kalyan, ramassée en même temps que le corps de son frère, rangée dans un fourreau flambant neuf, et l'offrit à son assistant. Il lui donna aussi un aiguisoir pour entretenir son arme en toute circonstance.
Avec le temps, Darod s'était mis à considérer Burnagore comme son propre fils et vice versa ; bien qu’inévitable, la séparation fut difficile pour les deux,.

Ils emportèrent avec eux uniquement l'essentiel. Une arme ou un tome. Une besace par ceinture, Des bandages en cas de blessures... et pour cacher la marque, source d'un destin troublé.


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Lun 30 Juil - 20:18

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BIOGRAPHIE [SUITE] :
Partie III : La frappe du Vautour.

L'eau avait coulé sous les ponts. Les années s’étaient succédées comme le bref éclat des étoiles filantes. Emporté par les flots du temps, le quatuor avait évolué.

Au départ, il fallut apprendre à dormir à la belle étoile. Faire un feu de camp pour se réchauffer. Une situation parfois inconfortable en raison des moustiques et autres créatures nuisibles.
Le quatuor apprit à vivre en se serrant les coudes, Burnagore et Céasar s'organisaient plutôt bien et parvenaient à obtenir des contrats intéressants malgré leur jeune âge. Les tâches à accomplir allaient de la simple main d’œuvre à l'escorte de marchandises sur des routes périlleuses.

De temps en temps, certain villageois les embauchaient pour protéger leurs terres des pillards.
Le groupe rendait des services de village en village, ils ne quittaient pas la campagne car les contrats proposés suffisaient amplement à leur prospérité.
Ryanne, la tête pensante du groupe, s'occupait de l'organisation des tâches, de l'ordre dans lequel les missions confiées seraient effectuées et du positionnement de chacun lors des combats.
Dunkel couvrait Burnagore et Céasar dans chacune de leurs batailles, en plus d'analyser les employeurs d'un simple regard ; il se rendait compte tout de suite des entourloupes et autres vices cachés.
Burnagore et Céasar représentaient les leaders du groupe, combattaient dos à dos, versaient le sang en même temps. Le duo de bretteurs ne cessait d'ébahir leurs employeurs. Certains finirent par les nommer "Céphéides", éblouis comme ils étaient par leurs impressionnantes compétences à l'épée et par les reflets du soleil sur leurs lames croisées lors des affrontements.

Le quatuor progressait de jour en jour et le duo d'épéistes ne fût pas le seul à obtenir un nom : le groupe porta ainsi le nom de "L'Ordre de la Lame" et fit de plus en plus parler de lui à travers les rumeurs propagées par les client satisfaits.
La renommée de ces quatre jeunes gens parvenait aux oreilles de nombreuses personnes, allant des simples villageois aux plus fiers combattants. Ce succès attirait aussi des personnes mal intentionnées, finissant le plus souvent par repartir la queue entre les jambes après avoir tenté leur chance.
Sous les regards attentifs de Ryanne et Dunkel, L'Ordre de la Lame recrutait de plus en plus. Certains combattants de confiance obtenaient une place confortable au sein du groupe de mercenaires. Ce fut le cas pour Orhon, un voleur d'exception agile et efficace pour les missions d'espionnage; Doryan, un individu aux muscles saillants, puissant et imperturbable au combat ;  Teki, un lancier expérimenté protégé par une armure lourde, son équipe ayant pris l'habitude de le surnommer « le Rempart ».

Tout allait pour le mieux. Le soleil luisait comme jamais, une brise agréable soufflait, le ciel était teinté d'un bleu azuré - pas un seul nuage en vue. Une belle journée de travail bouclée, en bref.
Le groupe s'arrêta au bord d'une falaise pour se reposer et peut-être y passer la nuit. La vue était magnifique depuis la falaise, on pouvait voir l'immense forêt découpée par un chantier en contrebas, quelques villages à l'horizon d'où s'échappaient les fumées des cheminées.
Ryanne lisait un livre, assisse en tailleur sur un rocher. Son frère se trouvait à ses côtés et aiguisait sa précieuse lame héritée de son père avec des mouvements précis et vifs.
Céasar jetait un regard pensif en direction de l'horizon, debout au bord de la falaise.
Dunkel, toujours aussi calme et posé, inspectait la pointe de ses flèches d'un œil expert tout en les touchant du bout du doigt, son arc posé à côté de lui en permanence.
Orhon s'était appuyé contre un arbre en taillant un morceau de bois avec son poignard. D'après la forme, il comptait en faire un oiseau mais rencontrait quelques difficultés avec le bec...
Teki et Doyan discutaient tranquillement de leur journée et de leurs prouesses au combat.

Céasar fit signe à Burnagore de le rejoindre - sans doute pour faire un bilan de cette fabuleuse journée ! L'nterpellé rangea instinctivement son épée dans son fourreau puis son aiguisoir dans une poche, se leva et rejoignit son ami. Céasar engagea la conversation une fois Burnagore assez près de lui. Il ne quittait pas l'horizon du regard et ne souriait pas non plus. L'inquiétude marquait son visage depuis un moment.


- Le temps passe vite. Le vent souffle et notre effectif ne cesse de croître. Tout comme notre renommée parmi les villages que nous avons traversés, jour après jour...

Il accompagnait ses paroles en balayant la vue du dos de la main, l'autre posée non loin de la poignée de son épée.
Burnagore suivait pensivement ce mouvement du regard, puis les villages au loin - tous aussi petits que des fourmis. Il se remémora ses débuts avec ses amis - un début éprouvant mais très instructif. Il sentait tout de même une pointe de nostalgie s'élever dans les tréfonds de ses pensées. Il se remémorait son oncle, les heures passées à frapper le fer brûlant de son marteau de forgeron. Il chassa ses pensées de son esprit en secouant la tête.
L'heure n'était plus aux regrets.
Il avait tracé son avenir de la pointe de son épée, du tranchant de sa lame. Une vie de mercenaire, rien d'autre ! Mais Céasar ne l'avait certainement pas fait venir ici pour parler du passé avec lui. Quelque chose le démangeait, Burnagore le comprenait de plus en plus.


- Je sais que quelques chose te tracasse. N'hésite pas à vider ton sac. Je suis ton ami après tout, non ?

Un ami de longue date de surcroît. Céasar le pensait mais ne pouvait rien lui dire. Il observa Burnagore du coin de l’œil. Celui-ci - son ami ! - avait les yeux rivés sur les villages au loin, la garde baissée.

- Si tu insistes. J'y ai maintes fois réfléchi ces derniers temps. Et je me suis dit... ou plutôt j'ai fini pas réaliser que...

Céasar s'interrompit un instant, sortit la lame de son fourreau - un geste accompagné d'un bruit suraigu - et asséna un violent coup droit oblique à son..."meilleur ami" !
Burnagore, inattentif et pris par surprise, ne recula que d'un petit pas en arrière avant de se faire découper par la lame affûtée de Céasar. A travers ses vêtements, duu sang jaillit de son horrible entaille au torse ! Ryanne se leva d'un bond en voyant la scène mais Doryan l'immobilisa sans difficulté. Elle ne pouvait rien faire face au colosse et à sa force exceptionnelle. L'homme surnommé le "Rempart" se trouvait juste à côté de sa sœur, impassible, comme si la scène lui était familière et ne dérogeait pas de son ancien quotidien.
Orhon fit de même, toujours adossé à son arbre en taillant sa sculpture en bois. Le frère de Céasar encochait déjà une flèche, prêt à parer à toute éventualité.


- Burnagore ! s'écria Ryanne, les larmes aux yeux, incapable de s'avancer vers lui.

Burnagore cracha du sang sur sa veste entaillée et laissa tomber un genou à terre.

- Pou... Pourquoi tu... ?

Céasar affichait un sourire sadique, presque dément ! Il regardait le guerrier tailladé et soumis face au tranchant de sa lame d'un air hautain.

- Deux capitaines sur un navire, rien de tel pour le faire couler ! L'heure est venue de nous séparer mon..."ami". Nous sommes de plus en plus nombreux. Je ne peux pas prendre le risque que notre équipe se divise en deux clans distincts. Et puis deux chefs nous coûtent bien trop cher !L'argent mon cher, l'argent. C'est là le nerf de la guerre ! La bourse du mercenaire représente sa vie. Toutes les personnes ici présentes ont acquiescé. En d'autres termes, je les ai achetés, « nos » braves subordonnés en qui tu avais toute confiance.

Burnagore n'en croyait pas ses oreilles.
Trahi pour de l'argent, trahi pour un titre, trahi par peur ?
 Cette pensée lui était insupportable. Il peina à se relever et à sortir son épée de son fourreau. Amusé par le spectacle mais non moins prudent, Céasar lui taillada la moitié de son visage de la pointe de sa lame.
Burnagore poussa un râle de douleur.
La douleur lui parcourra le visage et crispa sa main droite sur la poignée de son arme. Sa blessure au torse le brûlait atrocement et chaque battement de son cœur amplifiait la douleur. Il se voûta en se tenant le visage de la main gauche.


- Or...Ordure ! Je vais te-

Il ne trouvait pas les mots pour exprimer sa colère, mais également sa tristesse et son immense déception !
 Le malheur frappe toujours quand on s'y attend le moins. Mais dans un tel moment... ?
Burnagore baissa la tête, les yeux entrouverts. Le sang perlait de sa poitrine et éclaboussait le sol rocheux. Il glissait aussi le long de sa main plaquée contre son visage ensanglanté.
Ryanne pleurait, incapable de se mouvoir. Doryan l'immobilisait toujours avec une facilité déconcertante. Burnagore jeta à ce tordu un regard cruel et assassin. Empli de rage, il voulait sans doute lui trancher les mains et le découper en rondelles pour en faire du fumier.! Son regard parcourait vivement chacun des visages de ses « collègues ».
Certains agissaient avec dégoût, d'autres souriaient ou... ne bronchaient pas.
Céasar observait le sang de Burnagore couler sur le sol avec satisfaction ; vu l'ampleur des dégâts, Burnagore n'avait aucune chance de le battre.


- Tu ne pourras rien faire, petit chef. Pas dans ton état, en tout cas. Sais-tu pourquoi je ne t'ai pas poignardé dans le dos alors que les occasions ne manquaient pas ? Tout simplement parce que je voulais t'accorder une dernière volonté en face à face. Alors vas-y, mon « ami » ! Ne fais pas le timide et exprime-toi. Mais fais tout de même attention à ce que tu vas dire...

Doryan et Teki se mirent à rire aux éclats. Burnagore mourrait d'envie de leur trancher la gorge d'un revers bien placé, mais dans son état il devait y renoncer. Il désirait plus que tout cracher au visage de son "meilleur ami" (devenu "meilleur ennemi") et lui dire d'aller se faire foutre mais se ravisa aussi...
 Il ouvrit la bouche difficilement pour laisser échapper ces quelques mots :


- Ne fais aucun mal... à Ryanne... quoi qu'il advienne.

Entendant les dernières paroles de son frère, le visage de Ryanne ruisselait de larmes. Elle ne pouvait pas s'arrêter de pleurer, aussi optimiste était-elle ; son frère représentait sa seule famille.
Le « meilleur ennemi » regardait sa proie avec un léger rictus.


- Oh, mais je ne compte pas m'en débarrasser ! Qui jetterait en pâture une personne aussi futée, franchement ? Je te laisse une seconde chance pour prononcer tes dernières paroles. Tâche de t'appliquer cette fois-ci.

Supplier son bourreau de veiller sur sa sœur le dégouttait plus que la peste. Et cette ordure manipulatrice comptait de surcroît faire durer le plaisir !
Burnagore se redressa, l'arme à la main, même si sa blessure au torse le rendait aussi faible qu'un nourrisson. Il cracha un peu de sang mais restait fier. Enfin, il inspira profondément...


- Que la peste t'emporte !

Du peu d'énergie dont il disposait, il tenta de trancher Céasar d'un coup droit descendant, le visage plissé par la colère - son côté gauche recouvert de sang frais !
Céasar positionna sa lame à l'horizontal pour contrer l'offensive de Burnagore. Une flèche fendit l'air et frôla le visage du traître. L’œuvre de son frère resté en retrait ; le projectile se planta dans l'épaule droite de Burnagore et celui-ci fut repoussé en arrière, par-dessus la falaise.


- Dans le mille, siffla Dunkel sans pour autant faire preuve d'enthousiasme.

Burnagore tendit désespérément sa main gauche vers sa sœur juste avant d'apercevoir la paroi rocheuse défiler devant ses yeux horrifiés. Sa sœur cria son nom pour la dernière fois.
Un pied au bord du précipice, Céasar se pencha légèrement au-dessus de la falaise pour voir sa victime sombrer.


- Une étoile vient de s'éteindre. Les Céphéides n'ont plus lieu d'être. L'éclat de la survivante n'a donc plus d'égal.


Le vent provoqué par la chute fouettait le visage mutilé de Burnagore. Il se sentait attiré vers le sol sans pouvoir se débattre. Son épaule droite lui faisait un mal de chien mais il n'abandonnerait jamais son épée pour sauver sa peau. Il serrait son arme dans sa main droite, sans déserrer les dents. Le sang, coulant de ses plaies béantes, semblait comme en suspension dans l'air.
Soudainement, les feuilles des arbres écorchèrent son corps, son visage, ses mains. Il était déjà parvenu au sommet des arbres.
Dans l'élan, il tenta vainement de s'agripper à une branche avec sa main gauche. Son bandage s'arracha aussitôt, rendant visible sa main marquée.
Cette main du malheur et de la souffrance. La source de ce destin tragique.
Instinctivement, il plaça son bras en protection juste devant son torse et heurta violemment une épaisse branche. Les os de son bras droit se brisèrent avec la branche dans un bruit aussi sourd que macabre ! La douleur traversa sa poitrine et l'onde de choc se propagea jusqu'à ses côtes. A nouveau, une gerbe de sang sortit de sa bouche.
Malgré les dégâts subits, la branche permit de ralentir sa chute un chouïa. Il termina par chance sa course dans un buisson après, avec le poids de son corps, avoir découpé quantité de brindilles sur son chemin.
Apathique et perclus de douleur, il posa les yeux sur son bras brisé et regarda le ciel azuré à travers les feuillages, le médaillon de son père pendant de son cou écorché.

« Une belle journée pour mourir...», pensait-il.
Il tenait encore le manche de son arme, même le bras en miettes. Ses yeux fatiguaient et la douleur se propageait de plus en plus dans tout son corps. Il avait l'impression de s'être fait poignarder de tous les côtés. Les ténèbres commençaient à gagner du terrain. Il clignait légèrement des yeux mais sentait la fin approcher. L'étreinte glaciale de la mort lui volait ses sensations, lentement. La noirceur des ténèbres l'étouffer...
Puis vint le noir complet.
Telle vie, telle fin ?



Partie IV : Le miraculé.

Sur une route, non loin du point de chute, se trouvait un homme plutôt âgé à bord de son charrette. Il avançait ni trop vite, ni trop lentement, tout en sifflotant un air joyeux. Une belle journée sous un beau soleil. L'individu parcourait souvent ces terres, vecteur entre son habitation et un village voisin où il lui arrivait de vendre quelques peaux de bêtes traitées.

- Chouette journée ! Pas de bandit en chemin. Pas de prédateur. Rien. Juste... ?!

L'homme s'interrompit suite à la vision d'une étrange lueur sur un buisson. il plissa les yeux pour accroître légèrement sa visibilité et décida tout compte fait de descendre de sa charrette attelée.
Une fois les pieds à terre, il se dirigea vers cette lumière vive et trouva un homme au bras brisé gisant sur le sol. L'éclat lumineux provenait du pendentif accroché à son cou. L'inconnu tata le pouls de l'homme à terre et s’aperçut qu'il n'était pas trop tard pour le sauver.

"Certainement un miracle, vu son état", se disait-il après l'avoir analysé du regard de la tête aux pieds.
De ses bras musclés, il transporta l'homme sévèrement blessé dans sa charrette - tout en n'oubliant pas sa précieuse lame - en direction de son habitat. Le temps lui était compté, mais s'il savait s'y prendre pour soigner les animaux les plus vulnérables alors pourquoi ne pas sauver un homme ?
Il se mit ainsi au travail après avoir amené le corps du blessé dans sa chaumière.

Plusieurs jours s'écoulèrent. Le sommeil du blessé semblait très agité. En fait, il cauchemardait. Plongé dans l'ombre, l'individu voyait le visage narquois de son meilleur ami lui trancher le torse et la moitié du visage. Sa vision se teintait de rouge. Sa sœur affligée l'observait, complètement impuissante. Puis une flèche traversa l’épaule du rêveur pour le faire chuter dans les abysses.
Le visage de sa sœur disparaissait peu à peu de son champs de vision, tout comme celui de son bourreau. Il chutait sans fin, jusqu'à ce que survienne le brusque retour à la réalité après ce qui semblait être une éternité plongée en Enfer.

Alité, Burnagore se réveilla et se leva instinctivement. Ce juste avant de s'écraser de nouveau dans son lit en poussant un effroyable cri de douleur. Un cauchemar, hein ? Pas seulement.
Sa poitrine le brûlait, son visage le lançait comme jamais. Son épaule droite perforée lui faisait atrocement mal. Son bras droit, immobilisé, l'inquiétait plus que tout. Après tout, ce bras représentait sa vie de mercenaire !
Une vie brisée par la trahison et la peur.
Son soigneur se présenta à la porte de la chambre, essoufflé. Le cri de douleur de son patient l'avait fait sursauter et celui-ci avait accouru sur-le-champ. Il prit un tabouret et s'installa juste à côté du blessé.
Burnagore engagea le conversation, malgré son visage tordu par la douleur.


- Qu'est ce que... je fous ici ? Qui êtes-vous ?...Raaagh! lâcha-t-il, traversé par un violent élancement.

Son sauveteur répondit calmement.

- Tu as, semble t-il, chuté de la falaise après t'être fait lynché. Pas besoin d'être un génie pour le comprendre en voyant la marque d'une flèche et celle d'un sabre imprimés sur tes chairs.

Burnagore répliqua en tentant de se lever en vain.

- Uuurgh... Vous n'avez pas répondu... à ma seconde question.

L'homme fit un bref signe de la main droite et continua de s'exprimer :

- Je suis un simple chasseur. Je t'ai soigné comme j'ai soigné d'innombrables petites bêtes avant toi. Mon nom est Bladen, chasseur au grand cœur !... Plus sérieusement, je t'ai trouvé brisé sur un buisson grâce à ton médaillon reflétant la lumière du soleil. Belle pièce je dois dire, en passant.

Burnagore posa sa main gauche valide sur le médaillon de son père et serra sa prise. Sauvé par un inconnu grâce à l'héritage de son père. Sa vie était sur le point de s'éteindre et il le savait. Sans ce médaillon et la présence du chasseur : pas de suite possible.
Une seconde chance pour lui de respecter la promesse faite à sa mère avant de mourir. Il avait perdu la bataille mais pas la guerre.


- Je vois... Merci.

Il commençait à s'habituer à la douleur sous les bandages qui recouvraient son torse laminé. Il tourna le regard vers la droite en direction d'un miroir et vit l'impressionnante balafre lui découpant la moitié de son visage en deux. Du même coup, il apercevait le sourire diabolique de son pire ennemi : Céasar Vulturès. La douleur se raviva et Burnagore serra les dents de douleur.
Bladen lui donna de l'eau et répondit :


- Peu importe ce qui s'est passé ; tu as échappé à la mort de peu. Tu dois te reposer davantage pour récupérer. Ne m'oblige pas à t'attacher au lit... ça serait gênant pour ta blessure au torse.

Le Chasseur se leva et quitta les lieux. Burnagore ne pouvait que l'écouter et tenter de dormir. Une tâche supposée simple et pourtant plus compliquée que prévu ; il ne cessait de penser à sa sœur entre les mains des traîtres.
Il avait encore du mal à croire que son "meilleur ami" puisse avoir changé aussi vite pour devenir son "meilleur ennemi"...
Chaque nuit se transformait en cauchemar, chaque jour en regrets et en colère. Des larmes s'écoulaient de ses yeux, le long de ses joues et séchaient sur ses lèvres tremblantes de rage.
Un goût amer annonciateur d'une effroyable vengeance.

Après quelques jours de repos, Burnagore se leva enfin de son lit. Son bras droit en écharpe, il ne pouvait pas tenir son épée fraîchement récupérée car posée non loin de son lieu de repos. Le chasseur frappa à la porte de sa chambre et l'ouvrit quelques secondes plus tard.


- Tu n'es pas encore rétabli. En es-tu conscient ? Tu es un bretteur droitier, je suppose ? Alors pourquoi tant de hâte ? Encore quelques jours et-

Burnagore l'interrompit en haussant légèrement la voix :

- Je n'ai pas le temps ! Ma sœur... enlevée par ces ordures... je ne peux pas attendre ! Je dois y aller !

Bladen soupira longuement et claqua des doigts en s'adossant à la porte ouverte :

- Dans ce cas, j'ai une idée ! Tu n'auras aucune chance de victoire sans ton bras droit... Alors si tu apprenais plutôt à utiliser ton bras gauche ? Réfléchis : que vas-tu faire sans t'être préparé à l'avance ? leur tomber dessus, et ensuite ? te faire de nouveau jeter du haut d'une falaise ? Ma suggestion est bien plus appropriée.

Il n'avait pas tort. Burnagore avait beau réfléchir, il fallait se rendre à l'évidence. Et puis un bras gauche entraîné pourrait lui rendre bien des services !

- ...J'imagine que je n'ai pas le choix. Très bien. En tant que chasseur, j'imagine que tu sais te battre ?

Le chasseur décrocha une hache accrochée à un mur adjacent et répliqua :

- Et c'est peu de le dire. Mais prépare-toi car je n'irai pas de main morte. Si ta famille est en danger, tu n'as effectivement plus le choix. A ta place, j'aurais réagi de la même manière. N'importe quel battant agirait ainsi !

Burnagore n'esquissa pas un seul sourire ; il ne souhaitait pas rire. Le visage en pleur de sa sœur le hantait perpétuellement. Pour la revoir sourire, il devait se venger à tout prix et la délivrer de cet Enfer dans lequel Céasar les avait tous les deux plongés.!

- Comment pourrais-je l'oublier ? Allons-y.

Les deux individus s’entraînèrent intensément. Au début, Burnagore ne maniait pas bien l'épée de son père avec sa seule main gauche. Chaque parade le faisait souffrir au niveau de sa cicatrice au torse. Les puissants coups de hache du chasseur accompagnés du poids du corps lui paraissaient imparables !
Au fil du temps, il améliora le maniement de sa lame pour contrer les violents coups de hache de son adversaire et ensuite contre-attaquer en associant habilité et précision. Son esprit revanchard et imprégné de haine guidait sa lame et la colère le poussait à se surpasser.
Pour sa sœur, pour sa défunte mère, son défunt père et pour lui ! Une dernière chance. Impossible de la gâcher.

Toujours un bras immobilisé, le bretteur accompagnait le chasseur dans les bois pour l'aider à faire son travail : traquer, piéger et tuer. Rien de mieux pour préparer sa vengeance, pensait-il. Ses ennemis, appâtés par l'argent, sont pour ainsi dire pires que des bêtes.
Chaque proie attrapée représentait un de ses ennemis capturé. Il s'imaginait les pires atrocités possibles pour les pousser à l'agonie, au pardon et aux remords ! Les tuer ne lui suffirait pas. Il fallait qu'ils souffrent autant que lui a souffert ! Une vengeance impitoyable. S'ils meurent tous, sa sœur sera libre. C'était là ce à quoi il pensait durant la traque.

Bladen lui expliqua aussi comment fabriquer des remèdes à partir des herbes récoltées dans les bois, les lieux spécifiques où les obtenir, les méthodes à utiliser pour la conception du breuvage ou de la pommade... Toutes ces informations pourraient très bien lui servir à l'avenir. Burnagore écoutait attentivement et n'en perdait pas la moindre explication.

Son bras droit guéri, Burnagore entreprit de remercier son compagnon d'arme pour l'avoir sauvé et lui avoir fourni de précieuses informations. Son sauveur sourit et, d'un geste vif, pointa sa hache en direction du bretteur en signe de défi.


- Je t'ai rendu d'innombrables services, c'est vrai. Je t'ai confié tous mes secrets concernant la chasse et les remèdes, je t'ai vu t'exercer l'épée à la main. Nous avons échangé. Mais maintenant je veux savoir à quel point tu as progressé et si tu es apte à quitter les lieux. Ensuite, nous seront quittes.

Burnagore n'osait pas refuser. Il lui devait bien un service après tout. Que pouvait-il lui donner d'autre sinon un combat dans les règles de l'art ?
Avec un bruit suraigu en la tirant hors de son fourreau, Burnagore dégaina son épée et se mit immédiatement en garde. Son adversaire n'était pas un tendre. La zone de combat se situait juste devant la demeure du chasseur, au beau milieu de la route terreuse et sèche.


- C'est tout ce dont je suis disposé à t'offrir. Je m'en excuse d'avance.

Le Chasseur laissa s'échapper un bref soupir et abattit sa hache sur le bretteur avec un violent coup vertical.

- Nul besoin de t'excuser !

Burnagore esquiva le coup de hache d'une roulade sur sa droite. Le nuage de poussière soulevé par l'impact de la lame contre le sol aveugla le sabreur. Celui-ci se mit à tousser sans pouvoir se retenir, dévoilant sa position à son assaillant qui en profita pour lui asséner un autre coup droit à l'horizontal .

- Rapide et puissant. Tu es fait !

Presque. L'attaque heurta le bras droit de Burnagore protégé par la lame de son épée. Le bretteur savait exactement où le chasseur comptait frapper – là où se trouvait une vieille blessure, sans aucun doute ! Burnagore repoussa la hache de son opposant et le fit poser genou à terre en frappant sa jambe d'un coup de pied circulaire.

- L'épée est une arme, mais nos pieds comme nos poings le sont aussi.

Il remercia intérieurement son père de cette brillante leçon de combat acquise dans la douleur.
Bladen poussa un grognement fort éloquent et voulut frapper Burnagore avec sa hache, saisissant cette dernière avec ses deux mains !
Le coup final. Indubitablement puissant et rapide, comme il le souhaitait !
Burnagore se décala d'un demi-pas sur le côté, frôla la lame affûtée de son adversaire, qui se planta dans le sol poussiéreux, et s'appuya sur la dos de celle-ci. Il frappa la clavicule droite du chasseur du plat de la lame en utilisant la main gauche. Il se battait de la main droite et avait pris la décision de l'empoigner de la main opposée au tout denier moment.
Le Chasseur, surpris, lâcha sa hache et dû avouer sa défaite.


- Pourquoi avoir frappé du plat de la lame ? lui demanda t-il.

Burnagore sourit brièvement, sûrement fier de son geste, et lui adressa ces quelques mots :

- Allons, réfléchis... Comment pourrais-je éliminer quelqu'un qui a tant fait pour moi ? Je ne t'en remercierai jamais assez. Mais il va falloir qu'on se dise dieu, mon ami. Ma quête n'est pas la tienne...

Le Chasseur l'empêcha de se retourner pour partir, empoigna un objet dans une poche de son pantalon, et lui confia une carte de la zone.

- Voici mon dernier présent. Nous nous reverrons... Va. L'échec n'est pas une option.

Burnagore hocha la tête, prit la carte et partit en se tournant dos au Chasseur, face au soleil couchant. Il faisait face à son avenir et dos à son passé.
Les pensées les plus obscures à l'esprit, la haine nichée au plus profond de son cœur, le regret de son excès de confiance en ses compagnons et d'avoir manqué de vigilance, en plus d'avoir manqué à sa promesse à laquelle il tenait bien plus qu'à sa propre vie, Burnagore reprit la route, bien décidé à se venger.
Mais pour parvenir à ce but sanglant, il devra évoluer, dépasser ses propres limites, traquer ses anciens amis, abattre ses membres au moment propice tout en essayant de se faire passer pour mort. Il aura besoin de soutien, mais gardera toujours un œil sur ses alliés, jurant de ne plus jamais être trahi par qui que ce soit. Retrouver sa sœur et accomplir sa vengeance, c'est tout ce qu'il espère...
Un souhait sans nul doute teinté de rouge.
La couleur du sang.





Derrière le Masque

PSEUDO : Burnagore.
COMMENT AVEZ-VOUS CONNU LE FORUM ? Google est notre ami à tous ! =D D'autant plus que vous êtes plutôt bien référencés sur ce moteur de recherche. A l'origine, je recherchais quelque chose en rapport avec Fire Emblem, puis je suis tombé sur ce forum. Je me suis donc dit : "Pourquoi pas essayer ?"
QUELQUE CHOSE À CORRIGER ? C'est encore trop tôt pour me prononcer sur quoi que ce soit.
EXPÉRIENCE DU ROLE-PLAY : Pas vraiment. Je suis actif sur un autre forum RPG où mes posts sont jugés trop longs pour la communauté (ce n'est pas bien grave, ils prennent ça à la rigolade et sont très sympathiques !), je me suis donc décidé de me lancer ici afin d'aiguiser ma plume !
TU AS DÉJÀ JOUÉ À FIRE EMBLEM ? SI OUI, LEQUEL/LESQUELS ? Fire Emblem : Awakening que j'ai énormément apprécié et je ne sais plus le nom du plus ancien auquel j'ai joué, comprenant les personnages suivants : Lyn/Hector/Elliwood et compagnie.
PETIT COMMENTAIRE : Je ne vais pas vous mentir en vous disant que j'ai passé un sacré moment à rédiger cette biographie, surtout avec un emploi du temps plutôt foireux. Les idées n'affluaient pas vraiment, et je me suis inspiré de quelques ouvrages achetés récemment pour parvenir à mes fins. Cela fait un petit moment que je me suis mis à dévorer les romans, autrefois je ne m'y intéressais pas du tout. Après tout, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

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