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La réunion des mousquetaires ! [ft. Câto et Blaze]

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Khar'a Mell
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Mar 24 Juil - 23:32
Les images s'enchainaient sans grande cohérence. D'abord, elle sentait des choses. Des choses agréable. Elle se sentait aimée, entourée. Parfois, elle était traversée d'un éclair de satisfaction.
Puis tout changeait à nouveau, et elle sentait la crainte emplir son cœur, les images devenant plus violentes, plus crues. Un éclair rouge, un bruit de chute, un autre éclair, noir celui-ci, et le monde sombrait dans une spirale infernale de gémissements plaintifs et de cris de corbeaux qui n'attendaient que de festoyer. Elle se laissait tomber à genoux, les joues couvertes de larmes, tandis que les corvidés se repaissaient des restes des deux hommes de sa vie.
Nouveau changement, les lumières s'éteignaient, elle ne sentait plus que des contacts fugaces, des corps chauds contre le sien, un gémissement montant dans sa gorge…
Elle se penchait sur les corps gisant devant elle. Leurs regards étaient vides, vitreux, et la rigidité s'emparait déjà de leurs chairs.
Elle poussa un cri, son dos se cambrant sous un nouvel élan de plaisir. Elle était en sueur, elle avait chaud, mais une chaleur délicieuse, de celles qui font monter le rouge aux joues et font se tortiller.
Les corbeaux finirent par s'en aller, repus. Il n'y avait plus rien à récupérer sur les restes sans vie de ses deux compagnons. Ils n'étaient plus qu'ivoire blanchi. Elle poussa un cri d'horreur.
Elle poussa un cri de plaisir.


Elle fut réveillée par un cri et se redressa d'un coup, au beau milieu de la nuit, échappant ainsi à l'étreinte rassurante de Câto. Haletante, Khar'a se passa une main sur le visage. Une main tremblante. Ses doigts glissaient sur sa peau. Elle était en nage. Elle mourrait d'envie de se glisser à nouveau contre le mage noir pour se rendormir, mais les images de son rêve, trop réelles, lui sautèrent aux yeux et elle éprouva soudain le besoin d'avoir de l'espace et de l'air. Elle prit tout de même le temps de déposer un baiser sur le front du jeune homme avant de s'extraire de leur lit, s'efforçant de ne pas faire trop de bruit, souhaitant laisser au mage noir la possibilité de se rendormir sans souci. Un exercice plutôt facile lorsque l'on est un chat.

Sur la pointe des pieds, la Laguz sortit de leur chambre pour rejoindre l'extérieur. Ils avaient loué une chambre à l'auberge d'un village de Daein assez peu peuplé, le genre où l'on fait escale le temps d'une nuit avant de reprendre sa route vers des bourgades plus peuplées. Mais Khar'a préférait ce genre de lieux, justement parce-qu'ils étaient moins peuplés. Les Beorcs habitant ce genre d'endroits étaient souvent moins véhément envers les Laguz.

Il pleuvait des cordes. Cela aurait dissuadé à peu près n'importe quelle personne saine d'esprit de sortir, mais cela ne fit qu'encourager la demoiselle vers l'extérieur. Elle espérait que la pluie la débarrasserait de la sueur qui rendait sa peau horriblement collante. Ecartant les bras en grand, elle s'engagea sous les trombes d'eau avec un plaisir non dissimulé. Oui, elle ne portait qu'une simple chemise de nuit, mais cela ne la dérangeait pas. Elle appréciait les lourdes gouttes d'eau s'écrasant sur sa peau, l'impression que l'eau la lavait du rêve qu'elle venait de faire. Un rêve particulièrement troublant.

Certains passages relevaient du fantasmes. Elle voulait que ces choses arrivent pour de vrai. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ce genre de rêves, des songes où Câto, Blaze, parfois même les deux en même temps, la touchaient et lui faisaient du bien. Ces rêves lui laissaient un étrange sentiment au réveil, une certaine frustration. Souvent, elle en restait songeuse plusieurs heures, à imaginer que ces choses se soient vraiment passé.
L'autre partie du rêve n'aurait pu être plus éloigné de la première partie. Blaze et Câto, morts. Câto était malade, elle le voyait chaque jour. Elle s'efforçait de l'aider, mais elle avait l'impression que si elle soufflait dessus, il allait s'effondrer comme une feuille morte. Et Blaze, dont elle n'avait pas de nouvelles depuis l'hiver et qui lui manquait plus qu'elle n'aurait pu le dire. A l'idée qu'il lui soit arrivé quelque chose, elle sentait sa gorge se serrer et ses yeux se gonfler de larmes.

Elle était perdue. Elle voulait exorciser ses craintes et ses aspirations, retrouver une certaine sérénité pour pouvoir retourner dormir auprès de son mage noir. Alors elle fit la seule chose qu'elle savait faire pour cela : elle dansa.
Seule, sous une pluie torrentielle, elle enchaîna les pirouettes et les pas, se mouvant avec une grâce rarement égalée. Chacun de ses mouvements étaient une expression profonde de ce qu'elle ressentait. Sa peur, sa terreur même, mais aussi sa frustration, le chant de ses hormones éveillées et jamais contentées.
Elle se sentait très mal.

Finalement, au bout d'un bon quart d'heure, elle s'immobilisa sous la pluie. Elle était essoufflée, mais elle se sentait légèrement mieux. C'était peu, mais c'était déjà ça. Elle pensait pouvoir retourner se coucher maintenant…

Elle espérait qu'un peu de sommeil lui ferait du bien… Enfin, si elle ne se remettait pas à rêver.


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Blaze Kazeroi
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Lun 30 Juil - 0:13


Sous le voile d’argent d’une Lune pleine, un voyageur s’apprêtait à s’élancer dans un voyage de nuit. De bas de ses bottes, il étouffe le petit feu de camp et regarde l’astre céleste déployer sa lumière sans le moindre nuage à l’horizon. Quelques secondes et des étoiles apparurent, petites, grandes, éblouissantes, rouges, vertes, distantes et si proche. C’était pour ce genre de chose que voyager était magnifique : Le désert offrait des paysages splendides, mais si un jour tu as le mal du pays, il suffit de lever les yeux…


Réajustant un peu sa tenue et son épée, l’homme en question hésita longuement pour finalement tirer l’épée létale de son fourreau dans un bruit strident. Prenant une posture que beaucoup qualifiait de vantarde, il déploya de long et lent mouvement, laissant son esprit guider sa main selon un processus bien définit : Visualiser, anticiper, réagir. Ses mouvements erratiques en vérité suivaient une logique bien à lui, enchainant esquive, plaçant son épée juste entre lui et le coup imaginé pour glisser tel un poisson dans l’eau. Soudainement un grand coup vertical souhaitant le transformer en sashimi. Sa posture se fit ferme, et son sabre en travers pour amortir le coup et le dévier d’un coup de poignet habile.


Cette danse continua pendant de nombreuses minutes, la forêt et la lumière de la Lune s’inversant pour un champ de bataille ensanglanté sous un soleil de plomb. Blaze semblait presque vivre ce qu’il imaginait, suant lourdement et ses mouvements prenant une énergie indiquant qu’il n’était plus dans de la simulation. Des visages sans nom défilèrent, chacun tombait sous sa lame, le sang troublait sa vision, la rougissant à l’extrême alors qu’un corps de plus atterrissait à ses pieds. La transe atteignait son paroxysme, l’esprit guerrier battait au plus fort, les coups s’enchainaient sans retenu. Blaze dansait, lame en main, sautant, se courbant, tout à sa bataille imaginaire. Ses coups étaient souples et déviaient les attaques avant d’infliger la mort dans une brutalité intoxicante : Lame en pleine gorge, décapitation, démembrement et suffocation par plaie au cou… Sa façon de combattre était belle, mais sa façon de tuer, était terriblement sale. Les visages sans noms continuaient d’affluer, semblant le bloquer dans une danse éternelle, jusqu’à ce qu’il reconnaisse un visage. Sa danse était pourtant lancée, son cœur criait avec force de trancher, de se battre jusqu’à la mort ou celle des autres, son esprit lui aussi, abreuvé par le sang, lui sommait d’attaquer.


Mais son coup ne porta pas. Un sourire lui vint, ce visage, était celui de Khar’a. Dans une passe de jambe, il la contourna pour la protéger d’une attaque par derrière. Il vit le visage d’une autre personne dont il avait le nom, mais soudainement, une goutte de pluie brisa immédiatement sa concentration.


« Q-quoi ? Aaaw merde ! »

La pluie. La putain de pluie alors qu’il faisait dégager il y a pas… Le temps était une notion relative, Blaze lui-même ne pouvait pas nommer le temps qu’il avait passé à danser, mais l’état du feu expliquait que c’était bien plus longtemps qu’un pauvre quart d’heure. Rageusement, il récupéra le reste de son matériel, ses épées et se mit en chemin sous une pluie si forte qu’il se retrouva bien vite mouillé.



La marche fut longue et difficile, mais le bretteur persista dans son voyage, habitué aux conditions difficiles. Toutefois, la route mena à un petit village isolé de Daein, le genre où il est facile de se faire discret, l’endroit rêvé pour qu’il se prépare une dernière fois avant peut-être une connerie monumentale. Son entrée au village fut discrète, tout comme son arrivée dans l’auberge qui était visiblement fermé. Tu parles d'une galère... Du moins, le pavillon était couvert et offrait un peu de protection. Cela était suffisant pour le bretteur qui se mit dos au mur et laissa ses épeés en travers, dans ses bras. Inconscient que des personnes très importantes pour lui se trouvent juste derrière ses murs...
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Lun 30 Juil - 22:57
Pour Catô, jours et nuits se suivaient en se ressemblant douloureusement. Partout où ils allaient, c'était la même rengaine. La peur, les doutes, la méfiance et la discrimination refaisaient surface petit à petit...à ce rythme, le continent entier risquait de retomber dans ses anciens travers à une époque où l'union était plus primordiale que jamais.
Et le Shaman ne savait pas comment apporter son aide. Il feuilletait ses grimoires tous les jours, et faisait de son mieux pour enrichir ses connaissances dès qu'une occasion se présentait...mais en vain. Aucun sortilège ne pouvait créer la confiance, l'harmonie, et faire disparaître la rancune et la haine.

Au moins ne voyageait-il pas seul. Khar'a, cette charmante Khar'a, continuait à l'accompagner et lui fournissait un soutien - tant physique que moral - bien plus grand et précieux qu'il ne pourrait l'avouer. La présence bienveillante, revigorante même de la féline était un réconfort au quotidien, et le magicien n'aurait pas pu trouver de mots pour exprimer comme il se doit sa gratitude...ou son affection.
Sur ce sujet, par ailleurs, le sorcier restait vague. Petit à petit, la Laguz avait été plus...intrusive dans son espace vital. Mais Catô ne l'avait pas remarqué immédiatement. Son esprit préoccupé ne prêtait pas attention à ce genre de détails, et puis ils s'étaient connus en se serrant l'un contre l'autre en grelottant sous une même couverture. D'autant plus que Khar'a avait toujours été plutôt...tactile, selon lui, alors la voir se rapprocher ne l'avait pas étonné.
Par contre, quand elle commença à se blottir contre lui même dans les nuits les plus chaudes, surtout au vu de la discussion qu'ils avaient eu avec...Blaze, alors là le magicien réalisa qu'elle avait besoin de plus que sa simple amitié. Vraiment besoin.

N'étant toujours pas prêt, d'aucune façon que ce soit, le Shaman avait retardé l'inévitable en trouvant des compromis, qui petit à petit les amèneraient à une délicieuse mais risquée conclusion. Il l'avait laissé s'approcher, puis avait commencé à lui frotter la tête quand ils se couchaient ensemble, puis le dos. Et comme la minette en réclamait toujours plus à son adorable manière, le magicien avait fini par l'enlacer...et avait vite pris goût à la sensation, petit réconfort supplémentaire bienvenu pour apaiser ses nuits difficiles, où le précieux sommeil le fuyait tant à cause de ses craintes que de sa faiblesse.
Réveillé à la moindre secousse, Catô avait remarqué l'agitation de son amie, ces derniers temps. Elle remuait plus qu'à son habitude, et se réveillait parfois en sursaut, comme cette nuit-là. Ca l'inquiétait, mais il n'avait aucune idée de quoi faire pour l'aider...alors il l'attendait, et la laisser se caler à nouveau contre lui, se mettre à son aise, tandis que l'épuisement lui faisait bien vite reperdre connaissance.

Le lendemain, il préféra ne pas poser de questions, songeant qu'elle lui en parlerait d'elle-même si elle avait besoin d'évoquer le sujet et craignait lui d'opter pour la mauvaise approche. Il rejoignit le salon lorsqu'il en fut temps, encore ensommeillé, trouvant toujours pénible de devoir se lever.
Comme à son habitude, il posa son lourd tome sur la table, et commença à le feuilleter avec une tasse de thé noir à une distance plus que raisonnable. Quand on doutait, la réponse était dans la recherche. Quand l'ignorance vous stoppait, la solution se trouvait dans le savoir, et Catô continuait à être persuadé que l'étude approfondie des sciences occultes était la clé pour comprendre au moins une partie de ce qui se passait dans le monde aujourd'hui. Et s'il pouvait comprendre, il pouvait agir.
Alors il relisait, encore, et encore, et encore ses ouvrages épais, espérant trouver un nouveau sens obscur entre ses lignes et ses diagrammes, des connexions improbables, dissimulées au plus profond de ses écrits complexes. Mais il faisait sans cesse chou blanc - un comble - et il regrettait de ne pas avoir plus souvent accès à des bibliothèques calées en matière de magie noire.

Peinant à tenir vraiment les yeux ouverts, le sorcier lisait malgré tout avec toute la concentration dont il était capable. Et s'il était plus fragile qu'un enfant, il n'en demeurait pas moins un puissant mage, d'une famille talentueuse. Ses capacités mentales n'étaient pas à sous-estimer, même épuisé.
Cependant, à la quatrième fois qu'il dut écarter des mèches folles de son visage, sa coiffure ayant été peu entretenue ces derniers temps à cause de la route, le Shaman fouilla ses poches à la recherche de son bandana. Un jour, il avait trouvé cet étrange bandeau, orné d'une plaque de métal où une feuille stylisée y était représentée barrée, rayée même.
D'où il venait, comment il l'avait obtenu, impossible de s'en souvenir. Mais depuis, le magicien s'en servait parfois pour s'attacher les cheveux, lorsqu'ils devenaient trop rebelles comme aujourd'hui.

Mais impossible de le retrouver. Ni à gauche, ni à droite, ni nulle part. Allons bon. Il s'interrompit dans sa lecture pour regarder dans son sac, sa sacoche, et même ses manches...mais rien. Catô ferma les yeux pour réfléchir, remonter un peu le temps et se demander où il avait bien pu l'égarer...et il repensa à la veille. En ouvrant la porte hier, il avait cru sentir quelque chose glisser de son manteau, mais alors épuisé il n'y avait prêté garde.
Mince alors, son bandana avait du tomber dehors...il allait être sale avec la pluie. Bah, avec un peu de chance il était contre le mur et était resté à peu près au sec.

Avec son habituelle délicatesse, comme si sa fragilité avait fait de lui le plus doux des hommes, il effleura doucement le dos de la main de son amie velue.


"Ma chère Khar'a, je crois que j'ai fait tomber mon bandeau dehors, hier. Voudrais-tu bien aller vérifier pour moi ?"

Un petit contact, un mot doux, de la gentillesse. Ce n'était pas pour mieux faire passer le service qu'il lui demandait, la brave Laguz ayant tellement le coeur sur la main que ça écoeurait le magicien chaque fois qu'il entendait des gens murmurer "sous-humain" sur leur passage et lui donnait envie de faire une démonstration des arts sombres, mais bien pour lui faire plaisir. Cela, il l'avait remarqué. Il suffisait de peu pour la ravir, la moindre petite attention suffisant à la faire frémir jusqu'aux oreilles en général.
Ah, que le monde serait beau s'il était peuplé de Khar'a. Et épuisant aussi, du coup il ne serait sûrement pas peuplé de Catô...et ça valait sûrement mieux.
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Khar'a Mell
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Mar 31 Juil - 9:32
La nuit avait été mouvementée pour la jeune laguz qui, même après s'être recouchée, avait eu beaucoup de mal à se rendormir. Les bras de Câto l'avaient apaisée autant qu'ils n'avaient éveillé sa frustration, et autant qu'ils ne lui avaient fait ressentir l'absence de Blaze. Si bien qu'au final, elle n'avait dormi que d'un œil, et lorsque Câto s'était éveillé elle s'était levée avec lui. C'est donc armée d'un grand verre de lait qu'elle s'était installée à table à ses cotés, le regardant sortir ses livres pour les relire une énième fois.

Elle ne comprenait pas pourquoi il s'acharnait à ce point. Il avait déjà lu ces livres un nombre incalculable de fois, et jamais il n'avait trouvé ce qu'il cherchait dedans, alors pourquoi s'acharner, se fatiguer ? Mieux valait se concentrer sur le voyage, chercher de nouvelles sources d'informations et se reposer pour être certain d'être en état lorsqu'ils les trouveront. Mais le mage noir était un acharné, et cela faisait parti des choses que Khar'a aimait chez lui. Aussi le laissa-t-elle à ses recherches, se contentant de profiter de sa boisson matinale en se pourléchant les lèvres de satisfaction.

Les journées étaient souvent plus faciles à supporter.

C'est alors que Câto commença à s'agiter, comme s'il cherchait quelque chose. Haussant un sourcil, la Laguz le regarda farfouiller dans ses affaires, se demandant ce qui pouvait le perturber ainsi. E le voyant, elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il avait l'air épuisé. Ses yeux étaient cernés, il supportait très mal le voyage… Finissant par abandonner ses recherches, il se tourna finalement vers elle pour lui demander son aide. Le contact de sa main sur la sienne lui envoya une décharge électrique à travers tout le bras, et elle dut se retenir pour le pas lui attraper la main plus fermement.

Il avait besoin qu'elle aille voir dehors s'il avait fait tombé son bandeau. Elle l'avait déjà vu plusieurs fois avec, ce n'était pas un simple bandeau de tissu, il y avait une plaque métallique dessus. Un objet facile à reconnaitre, et probablement également facile à trouver… Enfin pour peu que le soleil parvienne enfin à passer la barrière des nuages, ce qui paraissait mal parti à en juger de ce qu'elle voyait à travers les carreaux salis de la fenêtre de l'auberge.

La minette hésita à tout simplement lui prêter le ruban dont elle se servait pour décorer le bout de sa queue, puis elle se dit qu'il n'apprécierait sans doute pas de se retrouver avec un grelot sur le front qui ferait du bruit à chaque fois qu'il bougerait.

- Je vais voir, mais à mon avis tu pourra pas le porter tout de suite, il va être tout sale.

Ca, c'était d'un euphémisme ! Après avoir passé la nuit sous la pluie, il serait sans doute couvert de boue et détrempé comme… comme… Bah comme un poisson mais sans les écailles tiens. Elle finit son verre d'une traite avant de se lever direction la porte de l'auberge, qu'elle ouvrit. Sauf qu'elle passa juste l'encadrement de la porte avant de remarquer qu'un truc clochait.

Y'avait un mec écroulé contre le mur.

Visiblement en piteux état, une barbe de plusieurs jours lui mangeait le visage, l'empêchant de correctement discerner ses traits. D'autant qu'il avait le visage enfoncé dans ses haillons, comme pour se protéger du froid. Quelle idée aussi de dormir dehors… Ses vêtements étaient en lambeaux, et le pauvre n'avait pas du voir un bain depuis des lustres. Mais quelque chose la perturbait chez ce clodo, attisant sa curiosité.
Elle s'en approcha, sa queue remuant légèrement derrière elle, produisant un bruit de clochette caractéristique. Elle se pencha avec une curiosité non dissimulée sur ses cheveux rendus bruns par la crasse, tendit la main…

Un éclat roux la fit sursauter. Donc, sous la saleté, il était roux. Confortée dans son idée que quelque chose n'allait pas, elle détailla les traits de son visage qu'elle arrivait à discerner. Elle les connaissaient… Et soudainement, elle le reconnut pour de bon.

- …Blaze !

L'inquiétude prit le pas sur la curiosité, et elle secoua le pauvre homme jusqu'à-ce qu'il se réveille, oubliant totalement pourquoi elle était sortie à l'origine. Exit le bandeau, elle ne voyait que la détresse de l'autre homme qu'elle aimait, qu'elle n'avait plus vu depuis trop longtemps et qui lui revenait dans un état pire encore que celui dans lequel il était parti la dernière fois.

Alors vous l'excuserez hein, mais pour l'instant la prévenance et la subtilité… C'était pas trop à l'ordre du jour.

- Debout ! Tu dois te laver et manger un truc chaud ! dit-elle avant de mettre la main en porte voix pour que le mage noir puisse l'entendre depuis l'intérieur. Câto ! Viens voir qui j'ai trouvé !

En elle se disputaient toute une gamme de sentiments contradictoires, allant du bonheur à la colère, en passant par une vive inquiétude. Le bretteur avait l'air au moins aussi fatigué que son compagnon de voyage, mais il ne pourrait pas avoir le sommeil réparateur s'il n'était pas convenablement nourri et lavé au préalable. Et en plus, elle commençait à en avoir marre de toujours le voir revenir dans un état pire que le précédent. Cette fois elle serait intraitable : Il resterait avec eux ! Hors de question qu'elle ne le retrouve mort la prochaine fois !


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Blaze Kazeroi
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Mar 31 Juil - 10:38


Avec ses éternelles compagnes d’acier, malgré le bruit d’une pluie diluvienne, le bretteur trouva son sommeil. Les derniers évènements repassaient sagement dans son rêve : sa rencontre avec l’armée de Death, son masque pour camoufler son identité, son combat dans la ville de ce noble qui a fui et son échec à le retrouver… Et du haut de la colline, la vision de la ville à feu et à sang, tout le monde n’a pas pu être sauvé, beaucoup de famille avait fait confiance à leur mur, et à l’ordre de la femme en blanc. Si sur le moment, c’est avec rage et d’un ton méprisant qu’ils avaient dit de bouger, tous n’auraient pas réussi à percer le front… Death avait fait son œuvre avant de disparaître, mais il avait disparu comme un courant d’air.

Vint ensuite sa longue marche, sous la pluie, la perte de sa cape noire utilisée pour sa confondre avec les fidèles et… et surtout d’autres combats, les fidèles n’avaient pas oubliés sa trahison. Il entendait encore les hurlements « TRAITRE ! FAUX SERVITEUR DE DEATH ! HERETIQUE ! » qui certes, ne l’affectait pas le moins du monde, mais le fit regretter pour son physique et ses vêtements, la cicatrice du hacheux était fermé, suturé à la main, mais d’autres petites coupures plus ou moins profondes étaient le résultat de ces escarmouches.

Alors qu’il allait enfin revoir en rêve Khar’a, comme à son habitude, proche de son réveil, il sentit soudainement une présence. Sa main monta tel un serpent sur la garde de son épée, son sommeil léger prêt à se briser. Et briser il le fut. Son œil s’entrouvrit derrière un rideau de cheveux mouillé, et couvert de poussière pour apercevoir un visage familier, un visage qui fit passer un battement à son cœur.

« Khar’a ? Hrmlglbl...» dit-il d’une voix faible, embrumé par le réveil, alors que la Laguz en question prononça son nom avec bien plus d’intonation. Toute tentative pour discuter fut radicalement couper par une secousse imprévue. Elle était si forte que le bretteur crut que c’était un tremblement de terre. De même, la secousse l’amena même à percuter sa tête contre la paroi de l’auberge !

« Aie ! Ça va, je suis réveillé ! Pas la peine de Uuuf ! » Réveillé de force par l’image de la femme qui a volé son cœur, on va dire qu’il y a bien pire. Se grattant la nuque, le bretteur se releva en réajustant ses épées, puis retirant sa capuche pour respirer longuement l’air du matin, encore un peu imperméable au fait que Khar’a était juste à côté de lui. Ce qu’il réalisa d’ailleurs bien vite avec un regard surpris, il pendait qu’elle était juste une illusion, un tour de son esprit pour le forcer à se réveiller. Mais non, de chair et d’os elle était là, la preuve, elle mentionna Catô.


« Attend, KHAR’A ? C’est bien toi ?!? »

Un sourire radiant envahit son visage alors qu’il la prit immédiatement dans ses bras, un rire de soulagement et de joie s’étouffant dans sa torpeur matinale. Percutant toutefois son état pas très… présentable, entre certains vêtements en lambeaux par les combats, les cicatrices encore fraîche, l’absence de bain, la barbe déjà plus prononcée et ses cheveux couvert de poussière… Il la relâche tout aussi vite, certes la pluie apporté une légère aide, mais il n’était en aucun cas présentable voir même, agréable à renifler…

Qu’est-ce que vous faites ici, était la première question qui lui vint en tête, mais il s’abstint, son bonheur éclipsant ce genre de formalité. Mais l’expression inquiète de Khar’a se transmit tel un courant électrique. Mais une autre priorité lui vint en tête, la fragilité de Catô.
« Non c’est bon ! On entre va. » dit-il avant d’ouvrir la porte. « Je te cache pas qu’un repas chaud serait pas du luxe. Eh ben je ne rêve pas, c’est bien vous deux… »

Le shaman, toujours sur ses livres, ses cernes, et cette aura de mystère l’entoura, le doute n’était plus permis. Le destin avait décidément des plans bien à lui, mais aujourd’hui, il ne s’en plaignait pas. Se retournant à nouveau vers Khar’a, cette expression ne l’avait toujours pas quitté.
« Ne dit rien, je ressemble à rien c’est ça ? Vous n’imaginerez jamais ce qui s’est passé. » lança-il dans un demi-rire avant de prendre place devant le comptoir et déposer quelques pièces d’or, « cadeau » de ces attaquants. Se retournant pour observer le Beorc et la Laguz, il soupira, à la fois amusé et soulagé.


« Vous voir en forme est certainement la plus belle des images. » Ce qui ne pouvait pas être dit de lui considérant qu’à travers les lambeaux, on pouvait voir l’étendue des dégâts de sa rencontre avec Death…
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Mar 31 Juil - 22:47
Il s'imaginait que Khar'a mettrait quelques poignées de secondes pour revenir. Avec l'utile bandana dans les pattes - ou non si la chance était contre eux aujourd'hui - mais le Shaman ne s'imaginait pas un instant qu'elle l'appelle, à peine la porte passée, pour lui dire qu'elle avait retrouvé leur camarade épéiste.
Le temps qu'il essaye de digérer l'information, la voix du rouquin se faisait entendre, visiblement aussi surpris qu'il ne l'était de cette rencontre aussi providentielle qu'inattendue. Le temps que le sorcier réunisse à la fois ses esprits et ses forces pour se lever de sa chaise, le duo enchanté de ces retrouvailles revient déjà, le bretteur lui conseillant de ne pas se donner la peine de se déplacer.
Cela dit, en voyant l'état pitoyable - dont l'intéressé avait visiblement conscience - de Blaze, le magicien se demanda qui d'eux deux avait le plus besoin de se ménager. En tout cas, il était en train de se poser et semblait sincèrement heureux de les revoir.


"Plaisir partagé B...laize. Cela dit, je ne te ferais pas l'affront de te demander comment ça va..."

La réponse tombait sous le sens. Cela dit, même en sachant que leur ami avait un certain penchant pour les situations bien pourries, alors que le monde partait en cacahouètes dans tous les sens - une preuve simple était le passage récent du terrible Death, responsable de la semi-destruction de Sienne - mais même avec tous ces facteurs, il paraissait avoir été poursuivi par une horde de chiens enragés armés de rasoirs. Et visiblement peu doués, au vu de la barbe disgracieuse qu'il arborait.
De ce côté là, songea distraitement Catô en se frottant inconsciemment le menton alors que la fatigue le faisait divaguer un instant, il s'en sortait bien. Sa pilosité poussait faiblement et lentement, et la raser était aisé. Heureusement qu'il se dédiait à la contemplation intellectuelle, et pas au concours de virilité.
Revenant à ses moutons quelques secondes après, il se permit de souligner toutefois la raison qui lui avait fait envoyer la Laguz dehors.


"N'oublie pas mon bandeau, Khar'a."

Demanda-t-il de son ton calme, un peu faible, comme si sa voix se perdait à la fin de son souffle. Après tout, la situation était...inattendue, mais ça ne changeait rien aux problématiques, et il fallait garder l'esprit clair. Ce n'était déjà pas facile au quotidien.

"Tu es en bien piteux état, l'ami. Tu as essayé d'arrêter le Chevalier de la Mort tout seul ou quoi ?"

Allez, soyons fous ! C'est jour de fête puisque retrouvailles, alors le Shaman pouvait bien se risquer à l'humour, un léger sourire au coin des lèvres. Il referma en même temps son épais tome, parfaitement conscient qu'il n'aurait pas le temps de le lire...et que le climat ne s'y prêterait de toute façon pas aujourd'hui.
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Khar'a Mell
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Mer 1 Aoû - 10:54
Revoir Blaze mettait du baume au cœur de la minette, qui n'en pouvait à présent plus d'être aux anges. Elle avait beau l'avoir retrouvé dans un sale état, au moins était-il vivant. Lorsqu'elle repensait aux images horrifiques de la nuit, elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'elle avait de la chance.
Même Câto paraissait heureux de le revoir.

Khar'a avait toujours peur que les choses dérapent entre les deux hommes. Elle aimait les deux, mais elle ne savait pas trop ce que pensaient les deux hommes l'un de l'autre. Elle se souvenait avoir brièvement cru qu'ils étaient amoureux l'un de l'autre, mais maintenant qu'elle savait qu'ils en pinçaient tout les deux pour elle, elle craignait toujours que l'un ne soit jaloux de l'autre à un moment donné. Ce moment n'étant visiblement pas arrivé, elle poussa un soupire de soulagement tandis que l'aubergiste acceptait la monnaie de Blaze et lui servait quelque chose de chaud.

Puis… Câto lui rappela qu'elle avait oublié un truc.

- Ah oui zut !

Elle se précipita à l'extérieur, après un dernier regard sur les deux hommes toutefois afin de s'assurer que Blaze attaquait bien son petit déjeuner, puis elle plissa les yeux à la recherche du fameux bandeau.

Il lui fallut un moment pour le repérer. Les nuages étaient toujours assez bas, et le sol était boueux. Finalement, elle aperçut un éclat métallique plus loin, en dehors du porche de l'auberge, et s'y dirigea pour vérifier son hypothèse. Il s'agissait bien du bandeau perdu, maltraité par la pluie et la terre. Il était encore plus sale que Blaze. Elle le ramassa entre le pouce et l'index avec une petite grimace, puis elle l'essuya aussi bien que possible dans une touffe d'herbe trempée avant de le ramener a l'intérieur de l'auberge pour le déposer sur la table.

- Je crois qu'il va falloir le laver mieux que ça.

Elle se tourna ensuite vers Blaze, le regard chargé de curiosité.

- Alors, racontes-nous tout ! Comment tu t'es retrouvé dans un tel état ?


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Blaze Kazeroi
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Mer 1 Aoû - 13:43


La condition humaine est étrange dans le sens que Blaze ne s’était jamais aussi bien senti depuis longtemps, même avant d’avoir retrouvé ses deux. Pourtant son état physique était une sorte de haut et de bas. Mais une chose était sûr, il avait faim. Une seconde surprise, putain son nom ! Catô avait, avec une précision un peu approximative, prononcé correctement son nom ! Cela lui arracha un petit rire discret à la fois moqueur et reconnaissant. La mention d’un bandeau fit hausser le sourcil du bretteur, lui-même en aurait bien besoin considérant sa chevelure sauvage poussiéreuse, et sur l’ordre la Laguz se rua dehors alors que son propre plat arrivait.

S’installant en face de Catô, il s’étouffa un instant à la mention de Death, envoyant une expression à la fois inquiète mais aussi mystérieuse. Evitant le sujet, il commença à dévorer son brunch, mais ses manières n’étaient pas exactement celle d’un clochard, utilisant correctement couvert et serviette. Merci Mysti ? Khar’a revint tout aussi rapidement avec le bandeau en pire état que lui, comme si c’était possible !

« Hum… *nom*. Ce qui s’est passé… *glup* Death a attaqué une autre ville. » dit-il entre deux bouchées, trouvant qu’au final, le dire naturellement serait bien plus simple que de cacher la vérité. Et puis pour quelle raison il le ferait ? Sauvegarder un honneur inexistant ? Les inquiéter de façon inutile ?


« J’ai tenté de m’infiltrer dans une bande de fanatique qui le servait. Avec ça. » Il sortit le masque en bois à la forme de crâne qui couvre le bas du visage. Il s’amusa un instant à le mettre en essayant ses yeux les plus intimidants possibles, pour le reposer en rigolant. « Finalement, Death jeta son dévolu sur une pauvre petite ville isolée, j’ai retourné ma veste pour défendre du mieux possible la ville mais… On va dire qu’on a évité l’annihilation totale, pour un massacre… »

Grâce à ses efforts, certaines vies innocentes ont pû être épargnés, mais beaucoup d’autres ont été perdu à jamais. « Je n’ai pas le force d’arrêter une armée mais… Au moins, j’ai réussi à sauver quelques personnes. C’est maigre, mais c’est déjà cela. » Cet échec aurait dû lui peser dessus, mais il avait réussi à se satisfaire que sa survie, et celle de quelques autres, étaient déjà une victoire en soit. Il finit très rapidement son repas, tapotant son ventre.


« C’est déjà mieux. Patron, il y a moyen de prendre un bain ? »  Le patron en question lui indiquait d’aller à l’étage, il y avait une salle appropriée avec un feu pour chauffer de l’eau et tout le reste. « Parfait. »

Prenant toutes ses affaires et reposant le plateau sur la table du teneur de l’auberge, il soupira pour se reposer une dernière fois sur la table pour terminer son histoire.

« Après avoir fui la ville, les fanatiques de Death ont pris à cœur de me punir pour ma trahison, mais ce sont des idiots, autant de le suivre que de se croire capable de m’arrêter. Héhéhé. » Il ne serait plus Blaze s’il ne se montrait pas quelque peu arrogant, ces récentes performances en combat ayant renforcé son assurance de quelque peu. « J’ai réussi à leur échapper après un bout de temps, et me voilà en présence de mon entourage préféré. Sur ce, je file me rendre présentable… Si vous avez quelque chose à laver, autant faire d’une pierre deux coups. »
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Ven 3 Aoû - 12:26
Khar'a lui ramena son bandana, et Catô grimaça en voyant l'état déplorable de l'étoffe. Trempée et couverte de boue, il allait lui falloir trois plombes pour le récurer. Enfin, ça lui ferait faire autre chose que se tuer la santé à éplucher encore et encore ses pesants tomes.
Puis Blaze leur raconta un peu ses dernières aventures. Que Death ait attaqué une nouvelle ville, ça, tout le monde le savait...par contre ils tombèrent des nues ensuite. Le rouquin était clairement un idiot qui ne mesurait pas un instant la valeur de sa vie et les risques qu'il encourrait...mais là, il raflait le pompon.

Tandis que l'épéiste paraissait très satisfait - à juste titre - d'avoir pu sauver quelques personnes, quitte à en tuer d'autres hélas, mais on va se faire une raison, le magicien était lui consterné. Dans l'esprit de Catô, Death était tout simplement une espèce de surhomme, de démon, voire de dieu maléfique capricieux venu détruire le monde...et voilà que ce couillon pour lequel s'inquiétait tellement Khar'a allait lui courir aux miches !
Bon, il ne paraissait pas aussi confiant qu'il voulait en donner l'air. Blaze avait beau parler avec désinvolture et se satisfaire d'avoir réussi à éliminer ses poursuivants, moyennant quelques dommages lui donnant l'air d'un pouilleux fini et le shaman finit par se prendre le visage dans les mains, cherchant la meilleure chose à lui répondre.


"Je suis content que tu t'en sois sorti entier...mais à trop jouer avec la chance, tu finiras par rendre Khar'a malheureuse."

Le magicien ne pouvait tout simplement pas le féliciter d'avoir mis bêtement sa vie en danger, et encore moins d'avoir tué de nombreuses personnes et d'en être fier. Pour lui, la vie était trop précieuse pour être considérée avec si peu de légèreté, et déplorait toujours profondément que quiconque soit obligé d'en prendre une autre.
Même pour des êtres si misérables que les fanatiques. Il n'était pas un grand sociologue, mais était un observateur réfléchi et ne pouvait pas envisager que quelqu'un qui suivre un avatar de la destruction...comme ça, sans raison. Si le Chevalier de la Mort avait autant d'adeptes, c'est que ces fidèles considéraient qu'il allait changer le monde en quelque chose de meilleur, de plus juste.
Autrement dit, si on pouvait trouver leur motivation...on pouvait peut-être la changer, et priver le fléau de la vie de ses séides, et au passage éviter un nouveau conflit de grande ampleur. Et ce n'était certainement pas à coup d'épée qu'on allait changer les choses, au contraire. Répondre par la violence les conforterait sûrement juste sur leurs positions...
Mais tout ça, le shaman ne pouvait pas le leur dire. Que ce soit car il avait du mal à formuler ses idées que parce que ses compagnons risquaient de ne pas adhérer à sa logique.


"Enfin...ce qui est fait est fait, c'est à l'avenir qu'il faut songer soupira le magicien qui recommençait à avoir la migraine et surtout à ce que nous pouvons faire."

Frustré de ne rien pouvoir faire, une fois de plus, en dépit de son "savoir", Catô se morigéna et tendit son bandeau crotté de boue au bretteur.

"Si tu vas te décrasser, tu pourrais en faire de même pour ça ? J'en ai assez d'avoir les cheveux dans la figure quand je lis."

Ce qu'ils pouvaient accomplir aujourd'hui, avec leurs moyens...c'était de prendre soin d'eux et nettoyer un peu leur équipement. Ce serait déjà une bonne chose de faite, même un long chemin se fait par de petits pas.
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Khar'a Mell
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Ven 3 Aoû - 12:52
Khar'a avait écouté le récit de Blaze avec attention. Et plus il parlait, plus elle devenait pâle. Elle visualisait tout. Death et son armée de morts-vivants qui attaquaient une ville, Blaze qui se battait, qui risquait la mort, encore et encore… Elle avait beau ne jamais avoir rencontré Death, elle savait ce qu'on en disait, un guerrier impressionnant dans une armure noire. Dans la tête de la minette, il prenait les traits de Burnagore. Finalement, lorsque le bretteur cessa enfin de parler, la minette se leva dans la précipitation, les doigts crispés sur la table.

Les mots qu'échangeaient le mage noir avec le bretteur lui parvenaient de très loin tant elle avait du mal à appréhender la connerie monumentale dont avait fait preuve ce dernier.

- Je… tu…

Et elle partit. La main de Khar'a se leva et s'abattit avec une force magistrale sur la joue du bretteur. Elle en avait les larmes aux yeux. Elle s'inquiétait, elle en faisait des cauchemars, chaque instant qui passait elle craignait que Blaze ne perde la vie, et cet idiot, cet inconscient, se jetait littéralement dans la gueule du loup et lui demandait de refermer les mâchoires ! Elle en tremblait tellement de rage qu'elle était parfaitement incapable d'articuler un mot.

Finalement, après plusieurs longues secondes à dévisager Blaze, elle tourna les talons et se dirigea vers la porte du fond de l'auberge pour monter dans la chambre qu'elle avait partagé avec Câto.

Elle monta les marches comme une furie, le bruit de ses pas résonnant longtemps dans la petite pièce de l'auberge. Elle réveilla même quelques dormeurs tardifs qui protestèrent sur son passage, mais elle s'en moquait. Elle claqua la porte derrière elle une fois dans sa chambre et fila s'asseoir sur le lit, le cœur lourd. Elle replia ses genoux contre elle pour les enserrer de ses bras, n'en revenant toujours pas qu'il ait couru au suicide sans se soucier de rien.

Elle en avait même les larmes aux yeux. Et elle tournait et retournait inlassablement ses pensées, s'enfonçant dans un cercle vicieux ou elle entretenait son angoisse et sa colère, ressassant tout ce qu'elle avait envie de cracher à la face du bretteur. Que c'était un idiot, un crétin suicidaire, un abruti finit, et d'autres mots biens plus éloquents.


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Blaze Kazeroi
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Ven 3 Aoû - 13:59


S’il y a une logique derrière beaucoup de chose, Blaze en fait généralement exception si ce n’est le fait qu’il est une contradiction vivante. Contrairement à ce que les expressions inquiètes de ses compagnons laissent penser, il aime vivre, bon dieu qu’il tient à survivre assez longtemps pour profiter de ce genre de retrouvaille. Mais de l’autre, il a déjà vu la personne la plus importante à ses yeux mourir dans ses bras par son impuissance, ceci vous laisse une marque à vie et cette marque se traduit par une volonté de sauver du mieux qu’il peut. Ainsi, le calcul du danger et des risques est devenu une partie intégrante de son raisonnement dangereux, ce qui pose un véritable souci : gérer ses limites et les comprendre.

Catô parlait de chance, et il y a une certaine vérité dans ses paroles : à trop tirer la chance, on finit par finir à court, mais vous savez ce qu’on a de façon consistante ? Des compétences, et Blaze les tenait, depuis cet évènement, plutôt en haute estime. Il hocha la tête à Catô, conscient que cela l’inquiétait. Et du moins, il fallait en effet se concentrer sur ce qu’on pouvait faire… Prenant le bandana, il regarda un instant Khar’a…


(Je connais ce regard… cette inquiétude…)



Une claque monstrueuse lui vint dessus, marquant de blanc sa joue tant l’impact fut violent. Relevant doucement son visage, il ne se montra ni surprit ni attristé mais… déçu. Déçu de lui-même et de Khar’a également. Il soutint le regard avec sa propre détermination, se montrant vrai à ses mots. Il n’éprouvait pas de regret, ayant lui-même survécu et d’autres personnes à l’horreur que fut Death… Alors que la Laguz prit la fuite vers le dessus dans un tonnerre de brest, Blaze soupira et se frotta la nuque avant de parler à Catô.

« Elle comprendra, je l’espère… Si personne ne fait rien, alors nous méritons de finir en poussière. J’aurais pu éviter tout cela, revenir à vous mais… est-ce que je serais moi-même ? J’aurais la mort de chacune des personnes de la ville sur la conscience… Tu dois te dire que je ne suis qu’un meurtrier et tu as raison, mais c’est parce que chaque vie que je prends me pèse que j’utilise ce triste art de tuer pour sauver ceux qui ne peuvent se protéger… »



Se relevant et se frottant la joue un peu plus, Khar’a ne l’avait vraiment pas manqué… Mais il se décida enfin à monter. « Dis-lui qu’à aucun moment, je ne l’ai oublié, toi et elle, et que si ma vie aurait été devant un danger que je ne pouvais pas maîtriser, j’aurais pris la fuite. Je veux sauver les innocents Catô, mais je ne peux pas le faire sans me mettre un tant soit peu en danger… »



(Elle comprendra, elle le doit…) Ou alors Blaze devra les quitter, pour son rêve, sa volonté d’unir et sauver les autres, ne mérite pas sa place ici… Comment leur dire ??? Comment dire à Khar’a que malgré le feu du combat, le sang, la rage, la furie, il pensait à elle dans le fond de son esprit, et que mourir n’était pas une option. Comment leur dire qu’il maitrise ces risques, car la volonté de les revoir l’y pousse ??? Comment leur dire qu’après avoir vu sa mère mourir dans ses bras, il ne pouvait pas simplement laisser les choses se passer sans… tenter quelque chose ???

« Peut-être ont-ils raison, je suis fou ? … » dit-il pour lui-même en remontant pour aller prendre un bain. Le long processus commença, profitant de sa trempette pour coudre les trous de ses vêtements. Ses cheveux retrouvant doucement leur éclat écarlate flamboyant, ses traits redevenant un peu plus jeune, et sa barbe rousse retrouvant sa couleur d’origine. Pour finalement être rétrécit en un petit bouc court et naissant, mais épais. Ce moment de détente le laissa se refléter sur lui-même et réellement se reposer pour la première fois depuis l’évènement avec Death…
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Lun 6 Aoû - 17:21
Hé bien, après ça on ne pouvait pas douter du caractère finalement bien trempé de la gentille Khar'a. Choquée, effarée jusqu'à en perdre tous ses mots par l'aplomb et la stupidité du bretteur, la minette ne trouva finalement rien d'autre à répondre qu'une magistrale claque qui fit grimacer Catô. Mieux valait pour lui ne jamais en mériter une pareille, le shaman n'était pas sûr de pouvoir s'en relever.
Ce qui n'arrangea rien, c'est la complainte de Blaze. De toute évidence, il ne regrettait rien...mais cherchait au pire une justification, une excuse, la cachant sous la pseudo-poésie philosophique. Évidemment qu'il faut se battre pour les causes qu'on pense juste, qu'il faut protéger ceux qui ne peuvent pas le faire d'eux-même ! N'importe qui n'étant pas fondamentalement un trou du cul pensera la même chose...
Sauf qu'il y a une manière de l'annoncer, et une autre de le faire. Défendre quelques paysans contre des bandits, c'est une chose noble. Penser être capable de changer la donne face au terrible Death et son armée de fous furieux, ça en est une autre. D'autant que le rouquin formulait ses pensées de telles sortes que le magicien le comprenait clairement comme "j'suis l'meilleur et eux savent rien faire, alors bon j'ai raison et elle l'acceptera parce que". Une attitude profondément stupide, égoïste, narcissique et prétentieuse, qui lui donnait envie de lui rétorquer "alors pourquoi t'es revenu la queue entre les jambes alors que la cité brûle ?"

Et puis bonjour le courage. Il est capable d'aller risquer sa vie pour le frisson du danger, mais est pas foutu d'assumer ce qu'il a fait devant la nana qu'il convoite. Le mage noir sentait sa tension monter, et cela lui flanquait des vertiges. Heureusement qu'il était déjà assis ! Cela dit, il préféra ne rien répondre, conscient que cela ne changerait rien tout d'abord, et qu'il était bien trop fébrile pour trouver les mots justes.
Se précipiter, et faire des erreurs bêtes ayant pour résultat des conséquences désastreuses...c'était l'apanage des flambeurs comme Blaze, et il le leur laissait bien volontiers. Il lui souhaita toutefois un bon récurage lorsqu'il monta prendre un bain.

Pendant quelques minutes, le jeune Sicarius resta accoudé à la table, le visage dans les mains. Est-ce que sa vision utopique du monde pouvait vraiment changer quelque chose ? Qu'est-ce que son pacifisme pouvait bien opposer à la recrudescence de la violence ? Sa magie noire qu'il n'utilisait jamais pouvait elle apporter quoique ce soit à son idéal ? Si l'épée est une arme, son livre l'est également...mais à quoi sert une arme dont on ne fait rien, sinon chercher en vain une explication ?
Catô était convaincu que le bretteur avait tort, dans ses agissements et l'interprétation qu'il faisait de lui-même. Il était bien trop pressé de faire couler le sang, avec bien moins de remords qu'il ne le prétendait...et ce n'était pas à lui d'en payer les pots cassés, mais aux familles de ses victimes...et maintenant à Khar'a. La pauvre minette était une peluche, adorable et douce, qui se faisait beaucoup de soucis pour l'avenir et ses amis.
Comme eux tous, elle était très frustrée de ne rien pouvoir faire de réellement utile, qui puisse changer les choses. Catô faisait le plus souvent de son mieux pour lui changer les idées, la rassurer, lui dire qu'un jour le vent tournera en leur faveur à tous et qu'il fallait prendre son mal en patience d'ici là. Jour après jour, il s'efforçait de l'accoutumer aux Beorcs alors que les vieilles rancunes ressortaient. Contrairement au bretteur, qui incapable d'attendre la bonne opportunité fonçait tête baissée dans le premier danger.

En cela, il voulait pouvoir croire. Qu'un petit couple d'un humain et d'une chatte puissent montrer l'exemple, que la violence et la haine ne sont ni innées, ni la réponse. En repesant sa phrase, le sorcier se sentit rougir comme un idiot, tout seul à sa table. Il s'était tant et si bien habitué au caractère envahissant et tactile de Khar'a, et appréciant à ce point sa présence qu'il en venait à se considérer comme un couple.
Après tout, qu'est-ce que ça changerait ? Par rapport à actuellement, si ce n'est faire tomber quelques stupides barrières de gêne... C'est vrai, la Laguz n'était pas pudique et ils dormaient déjà le plus souvent l'un contre l'autre, sauf lorsqu'il faisait trop chaud.
Il rougit de plus belle en songeant au prochain "pallier" à franchir, et se dit qu'il était grand temps de faire quelque chose au lieu de ruminer ses idées tout seul !

Avec un peu de difficulté, comme toujours, même si sa tension était retombée, le magicien se leva et grimpa calmement les marches menant à la chambre. L'une après l'autre, en se tenant à la rambarde, Catô arriva finalement devant la porte et toqua doucement en signalant que c'était lui. Il attendit une réponse autre qu'un "casse-toi !" avant d'entrer, avec son habituelle lenteur.
Le spectacle était misérable...la pauvre chatte était en sanglots, roulée sur elle-même, et ça n'augurait rien de bon. Il vint s'asseoir sur le lit, près d'elle, et toussota - le surplus d'émotions en peu de temps lui serrant la poitrine - avant de tendre la main pour lui caresser la tête.


Tu sais, à propos de Blaize...

Pendant quelques secondes, il suspendit sa phrase. Quelques minuscules et interminables secondes où une horrible tentation lui tendit les bras. Catô réalisa qu'il suffirait d'une poignée de mots, à peine une phrase, pour déclencher une tempête.
En l'espace de quelques souffles, il pouvait certainement briser le coeur de la Laguz qui irait certainement s'emporter contre le rouquin qui se braquerait à son tour à sa manière...et s'assurer de créer un véritable fossé entre eux, qu'ils ne combleront jamais.
Avec un minimum d'efforts, alors que l'un comme l'autre sont vulnérables...il pouvait s'accaparer Khar'a, la garder pour lui et lui seul et régler définitivement la question de leur étrange relation. Qui plus est, le Shaman était prêt à parier que l'autre imbécile s'empressait de plus belle de courir à sa mort - et de s'assurer d'y rester cette fois - si sa précieuse petite Laguz qu'il faisait pleurer le rejetait violemment en le traitant de tous les noms.
Il pouvait posséder la jolie minette, sans craindre de la perdre un jour car un autre aura été moins timide au bon moment. La dompter, la voler rien que pour lui...tout comme il avait volé cette vie, en manquant payer de la sienne en pensant pouvoir posséder la magie. Faire en sorte qu'elle soit toujours là pour lui, le petit sorcier fragile qui avait tant besoin de soutien.
Avec un profond soupir, et prêt à faire face aux conséquences...le Shaman poursuivit.


"C'est le plus gros imbécile que j'ai jamais vu. Tellement stupide que je commence à penser qu'il attend inconsciemment que quelqu'un lui impose des limites."

Cela ne le surprendrait même pas à vrai dire, car quand on est aussi obsédé par la fuite en avant et le défi, c'est que quelque chose ne tourne vraiment pas rond. Mais Catô ne s'interrompit pas plus longtemps, et laissa sa main glisser ses cheveux roses de la minette jusqu'à sa joue, appréciant sincèrement sa douceur par ce geste, qu'il ne faisait décidément que trop rarement.
Il lui sourit un peu. Un peu tristement, un peu tendrement, à mi-chemin entre l'envie de la rendre heureuse et la peur de la voir partir pour quelqu'un qu'il estimait trop dangereux pour elle...mais elle avait besoin de l'entendre, et le sorcier espérait sincèrement que ce qu'il allait dire était vrai, et mûrement réfléchi de la part de l'intéressé.


"Mais tu sais ce qu'on dit. L'amour rend idiot !"

Il aurait voulu en rire...mais n'y parvint pas. Quelle que soit la tournure que prendraient les événements, les choses allaient changer. Le magicien sentait qu'un cap serait passé ce soir, qu'une décision sera prise...et ignorant en faveur de qui elle tournera, il ne pouvait s'empêcher d'angoisser.
Nerveux, Catô fit de son mieux pour ne pas laisser sa voix trembler et empêcha sa main d'en faire autant en la glissant derrière la nuque de la féline pour la gratouiller doucement.


"Il voulait que je te passe un message...mais c'est pas parce qu'on m'a appelé "le corbeau" que je suis un pigeon voyageur dit-il, se demandant s'il devait sourire à son propre humour ou se mettre une claque pour la peine t'iras lui demander de te raconter de lui-même ce qu'il a sur le coeur...mais en attendant, arrêtes de pleurer, s'il te plaît. Ça ne te va vraiment pas, ma p'tite Khar'a..."

Et merde, voilà qu'il tombait dans le romantisme à l'eau-de-rose maintenant. Décidément, les histoires d'amour ça ne réussit à personne ! Le bretteur devient stupide, la Laguz finit en larmes et le shaman se fait tout mielleux...beurk. M'enfin, ce n'était sûrement pas le moment d'essayer de reprendre sa phrase...
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Khar'a Mell
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Mar 7 Aoû - 11:47
Plus les secondes s'égrenaient, et plus Khar'a se demandait quand Blaze allait arriver pour lui présenter ses excuses. Elle l'espérait à vrai dire. On ne pouvait pas être aussi idiot et ne pas le réaliser. Bien entendu, Khar'a n'avait rien contre le fait de protéger les innocents, mais fallait-il absolument que ce soit à Blaze de s'en occuper ? Et devait-il absolument utiliser des méthodes aussi dangereuses ? Et puis, il parlait de tuer des gens avec une telle légèreté, Khar'a ne se retrouvait pas dans certains propos du bretteur…

Finalement, lorsque la porte s'ouvrit, elle releva les yeux dans un geste vif, espérant voir enfin Blaze, avec la mine au moins un peu contrite… Mais il s'agissait de Câto. Elle poussa un soupire et baissa à nouveau les yeux, se demandant ce qu'il pouvait bien faire là alors que c'était à Blaze de s'excuser. Elle fit la moue, laissant Câto venir s'installer a coté d'elle sur le lit.

Le commentaire que le chaman fit sur Blaze était tout à fait pertinent. Cela rassurait Khar'a, quelque part, de ne pas être la seule à penser ainsi. Elle se rapprocha un peu du jeune homme pour se rouler en boule contre lui, à la recherche d'un contact rassurant, tandis qu'il passait ses doigt sur sa joue. Elle releva légèrement la tête vers lui, les yeux encore brillants de ses larmes. Elle voyait bien qu'il s'efforçait de faire quelque chose pour qu'elle se sente moins triste, et elle sentit son cœur s'apaiser lorsqu'il se força à sourire. Car même si elle se rendait parfaitement compte qu'il se forçait, le fait qu'il fit cet effort lui faisait plaisir.

Il dit encore quelques mots, qu'elle n'entendit pas vraiment, subjuguée par la situation dans laquelle ils se trouvaient. Elle ne pouvait pas détacher ses yeux du visage de Câto, et en particulier de sa bouche, qui lui donnaient l'impression de bouger au ralenti. En particulier lorsqu'il glissa sa main sur sa nuque, elle commença à se sentir toute chose, espérant qu'ils sauteraient enfin le pas, qu'ils feraient quelque chose qu'elle attendait depuis trop longtemps maintenant…

Mais il se contenta de la gratouiller légèrement, montrant par là qu'il ne souhaitait pas aller plus loin. La minette se rembrunit, sembla revenir à la réalité et baissa les yeux à nouveau, visiblement contrariée. Du coup, elle fit plus attention aux derniers mots du chaman, qui lui disait que Blaze voulait lui dire un truc. Bah parfait ! Elle irait à la pêche aux informations, puisque Câto ne voulait pas l'embrasser ! Furieuse, elle bondit du lit et sortit de la chambre, claquant quand-même la porte derrière elle pour bien montrer qu'elle était fâchée, puis elle leva le nez et pista l'odeur de Blaze jusqu'à la salle d'eau pour l'ouvrir elle aussi à la volée.

- Hey, Baize ! Parait que t'as un truc à me dire ?

Rien à faire qu'il soit à poil en train de se laver, et elle avait volontairement déformé son prénom comme le faisait habituellement Câto, juste pour l'énerver. Ah, elle n'avait pas envie de leur faire plaisir aux deux là !


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Blaze Kazeroi
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Mar 7 Aoû - 13:57
Si l’on pouvait être certain d’une chose, c’est que les récents évènements ont changé Blaze, mais de quelle façon, lui-même ne pouvait le dire. Toutefois, il retenait certains grands traits : Sa vision sur la vie s’était faite bien plus souple, l’acceptant comme un cycle, et aussi que survivre, c’est parfois, voir souvent, dévorer les autres. Au fait, avec le recul, cette attitude détendue s’était trop étendue sur sa personnalité. C’était sans doute pour cela que son attitude relaxée sur le fait qu’il ait prit tant de vie soit si mal perçu, et à juste raison. L’eau froide et le décrassage eut l’effet d’abaisser son armure, redevenant un instant cet enfant qui avait rencontré Khar’a et Kerorian pour la première fois… D’un côté, il se sentait un peu fier d’être devenu plus fort, mais de l’autre, il se rendait tristement compte que sa douceur avait été… affecté par ses voyages, perdu au profit d’un détachement envers des valeurs pourtant si fondamentales.

Il poussa un soupir de mécontentement. Etait-il réellement satisfait de l’homme qu’il devenait, et que dirait sa mère… Un œil sur son épée posé contre le mur, et il ne pouvait s’en retirer l’image d’une pluie de sang dessus. Prenant son visage lourdement entre ses mains, il se posa l’ultime question, était-il le même Blaze que Khar’a avait rencontré… Probablement pas exactement le même. Mais il était toujours le même sous la rouille, le sang et la sueur normalement. Peut-être qu’il était grand temps de redonner les reines à l’enfant et laisser le tueur se reposer.

C’était ça aussi la difficulté d’être adulte, rester ce qu’on est sans laisser le monde autour trop nous affecter. Alors qu’il était dans sa réflexion mentale, la porte claqua soudainement. Le réflexe fut instantané alors que Blaze se jeta hors du bain pour dégainer sa lame et la pointer vers l’intrus. On ne pouvait pas supprimer ce genre de chose une fois qu’on est sur la route et recherché. Lorsqu’il réalisa, presque aussi vite qu’il s’était jeté hors du bain, qu’il était dans son plus simple apparat, et que l’intrus en question était Khar’a, il lâcha tout simplement son épée qui retentis au sol pour se jeter au nouveau dans le bain pour se cacher un peu, un terrible rouge aux joues.

« T-tu aurais pût toquer… » Sa posture se fit immédiatement timide, cachant son corps et les nombreuses cicatrices, dont une grosse encore assez fraiche, probablement causé par une hache. « Pas toi aussi. » dit-il tout bas en référence au nom ignoble que Catô lui donnait. « Mais oui… »

Il tenta de s’installer de façon à ne pas trop se découvrir, bien que plus propre qu’avant, il manquait encore une petite touche et surtout, il était nu, à pwal comme on dit. Donc la confiance, l’arrogance et tout ce beau bazar, à la poubelle.

« Déjà… Pardon d’avoir fait sans te prévenir et t’inquiéter. C’eétait égoïste, inconscient, et dangereux. Mais je ne pouvais pas non plus fuir comme la dernière fois… La dernière fois, j’ai eu tellement peur pour toi quand j’ai vu les morts se relever, que j’en suis devenu fou. Je ne pouvais simplement pas laisser cela arriver encore. Et quelle meilleure manière de tenir un danger à l’œil qu’ainsi ? »

Des justifications, encore des justifications, mais ça vient du cœur cette fois. La dernière fois, Death avait presque rendu fou Blaze, le faisant sombrer dans un désespoir total, le tout sans l’avoir regardé une seule fois. Alors ce n’était que partie remise.


« Arf… excuse moi je m’exprime mal. J’en ai fait qu’à ma tête, à penser que je pouvais aider… Ça ne valait pas le coup mais… Je m’en serais voulu de ne pas avoir essayé d’au moins sauver une de ses pauvres personnes... »

Des excuses, ça ne ressemble pas à Blaze de courber l’échine si facilement, mais la vision d’une Khar’a colérique, au bord des larmes, est des plus désarmante et déstabilisante.

« Catô a raison sur ce point, je ne veux pas te rendre malheureuse Khar’a… Mais si personne ne se met en travers, si personne n’essaye, même du bout du doigt, qui arrêtera ces monstres… La providence ? Les gouvernements ? Si on veut s’en sortir, c’est en s’alliant, tous, Beorcs, Laguzs et Marqués. Ce n’est pas notre rêve ? »

Fourbe que tu es Blaze, de toucher cette corde. Ce rêve commun à vous trois, mais dont chacun semble vouloir prendre une différente route. Khar’a et Catô prônent la non-violence, et à ce titre, tu ne peux que respecter cette volonté. Mais tu as vu, le mal et le pire de l’homme, tu as vu… le combat. Là où tout se perd pour devenir hurlement, cri, sang, sueur. Tu connais la bête qui sommeille en chacun, même Khar’a, même Catô. Une forme de rage indescriptible qui peut te faire faire des choses si horribles que ton esprit se ferme à la raison et à la morale…

Sur ces paroles, Blaze reprit son petit lavage, faisant la plus grande attention à ne pas trop de montrer à Khar’a dans un mélange de timidité enfantine et de frayeur envers la potentielle fureur de la Laguz contre ses dires.
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Mar 7 Aoû - 15:53
Bah. Bah qu'est-ce qu'il a dit ? La minette lui avait fait le regard du chaton plaintif, puis d'un seul coup elle était repartie en mode berserker. Fallait pas lui dire que Blaze était amoureux d'elle ? Quoique pour le coup, Khar'a semblait lui en vouloir à lui, elle avait même failli faire s'écrouler l'auberge en claquant la porte si porte que ça lui vrilla les tympans.
M'enfin quoi ? Et puis...elle est partie voire le rouquin là ? Genre...pendant qu'il prend son bain ? Oulaaah ! Peut-être qu'il devrait aller surveiller ça de plus près. Mais après réflexion, est-ce qu'il est bien sage d'aller envahir un peu plus la baignoire du bretteur pendant qu'il est encore dedans ?

Profondément confus, le Shaman resta sur le matelas pour continuer à dénouer les événements, préférant ne pas être dans les parages si la minette continuait à tempêter à tout-va, et essayait de comprendre pourquoi elle s'était emportée contre lui. Elle s'était énervée parce qu'il lui parlait...mais est-ce que c'était à cause du fait qu'il lui ait parlé plutôt que de ce qu'il racontait ?
Naaan, c'était improbable...même si à la réflexion, ce n'était pas la première fois qu'il lui voyait ce regard. Elle le faisait depuis qu'ils avaient eu leur..."déclaration multiple" avec Blazie l'autre fois. Ça n'arrivait pas tout le temps, mais en général la Laguz semblait toute émoustillée, comme si...
...naaaaan...
Catô se redressa sur le matelas, se repassant l'expression de leur amie féline alors qu'il lui déblatérait un truc qu'elle écoutait qu'à moitié. Après coup, il se rappela sa tendance à être...de plus en plus tactile. C'était une adolescence après tout, qui plus est une femme-chat donc probablement hyper-sensible.

Mouise de mouise. Le magicien finit par conclure qu'elle voulait certainement plus qu'une petite caresse sur la joue. Et en se disant ça, il se traita allégrement d'imbécile, évidemment qu'elle voulait plus ! Ça fait des mois que c'était évident, et dans son état elle avait sûrement désespérément besoin d'un geste vraiment affectueux pour la réconfortant ! Et lui, grosse nouille qu'il était, il avait préféré ne pas s'imaginer profiter de la situation et lui avait dit qu'un autre l'aimait...
Mais quel con ! Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant ? Si le sorcier attendait son retour...et ça pouvait être long, elle lui ferait sûrement la gueule, profondément vexée. Sans parler d'aller se planter à la table au salon, il aurait juste l'air de se moquer totalement de la situation...et donc d'elle.

Catô soupira profondément, en comprenant ce qu'il allait devoir faire...s'excuser n'était pas un problème, après tout il n'avait rien compris à ce dont avait besoin la petite minette, ça ça va. Sauf qu'il fallait donc faire le premier pas, donc rejoindre Khar'a. Khar'a qui était probablement allée rejoindre le petit baigneur.
Sauf que c'était à lui de se la coltiner au quotidien, et il valait mieux ne pas se brouiller bêtement...alors le magicien se leva en soupirant encore, et se traîna les pieds jusqu'à la salle de bain qu'il découvrit - sans surprise - ouverte en grand. C'était la journée des baffes décidément.

Totalement blasé, le shaman regarda le bretteur. Le pauvre gusse paraissait à moitié mort de peur, comme le voulait la légende. "Il n'y a rien de pire que la colère d'une femme", en particulier lorsqu'on éprouve de forts sentiments pour elle et qu'on a fait une grosse connerie.
Il posa ensuite ses yeux sur Khar'a, sentant son humeur et sa tolérance chuter à grande vitesse. Chaque jour il se prenait la tête pour essayer de concilier le besoin de voyager et sa faible constitution sans être un poids pour la minette, en même temps qu'il devait jongler de diplomatie et de patience pour expliquer et convaincre les gens qu'ils rencontraient. Tout ça en étudiant tout ce qui pouvait lui tomber sur la main - autant dire presque rien car ces patelins de bouseux n'allaient pas offrir des ouvrages poussés - pour tenter de trouver une solution quelconque aux catastrophes qui déchirent le continent.
Alors les histoires de coeur, de philosophie, et de gestions des sensibilités ou des hormones, ça commençait à franchement lui péter les castagnettes.

Bordel, ils avaient tendance à l'oublier mais il était Daeinite lui aussi ! Ce n'était peut-être qu'un p'tit gars fragile et sympa...mais à la base, c'était un mage noir ! Il a passé le plus gros de sa formation au château de Nevassa et avait participé à la bataille finale contre les forces de Begnion, aux côtés de la Brigade d'argent.
Son peuple avait gagné la réputation de résoudre les conflits par la force et la volonté ! Pas par le chiâlage intensif lorsqu'ils se font emmerder par une gamine en chaleur !


"Khar'a." fit-il d'un ton sec dans son dos.

Il ne lui laissa pas le temps de répondre, de se plaindre et ne s'encombra pas de la finesse. Il était temps de reprendre les choses en main, et de laisser tomber la délicatesse à outrance, conscient par expérience des faiblesses des filles de ce genre.
Usant pour une fois de la force, Catô l'empoigna par les cheveux et lui renversa la tête en arrière pour l'embrasser à pleine bouche et enfin la combler pour qu'elle se calme...ou simplement la faire taire. Bien qu'à bout de nerfs, le magicien ne manqua pas de prendre note de la douceur texture humide de ses lèvres, et leur goût...particulier. Elle était légèrement différente des magiciennes Beorcs qu'il avait connu, mais n'était pas certain de savoir si c'était lié à son espèce ou non.
De toute façon, peu importe.


"Laisse Blazé se laver, et va attendre au salon." ordonna-t-il, sans attendre de réponse.

Il jeta un coup d'oeil au bretteur, et leva la main dans sa direction...en guise de salut ou d'excuse pour l'interruption en duo, puis le shaman quitta la salle d'eaux en se disant qu'il avait bien besoin d'un bain chaud lui aussi. Mais au lieu de redescendre, sentant que cette montée en pression risquait de lui flanquer un vertige, il retourna s'écrouler sur leur matelas et préféra fermer les yeux pour éviter de regarder la chambre tourner.
Ooooh...misère, mais qu'est-ce qu'il avait fait ? Dans quoi il venait de plonger les deux pieds devant ?
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Khar'a Mell
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Mar 7 Aoû - 16:45
Alors qu'elle écoutait Blaze déblatérer ses conneries, se chercher des justifications, elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il était sérieusement stupide. Elle avait mille et uns arguments à lui rétorquer, mais lorsqu'il fut enfin à court de mots et qu'elle put à son tour parler sans s'étrangler, elle le fusilla du regard, sans aucun égard pour sa nudité et sa gêne apparente. C'était son problème s'il était idiot après tout, et elle s'en moquait bien qu'il soit nu !

- Et si tu te fais tuer, tu pense pouvoir aider combien de gens ?

Ses yeux flamboyaient de toute sa fureur et son inquiétude. Son problème, ce n'était pas qu'il lui fasse de la peine. C'était simplement qu'il ne pense pas assez à survivre, plutôt qu'à jouer les héros.

- Quand tu sera mort, et que Death te changera en mort-vivant à sa botte, tu pense que tu va sauver beaucoup de vies ?

Sa main était toujours plaquée sur le bois de la porte, la maintenant grande ouverte. Elle qui était habituellement si douce, si compréhensible, ne parvenait pas à pardonner à Blaze son attitude suicidaire et son manque de considération pour sa propre vie. La sienne, mais aussi celle des autres, qu'il prenait sans un souci. Même les cultistes. Même les bandits. Le seul homme qu'elle avait été amenée à tuer était un bandit, et elle ne l'avait fait que pour abréger ses souffrances. Elle en faisait encore des cauchemars. Alors savoir que Blaze tranchait dans la chaire à longueur de temps la mettait profondément mal à l'aise.

- Je ne te demande pas d'arrêter de porter ton aide à ceux qui ne peuvent se défendre, je te demande de viser l'efficace plutôt que le spectaculaire ! Si tu tiens tant que ça à sauver tous ces gens, trouve plutôt un moyen pour empêcher définitivement les cavaliers de nuire, au lieux de te jeter sous leurs semelles avec un panneau "tuez moi" affiché sur le…

Elle fut interrompue dans sa diatribe par la voix de Câto derrière elle, qui la réduit immédiatement au silence. Elle avait capté quelque chose dans sa voix. Il n'était pas calme, comme à son habitude, il n'était pas posé, compréhensif… Mais dur, tranchant. Ce ton qu'il avait pris lui faisait froid dans le dos tant il contrastait avec le Câto habituel. Lentement, elle se retourna pour lui faire face alors qu'il se glissait à ses cotés et lui empoignait l'arrière du crâne…

Elle perdit ses jambes.

Alors que les lèvres du Shaman se posaient sur les siennes, elle eut l'impression que le monde se mettait à tourner autour d'elle comme une toupie, et elle tendit les mains pour se raccrocher au montant de la porte. Elle évitait de s'accrocher à lui, une petite voix encore vaguement rationnelle dans sa tête lui soufflant qu'il n'aurait pas apprécié la blague. Mais par les déesses, elle en mourrait d'envie !

Elle eut l'impression que le moment se prolongait, s'étirait, et elle profitait, chacune des fibres de son corps se tendant vers Câto alors qu'elle appréciait la douceur, la fermeté de ses lèvres contre les siennes. Un goût qui lui mettait l'eau à la bouche depuis des mois, et qu'elle pouvait enfin apprécier pour de bon…

Lorsque le Shaman rompit enfin leur baiser elle eut l'impression que ses jambes cessaient tout bonnement de la soutenir et elle tomba à genoux dans l'encadrement de la porte, tremblant comme une feuille. Oubliée la colère, oubliée la stupidité de Blaze, elle avait l'impression qu'elle avait des fourmis sur tout le corps et qu'elle n'arriverait plus jamais à se lever. Enfin… C'était sans doute faux, puisque lorsque Câto lui ordonna d'aller les attendre au salon, elle hocha vaguement la tête et se releva lentement.

- D...d'accord… Je… je vous attend en bas…

Lentement, un peu chancelante, elle attaqua la descente des escaliers en se tenant soigneusement à la rampe, puis elle s'installa à leur table où Câto avait laissé son livre. Elle se laissa tomber sur une chaise, le regard encore dans le vide, et s'affala contre son dossier, l'esprit encore plein de ce baiser que le Shaman venait de lui voler.

Son premier baiser.


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Blaze Kazeroi
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Mer 8 Aoû - 0:03


Plus de plainte, plus de mots prononcés sans avoir la moindre idée de ce qui s’était passé. Telle une tempête se préparant, l’impétueux bretteur écouta en silence la Laguz, aussi imperméable qu’un mur. Elle ne l’avait jamais vu dans la vie de tous les jours après tout. Certes, sa mort l’empêcherait de sauver d’autres personnes mais c’était un résonnement biaisé. Elle n’écouta pas, et si lui ressentait pleinement sa détresse, sa fureur et son inquiétude, son calme n’était visiblement pas aussi contagieux. Il aurait fallu qu’il revienne encore à moitié fou et en sang pour qu’ils aient une discussion sensée ?

Spectacu… Blaze se retint de se relever de son bain pour lui mettre une claque. Comment osait-elle dire ça… Alors qu’elle était dans un lit chaud, avec son petit Shaman, un bras sur qui se reposer, une âme avec qui partagé pain et mot, lui trainait dans la boue, à chercher désespérément à survivre tout en aidant ce qu’il peut. Avait-elle vu le massacre ? Le sang ? Le fanatisme dans les yeux de ces pauvres hommes qui ont décidé d’abandonner leur vie à Death ? Passait-elle un simple jour à se dire qu’elle pouvait mourir loin de ses proches ? Non, elle n’avait qu’à regarder à côté pour trouver un compagnon. Et lui sa compagne n’était qu’un pauvre bout d’acier…

Empêcher définitivement de nuire aux cavaliers, ce sont des grands mots venant d’une frêle Laguz. Les nations elle-même sont impuissantes devant elle, alors trouver une solution permanente est un lointain rêve. Toutes ses remarques, toute cette incompréhension, c’était Hatary à nouveau… Des laguzs jamais content, toujours à trouver du mal à ce qu’il faisait. Et quand ça vient de celle avec qui il pensait enfin pouvoir partager ses rêves, sa vulnérabilité et son cœur, cela blesse d’autant plus fort.

Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu de vraie conversation et pourtant il ne s’est jamais senti aussi seul… Khar’a brisait sa pauvre barrière mentale déjà à moitié abaissée, laissant un tumulte d’émotion bouillir en lui. De la rage devant l’incompréhension, une profonde tristesse d’être seul alors qu’il pensait enfin trouver des bras ouverts chez qui enfin reposer sa tête, un dépit dans le genre à quoi bon et une douleur. Une douleur perçante qui alimentait ce nuage d’émotion. L’impression d’être trahit. L’impression que ce pourquoi il avait survécu tout ce temps, n’était rien d’autre qu’un rêve éhonté. Car sans ça, il avait quoi ? Rien, pas de pays car ayant renier Hatary, pas de famille, pas d’ami fidèle, rien. Une triste épée…

Ce fut toutefois l’intervention du shaman de la façon la plus inattendu possible qui mit fin à cette discussion qui l’aurait bien donné envie de se jeter de la fenêtre s’il y en avait une. Blaze se contenta de rendre une expression maussade, dépourvue de toute confiance, joie et assurance. En gros, tout sauf lui. Un petit signe de main en remerciement toutefois avant d’enfin voir la Laguz partir pour lui redonner le silence et le calme. Incroyable comment quelques phrases blessent plus qu’une putain de hache en acier trempée. Toutefois, Blaze avait l’œil pour les détails, la frustration de Khar’a était certainement dû à plus que ses simples actions, dont il regrette désormais amèrement d’avoir mentionner. Cela aurait été tellement plus simple s’il avait fermé sa grande gueule mais bon, Hatarien un jour, Hatarien toujours, et jamais tu ne mens aux honnêtes.

Il finit dans la même attitude morose son bain, bien moins pressé de descendre. Vraiment, c’était un sacré coup de Catô, jamais le bretteur aurait pensé qu’il aurait eu les couilles de le faire… Si ça se trouve, ils l’ont déjà fait et dans ce cas, il n’était qu’une troisième roue indésirable. Chassant ses idées du mieux qu’il pouvait, sa main trouva le manche de l’épée qu’il avait fait tomber. Prenant méticuleusement le temps de la ranger, comme un rituel, il prit un instant pour s’observer dans le reflet de l’acier. N’obtenant aucune réponse (ah vous vous attendiez à trouver une réponse dans un reflet d’acier ?), il se rhabilla doucement et s’apprêta à descendre avant de regarder la porte entrouverte d’une chambre et le même mage totalement en position latérale de sécurité. Dans un petit soupir, Blaze entra.

« Je sais pas si un merci vaut l’état dans lequel ça t’a mis mais… Je m’y attendais pas, si t’étais pas si fragile physique tu aurais fait un grand guerrier. Aller, j’ai dit que tu pouvais t’appuyer sur moi quand t’avais besoin, je tiens à honorer cette promesse » dit-il en l’aidant à doucement se relever pour l’amener doucement dans le salon. Si une chose n’avait pas changé, c’est son état de fatigue extrême… Si Catô avait été également doué d’une condition physique plus que respectable, il aurait été probablement un excellent général, bien meilleur que Mysti de moins…

La Laguz semblait incroyablement rêveuse depuis le baiser, confirmant l’origine de la frustration. C’était un problème plus que délicat et Blaze lança un instant un regard inquiet et peu confiant envers Catô. Il s’était tapé ça tous les jours ? D’un côté, il était honoré qu’ils les aient attendu, peut-être, mais de l’autre, cela faisait… Oh putain.
Aidant Catô à s’assoir, Blaze fit de même dans un autre coin de la table pour observer les deux, d’un côté une Laguz dont les hormones devaient être absolument en ébullition, de l’autre un mec qui à la tête qui tourne après un putain de baiser…

(Maman, aide moi, je fais quoi là…)
D’un côté c’était la parfaite occasion d’expliquer exactement tout le déroulement du passage de Death, mais ce n’était visiblement pas le bon moment non plus…

« Alors… ça fait depuis combien de temps que c’est comme ça ? » dit-il sans ménagement pour briser la glace.
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Mer 8 Aoû - 0:39
Catô était encore un peu étourdi par sa brusque montée en tension. Il détestait ces violents rappels de son erreur, de sa folie; qui le hantaient continuellement jusqu'au coeur de la nuit...et surtout la terrible faiblesse qui le rongeait. Comment pouvait-il essayer de faire quoique ce soit alors qu'il était incapable même de s'énerver sans en payer le prix ?
Il releva faiblement la tête quand la porte s'ouvrit, doucement pour changer, et dut cligner des yeux plusieurs fois pour identifier Blaze qui avait eu le bon goût de se rhabiller avant d'entrer. Oui, car déjà que le magicien sentait qu'il allait avoir du mal à contenir Khar'a dans les semaines à venir, mais si par malheur elle apercevait le rouquin rejoindre la queue à l'air le sorcier sur son lit...alors il faudrait probablement déclencher l'alerte inondation.

Au moins, s'il était stupide et qu'on ne pouvait rien y faire, le bretteur avait le mérite d'être franc et de faire de son mieux pour être sympathique, quoique Catô ronchonna en grimaçant à ce qui ressemblait un compliment alors qu'il acceptait bien volontiers l'aide de l'Hatarien.


"Et qu'est-ce que j'y aurais gagné..?""

Une épée n'était qu'une épée, et ceux qui les maniaient étaient peut-être plus impressionnants au quotidien. Plus forts, véloces, engagés...mais le Shaman était convaincu que le savoir était le seul véritable pouvoir, et que les bretteurs comme Blaize n'arriveraient jamais à rien de concret sans un cerveau pour orchestrer leurs combats.
Le magicien n'ajouta rien d'autre, préférant continuer à reprendre ses esprits jusqu'à ce qu'on le dépose sur la chaise, où il s'avachit immédiatement. Bon sang, quelle plaie d'être aussi faible ! Même s'il n'était pas vraiment orgueilleux, le sorcier avait absolument horreur d'être un boulet pour son entourage.

Au moins, ça commençait à aller mieux. Bien qu'il ait encore la tête sensible, et que les mouvements un peu trop vif tendaient à flouer les contours de sa vision, Catô pouvait à nouveau prendre conscience de son environnement et...et Khar'a semblait dangereusement charmée. Ouaip, les prochaines semaines allaient être...très très dures.
Et puis le bretteur posa une question que le sorcier se repassa plusieurs fois en tête pour être sûr de la comprendre. Sauf qu'au final, il ne réussit qu'à en tirer deux possibles sens sans pouvoir les départager. Allons bon, dans quel pétrin il allait encore se fourrer. Bah, ça vaut mieux que parler du pire et de ce qui pourrait arriver.
Savourons un peu le présent, puisqu'il n'est pas si mal.


"Hmm...ça dépend, si tu parles de mon état, depuis les combats à Nevassa...pour la libération de Daein il prit quelques secondes pour respirer et se redresser. Une mauvaise position l'épuisait encore plus, au lieu de le retaper. Puis il désigna Khar'a du pouce "et si tu parles de "ça"...je dirais que ça évolue depuis la dernière fois..."

Il prenait soin d'éviter de trop mentionner explicitement leur relation, de peur de déclencher un sursaut quelconque chez la Laguz qui risquait de prendre des tournures dramatiques. Déjà que suivre une discussion, si elle se prolongeait trop, allait être compliqué pour le magicien, mais contenir une féline hystérique dépasserait de très loin ses limites.
Sauf qu'un peu à l'ouest, il laissa sa bienveillance naturelle refaire surface et il se tourna vers ladite minette.


"Et toi, ça va ? T'as l'air toute bizarre..."

Et merde...pour l'évitement du sujet, on repassera. Le plus gros problème de la fatigue, c'est la confusion qu'elle induit, car on se retrouve à poser les questions les plus contreproductives du monde alors même qu'on se résolvait trente secondes plus tôt de ne pas le faire.
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Khar'a Mell
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Mer 8 Aoû - 8:16
Tandis que les deux garçons descendaient enfin et se posaient à table avec eux, Khar'a restait rêveuse, passant distraitement la pulpe de son pouce sur ses lèvres, comme si elle tentait de raviver, ou du moins de conserver le plus longtemps possible, la sensation que ce baiser lui avait procuré. Bien entendu, il y en avait eu des bisous. Sur le front ou sur la joue principalement. Mais alors celui-ci… Il l'avait rendue toute chose, elle avait eu l'impression que le monde entier s'était effacé l'espace de quelques délicieuses secondes, et elle voulait conserver ce souvenir, le chérir, aussi longtemps que possible.

Finalement, ce fut Blaze qui rompit le silence avec une question on ne peut plus vague. Encore sous le coup de son baiser, les paroles du rouquin mirent un moment à faire leur temps dans son esprit, le temps pour Câto de répondre comme il le pouvait à ces mots très ambiguës. Mais comme elle n'avait pas l'impression que la question lui était adressée, elle ne prit pas franchement le temps de s'y attarder, encore légèrement sous le choc. Et puis finalement, elle fut obligée de sortir de sa torpeur lorsque Câto lui adressa réellement la parole.

- Hein ? Que..?

Si elle allait bien ? Si elle était toute bizarre ? Et bien… Les deux en réalité. Elle poussa un lourd soupire et se laissa s'avachir sur la table, les bras tendus en avant entre les deux hommes, et elle ferma les yeux le temps de chercher une réponse satisfaisante.
Ouais, elle réfléchissait pas souvent avant de parler, mais là elle en avait bien besoin crénom !

Finalement, elle entrouvrit les yeux et les posa tour à tour sur le mage noir et sur le bretteur, avant de se fixer à nouveau sur Câto pour ne plus en bouger cette fois.

- C'était mon touuut premier baiser tu sais ?

Elle prit encore un instant pour choisir les mots qu'elle allait prononcer ensuite, incertaine quand à l'impact qu'ils auraient sur les deux hommes de sa vie.

- Du coup je sais pas si c'est normal, j'ai des fourmis dans les jambes, j'ai l'impression que j'arrive plus à tenir debout et j'ai le cœur qui bat très très très fort… C'est pas inquiétant hein..? Parce-que c'est agréable…

…Ouais, son discour était assez décousu. Laissant son regard dériver, elle posa à nouveau les yeux sur Blaze et se dit qu'elle avait quand-même été vachement dure avec lui. Bon, c'était un crétin finit, qui lui donnait plus l'impression de chercher à se battre à tout prix, mais il n'avait pas mérité un tel déferlement de colère… Enfin si, mais elle s'était montrée vraiment mesquine en le dérangeant dans son bain et en déformant son prénom, elle n'aurait pas dû. Surtout qu'à ce moment-là, elle était autant en colère contre Câto que contre Blaze, et ce dernier en avait fait les frais.

- Brrr… Désolée de t'avoir sauté dessus comme ça tout à l'heure… Mais t'as été très con aussi. T'aurais pu mourir… Et quand tu sera mort, tu pourras plus aider personne… Et puis, je m'inquiète pour toi…

Et elle s'inquiétait d'autant plus que la dernière fois qu'ils s'étaient vus, il semblait réellement au bout de sa vie, avec sa lame ensanglantée et son regard vide. Elle en avait encore froid dans le dos, et elle ne voulait pas que le si gentil bretteur qu'elle avait rencontré près de cette cascade, en cette nuit merveilleusement bienfaitrice, ne devienne un monstre sans âme.

- Et puis… Ca me fait peur aussi… J'ai l'impression qu'à chaque fois que je te vois, tu as moins de scrupules qu'avant à prendre des vies…

Peu à peu, l'effet bienfaiteur qu'avait eu sur elle le baiser du Shaman se dissipait, la laissant à nouveau les yeux humides de larmes.

- Et puis… Je plaisantais pas tout à l'heure… Il y a certainement un moyen d'arrêter définitivement les cavaliers… On cherche avec Câto, mais moi je suis pas à l'aise avec les livres et lui il manque de ressources… Mais si tu te contente de te débarrasser de ses sbires, ca changera rien, d'autres prendront leur place… Et puis s'il peut ressusciter les morts, tu crois que ca lui fait quoi que tu lui tue quelques cultistes hein ? Bah rien, parce-qu'il les réaniment derrière…

Non, définitivement, cette "solution" n'était pas viable à long terme.


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Blaze Kazeroi
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Mer 8 Aoû - 12:22


Sachant pertinemment que sa question était ambiguë, elle lui permettait de sonder un peu mieux les eaux… Catô répondit avec la sagesse attendu d’un mec qui lit tous les jours car incapable de faire plus, comprenant le sous-entendu et ce qu’il voulait exactement entendre. Il se surprit même à sourire un instant en entendant la question du Shaman envers la Laguz. Décidément, plus contradictoire avec son attitude de toujours éviter, c’était dur à faire. Mais bon, un coup d’œil de Blaze suffisait à faire comprendre que ce n’était clairement pas la Khar’a d’habitude et que bizarre devrait être convertie en excitée.

La preuve, Khar’a sortait à peine de sa torpeur, vivant presque un rêve éveillé. Oh. Son tout premier baise… D’un côté Blaze en éprouva une profonde satisfaction que malgré le temps, la situation n’avait pas évolué aussi vite. De l’autre, il plaignait Khar’a, imaginait la frustration insupportable qu’elle avait enduré. Clairement, elle en était toute émoustillée mais le bretteur jugea préférable de garder la remarque pour lui, il était loin d’avoir beaucoup de connaissance dans le sujet pour se permet de juger.

Elle lui adressa presque soudainement la parole, avec encore des plaintes mais Blaze les repoussa d’un mouvement de main.

« Hum, c’est normal de s’inquiéter ainsi, mais tu ne m’as jamais vu me battre, ni même dans la vie de tous les jours… A aucun moment je me suis mis devant un danger que je pouvais pas fuir. Je tiens trop à ma vie et au temps passer avec vous. »

Grattant sa joue devant la remarque de son manque de considération sur le poids de la vie, le bretteur eut du mal à répondre.

« De scrupules… Tu te souviens la première fois qu’on s’est vu ? Je t’ai dit que je voulais devenir assez fort pour ne jamais avoir à tuer. Cela tient toujours mais, je fais au mieux… Quand tu as une bande de fou armé à tes trousses, j’aimerais avoir le choix Khar’a. J’aimerais avoir une puissance si indomptable que je n’ai jamais besoin de m’en servir, quitte à être aussi faible que Catô… Hélas la vie ne m’a pas donné ce talent, j’ai eu une épée, et j’en fais ce que je peux. »

Verront-ils à travers ce tissu de demi-mensonge ? Certes, il y a de la vérité, d’ailleurs, une majorité. Le fait de vouloir être fort pour ne jamais avoir à tuer. Le fait d’être contraint de tuer, cela en revanche, méritait une meilleure précision : Blaze aimait dire qu’il ne tuait que par nécessité, pour se protéger et les autres, mais les évènements avec Mysti, Death et autres ont révélés au bretteur qu’il adorait combattre, pas spécialement tuer. Mais dans le prolongement, il marchait sur la dangereuse ligne du tueur sans but. Pour l’instant, c’était survivre.

« Vous pensez qu’il y a un véritable moyen de les arrêter, mais en attendant, dans votre coin, des personnes meurent… ce que je fais n’est pas une solution, je le sais très bien, ce n’est qu’un bandage sur une plaie ouverte mais pour l’instant, à défaut de trouver mieux, il faut sauver ce qu’on peut. »
Il se prit à sourire un instant. « En toute franchise, je suis un peu perdu… J’ai un talent à l’épée mais je n’ai pas de personne à suivre. Pas de ligne directive… Si vous avez une solution et des recommandations pour moi, je suis toute ouïe ! Au point où j’en suis. »

Il est vrai qu’avec l’absence de pays, de reine, et ainsi de suite, le bretteur était resté seule face au monde, et comme on dit, si on regarde l’abysse trop longtemps, l’abysse rend le regard. Quelque chose menaçait de mourir en Blaze, et c’est exactement sa relation avec Khar’a et Catô qui maintenant en vie cette innocence, cet enfant vivant dans le corps d’un meurtrier. Cette voix s’était faite mince durant les derniers temps mais Khar’a l’avait ravivé avec force.

« Enfin, on n’avancera pas à parler du passé. Désolé, vraiment. Je sais que tu t’inquiètes mais je suis solide, j’ai survécu à bien pire, notamment mon lieu de naissance. » Survivre à Hatary, seul, à 15 ans, reste en soit une preuve qu’il était accoutumé à la survie en milieu hostile. « Mais si ca ne dérange pas, j’aimerais expliquer au moins de A à Z ce qui s’est passé. Catô en apprendra peut-être quelque chose d’intéressant pour une solution définitive. »

Ainsi, il passa de longues minutes à expliquer de façon la plus objective possible, se concentrant sur les faits et non son joli jeu de jambe. Partant de sa découverte de la troupe de Death, la filature, la rencontre avec les « généraux » de Death. Le fanatisme, puis la ville, l’attaque. Engar qui aidait de loin, Luciella dans le tas et cette jeune fille en blanc qui avait tenu la conversation… La putain de conversation devant le colosse. Et enfin lui-même devant Death, ce bref instant où il l’a observé.

« Et voilà, tu sais exactement tout. Ce n’était qu’une question de temps avant que la ville tombe et le noble était déjà partie, rendant le marché inutile. Alors les gens ont fui par où il pouvait, moi aussi, si j’avais été plus fort, j’aurais pu sécuriser la sortie de plus de civils… J’espère que ça t’apportera des éléments. »
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Mer 8 Aoû - 13:23

Hmm...voilà qu'il commençait à éprouver des remords par rapport à son geste. Le magicien se doutait que ça finirait par arriver, mais pour la première fois de Khar'a il aurait voulu que ça se passe plus...tendrement, pas sur un coup de tête autoritaire partagé entre l'impatience et la lassitude. Heureusement, la minette le vivait extrêmement bien, quoiqu'un peu confuse, et ça l'aidait à supporter son acte fort peu galant.
Sauf que pour lui, c'était également signe qu'il venait de poser le pied sur la première marche d'un pallier que le magicien refusait alors d'approcher...et que l'escalade risquait d'être rapide, pour le meilleur ou le pire. Seulement, pouvait-il vraiment se permettre de céder à l'envie ? Avec le climat actuel, la belle amitié qu'il partageait avec la Laguz, et leur étrange relation à trois ?
Pendant qu'il se creusait la tête, Khar'a expliquait plus posément, plus tristement qu'en colère cette fois, ce qu'elle avait vraiment sur le coeur au bretteur.

Avant qu'il ne trouve les mots justes, hésitant encore entre s'engager pleinement dans cette direction à ses risques et périls ou rester en retrait, comme maintenant, et retarder l'inévitable alors que ça faisait souffrir la féline, le rouquin décida de s'expliquer à son tour de son mieux en laissant de côté l'arrogance et la fuite en avant.
Catô n'était pas un grand sociologue, mais il avait l'impression que leur compagnon épéiste...avait peur. Peur de ne rien faire, d'être inutile. Qu'il était complètement perdu et ne pouvait pas l'accepter, alors il fonçait sur la moindre flamme qui attire son regard comme un papillon de nuit.
Un sentiment horriblement désagréable, et qui est hélas bien trop partagé... Ensuite, il leur raconta ce qui s'était déroulé, d'un point de vue plus "dynamique" sans doute que les rumeurs qui pourraient leur parvenir.

Le récit fut assez long, comme tout récit, et plusieurs fois le Shaman se sentit perdre le fil, ayant trop de mal à se visualiser les scènes et à écouter à la fois sur le long terme, tout en analysant l'histoire et en gardant dans un coin de sa tête ce qu'il voulait dire à Khar'a.
Heureusement, c'était le plus souvent des combats, des esquives, des carnages qu'il ratait. On peut aisément résumer une bataille, et c'est triste d'éclipser des centaines de vies en quelques phrases...pour lui, végétarien par choix, c'était une déshumanisation bien trop cruelle pour qu'il l'encaisse sans broncher.
Cependant, l'histoire de cette...prêtresse qui discutait - ça, il ne l'avait pas vu venir - et le coup du marché piqua particulièrement sa curiosité. La faille était peut-être là...ou alors était-ce seulement la preuve de leur condamnation.
Une fois qu'il eut finit, Catô s'accouda plus encore sur la table et se massa les tempes un moment, plongeant profondément dans ses réflexions pour mieux les trier, avant de finalement se redresser un peu.


"J'en tire tout d'abord un profond écoeurement...même deux guerres, une révolution radicale de toutes les coutumes et tous les préjugés...n'a pas suffi à apprendre aux gens à croire en l'avenir, à s'unir contre la menace plutôt qu'à se poignarder les uns les autres...c'est ignoble..."

Un goût amer lui piquait la langue et la gorge alors que les souvenirs de la défaite de sa patrie remontaient douloureusement à la surface. Vaincue, Daein avait tout perdu. Son pouvoir, sa noblesse, sa dignité...quand Begnion avait fait main basse dessus, c'était pour récupérer ses anciennes terres et en faire ses esclaves, tout comme elle avait soumis les Laguz.
Au lieu de se serrer les coudes pour se relever ensemble, la première guerre n'avait fait que creuser de nouveaux fossés encore plus profonds entre les nations...et ils n'avaient pas juste frôlé la catastrophe. Il suffisait de penser au Jugement de la Déesse pour en être convaincu.


"Et sinon, tu n'as pas à t'en vouloir. Tu as fait de ton mieux, et c'était déjà beaucoup. Comme tu le disais, sauver ne serait-ce qu'une vie c'est énorme..."

La question était "une vie en vaut-elle une autre ?", probablement pas. Aucune vie ne mérite d'être perdue, mais même le pacifique bouffeur de salade savait qu'un minimum de pragmatisme laissait comprendre que le choix était très réduit lorsqu'on est en danger, et qu'on pense en terme de rentabilité.

"Mais j'aurais deux choses à ajouter...premièrement, tu ne pouvais pas faire plus. Quelle que soit ta force, fusses-tu le meilleur bretteur du monde que cela n'aurait rien changé dit-il, avant de prendre trois secondes pour digérer ce qu'il allait dire Je pense que Death est un genre de...dieu-guerrier incarné, et qu'il possède vraiment le droit de vie et de mort, littéralement, sur Tellius tout entier."

Autrement dit...le Chevalier de la Mort était non seulement invincible, mais également absolu. Leur cause était donc perdue. Lorsqu'Ashera avait menacé le continent, l'alliance des champions de toutes les nations avait réussi à triompher...et ça n'avait pas été sans mal. Mais c'était une créatrice qui sortait du sommeil alors, et non pas un guerrier ne jurant que par le meurtre.
Seule cette prêtresse lui laissait un petit espoir. S'il ne l'avait pas tué, s'il s'était même arrêté pour lui parler...c'est qu'il était possible de négocier avec le seigneur des ténèbres. Il ne restait plus qu'à trouver le prix, et aussi douloureuse que soit cette pensée, Catô ne la partagea pas de peur que l'innocence de Khar'a ou l'impuissance de Blaize les fassent se précipiter contre l'être le plus instable et puissant que le monde ait connu.


"N'oublie pas qu'il a brûlé Siennes, et qu'il a estimé que l'Impératrice Sanaki en personne était à ce point négligeable qu'il n'a pas pris la peine de la tuer en tant que natif de Daein, et de "pseudo-rebelle de dernière heure de la Brigade de l'Aube" Catô n'aimait pas Begnion...mais d'imaginer la plus grande et puissante capitale du monde flamber à cause du désir d'un seul homme, en un seul jour, comme un caprice, était terrifiant n'oublie pas non plus qu'il a tué en combat singulier le Roi des Dragons. Même avec trente ans d'expérience de plus et une épée magique, tu n'aurais rien pu faire."

A cet instant, le shaman se demanda s'il offrait au bretteur la meilleure des raisons pour essayer de moins culpabiliser - sachant très bien que de toute façon il se sentirait mal quand même, mais peut-être cela allégera sa conscience - ou s'il venait juste de plomber leur moral.

"En tout cas, merci...je pense avoir peut-être une piste, du moins un début, pour réussir à contenir Death..."

La négociation. Tu parles d'une piste...le sorcier s'imaginait déjà devoir offrir sur un plateau de chair et de sang les vies les plus précieuses du continent pour gagner du temps. Un plan aussi écœurant qu'inadmissible...et pourtant, le seul qui lui paraissait un tant soit peu efficace. Mais Catô espérait que leur dire qu'il avait une idée leur remonterait le moral, leur ferait croire qu'il y a un espoir, et les motiver à continuer la lutte.

"Pour l'heure, profitons plutôt de l'instant présent et laissons ces sombres nuages où ils sont... On est en vie, et réunis, ça fait deux bonnes raisons de sourire !"

Ses lèvres s'étirèrent un peu pour soutenir son discours. Lui-même avait envie d'y croire, après tout même s'il était virtuellement invincible...Death n'était pas pressé. Comme la mort elle-même, elle finirait par faucher...mais ça pouvait être demain comme dans un siècle.
Il se tourna vers Khar'a, la belle petite Laguz...et regretta à nouveau son geste. Certes, elle en avait été ravie, et ça avait évité une monstrueuse et inutile dispute mais...il n'en était pas fier.


"Et...désolé de t'avoir volé ta première fois comme ça, Khar'a ça avait été agréable, mais ce n'était pas la bonne façon de s'y prendre selon lui j'essayerais de faire en sorte que les prochaines se passent plus doucement..."

Un. Deux. Trois.
Après trois secondes à recalculer sa phrase, le magicien eut une monstrueuse envie de s'assommer contre la table et se prit la tête entre les mains, comme s'il était fatigué, pour cacher le rouge qui colorait son visage pâle et sa gêne.
Niveau connerie de top catégorie, là il venait d'exploser les records de Blaze ! Il voulait juste rassurer la Laguz après les histoires sordides autour de Death, et il se retrouvait à lui dire que non seulement il y aurait d'autres baisers - bon, ça c'était pas forcément un mal...après tout, il l'a fait, faut qu'il l'assume - mais en plus il faisait un splendide double-sens qui allait bien l'enfoncer dans la direction qu'il voulait éviter jusqu'à maintenant.
Bravo Catô, t'as plus qu'à prier pour qu'elle ait le cerveau qui a grillé entre temps et qu'elle n’interprète pas mal ta boulette, sinon tu l'as dans l'os mais jusqu'au coude. Et puis sinon tant pis hein, ça fera un bon détournement de discussion...
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Khar'a Mell
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Mer 8 Aoû - 18:35
Blaze entreprit de leur expliquer plus en détail son expédition contre Death, et si le dialogue était aride pour la Laguz, il eut au moins le mérite de lui laisser le temps de reprendre légèrement contenance. Ce qui était loin d'être évident, compte tenu de tout ce qui jouait contre cette contenance : Des mois de frustration, d'envies inassouvies, d'inquiétudes, de rêves qui ne donnaient qu'un trop maigre aperçu de la réalité, et surtout ce baiser qui avait enflammé son corps mais n'avait de loin pas suffit à le combler. Cependant, à la fin du récit de Blaze, et même si elle n'en avait pas retenu grand chose, elle avait tout de même réussi à se reconstruire un semblant de lucidité et elle ne paraissait plus en plein trip aux acides.

Elle laissa ensuite Câto faire son analyse du récit. Il était de loin le plus intelligent d'eux trois, et elle ne pensais pas pouvoir rajouter grand chose à ce qu'il disait, d'autant qu'elle n'avait pas vraiment écouté le récit de Blaze. Cela en revanche lui fisait se poser des question tout sauf agréables.

Câto était un mage puissant. Il était intelligent. Blaze avait la force de l'épée pour lui. Mais, elle, qu'est-ce qu'elle apportait à leur cause ? Elle ne pouvait que soutenir Câto lorsque son corps fragile lui faisait défaut, et s'inquiéter pour Blaze lorsqu'il était absent. Au fond, elle ne servait pas à grand chose, si ce n'est énerver tout le monde avec sa crise d'adolescence et ses besoins futiles au regard de la cause qu'ils défendaient. C'est ce qu'elle se disait lorsque Câto s'excusa pour lui avoir ainsi volé son premier baiser de manière aussi brusque. Elle secoua un peu la tête pour toute réponse.

- Pas grave… Moi j'ai trouvé ca agréable… Surtout s'il doit y en avoir d'autres…

D'autres baisers ? D'autres premières fois ? A nouveau, l'esprit de Khar'a s'emballa et elle se sentit rougir en repensant aux rêves imprécis qu'elle avait fait. La prochaine "première fois" serait de loin plus intense que celle-ci, et elle ne pouvait pas dire qu'elle ne l'attendait pas avec impatience, au contraire. Elle voulait savoir ce que ça faisait.

Mais a nouveau, elle ne put s'empêcher de ressentir une pointe de culpabilité à ces pensées. Elle voulait des choses de Câto et Blaze sans savoir s'ils étaient eux-mêmes prêts à le lui donner. Elle voulait faire avec eux quelque chose d'intime, et lorsqu'elle manifestait ce genre d'envies, elle se montrait horriblement égoiste, elle se donnait l'impression de les forcer à faire quelque chose. Après tout, c'était bien d'avoir constaté sa colère qui avait poussé Câto à l'embrasser, et maintenant il s'en excusait, comme s'il n'avait pas voulu le faire.

Attristée, Khar'a fit cette fois attention à bien refouler ses larmes. Elle ne voulait pas les attendrir ou les influencer, et jouer les minettes malheureuses était tout sauf équitable.

- T'as pas à te forcer tu sais… Je suis désolée de t'avoir poussé à faire ça…

Elle retint son souffle lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait pas réussi à retenir ses larmes. L'une d'elles coulait à présent sur sa joue, et elle s'empressa de l'essuyer du dos de sa main avec un grognement rageur. Bordel, incapable de maîtriser ses putains d'hormones alors que le monde entier était en train de sombrer dans le chaos.

- Si tu veux pas, si tu le sent pas, t'as pas à te forcer pour me faire plaisir… Je veux pas te rentre malheureux… Et toi non plus d'ailleurs, dit-elle en se tournant vers Blaze.

Il n'avait pas encore eu ce genre de gestes avec elle, mais peut-être y avait-il une bonne raison à cela ? Et s'il n'en avait tout simplement pas envie ? Elle s'était peut-être montrée trop peste avec lui, ou trop véhémente ?

- Et puis, on a plus important à s'occuper pour l'instant, avec les cavaliers et les morts partout…

A nouveau, sa propre impuissance la frappa avec le pouvoir d'un coup de marteau, et elle se retrouva frappée de mutisme. Si elle ne pouvait pas les aider, mais qu'en plus elle se montrait une gêne pour eux, mieux valait-il peut-être qu'elle les laisses derrière elle, qu'elle reprenne sa route seule ? Elle oublierait Câto, Blaze, les laisseraient s'occuper de mener leur combat, et elle repartirait en vadrouille, là où elle ne les gonflerais plus avec ses problèmes d'adolescente… L'idée lui faisait atrocement mal au cœur, mais elle commençait à se demander si elle avait une autre solution.


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Blaze Kazeroi
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Mer 8 Aoû - 20:26


L’écœurement ressentit par Catô n’était pas exactement partagé mais la source était commune en revanche. Il y avait un gap entre les peuples qui n’était toujours pas refermé. Bien que Blaze avait l’impression d’avoir endormi ses interlocuteurs, le Shaman se montrait effectivement d’une sagesse qui ne pouvait caractériser quelqu’un d’extérieur au conflit. Ensuite la seconde chose était un point qu’il avait certainement oublié d’appuyer. Il n’avait jamais eu la prétention d’arrêter Death, seulement le ralentir pour faciliter une fuite contre lui. Mais c’était des détails.

Les informations sur Sienne lui étaient en revanche, relativement neuve, spécialement la mort du Roi des dragons… Peut-être que s’il l’avait su, il aurait effectivement reconsidéré deux fois son aventure. Mais il y avait un moyen, c’était certain. La force brute ne fonctionnerait pas, et d’après le bretteur avec sa relation unique avec la mort, la vraie cette fois, il y a une sorte de lien entre chacun… Poétiquement, on pourrait dire qu’il libère quand il tue, mais n’allons pas dans ce terrain. Apporté ainsi son aide n’était déjà pas plus mal. Au moins il aurait fait quelque chose de cette expérience.

La suite changea totalement de sujet et provoqua ainsi un revirement de tempérament. Catô voulait laisser cela derrière et Blaze était plus que d’accord, hochait la tête en soupirant de soulagement, l’impression que son interrogatoire était fini. Puis il mentionna la première fois de Khar’a, ce qui rendit le bretteur assez jaloux s’il était franc avec lui-même. Puis il mentionna ce qu’il ne fallait pas mentionner, une autre première fois ? Il redevient un petit mec timide incapable d’assumer ? Blaze savait que le courage n’était pas la force du Shaman mais quand même !

Et la réaction de Khar’a laissa encore plus béat Blaze. Elle se tournait les doigts à moitié pleurer en partant en martyr. Ce qui permit au Marqué de comprendre l’étendue des dégâts. Il tourna lentement la tête vers l’un puis l’autre.

« Vous avez toujours rien fait... Ça fait littéralement plusieurs mois que tu partages un lit avec une femme qui t’aime et t’as rien fait ? »

Consternation totale. C’est du niveau intergalactique de manque de testicules. La pauvre avait même mentionné les cavaliers ! Les putains de cavaliers pour essayer de pas attirer l’attention sur son manque de… sexualité.

« Je suis entre la consternation et le respect pour vous deux… Et si j’étais pas dans l’équation j’aurais gueulé d’aller vous trouver une chambre. Putain Catô je suis peut-être stupide mais même moi je vois qu’elle presque en train d’en crever tant elle en a besoin. Elle a besoin de toi et tu… tu… Arf. »

Blaze se gratta les cheveux, la condition de Catô expliquait certainement plus ce résultat plutôt qu’un manque d’audace même si cela restait un ingrédient manquant. Prenant une grande respiration, il se releva et jugea de haut les deux bornées qui était à la table.
 
« Aux diables les cavaliers et tout ça. Catô a dit qu’on en parle plus alors je veux rien entendre. Je refuse de te laisser dans cet état Khar’a, et Catô, t’es responsable, alors tu vas m’y aider. Et merde si on réveille tout le monde. »

Plutôt que de tenter la subtilité et l’approche « je veux pas assumer » de Catô, Blaze opta pour du rendre dedans, en se disant que cela risquait de devenir littéral. Il indiqua à Khar’a et Catô de se lever pour retourner dans la chambre, la matinée étant encore jeune. Arrivant devant l’escalier, Blaze s’arrêta, prenant longuement le temps de réaliser ce qui allait se passer et sentant ses tripes tomber. Mais il était trop tard, il avait dégainé, fait le fanfaron, maintenant il allait devoir assumer jusqu’au bout. Il monta l’escalier en tentant de se calmer, peine perdu… Le trio arriva alors dans la chambre, une sorte d’épée de Damoclès au-dessus d’eux, car l’instant était particulièrement important, chacun devait le savoir… Et un détail arriva à Blaze. Il ne l’avait jamais fait et il n’avait qu’une version théorique venant de mec bourré. Autrement dit, aucune info fiable, le peu que sa mère avait dit… Oh bordel penser à sa mère dans ce genre de moment faut vraiment être con.
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Mer 8 Aoû - 21:37
Et voila, ça n'avait pas manqué. La Laguz semblait partir en vrille à la fois pour l'impatience de passer à l'étape suivante, mais aussi à cause de la gêne provoquée par cet...avant-goût, s'estimant coupable d'avoir poussé Catô à agir ainsi. Bon, une autre démonstration de logique féminine hein...
Seulement, il y avait autre chose. Le Shaman avait l'impression que Khar'a pensait ne pas avoir le droit de se laisser aller, tant au désir tout à fait naturel surtout à son âge et vu son espèce qu'au plaisir...et que cette crainte, ce rejet de ses propres envies développait quelque chose chez elle, quelque chose qui ne lui inspirait rien de bon.

Mais avant de pouvoir creuser le sujet, et d'aider la minette à tirer au clair ses sentiments confus - il avait bien fourni au rouquin une raison de se déculpabiliser pour son impuissance, il pouvait bien en faire autant pour les amourettes d'une jeune fille en fleur ! - voilà qu'inévitablement le bretteur repasse en mode "grande gueule" et lui fit regretter d'avoir empêché Khar'a de lui mettre la dérouillée de sa vie.
La surprise de leur compagnon sans âme se comprenait aisément. Qui, part un homosexuel, un impuissant ou lui aurait pu coucher quotidiennement avec une chatte en chaleur sans rien tenter, pas même un baiser ? Le magicien estimait avoir ses raisons, à tort ou non, et savait quelles conséquences pouvaient avoir son abstinence ou sa tentation. Blaze lui, paraissait plus pressé - très surprenamment - de passer à l'acte.
Tellement même, qu'entre deux émois, le rouquin les somma de se lever pour regagner la chambre. Le Shaman eut envie de l'envoyer paître, mais le voilà déjà éclipsé à l'étage, non sans marquer un arrêt peu confiant face à l'escalier. Devinant bien que de toute façon, jouer la finesse ne remporterait pas cette bataille, Catô préfèra s'y engager les deux pieds dedans cette fois, et le rejoignit dans la chambre pendant que le bretteur faisait la girouette, frappé par le doute, son ignorance, ou peut-être réalisait-il enfin qu'ils étaient trois, et que ça pouvait éventuellement poser problème.


"Alors Blaize, tu te sens plein de responsabilités en fonçant une fois de plus tête baissée, sans même écouter la première concernée ?"

Le sorcier croisa les bras, il était toujours un peu dans le gaz, mais il était satisfait des résultats que pouvait obtenir le "Catô direct et brut" alors autant jouer cette carte une fois de plus. Et puis, en lui mettant une claque sur son terrain, le rouquin redescendrait peut-être un peu sur terre.

"Le problème n'est pas d'avoir envie. Bien sûr que j'en aurais envie ! il jeta un regard à la Laguz en passant je ne l'aurais pas embrassée sinon, et je ne la laisserais pas dormir avec moi si je ne rêvais pas de plus avec elle."

Car contrairement aux deux autres suggestions, Catô lui ne restait pas de marbre au corps tout doux et tout chaud de la minette, de sa douce odeur qui lui évoquait une fleur sauvage et de sa tendresse...mais le soucis était tout autre et il fendait d'un rictus moqueur à l'intention du bretteur.

"Sauf que moi je pense aussi aux conséquences, et ce n'est pas rare qu'un couple détruise une amitié. Alors j'attendais qu'on puisse être à la fois amis et...et plus fit le shaman pour détourner un peu le vrai terme et sans même parler des...finalités de...de ça. Qui change radicalement et définitivement plusieurs vies d'un coup, et qui affecte en plus les Laguz différemment je crois."

Il jeta un nouveau regard à la Laguz, et eut le désagréable sentiment de parler à sa place...ça n'allait pas du tout. De plus, toute cette histoire commençait à vraiment l'épuiser, il fallait abréger.

"Moi, je ne me sens pas prêt en tout cas pour un grand saut. Ni à trois avec un autre homme, ni par un chemin douteux, ni "à l'arrache" pour prouver quelque chose. Si Khara mérite bien une chose, c'est qu'on prenne le temps de faire ça aussi bien que possible. Car je ne sais pas si tu es au courant, mais mal fait, ça peut être douloureux, voire traumatisant."

Sans même entrer dans les pratiques obscures, le Shaman savait, d'après le récit de quelques camarades d'un genre ou l'autre, que même le plus simple pouvait tourner au drame. Toussant, la gorge terriblement sèche à force de parler d'un ton aussi raide, en devant en prime rester concentré sur un sujet aussi délicat il sentait la tête lui tourner.

"Alors traite moi bien ce que tu veux, mais ça ne changera rien que ça sera à Khar'a de décider avec qui, quand, comment ou même combien.

Il fut tenté d'en rajouter encore une couche, pour accuser les manières frustres du bretteur, mais il savait n'avoir rien à y gagner, si ce n'est un conflit de plus. Même si ce n'était pas une flèche, le sorcier souhaitait pouvoir considérer Blaze comme un ami. Une quinte de toux supplémentaire acheva de le retenir, alors qu'il devait s'appuyer contre le mur.
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Khar'a Mell
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Mer 8 Aoû - 22:06
Et voila… Elle avait essayé de se retenir pourtant, mais comme d'habitude elle n'avait pas pu s'empêcher d'être trop expressive. A moitié paniquée, elle regardait à présent Blaze se lever et les entrainer vers la chambre, et elle suivit le mouvement d'une démarche hautement incertaine.

- Hein ? Quoi ? Mais..!

Mais le bretteur et Câto commençaient déjà à monter les escaliers, le Shaman visiblement avec plus de réserve que le bretteur, et la féline se retrouva obligée de suivre le pas pour ne pas rester en arrière. Mais à chaque marche qu'elle gravissait, surveillant le Shaman pour s'assurer qu'il ne tombe pas dans l'escalier, elle ne pouvait pas empêcher son cœur de battre plus fort, ni sa respiration de s'accélérer. Blaze avait visiblement envie, mais Câto ? En aurait-il envie, lui ? Et au delà de cette question, elle n'avait aucune expérience dans le domaine, comment les choses se passaient-elles lorsqu'on étaient trois ? Trop de questions pour la petite caboche de la danseuse.

Et puis, Câto parla. Beaucoup même, tant qu'il fut à nouveau pris de quintes de toux.

Tout d'abord, Khar'a sentit son cœur se réchauffer lorsque le Shaman confirma qu'elle ne le laissait pas indifférent. Il avait envie de faire ce genre de choses avec elle… Mais pourquoi ne pas avoir encore essayé alors ? Qu'est-ce qui coinçait ? Une question qu'elle n'eut pas besoin de poser, puisque Câto entreprit d'y répondre avant même qu'elle ne la pose.

Il ne se sentait pas prêt. Il avait peur que les choses se passent mal, qu'elles entâchent leur relation amicale… Chaque mot qu'il prononçait, elle sentait la peur de ces éventualités grandir en elle, et elle ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il avait raison, même si elle n'avait pas bien compris le passage sur les "finalités de la chose". Pour elle, qui vivait au jour le jour, penser aux enfants ne lui venait même pas à l'esprit.

Et puis, il ne se sentait pas prêt. Il l'avait dit, c'était confirmé. Il voulait faire les choses si bien, mais Khar'a craignait du coup qu'il ne soit jamais satisfait du moment. Combien de fois s'étaient-ils retrouvés seuls dans une chambre, avec la seule lueur de la lune pour les éclairer ? Combien de fois s'était-elle blottie contre lui, avec la simple épaisseur de la robe de nuit de Câto pour les séparer, combien de fois avait-elle espéré en vain sentir les mains du Shaman glisser sur son corps dans ces moments propices ? Et il n'était jamais, jamais passé à l'action.

Avait-il plus peur qu'autre chose ?

Finalement, il avança que c'était à elle de choisir. Encore. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? C'était elle qui ne parvenait pas à faire un choix entre les deux, c'était elle qui les aimaient tous les deux, et c'était elle qui avait envie d'aller plus loin au point de s'en rendre malade. Alors oui, c'était son choix. Elle se demandait même s'il y avait un bon choix dans une telle circonstance, d'autant que si Blaze n'avait pas semblé particulièrement réticent à l'idée d'inclure Câto dans cette histoire, le Shaman, pour sa part, émettait plus de réserves.

Mais elle les voulaient. Tous les deux. Non seulement car elle les aimaient tous les deux, mais aussi parce-qu'elle ne voulait pas qu'il y ait de jalousies entres eux. Déjà que Câto avait eu son premier baiser…

- Je… je sais pas… Je sais paaas…

Blaze voulaient les entrainer là dedans, Khar'a en mourrait littéralement d'envie, mais Câto ne se sentait pas prêt et avait soulevé beaucoup de points qui rendaient leur situation inextricable. Et elle n'avait aucune idée de comment se sortir de cette situation.

- C'est… C'est pas censé être un truc… Qu'on fait quand on en ressent l'envie ? On ne devraient pas avoir à s'encombrer de trop de réflexions pour ça… Ca devrait juste… Se faire, naturellement… Enfin je crois…

Elle se sentait trembler. Elle regardait l'encadrement de la porte, avec l'impression que si elle le franchissait, elle n'en ressortirait plus jamais telle qu'elle était à présent. Ce qui était sans doute le cas.

- Vous me faites peur…

Elle aussi avait envie que les choses se passent bien. Mais elle avait aussi envie qu'elles se passent tout simplement. Et à ce rythme, il n'allait rien se passer du tout. Et si ca continuait ainsi, elle avait peur, très peur que sa relation avec Câto n'en prenne un sérieux coup. Elle ne pouvait tout simplement pas continuer à vivre dans cette perpétuelle frustration. Mais elle ne pouvais pas le forcer non plus. S'il ne se sentait pas prêt, elle ne pouvait rien y changer, et l'amener sur ce terrain ne donnerait rien de bon.

Bref, c'était l'impasse. Et la minette en avait mal au cœur.


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