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Le chant du Crépuscule [Pv Pandora]

Kerorian
Kerorian
Admin. Casseur de dents stoïque.
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Mer 12 Déc - 16:39

Et voilà, une journée de plus à errer, à traîner les pieds de mission en mission pour gagner quelques roubles. Un quotidien qui l'exaspérait au plus haut point. L'absence de défi lui pesait, c'est vrai...mais il n'y avait pas que ça. Un étau l'oppressait, et bientôt il craquerait.
Avec la nuit qui tombait, ils s'étaient installés dans un bosquet. Enfin, Pandora s'était installée, sensible qu'elle était aux faiblesses de sa propre humanité. Le Rôdeur lui l'avait laissé faire son feu, se préparer pour la nuit, et était resté pareil à une statue jusqu'à ce qu'elle ne s'endorme. Après un moment, il avait fini par se lever, et disparaître entre les bois dont les feuilles se paraient de mille et unes couleurs à l'approche de l'automne.

Marcher lui faisait du bien. Sans doute. Il avait besoin de réfléchir, de s'affronter enfin pleinement. Sous le clair de lune blafard, comme un sourire narquois, Kerorian ruminait inlassablement son dilemme avec la certitude de foncer dans un mur.
Ses pas le conduisirent jusqu'à une petite clairière, isolée, enfoncée dans les bois nocturnes. Cet étrange cercle, où pas même une fleur ne poussait, lui évoqua un sanctuaire de fées, ou de sorcières. Un lieu de rituels et d'énergies magiques, où réalités, légendes et surnaturels se côtoyaient en silence. Étrangement, cet endroit lui plût. Peut-être à cause du fait qu'il lui ressemblait un peu, quelque part.
Le Rôdeur commença à en faire le tour, sans rien remarquer de particulier. Il ne lui serait guère utile de s'attarder ici, pourtant il le fit. Au lieu de reprendre sa route, le vagabond décrocha sa sinistre épée de son épaule et la planta au centre de la clairière avant de croiser les bras et de la fixer.

Ca aussi, il le faisait souvent...essayer de confronter sa lame, qu'il tenait pour l'objet de tous ses malheurs et espoirs. Jusqu'à maintenant, sans résultat. Mais aujourd'hui, le Rôdeur était à bout. Prenant son courage à deux mains, il se délesta de son armure, laissant tomber la lourde carapace d'acier au sol, et inspira à plein poumon l'air frais du soir.
C'était une sensation...étrange. Cette légèreté, le contact de la brise nocturne sur sa chair ravagée, insensible. Cela sonnait comme une récompense, pour avoir arrêté de se cacher. Seule demeurait sa bonne vieille Zwei, ancrée à sa hanche, comme toujours.


"Maintenant, on va régler ça."

Quoi donc, il n'en était toujours pas certain...et c'était bien là son but. Sa tête bourdonnait, comme toujours, des hurlements des damnés, de toutes ces âmes arrachées par la force et condamnées à être consumé pour son propre pouvoir. Mais Kerorian s'y était habitué, et s'il ne pouvait les réduire au silence, il savait supporter cet ouragan bruyant.
C'était autre chose qu'il guettait, ce petit murmure en arrière-fond, dans un recoin de son crâne. Cette voix insidieuse, pernicieuse, dont les plus petits souffles pourtant avaient le pouvoir de lui faire commettre le pire. Il se concentra dessus, plongea à travers la tourmente en chassant spectres et rancunes à coup de coudes et de dents. Une sensation de chaud-froid le traversa, un contact s'était établi. Enfin.
Comme lorsqu'il partait au combat, son épée générait une nouvelle présence. Elle "vivait", à travers lui mais à sa propre façon pourtant. Autonome, mais dépendante.


"Il y a beaucoup de choses à se dire. Maintenant."

Un ricanement lui parvint, en première réponse. "L'autre" était bel et bien là, et lui répondait. Cette entité qu'il pouvait ressentir par l'épée noire qui les liait. Pourtant, il n'y avait personne...mais si Kerorian fermait les yeux, ou s'il "regardait" pas son oeil mort, il pouvait deviner sa silhouette. Comme un reflet, sa propre ombre, qui se tenait à quelques pas à peine de la Dragonslayer et qui le narguait.

Sans le quitter du regard, le Rôdeur fit les cent pas dans la clairière comme un lion dans sa cage. Comme bien souvent, il déballa tout ce qui lui pesait tant sur le coeur. Les choix qui s'offraient à lui, devenir un héros ou un démon, un voyageur oublié ou une légende immobile. Tout lui était possible, et chaque voie était piégée.


"Je t'ai déjà dominée, maudite lame, alors pourquoi je me devrais me forcer à semer le chaos ?"
*Tu n'as rien dominé, petit homme, pas même tes propres peurs.* lui répondait la voix spectrale.

Il s'en suivait de longs silences, où les énigmes et les réponses se tranchaient, sans avoir besoin d'être échangées. Plus Kerorian se targuait de contrôler son épée, de lui imposer sa volonté tout comme il la maniait physiquement, plus son ombre se gaussait. La voix du spectre, ce minuscule écho, se perdait dans sa propre conscience...alors il parlait, pour le forcer à se séparer de lui et l'enfermer dans la réalité, dans une dimension où il pensait pouvoir l'atteindre.

"Je n'ai jamais cherché à être un bourreau."
*Tu te caches encore derrière des mots. Les armes sont toute ta vie, ta raison même d'être. Depuis toujours.*
"Et alors ?"


Tout en marchant en rond, gardant dans un coin de son oeil droit son ombre qui tournait autour de l'épée d'un pas lent, Kerorian chercha à répliquer. La vie était sûrement la seule chose qui méritait d'être défendue, puisque sans vie il n'y avait rien, ce qui la rendait si précieuse d'ailleurs...mais lui n'avait pas ce sentiment.
Il ne l'avait jamais eu, c'était une certitude acquise. Depuis la première fois qu'il avait tué, jusqu'à aujourd'hui encore...la vie ne représentait rien. Tout comme le soleil se levait pour laisser ensuite place à la lune, le Rôdeur considérait qu'on ne vivait que pour mourir un jour. Même autrefois, lorsqu'il se pensait encore "pur et innocent", avant de découvrir l'épée maudite...
Il secoua la tête en se remémorant cette époque. On le disait bon, et généreux. Trop naïf pour son propre bien même...et pourtant, il tuait. Dès que l'occasion, que l'excuse, se présentait, il tirait sa lame et tuait. Parce qu'il pouvait le faire, parce qu'il voulait voir s'il en était capable. Cette raison l'avait toujours hanté, et continuait à le pousser à la rechercher d'un nouvel adversaire, toujours.
Une voie "de bonté" était impensable. Il ne jurait que par le sang des autres, les protéger au prix du sien n'avait aucun sens...


"Pourtant je n'ai pas envie de devenir un de ces...barbares stupides."
*Death l'a fait, lui. Aujourd'hui, il est invincible.*
"Pas invincible. Il n'a simplement pas encore été vaincu. Le Chevalier Noir aussi était réputé invincible !"
*Ah, on y revient déjà alors ?*
"La ferme ! J'ai déjà choisi de me consacrer aux armes, et dans vingt, trente ans, l'âge qui me sépare de Death je pense, je serais largement aussi fort que lui...mais différemment !"
*La puissance a un prix...lui, l'a sûrement payé par la loyauté, ou l'abandon.*
"Hé bien moi non ! Je ne me soumettrais pas, ni à toi ni à personne ! Je trouverais ma propre voie et je le surpasserais ! Ma force sera différente, mais elle me suffira à l'écraser !"

Comme à chaque fois qu'il s'adressait directement à son ombre, celle-ci lui riait au nez. Maléfice inventée par son épée, ou projection de sa simple conscience intérieure ? Le Rôdeur n'avait pas la moindre idée de quelle différence cela faisait...

Cela faisait des heures, qu'il répondait à cette voix que lui seul entendait. Au milieu des ténèbres, sous le regard impartial d'une lune brisée, Kerorian rôdait dans la clairière. Il doutait, il doutait de tout. Même de sa propre force, jusqu'où s'élevait-elle ? Jusqu'où pourrait-il la pousser, avant qu'ils n'atteigne la limite de trop ? Death possédait un pouvoir qui dépassait de loin celui de la Dragonslayer, il le sentait.
Fallait-il se débarrasser d'elle ? Ce serait folie. L'épée était une partie de sa chair, et lui une partie de l'épée. Et puis...abandonner la lame noire, pourquoi faire ? En trouver une autre ? Suivre le chemin pervers d'un autre ? Non merci.


"Puisque tu sais déjà si bien ce que tu veux, pourquoi reviens-tu encore te parler ?"
"Ce chemin n'est pas le bon ! Je fais trop de compromis, ça me freine !"
*Comme Pando ?*
"Pando' ?"


Il s'immobilisa. Ses chairs pâles, à cause des cicatrices et de l'ombre de l'armure, qui les isolaient toujours de la lumière, luisaient faiblement sous le clair de lune. Ses cicatrices accrochaient différemment les rayons nocturnes, lui dessinant dans la pénombre comme des tatouages. La maigre lueur qui l'enveloppait lui donnait des allures de fantôme.
Kerorian ne sut quoi répondre. Pandora...représentait bien son dilemme. Comme Liyu avant elle. Un espoir, et une souffrance. Un poids qui l'enchaînait, et un moteur qui le poussait en avant. Privé de protection, ses sentiments l'assaillirent, le submergeant.

Se prenant la tête entre les mains, le Rôdeur se sentit perdu, comme renversé par une énorme vague, emporté par une avalanche. Avec Liyu, ça avait déjà été très compliqué. Il ne l'avait pas choisie, c'était la malchance, ou le destin qu'importe, qui la lui avait imposée. Et malgré ça, le vagabond avait tenté...tout. Tiraillé entre ses pulsions et ses intérêts, il avait du peser le présent et l'avenir, ses valeurs et ses espoirs. Lorsqu'ils s'étaient séparés...que se serait-il passé s'il l'avait suivie ?
La même chose. C'était certain, se disait-il en baissant le regard avec amertume. Lui n'aurait pas eu le sentiment de vivre, juste d'être enchaîné.


*Tu le sais. Ce n'est pas pour la protéger que tu l'as laissée partir...mais pour te libérer.*

Se mordant les lèvres d'un air pincé, le Rôdeur ne pouvait qu’acquiescer...mais pour Pandora ? Il s'était toujours senti une meilleure...affinité avec la noble, étrangement. Lui plaisait-elle physiquement ? Oui, la barde était mignonne...mais c'est tout. Ce n'était qu'une femme-enfant, timide et mal assurée, une entrave fragile.
Elle aurait toujours remis sa vie entre les mains des autres, pour se nourrir, pour se défendre, tout. Lui, si égoïste, si solitaire...ne pouvait qu'être mal à l'aise en sa présence. Autant adopter un petit chat, il aurait été plus mignon et plus simple.
Pando en revanche...ses manières étaient insupportables, son arrogance lui donnait envie de l'étrangler encore chaque jour, pourtant il continuait à rester avec elle. Kerorian savait que elle, il l'avait choisie. Choisie et appréciée, en toute lucidité et non pas après une nuit d'amour involontaire et ignorante.


"Est-ce que c'est une faiblesse..?"
*Tu devrais te la faire, non ? Qu'est-ce qui t'en empêche ?*
"Il en est hors de question ! Je ne la protège pas pour lui faire du mal !"
*Ah oui ? Pourquoi la protège-tu alors ?*
"Je..!..je..."


Il ne sut quoi répondre. Les émotions lui serraient le coeur, si fort qu'il le croyait prêt à jaillir de sa poitrine. Déboussolé, Kerorian fut frappé de vertige et se reprit le visage dans les mains en secouant la tête. Il est vrai que la version la plus simple et pratique de voir sa vie, c'était de se laisser guider par ses pulsions. De prendre ce qui lui faisait envie, quand il le pouvait, sans attendre autre chose.
Sans projet d'avenir, il pourrait vivre le présent à pleines dents...sans pourtant autant en abuser. Puisque massacrer la plèbe le répugnait, il n'avait qu'à s'en éloigner et manger des pommes ! Et lorsque la solitude l'ennuierait, un séjour "extermination" pour se requinquer et hop ! On n'en parle plus.
Et ça présentait une réponse à son énigme. "Pourquoi défendait-il certaines personnes, et pas d'autres ?" Non pas altruisme, bien au contraire. Par pur égoïsme. Liyu lui avait plût, pour une bonne raison ou non, alors il l'avait voulu pour lui et lui seul. Sa rage et son empressement pour la retrouver lorsqu'on la lui avait enlevée n'étaient pas motivés par un amour qu'il ne ressentait pas...mais par l'offense qu'on lui avait faite. On lui avait pris son jouet, sa chose, et ce seul acte méritait punition.
Avec Pandora...c'était la même chose. La fille lui plaisait, physiquement, moralement. Il voulait la voir grandir, devenir forte...appétissante. Kerorian le comprenait, il souhaitait l'aider à grandir...pour pouvoir la croquer au plus haut de sa forme un jour, et il refusait de laisser quelqu'un d'autre le faire à sa place. Elle était à lui, car il l'avait choisie.

Il secoua la tête de plus belle, se débattant violemment comme si on l'avait enchaîné. Cette vie le répugnerait ! Vivre comme une bête, un animal, se laissant porter par son instinct...c'était indigne d'un guerrier ! A quoi bon chercher le pouvoir absolu si c'était pour vivre comme un chien !?
Et il recommença à marcher, de long en large, d'un air abattu. Les meilleures raisons du monde ne méritaient pas qu'on s'y intéresse, et les plus mauvais choix qui s'offraient à lui n'étaient que des pertes de temps. De nombreuses vérités émergeaient, beaucoup trop à vrai dire, et qu'il ne pouvait pas toutes accepter...
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Pandora
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Pandobiatch ~ Héritière de la Cendrefer en sursis.
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Jeu 13 Déc - 13:19
La nuit était fraîche. Après une nouvelle journée de mercenariat, menée de concert avec Kerorian, nous nous étions installés dans un petit coin de forêt. J'avais sorti de ma besace une couverture nouvellement acquise et m'étais enroulée dedans pour manger un repas bien mérité puis, fourbue, je m'étais installée entre les racines d'un arbre massif pour me protéger du vent nocturne et trouver le sommeil.
Le temps se refroidissait, et je me disais qu'il me faudrait peut-être trouver une tente pour me protéger du vent lorsque viendrait la saison froide. Elle serait, certes, moins virulente qu'en mon pays natale, mais à Daein, j'avais été protégée par les murs de pierre du manoir Cendrefer. Ici... Je n'avais rien de tel. Mes vêtements et une couverture, et ma besace pour me servir d'oreiller. Kerorian préférait éviter de passer les nuits à l'auberge.

Je ne savais pas comment il faisait, d'ailleurs. Lorsque je m'endormais le soir, il était encore éveillé. Et lorsque je me réveillais, que ce soit au beau milieu de la nuit ou au matin, il ne dormait toujours pas. Se reposait-il seulement ? Il aurait dû être dans un état de fatigue tel qu'il n'aurait plus dû pouvoir bouger. Mais inlassablement, tel une créature étrange et grotesque de puissance, il continuait à marcher, à se battre... J'étais impressionnée. Et effrayée. Ce fut sur cette pensée, alors que je discernait encore la silhouette trapue de mon ancien garde du corps, que je finis par sombrer dans le sommeil.

Pour me réveiller... Beaucoup trop tôt. Le soleil n'était pas encore levé, mais un brusque courant d'air frais m'avait fait ouvrir les yeux. J'avais le sommeil léger ces derniers temps... Et en plus, je sentais une pression désagréable sur mon bas ventre. J'avais besoin de me soulager. C'était sans doute cela qui m'avais réveillée. Je n'avais pas envie de quitter la relative chaleur de ma couverture, mais je n'avais pas trop le choix... Prenant mon courage à deux mains, encore ensommeillée, je poussai ma couverture sur le coté avec un petit glapissement à cause du froid. Rapidement, mes yeux firent le tour de la clairière. Kerorian en était absent. Il n'était même allongé en train de dormir, non, juste... absent. Il avait sans doute décidé de repartir suivre son chemin, comme il le faisait souvent... Cela voulait dire que j'étais seule responsable de ma vie jusqu'à nouvel ordre.
A chaque fois, cela me faisait un petit pincement au cœur. Je m'habituais à sa compagnie, et il disparaissait. Mais je commençais à m'y faire... Avec ce rôdeur, on ne savait jamais sur quel pied danser.

Je fus rappelée à l'ordre par ma vessie qui demandait toujours à être soulagée. Je m'éloignai donc quelque peu dans les bois pour ce faire, me disant que plus vite ceci serait réglé, plus vite je pourrais retourner "au chaud" sous ma couverture. Je fis mon affaire rapidement, mais alors que je m'apprêtais à revenir au "campement", quelque chose m'interpella. Un bruit. J'entendais un bruit plus loin dans la forêt. Pas un hiboux ou un animal, mais... Une voix, lointaine. Je ne la reconnaissais pas encore, mais la prudence me dicta de retourner chercher au moins mes armes et d'aller voir discrètement de quoi il s'agissait. Ce que je fis donc.

Silencieusement, je retournai au campement chercher ma rapièce et mon tome de glace, puis je retournai quête de cette voix. Je la retrouvai rapidement, et plus je la suivait, plus je la reconnaissais. C'était celle de Kerorian. Alors il n'était pas parti finalement ?Avec qui pouvait-il bien parler ? Rassurée, je quittai ma posture méfiante pour me presser vers ma destination. Je n'entendais aucune autre voix... Mais Kerorian n'était pas du genre à parler tout seul, non ? Il n'était déjà pas du genre à parler tout court...

Finalement, je débouchai sur une clairière. Je serais sans doute tombée en admiration devant la majesté du lieux, son aspect féérique, si un autre élément ne m'avait pas autant perturbé.

Le rôdeur était nu comme un ver.

"Kerorian ! Qu'est-ce qui te prend ?"

Le rouge me montai aux joues, et je cherchai quelque chose, n'importe quoi, sur quoi accrocher mon regard pour ne pas qu'il se fixe de lui-même sur le rôdeur. Finalement, je ramenai mes mains sur mon visage résolument. Quelque part, je me demandais si je n'avais pas interrompu Kerorian dans un moment... D'intimité, puisque la légende voulait que les hommes apprécient particulièrement de...
Mais bon sang, à quoi je pensais moi maintenant ! Essayant de chasser les images perturbantes qui envahissaient mon esprit, je lui tournai carrément le dos, brûlante de honte.

"Tu... tu pourrais te rhabiller s'il te plait ?"

Une chose était certaine, je n'avais plus sommeil. Misère de misère...


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Kerorian
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Jeu 13 Déc - 16:18

S'il y a quelque chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'était bien à ce que Pandora déboule subitement, le prenant un flagrant délit de conflit intérieur et de vulnérabilité. Pendant une seconde, il se figea, comme il l'aurait fait autrefois. Mais lorsqu'elle se cacha le visage et se détourna, le Rôdeur pensa qu'elle était plutôt...une chance de tirer de meilleures conclusions. Seul, il tournait en rond, tiraillé entre trop de vérités.

*Regarde là, cette salope, elle en meurt d'envie !*
"La ferme !"
tonna t-il avec violence, en fixant son ombre de son oeil mort.

Pris au dépourvu, sans armure, sans rien, et dans une profonde confusion...Kerorian se sentait assez mal. Étrangement, c'était...agréable, d'une certaine manière. Il se sentait humain, pour une fois depuis longtemps. Cela dit, il parvenait pas à desserrer sa main gauche, résolument agrippée à la Zwei. Peu importe combien de fois il le leur ordonnait, ses doigts refusaient de lâcher prise.
Toutefois, se moquant éperdument de sa pudeur, il s'avança vers la jeune noble déchue. Puis, son ancienne timidité resurgissant peut-être, ou bien le doute retenant sa langue, il hésita. Son regard errait, cherchant ses mots.


"Pando...est-ce que j'ai eu tort ?"

Une question stupide bien sûr. "As-t-ton tort de sauver une vie ?", aucun humain, même fou, ne répondrait non car la question était trop vague. Mais ce n'était pas celle qu'avait posé Kerorian. Lui, redoutait plutôt un échec total, et si chaque fois qu'il avait fait était le mauvais ? Si toutes les fois où on lui avait tendu une main, il avait saisi celle qu'il ne fallait pas ?

"Pour Liyu...Pour toi...pour tout le reste ?"

Les murmures de son fantôme se voulaient rassurants, pour une fois. Qu'importe sa réponse, il n'appartiendrait qu'à lui d'en tirer les conclusions qui lui conviendraient...autrement dit, autant qu'elle se taise. Si rien de ce qu'elle puisse dire ne pouvait l'aider, à quoi bon l'écouter ?
Mais le Rôdeur...l'aimait bien. Qu'importe que ce soit éphémère, ou stupide, aujourd'hui, Pandora représentait beaucoup plus pour lui qu'il ne l'aurait voulu, et de par cette importance, il comptait pour la première fois sur elle pour l'aider.
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Mer 10 Avr - 10:53

Si on m'avait dit un jour que je trouverais Kerorian, nu au milieu d'une clairière, en train de parler tout seul en se... Bref, je ne l'aurais pas cru. C'était franchement particulier de le voir sans son armure, et malgré les mains qui couvraient mon visage, l'image était restée gravée dans mon esprit, de sa peau rendue argentée par la lune et de ses cicatrices luisante d'un éclat plus prononcé encore. leur nombre était d'ailleurs impressionnant.

J'étais donc ainsi, dos tourné au rôdeur, le visage caché, attendant qu'il fut décent pour pouvoir me retourner. Mais je n'entendais nul bruit d'armure ou de vêtements, simplement le chuintement de sa lame... Connaissant le caractère instable de mon compagnon de route, je me fis la réflexion que je m'étais montrée agréablement prévoyante en emmenant avec moi ma rapière et mon tome de glace, et je me retournai soudainement pour voir ce qu'il était en train de faire...

Ah, qu'il est désagréable d'être une jeune femme devant un homme massif - et nu ! Mais malgré la lame qu'il tenait dans sa main, le rôdeur ne semblait pas belliqueux... A vrai dire, je lui voyais une expression encore inédite sur son visage, en tout cas pour moi. Il semblait... Perdu. Il s'approcha de moi et me posa une question pour le moins insolite.

Tort ? Tort dans quel sens ? De s'être déshabiller dans les bois pour... Enfin bref ? Ce n'était pas à moi de lui répondre ! Heureusement pour moi, il précisa rapidement sa pensée, et les choses m'apparurent soudain plus clairement.

Tort pour Liyu, et pour moi étrangement... Pour le reste, je n'avais pas grande idée de ce à quoi il faisait référence. Je le regardai un moment, fixant résolument les yeux sur son visage pour qu'ils ne dérivent pas... ailleurs, levant une main pour me gratter la joue.

A vrai dire, c'était bien la première fois que Kerorian me parlait vraiment de lui... Je savais qu'il avait une femme car elle avait vécu quelques mois dans la maison que j'avais offerte au rôdeur en paiement de ses services de garde du corps, je savais qu'ils avaient une fille pour la même raison... Mais en dehors de cela, je ne savais rien de son histoire. Et de toute manière, c'était bien le cadet de mes soucis... J'avais une vie à mener, je devais gagner en expérience et bouter mon beau-père hors de mon domaine, j'avais autre chose à faire que de m'occuper des troubles existentielles de mes compagnons de route !

Cela dit, sa détresse me touchait quelque part... Ce qui me perturbait, car c'était bien la première fois que cela m'arrivait. Mais Kerorian était... Particulier. Il m'avait aidé, plus souvent qu'à son tour, et sans demander de contrepartie ces derniers temps... Je lui devais au moins une réponse.

- Je ne sais pas si tu as eu tort ou raison, mais... C'est passé de toute manière, tu ne peux plus y faire grand chose, non ? Ce n'est pas comme si on pouvait remonter le temps...

Quelque part, la réponse était aussi vrai pour moi. Je savais que j'avais eu tort de m'enfermer dans ma chambre à la mort de ma mère, que j'aurais dû prendre mes affaires en main immédiatement, mais je ne l'avais pas fait, et il était inutile de appesantir dessus. Maintenant, il me fallait réparer mes erreurs. Si Kerorian s'enfermait dans son passé, il ne réussirait jamais à avancer.

- Je ne connais pas ton histoire, alors je ne peux parler que de manière très générique, mais le mieux serait sans doute de laisser tes décisions passées là où elles sont et de te pencher sur celles qui vont venir, non ?


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Kerorian
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Mer 10 Avr - 13:48

La jeune Marquée paraissait aussi perdue que lui. Cela se comprenait cela dit, car faire face à un géant nu comme un ver, l'arme à la main, devait être une épreuve des plus incongrues. Pourtant, l'ancienne noble ne se démonta pas et essaya de répondre.
"On ne peut plus rien y faire", disait-elle. Le Rôdeur s'en renfrogna, songeant que la pauvre enfant n'avait rien compris du trouble qui l'animait...ou que c'était lui qui se prenait trop la tête. C'est vrai qu'il ne pourrait pas changer ce qu'il avait fait mais l'interrogation du Redeye était toute autre. Avait-il eu raison de faire ce choix, et d'essayer de les assumer ? Ce qu'il voulait, c'était savoir si cette voie était judicieuse, car s'il était trop tard pour modifier son point de départ, il pouvait encore changer sa destination, et c'était ça qui l'intéressait.

Kerorian faillit trouver pertinent la répartie de sa protégée...avant de faire peser sur elle un regard affligé. "C'est pas comme si on pouvait remonter le temps" qu'elle disait, faisant ricaner son ombre qui observait la scène depuis le néant. Si le Rôdeur était incapable de changer le passé, il se serait bien passé en revanche que des gens le fassent malgré tout. Kira, Kerowyn, tout ce bordel, peut-être que ça aurait été plus sain pour lui que les lois élémentaires ne soient jamais bafouées.
Ou pas, songea-t-il en levant un sourcil, en se rappelant ce qu'il était devenu dans la trame originelle.

De plus en plus perdu, il prêta toutefois l'oreille aux conseils de la Marquée, qui n'ayant pas vraiment de solution à lui proposer, lui suggérait au moins de prendre cette affaire d'une façon saine. Une opinion posée et appréciable, supposa le Rôdeur...et qui lui était d'une absolue inutilité.
Sa colère recommença à gronder, tendant ses muscles gonflés au clair de lune. Les murmures de son ombre, qui n'étaient autre que les siens, creusaient le fossé qui séparait déjà l'ancien mercenaire au coeur d'or de la jeune femme et de son monde.


"Et partir encore plus à l'aveugle." gronda le borgne.

Il regrettait amèrement d'avoir essayé de se confier, de demander de l'aide. Baisser sa garde lui avait demandé des efforts considérables, et le sentiment de vulnérabilité qui pesait sur ses épaules le rendait nerveux...tout ça pour qu'on lui dise "je sais pas, démerdes-toi".
S'il voulait son avis, c'est bien parce qu'il était perdu ! Il balançait entre l'ordre et le chaos, la bienveillance et la destruction. Des milliers d'exemples lui venaient en tête, parfois d'une extrême pertinence, parfois simplement dû à sa folie.


"De toutes les erreurs que j'ai pu commettre, je ne sais même pas desquelles je dois tirer une leçon ! Et tu me dis de me tourner vers l'avenir ?"

Méprisable gamine...comment avait-il pu seulement croire qu'il pouvait obtenir de l'aide d'une enfant pourrie-gâtée, de très loin sa cadette, à ce point ignorante des choses du monde qu'elle avait obligatoirement besoin de quelqu'un pour veiller sur elle...et c'était pourtant rarement suffisant.
Sa main droite, laissée libre, se crispa dans le vide alors que les échos de sa sombre personnalité gagnaient peu à peu l'affrontement.


"J'ignore si j'ai eu tort d'emménager avec Liyu...ou de la laisser partir sans moi, tout comme j'ignore si c'était une erreur de m'attacher à toi."

Tant qu'à mettre le pied dans le plat, autant y sauter pieds joints. La jeune barde avait occupé une grosse partie de ses très nombreux soucis, très probablement à tort cependant, de ça le Rôdeur en était presque convaincu. C'est son inexpérience qui lui avait attiré tant de problèmes, et il avait décidé de passer outre en allant la chercher à Hatary.
Mais pour son ex-compagne, les problèmes commençaient. S'il avait renié son existence, elle aurait vécu paisiblement dans le désert. Au lieu de ça, en pensant lui offrir une meilleure vie, il était responsable du pire calvaire qu'elle ait connu.
Pourtant, ce n'était pas lui qui l'avait violée...mais qui l'avait ensuite abandonnée. Et le Rôdeur ignorait totalement ce qu'il devait en penser, s'il devait l'oublier ou la rejoindre.

De la même façon, alors que son corps hésitait entre exécuter la Marquée ou au contraire la cajoler dans un énorme besoin d'affection qu'il ne parvenait pas à assumer, Kerorian n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire. Et ça le faisait souffrir d'une façon que ses talents ne pouvaient pas affronter.


"J'ai voulu aimer Liyu, et c'est à cause de moi qu'elle a souffert. J'ignore ce que je dois faire d'elle, et de toi."

Il s'éloigna de quelques pas, ayant besoin de dépenser de l'énergie. L'immobilité allait le faire exploser. Son pied buta sèchement contre un rocher, alors il l'arracha du sol et le balança dans les bois.

"Et s'il t'arrivait la même chose, hein ? Qu'est-ce que je devrais en penser ? Ca ne concernerait pas, et ça ne devrait pas me concerner !"

Complètement perdu, il lui tourna le dos. Il failli partir sur la droite, se ravisa, et soupesa plutôt son épée. Cette précieuse, et si simple épée. Du fer, froid, rigide, stoïque. Insensible au temps qui passe et aux tourments de l'âme humaine, cette âme qu'il sentait s'étioler un peu plus chaque jour sans pour autant la comprendre, voilà ce qui lui parlait.
C'était sa vie, et son destin. Est-ce que cette lame pouvait aussi être la réponse à ses soucis ? Il tourna pensivement la lourde épée entre ses doigts, avant de fixer la jeune Pandora d'un regard flamboyant. En revenant d'Esberg, le Rôdeur avait songé que la mort serait une solution pragmatique.
Morte, Pando' ne pouvait être blessée ou humiliée. Il n'aurait plus jamais à se soucier d'elle, ni à se demander "qu'est-ce que j'aurais du faire à ce moment ?".
C'était tentant.


"Tu te trompe. On peut toujours faire quelque chose dit-il d'une voix lente, alors qu'il faisait tressauter la lame entre ses doigts on peut corriger ses erreurs, éliminer ses problèmes, faire des choix..."

Quelle horreur que ce dilemme. La tuer, ici et maintenant, ça serait enterrer son coeur si fragile et pouvoir enfin se consacrer pleinement à la quête primordiale de tout guerrier, plus intense chez lui encore par les maléfice de son épée, et répandre la mort jusqu'à devenir l'homme le plus fort du monde...ou mourir en essayant.
D'un autre côté, c'était une réaction aussi précipité que puérile, et le Rôdeur trouvait remarquablement stupide de vouloir tuer quelqu'un juste après lui avoir dit qu'on l'aimait, en dépit de la gêne immense que ça lui causait.
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Pandora
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Pandobiatch ~ Héritière de la Cendrefer en sursis.
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Mer 10 Avr - 22:08

Voir Kerorian aller et venir dans cette clairière nu comme un ver en déblatérant ses problèmes existentielles avait quelque chose de perturbant. Je savais qu'il n'allait pas bien. Je savais qu'il avait une relation toute particulière avec son ex-femme, qu'il avait traversé nombre d'épreuves, cela ne changeait rien au fait que je n'en savait pas beaucoup sur son histoire. Lorsque je récapitulait en mon fort intérieur les éléments que j'avais à ma disposition, je savais qu'il avait eu un enfant avec une barde, qu'ils avaient emménagés ensembles à Daein, qu'elle avait été capturée - ma propre garde avait aidé à la retrouver - et qu'elle avait finit par le quitter sous l'effet de la peur.

En dehors de cela, que savais-je de Kerorian ? Il était violent et instable. Cela m'avait déjà été utile d'ailleurs. Il était brut, direct, et cela m'avait fait du bien considérant le nid de vipères dans lequel j'évoluais autrefois. Pour toutes ces raisons, peut-être, me sentais-je l'envie de l'aider... Le voir aussi perdu, lui qui était habituellement si peu tourné vers l'expression, me donnait l'impression de faire face à une toute autre personne, et il me tardait de le voir retrouver ses esprits. Et son armure.

Voila maintenant qu'il se demandait ce qu'il devrait faire ou penser s'il devait m'arriver malheur... Et bien ma foi, il ne m'avais jamais caché ce qu'il pensait de moi, il me voyait comme une enfant trop gâtée, qui n'avait jamais eu à lever le petit doigt pour obtenir tout ce qu'elle voulait. Parfois, je me demandais même pourquoi il prenait la peine de voyager avec moi, si courtes ces périodes fussent-elles.

J'avais envie de lui administrer une solide paire de claques pour lui faire retrouver ses esprits. Mais j'avais l'impression que cela ne servirait pas à grand chose... Je croisai les bras, le regardant faire tourner son épée entre ses doigts. A le voir comme ça, il semblait avoir oublié jusqu'à ma présence. Ses paroles devaient me détromper.

Je me trompais ? Lentement, je haussai un sourcil. Je ne pouvais pas m'empêcher de sentir quelque chose dans ces mots, un sous-entendu qui m'échappait, mais peut-être était-ce simplement le fait de le voir discourir en regardant fixement sa lame.

- Corriger ses erreurs et éliminer ses problèmes sont des possibilités. Modifier une action passée reste impossible.

J'en venais presque à me demander lequel de nous avait le plus besoin de l'autre... Étais-ce moi, qui comptais sur Kerorian pour m'aider à gagner en expérience et en force, ou lui, qui cherchait désespérément à être rassuré sur ce qu'il avait fait ? Et bien, ce n'était pas mon rôle de lui trouver des justifications. Il n'avait de toute manière pas besoin de moi pour s'en trouver.

"Ais-je mal fait ? Aurais-je dû agir ainsi, plutôt que comme ça ?" tout cela me paraissait atrocement futile. Ce qui était fait était fait, il n'appartenait qu'à lui de décider, au regard de sa situation actuelle, s'il avait choisit judicieusement. Le cas échéant, effectivement, il était toujours dans ses moyens de réparer ses erreurs. Restait à voir ce qu'il jugeait erroné et ce qu'il jugeait juste.

- S'il devait m'arriver malheur, et bien... Tu serais sans doute débarrassé d'un problème bien encombrant, non ? N'es-tu pas le premier à dire que je suis fragile et trop gâtée ?

Je laissai transparaitre tout le cynisme dont j'étais capable dans ces derniers mots. Certes, je n'étais pas encore maîtresse de ma vie, mais j'y travaillais. Ce n'était plus qu'une question de temps et d'efforts, et j'étais déterminée à les mener à bien. Lentement, je passai mon doigt le long de la cicatrice qui barrait ma joue, rappel du serment que nous avions passé, Kerorian et moi.

- Si ta femme a souffert, cela peut-être de ta faute, indirectement. Certes, c'est toi qui l'a emmenée à Nevassa. Reste que ce n'est pas toi qui l'a séquestrée et violée. Tu as même fait de ton mieux pour l'aider, et elle t'a remercié en te jetant et en partant avec ton enfant. A mon sens, c'est elle qui a fait une grossière erreur en rejetant la seule personne qui était assez bonne poire pour bien vouloir la défendre.

Oui, je l'insultais complètement. J'avais envie de le voir énervé quelque part, même si cela m'effrayait... Je connaissais le Kerorian en colère. Le Kerorian en pleine crise émotionnelle m'était par trop étranger.


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Jeu 11 Avr - 10:40
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L'important n'était pas de savoir si on pouvait changer le passé - lui avait déjà eu sa dose, et ne tenait pas à réitérer l'expérience - mais de comprendre quelles leçons en tirer. Lui qui balançait entre un cœur de chevalier ou de démon hésitait sur lequel écouter...et la Marquée lui fournit une réponse à laquelle il ne s'attendait pas.
En se laissant emporter, en mettant enfin des mots sur les peurs qui le rongeaient, Kerorian avait laissé entendre que la noble déchue lui était précieuse et qu'il serait bien foutu de souffrir comme il avait souffert pour sa barde si un triste sort lui arrivait... La révélation était à la fois libératrice et humiliante, mais Pando' suggéra que sa disparition serait une bonne chose pour lui.
Elle l'encourageait alors sur la voie du sang ? En se repliant sur lui-même, il pourrait s'immuniser définitivement contre les souffrances inhérentes à sa fragile humanité...cela dit, le Rôdeur se serait attendu à ce que la gamine lui réponde plutôt le contraire ! Après tout, c'était une fille et une jeunette en prime. Jusqu'à maintenant, toutes celles répondant à ces critères lui avaient tenu le même discours de pacifiste neuneu que Liyu.

La suite ne l'aida pas vraiment plus à fixer ses pensées. Elle explicita une évidence, qui était probablement agréable à entendre...et en titillant sa face sombre, particulièrement possessive. "Ton enfant" avait-elle dit, et pas "le vôtre". Le guerrier aux yeux rouges tiqua au terme "bonne poire", et se redressa hostilement. Il n'appréciait pas, surtout en pleine période de troubles, qu'on l'insulte à cause de sa naïveté et sa générosité.
Dans la bouche de Pando, l'affaire prenait un sens très...clair. Liyu était une abrutie, à moitié cinglée et roublarde en plus. Le Rôdeur mourait subitement d'envie de partir à sa recherche pour la tabasser histoire de la faire payer pour la semaine d'angoisse qu'il avait eu après sa disparition...et d'écrabouiller leur rejetonne au passage.

Kerorian commença à faire les cent pas de long en large en se grattant furieusement la tête, il marmonnait ses pensées à demi-voix, profitant que son ombre soit son reflet pour pouvoir se parler à lui-même.
Est-ce qu'il avait tort de ne pas rejoindre la musicienne ? Il ne doutait pas un seul instant que s'il se présentait à elle, tout sourire, elle l'accueillerait avec un immense bonheur...c'était dommage, voire égoïste, de priver quelqu'un de soutenir et de joie pour une raison qu'il ne parvenait pas à déterminer, non ?
Mais à côté de ça...qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à foutre de cette grognasse ? Bordel, c'est parce qu'il l'avait aidée qu'il s'était retrouvé dans cette immense galère. En voulant faire une bonne action, en protégeant le petit brigand dont elle s'était amourachée, il s'était lui-même condamné sans le savoir.
Et en plus...pourquoi c'était à lui de tout faire ? Bordel, il leur avait cherché un foyer à travers tout Tellius, et il l'avait fait seul ! Pendant que toute cette petite bande de détraqués mentaux glandait dans un pays qu'il leur avait lui-même désigné, lui, "la bonne poire", devait risquer sa peau par monts et par vaux, en ne pouvant compter sur personne d'autre que lui-même pour survivre et trouver un avenir pour "les siens".

Et on le lui avait reproché en plus ! Kerorian se remit à bouillir de rage en se rappelant avec dégoût comment on l'avait traité. Liyu et les autres pétasses pouvaient couler des jours tranquilles, se nourrir à leur convenance et dormir sur leurs deux oreilles grâce à lui, et lui avait du les fuir car sa propre "famille" l'avait pris en chasse !
Même en abandonnant ses rêves, en prouvant sa valeur et en surpassant sa malédiction...il n'était rien d'autre qu'un étranger, ou un ennemi. Il n'avait jamais vu SA fille grandir, et celle du futur lui en voulait encore. Quant à Liyu...le Rôdeur était prêt à parier que cette chienne aurait offert son cul et son lit au premier connard qui le lui aurait demandé, pourvu qu'il lui permette de vivre mieux.
Elle était bien pire que Pandora ! La Marquée au moins, malgré tous ses défauts, voulait grandir et faire quelque chose.

A bout de nerfs, il hurla de rage pour évacuer la pression et balança la Zwei contre un arbre. L'épaisse lame s'y planta dans un bruit pas, et resta à dodeliner dans l'écorce alors que le Rôdeur se prenait la tête dans les mains.
C'était ça, sa réponse ? La haine ? Il secoua la tête...sa colère n'était que la conséquence de sa réflexion, qui menait elle vers un sentiment...de justice. Liyu avait...mérité ce qui lui était arrivé. Elle avait gâché sa vie, et n'avait jamais levé le petit doigt pour soutenir son "amant". La seule chose bien qu'elle eut jamais fait pour lui, c'était de lui ramener Zwei.


"Si elle n'avait pas été aussi truffe, ça ne serait jamais arrivé."

Et ça valait pour lui aussi. La naïveté était son véritable ennemi...mais était-ce le seul ?
Comme s'il se rappelait de son existence, le Rôdeur braqua à nouveau ses yeux flamboyants sur la jeune noble. Son ombre et ses instincts ridicules lui soufflèrent à nouveau de goûter à la marchandise, bien plus fraîche et alléchante que la pitoyable musicienne, qu'il n'avait aimé que par erreur et ignorance.
Il écarta aisément l'offre bestiale, alors qu'il jaugeait intensément la jeune fille. Cette gamine...était pénible. Prétentieuse, précieuse, et hautaine. Un cocktail insupportable, qui limitait le temps que pouvait passer Kerorian à ses côtés. En vérité, il s'étonnait souvent de ne pas lui flanquer des claques à longueur de journée...
Pourtant, il ressentait...de l'affection pour elle. Pas celle qu'il avait cru avoir pour Liyu, ni même celle qu'il offrait à sa vieille épée bâtarde. C'était une autre forme de sentiment. S'il ne savait y trouver un nom, le Rôdeur avait en revanche sa réponse, à sa question précédente.
"Que ferait-il s'il devait lui arriver le même sort qu'à Liyu ?" hé bien...si elle attendait un enfant, il lui trouverait une herboriste pour arranger ça. Si elle accouchait d'un enfant, elle se démerderait avec, c'était pas ses oignons. Et si elle se faisait agresser, c'était une évidence telle qu'il se demandait comment il avait pu être aussi stupide :
En cas d'agression, le Rôdeur ferait la même chose que d'habitude. Il tuerait quiconque oserait lever la main sur elle. Et ce ne serait pas la première fois.
Il pointa un doigt déterminé sur elle.


"Toi. Tu es MA Pando'."

C'était plaisant d'affirmer une vérité. Autrefois désintéressé, le guerrier devenait de plus en plus possessif. Conséquence de l'âge adulte, de sa malédiction, ou raisonnement sensé ? Peu lui importait. On ne touchait pas à ses propriétés, c'était à lui. Et lui, il cogne plus fort que les autres.
De cette pensée naquit une tentation. Puisqu'il était si fort...pourquoi ne pas étendre son domaine de possession ? Grâce au Roi Fou, Daein offrait sa chance à quiconque en possédait le pouvoir. Il n'était pas moins dément que le tyran, et pourrait posséder des territoires entiers grâce à sa force. Il le mériterait.

Mais il secoua la tête, s'extirpant de sa rêverie ambitieuse. Le Rôdeur ne tolérerait pas qu'on s'en prenne à ce qui était à lui, mais il demeurait minimaliste. Moins il posséderait, moins il aurait à défendre, et plus il aurait de temps pour se consacrer à sa quête.
Il refoula les instincts bouillonnants qui imploraient pour avoir un exutoire quelconque, et les fit taire. Kerorian  se remit à regarder dans le vide, se frottant le menton, et sentait que d'innombrables questions se bousculaient encore dans sa tête, en particulier en confrontation.
Pour le plus simple des exemples, dit-il en marmonnant, est-ce qu'il devait terminer toute l'affaire "Liyu" en allant la voir, en lui crachant ses quatre vérités à la face, et en partant comme un prince avec option brûler la baraque...ou simplement l'effacer de sa mémoire ? Elle ne valait plus la peine de perdre du temps...mais il n'était pas "noble" de ne pas conclure cette histoire comme il se doit.
Mais c'était un autre dilemme, parmi tant d'autres, qui n'avaient pas l'importance de ceux qui le hantaient jusqu'alors.
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Jeu 11 Avr - 13:49
Au nom des déesses, il en avait du toupet ! Oser prétendre que j'étais à lui ! C'était à mon tour de m'offusquer. Si je devais dépendre d'un être incapable de savoir même ce qu'il voulait, je n'étais pas sortie de l'auberge... Heureusement que j'étais de plus en plus capable de me débrouiller seule. Ses absences étaient de plus en plus fréquentes, et je n'avais aucun mal à subvenir à mes besoins en accomplissant quelques menues tâches. Si j'avais trouvé cela humiliant pendant un temps, j'y trouvais à présent une nouvelle forme de fierté, car cela prouvait que je n'avais pas besoin de mes draps de soie et de la fortune familiale pour rester vivante et en bonne santé.

Et lui, avec tous ses doutes existentielles, avec son incapacité à mener une vie même à moitié saine, ne serai-ce que manger et dormir, venait me dire que j'étais à lui, sa chose ? Je lui aurais ris au nez s'il ne m'avait autant effrayé par ses éclats de voix, ses cris de bête blessée et ses jongleries avec son épée.
Néanmoins, je retrouvait un peu du Kerorian que je connaissait, celui qui se mettait en colère et en voulait au monde entier, en attestait la manière dont il parlait de son habituelle sacro-sainte ex-femme. A vrai dire, les quelques fois où il m'était arrivé de la croiser, je ne lui avait rien trouvé de bien particulier... Elle avait un joli brin de voix, mais c'était bien tout. Une belle potiche, mais inutile, voir encombrante.

- Je ne suis pas à toi, espèce de muffle !

Je croisai les bras, pleine du sentiment de mon indépendance et de ma fierté.

- La seule personne à laquelle j'appartienne, c'est moi-même.

Certes, j’appréciais Kerorian, même lorsqu'il était grognon ou cynique, et même quand il était effrayant de colère, je me souvenais encore avec une douloureuse vivacité du jour où il m'avait étranglé. Mais même cette force qu'il avait, supérieure à la mienne, ne me pousserait jamais à me considérer comme était à lui.

Nous pouvions voyager ensembles. Je pouvais - éventuellement - le considérer comme supérieur à moi dans le sens où il était effectivement bien plus fort que je ne l'étais. J'avais beaucoup à apprendre de lui, c'était certain. Mais peu importe ce que je lui devais, je ne lui appartenais pas.


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Jeu 11 Avr - 16:25

Dans un premier temps, le Rôdeur s'interrogea quant à ce qui avait bien pu se passer dans la caboche fêlée de cette cruche aux yeux vairons. Il la fixa avec scepticisme alors qu'elle déclamait son indépendance identitaire - ça ne veut rien dire, mais ça se comprend bizarrement...peut-être - sans comprendre quel était le lien entre son angoisse sociale à lui, et la réaction de la gamine.
Après quelques secondes, Kerorian trouva enfin. C'était un bête quiproquo, induit par les soucis qu'il avait à s'exprimer, et qui avait jeté la confusion sur le sens de sa phrase, moui. Le borgne n'avait souhaité qu'avouer ses sentiments - platoniques, en dépit des suggestions très colorées de son véritable démon intérieur, d'autant plus séduisant qu'il correspondait donc à ses fantasmes personnels - à sa petite protégée prétentieuse et non pas tenter de l'asservir. Il ne s'était pas débarrassé d'une gonzesse pour s'en traîner une autre !

Cela dit, il avait une flemme souveraine de démêler cette confusion. Le Rôdeur n'aimait pas parler, ni s'expliquer, et encore moins lorsque ses aveux touchants et maladroits finissaient en dispute. C'était bien la preuve qu'il valait mieux qu'il ferme sa gueule, et que moins il en dirait, mieux ça vaudrait pour tout le monde.


"Réponse en bonne et due forme. Ça m'empêchera pas d'estropier les racailles qui en auront après tes appas."

Son ombre lui toisait d'un regard désapprobateur, dans le coin de son champ de vision. Que ce soit sa nature martiale, ou l'influence de son arme damnée, Kerorian savait qu'il déplorait le manque de violence actuel. Tout était...trop calme. Trop facile. Les Cavaliers Noirs semaient le chaos, et la paix s'ébranlait de nouveau...mais pour lui, rien ne changeait.
A part ses relations sociales, et il s'en serait bien passé.
Cependant, le Rôdeur n'avait pas l'intention de céder comme un pauvre animal à l'appel du sang. C'était lui qui maniait l'épée, et non l'inverse. Le combat aura lieu quand il le décidera, pas avant.

Il refoula sa sombre nature, et son visage se para à nouveau un masque de pierre alors qu'il se redressait de toute sa taille...et se sente étonnamment léger. Son regard solitaire se posa avec étonnement sur sa main...nue. Ainsi que sur le reste qui n'était pas plus vêtu.
Bah merde, qu'est-ce qu'il foutait à poil ?
Le guerrier s'examina avec autant de surprise que ne l'autorisait son stoïcisme, réalisant qu'il était parfaitement dépourvu de toute protection. Même Zwei n'était plus là. Il se sentit immédiatement très mal à l'aise, conscient d'être vulnérable aux attaques les plus stupides dans cet état, et chercha son armure du regard et la retrouva un peu plus loin, ainsi que Pando au passage.

Ses yeux rouges, redevenus ternes sous le clair de lune, passèrent de son intimité qui prenait le frais à la jeune Marquée, et son cerveau fut le théâtre d'un nouveau conflit entre le voyageur pudique et timide, qui n'avait pas du tout prévu de se retrouver à walpé devant une demoiselle, qui plus est celle avec qui il a un contrat, et le guerrier pragmatique qui se moquait éperdument qu'on le regarde, se demandant qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire.
Finalement, il lui fit un geste de la main, l'enjoignant à s'éloigner alors qu'il retournait à sa carapace démantelée.


"Retournes-toi."

Kerorian n'aimait pas beaucoup les compromis habituellement...mais pour une fois, celui-ci lui convint. En lui tournant le dos, Pandora préserverait à la fois la maigre pudeur du Rôdeur - ainsi que ses propres yeux qui ne sont plus chastes désormais, tant pis pour eux - et la paranoïa du faucheur d'âmes qui n'aurait pas à craindre un assaut surprise de la vicieuse enfant.
Il rééquipa toutes ses protections, éprouvant une sérieuse peine, comme bien souvent, avec les sangles. Il est toujours difficile de serrer les lanières de ses bras d'une seule main, surtout avec les doigts qui tremblent, en particulier lorsqu'on ne possède plus aucune sensation du bout des doigts, qui plus est en pleine nuit...mais le Rôdeur refusait catégoriquement de demander de l'aide à qui que ce soit.
Sitôt bardé d'acier comme à son habitude, son humeur se détendit quelque peu. Être couvert d'une peau impénétrable avait quelque chose...d'apaisant. Un peu. Kerorian arracha la Dragonslayer du sol pour la remettre dans son dos, et alla déloger la Zwei de son arbre avant de rejoindre Pandora.
Il attendit volontairement de la dépasser, avant de ranger la lourde épée bâtarde, pour bien signaler qu'il ne plaisantait pas.


"Ose seulement évoquer tout ça, à qui que ce soit, et je veillerais à ce que tu ne prononces plus jamais un seul son de toute la longue vie de Marquée qui t'attend."

Les hybrides étaient connus pour vieillir lentement, c'est vrai, mais le Rôdeur avait souvent entendu dire qu'ils possédaient également une espérance de vie considérable, parfois similaire à celles des Laguz. Il ignorait totalement si c'était vrai ou non, n'ayant guère eu l'occasion de la vérifier de ses propres yeux, mais s'en fichait.
Si elle n'allait pas se sacrifier bêtement, le guerrier ferait ce qui à sa portée pour que sa vie soit longue...parce qu'il l'aimait bien. Pour lui, ça ne faisait aucun doute qu'elle parviendrait à se venger, à reprendre son manoir, et y régner pendant longtemps.
Ce qui ne l'empêcherait pas de la réduire au silence si nécessaire.
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Jeu 11 Avr - 18:47

Kerorian en chevalier servant ? L'idée me surprenait. Certes, il fut autrefois mon garde du corps, mais je l'avais alors payé. Et voila que maintenant, il me disait qu'il me protégerait. L'idée me paraissait étrange, car l'idée n'était-elle pas justement de m'apprendre à me débrouiller par moi-même ? De quoi devrais-je apprendre à me défendre s'il annihilait les menaces avant qu'elles ne me touchent ?

Je n'eut pas le temps de lui répondre cependant, car il sembla enfin réaliser qu'il était nu. Il était temps ! Je ne savais plus où poser les yeux ! Il m'invita à me retourner, ce que je fis sans me faire prier, et j'attendis sagement qu'il se fut vêtu décemment. Non mais sérieusement... Quelle idée de se balader parfaitement nu en pleine forêt, même en pleine nuit... J'en avais encore les joues cuisantes. Finalement, après un temps qui me parut infini, il me rejoignit, enfin habillé. Je lui fis alors face au moment où il proférait cette ridicule menace.

-Tu me pense réellement assez stupide pour me vanter de t'avoir vu dans ton plus simple appareil ? C'en serait finit de ce qu'il reste de ma réputation !

Comment avait-il même pu penser que j'en parlerais, la chose m'échappait. Quoi qu'il en fut, maintenant que la crise était passée, je sentais la fatigue revenir au grand galop, et je retint un bâillement en ramenant ma main devant ma bouche.

Oui, indéniablement, et aussi inconfortable fusse-t-elle, je n'avais pas finit ma nuit et j'avais bien besoin de remédier à cela. Non mais vraiment...N'aurait-il pu choisir un meilleur moment pour sa crise existentielle, ce grand dadais ? Je fis la moue en me frottant les yeux.

- Si tu permets à présent, et si tu n'as plus besoin de mes "lumières", je m'en vais retrouver la chaleur toute relative de ma couverture.

Sur ces mots, je tournai les talons et m’enfonçai dans les bois, espérant simplement que je ne peinerais pas trop à retrouver les restes de notre petit campement, sans quoi j'étais bien partie pour me réapprovisionner en matériel de première nécessité et en vivres... Et maintenant, je mesurais à quel point tout cela coûtait cher.


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Kerorian
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Jeu 11 Avr - 19:13

Hmm. Il sera à noter que le plus gêné des deux, dans cette nudité nocturne, ne fut pas le Rôdeur. Parmi toutes les choses qui demeuraient un mystère impénétrable pour Kerorian, et qu'il ne souhaitait pas creuser de peur de s'enfiler dans un océan où il n'aurait jamais pied, il y avait la découverte de la sexualité.
Or, il ne tenait pas le moins du monde à expliquer le pollen et les abeille à une jeune fille en fleur, et encore moins à devenir le mannequin-découverte ou la cible de ses hormones. Plus ils éviteraient le sujet, mieux leur duo se porterait.
C'était peut-être aussi une des raisons qui lui faisait apprécier la Marquée, songea le guerrier. Elle n'était pas - encore, et pourvu que ça dure - une de ces folles du cul ou tout court qui lui couraient après.

Cela dit, le problème restait en suspens, et si elle ne s'était pas déjà éloignée en se plaignant de la fatigue à ce moment, le Rôdeur lui aurait volontiers tapé sur la tête. En fait, heureusement qu'il était trop loin à ce moment, car il se demanda s'il aurait réussi à contrôler sa force dans son état actuel pour ne pas lui broyer le crâne.


"Ca, c'est ton problème. Moi, je parlais du reste."

Rétorqua sa voix rêche lorsqu'il lui emboita le pas. Qu'elle aille donc clamer avoir enfin vu le loup si le coeur lui en dit, lui s'en foutait royalement. Une personne sur deux, approximativement, sur l'ensemble du continent possédait un phallus plus ou moins fonctionnel, et l'autre moitié de la population en avait déjà fait l'expérience, que ce soit dans un cadre intime, judiciaire, ou tout autre suggestion de l'imaginaire. Le Rôdeur n'allait pas s'en offusquer, d'une manière ou d'une autre.

En revanche, il avait déjà du mal à tolérer le fait d'avoir partagé ses s...sentiments avec la mistinguette à la langue bien pendue, et ne supporterait pas que quiconque en entende parler, en particulier s'il n'était pas le locuteur.

Puis, le temps de retrouver leur campement, une nouvelle idée lui trotta en tête. Aussi futile que ça lui paraisse aujourd'hui, Kerorian comprenait très bien le fait d'être sensible à sa réputation. Pour Pandora, ancienne noble, et jeune fille au caractère épouvantable, ça devait être d'autant plus vrai.
Entre deux menaces de mort, il pouvait bien terminer la soirée par un véritable conseil, trouvé là à l'instant, presque en retournant un rocher, non ?


"Quant à la réputation...si un jour elle était entachée, tu n'aurais qu'à en construire une nouvelle. Le souvenir des années cède rapidement la place aux nouvelles de la veille."

Lui-même était bien placé pour le savoir, songea-t-il avec une pointe d'amertume en se calant contre un tronc robuste. Voilà quelques temps maintenant, on le reconnaissait avec entrain dans la rue...aujourd'hui, il était probablement qu'on ne se souvienne même plus du pauvre naïf qu'il était, son existence totalement écrasée par la violence implacable du chevalier aux yeux rouges.
Il doutait même que quiconque ait déjà fait le lien entre eux, tant l'écart entre ses deux "personnalités" était drastique...et c'était mieux ainsi.
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