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Le chant du Crépuscule [Pv Pandora]

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Kerorian
Admin. Casseur de dents stoïque.
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Mer 12 Déc - 16:39

Et voilà, une journée de plus à errer, à traîner les pieds de mission en mission pour gagner quelques roubles. Un quotidien qui l'exaspérait au plus haut point. L'absence de défi lui pesait, c'est vrai...mais il n'y avait pas que ça. Un étau l'oppressait, et bientôt il craquerait.
Avec la nuit qui tombait, ils s'étaient installés dans un bosquet. Enfin, Pandora s'était installée, sensible qu'elle était aux faiblesses de sa propre humanité. Le Rôdeur lui l'avait laissé faire son feu, se préparer pour la nuit, et était resté pareil à une statue jusqu'à ce qu'elle ne s'endorme. Après un moment, il avait fini par se lever, et disparaître entre les bois dont les feuilles se paraient de mille et unes couleurs à l'approche de l'automne.

Marcher lui faisait du bien. Sans doute. Il avait besoin de réfléchir, de s'affronter enfin pleinement. Sous le clair de lune blafard, comme un sourire narquois, Kerorian ruminait inlassablement son dilemme avec la certitude de foncer dans un mur.
Ses pas le conduisirent jusqu'à une petite clairière, isolée, enfoncée dans les bois nocturnes. Cet étrange cercle, où pas même une fleur ne poussait, lui évoqua un sanctuaire de fées, ou de sorcières. Un lieu de rituels et d'énergies magiques, où réalités, légendes et surnaturels se côtoyaient en silence. Étrangement, cet endroit lui plût. Peut-être à cause du fait qu'il lui ressemblait un peu, quelque part.
Le Rôdeur commença à en faire le tour, sans rien remarquer de particulier. Il ne lui serait guère utile de s'attarder ici, pourtant il le fit. Au lieu de reprendre sa route, le vagabond décrocha sa sinistre épée de son épaule et la planta au centre de la clairière avant de croiser les bras et de la fixer.

Ca aussi, il le faisait souvent...essayer de confronter sa lame, qu'il tenait pour l'objet de tous ses malheurs et espoirs. Jusqu'à maintenant, sans résultat. Mais aujourd'hui, le Rôdeur était à bout. Prenant son courage à deux mains, il se délesta de son armure, laissant tomber la lourde carapace d'acier au sol, et inspira à plein poumon l'air frais du soir.
C'était une sensation...étrange. Cette légèreté, le contact de la brise nocturne sur sa chair ravagée, insensible. Cela sonnait comme une récompense, pour avoir arrêté de se cacher. Seule demeurait sa bonne vieille Zwei, ancrée à sa hanche, comme toujours.


"Maintenant, on va régler ça."

Quoi donc, il n'en était toujours pas certain...et c'était bien là son but. Sa tête bourdonnait, comme toujours, des hurlements des damnés, de toutes ces âmes arrachées par la force et condamnées à être consumé pour son propre pouvoir. Mais Kerorian s'y était habitué, et s'il ne pouvait les réduire au silence, il savait supporter cet ouragan bruyant.
C'était autre chose qu'il guettait, ce petit murmure en arrière-fond, dans un recoin de son crâne. Cette voix insidieuse, pernicieuse, dont les plus petits souffles pourtant avaient le pouvoir de lui faire commettre le pire. Il se concentra dessus, plongea à travers la tourmente en chassant spectres et rancunes à coup de coudes et de dents. Une sensation de chaud-froid le traversa, un contact s'était établi. Enfin.
Comme lorsqu'il partait au combat, son épée générait une nouvelle présence. Elle "vivait", à travers lui mais à sa propre façon pourtant. Autonome, mais dépendante.


"Il y a beaucoup de choses à se dire. Maintenant."

Un ricanement lui parvint, en première réponse. "L'autre" était bel et bien là, et lui répondait. Cette entité qu'il pouvait ressentir par l'épée noire qui les liait. Pourtant, il n'y avait personne...mais si Kerorian fermait les yeux, ou s'il "regardait" pas son oeil mort, il pouvait deviner sa silhouette. Comme un reflet, sa propre ombre, qui se tenait à quelques pas à peine de la Dragonslayer et qui le narguait.

Sans le quitter du regard, le Rôdeur fit les cent pas dans la clairière comme un lion dans sa cage. Comme bien souvent, il déballa tout ce qui lui pesait tant sur le coeur. Les choix qui s'offraient à lui, devenir un héros ou un démon, un voyageur oublié ou une légende immobile. Tout lui était possible, et chaque voie était piégée.


"Je t'ai déjà dominée, maudite lame, alors pourquoi je me devrais me forcer à semer le chaos ?"
*Tu n'as rien dominé, petit homme, pas même tes propres peurs.* lui répondait la voix spectrale.

Il s'en suivait de longs silences, où les énigmes et les réponses se tranchaient, sans avoir besoin d'être échangées. Plus Kerorian se targuait de contrôler son épée, de lui imposer sa volonté tout comme il la maniait physiquement, plus son ombre se gaussait. La voix du spectre, ce minuscule écho, se perdait dans sa propre conscience...alors il parlait, pour le forcer à se séparer de lui et l'enfermer dans la réalité, dans une dimension où il pensait pouvoir l'atteindre.

"Je n'ai jamais cherché à être un bourreau."
*Tu te caches encore derrière des mots. Les armes sont toute ta vie, ta raison même d'être. Depuis toujours.*
"Et alors ?"


Tout en marchant en rond, gardant dans un coin de son oeil droit son ombre qui tournait autour de l'épée d'un pas lent, Kerorian chercha à répliquer. La vie était sûrement la seule chose qui méritait d'être défendue, puisque sans vie il n'y avait rien, ce qui la rendait si précieuse d'ailleurs...mais lui n'avait pas ce sentiment.
Il ne l'avait jamais eu, c'était une certitude acquise. Depuis la première fois qu'il avait tué, jusqu'à aujourd'hui encore...la vie ne représentait rien. Tout comme le soleil se levait pour laisser ensuite place à la lune, le Rôdeur considérait qu'on ne vivait que pour mourir un jour. Même autrefois, lorsqu'il se pensait encore "pur et innocent", avant de découvrir l'épée maudite...
Il secoua la tête en se remémorant cette époque. On le disait bon, et généreux. Trop naïf pour son propre bien même...et pourtant, il tuait. Dès que l'occasion, que l'excuse, se présentait, il tirait sa lame et tuait. Parce qu'il pouvait le faire, parce qu'il voulait voir s'il en était capable. Cette raison l'avait toujours hanté, et continuait à le pousser à la rechercher d'un nouvel adversaire, toujours.
Une voie "de bonté" était impensable. Il ne jurait que par le sang des autres, les protéger au prix du sien n'avait aucun sens...


"Pourtant je n'ai pas envie de devenir un de ces...barbares stupides."
*Death l'a fait, lui. Aujourd'hui, il est invincible.*
"Pas invincible. Il n'a simplement pas encore été vaincu. Le Chevalier Noir aussi était réputé invincible !"
*Ah, on y revient déjà alors ?*
"La ferme ! J'ai déjà choisi de me consacrer aux armes, et dans vingt, trente ans, l'âge qui me sépare de Death je pense, je serais largement aussi fort que lui...mais différemment !"
*La puissance a un prix...lui, l'a sûrement payé par la loyauté, ou l'abandon.*
"Hé bien moi non ! Je ne me soumettrais pas, ni à toi ni à personne ! Je trouverais ma propre voie et je le surpasserais ! Ma force sera différente, mais elle me suffira à l'écraser !"

Comme à chaque fois qu'il s'adressait directement à son ombre, celle-ci lui riait au nez. Maléfice inventée par son épée, ou projection de sa simple conscience intérieure ? Le Rôdeur n'avait pas la moindre idée de quelle différence cela faisait...

Cela faisait des heures, qu'il répondait à cette voix que lui seul entendait. Au milieu des ténèbres, sous le regard impartial d'une lune brisée, Kerorian rôdait dans la clairière. Il doutait, il doutait de tout. Même de sa propre force, jusqu'où s'élevait-elle ? Jusqu'où pourrait-il la pousser, avant qu'ils n'atteigne la limite de trop ? Death possédait un pouvoir qui dépassait de loin celui de la Dragonslayer, il le sentait.
Fallait-il se débarrasser d'elle ? Ce serait folie. L'épée était une partie de sa chair, et lui une partie de l'épée. Et puis...abandonner la lame noire, pourquoi faire ? En trouver une autre ? Suivre le chemin pervers d'un autre ? Non merci.


"Puisque tu sais déjà si bien ce que tu veux, pourquoi reviens-tu encore te parler ?"
"Ce chemin n'est pas le bon ! Je fais trop de compromis, ça me freine !"
*Comme Pando ?*
"Pando' ?"


Il s'immobilisa. Ses chairs pâles, à cause des cicatrices et de l'ombre de l'armure, qui les isolaient toujours de la lumière, luisaient faiblement sous le clair de lune. Ses cicatrices accrochaient différemment les rayons nocturnes, lui dessinant dans la pénombre comme des tatouages. La maigre lueur qui l'enveloppait lui donnait des allures de fantôme.
Kerorian ne sut quoi répondre. Pandora...représentait bien son dilemme. Comme Liyu avant elle. Un espoir, et une souffrance. Un poids qui l'enchaînait, et un moteur qui le poussait en avant. Privé de protection, ses sentiments l'assaillirent, le submergeant.

Se prenant la tête entre les mains, le Rôdeur se sentit perdu, comme renversé par une énorme vague, emporté par une avalanche. Avec Liyu, ça avait déjà été très compliqué. Il ne l'avait pas choisie, c'était la malchance, ou le destin qu'importe, qui la lui avait imposée. Et malgré ça, le vagabond avait tenté...tout. Tiraillé entre ses pulsions et ses intérêts, il avait du peser le présent et l'avenir, ses valeurs et ses espoirs. Lorsqu'ils s'étaient séparés...que se serait-il passé s'il l'avait suivie ?
La même chose. C'était certain, se disait-il en baissant le regard avec amertume. Lui n'aurait pas eu le sentiment de vivre, juste d'être enchaîné.


*Tu le sais. Ce n'est pas pour la protéger que tu l'as laissée partir...mais pour te libérer.*

Se mordant les lèvres d'un air pincé, le Rôdeur ne pouvait qu’acquiescer...mais pour Pandora ? Il s'était toujours senti une meilleure...affinité avec la noble, étrangement. Lui plaisait-elle physiquement ? Oui, la barde était mignonne...mais c'est tout. Ce n'était qu'une femme-enfant, timide et mal assurée, une entrave fragile.
Elle aurait toujours remis sa vie entre les mains des autres, pour se nourrir, pour se défendre, tout. Lui, si égoïste, si solitaire...ne pouvait qu'être mal à l'aise en sa présence. Autant adopter un petit chat, il aurait été plus mignon et plus simple.
Pando en revanche...ses manières étaient insupportables, son arrogance lui donnait envie de l'étrangler encore chaque jour, pourtant il continuait à rester avec elle. Kerorian savait que elle, il l'avait choisie. Choisie et appréciée, en toute lucidité et non pas après une nuit d'amour involontaire et ignorante.


"Est-ce que c'est une faiblesse..?"
*Tu devrais te la faire, non ? Qu'est-ce qui t'en empêche ?*
"Il en est hors de question ! Je ne la protège pas pour lui faire du mal !"
*Ah oui ? Pourquoi la protège-tu alors ?*
"Je..!..je..."


Il ne sut quoi répondre. Les émotions lui serraient le coeur, si fort qu'il le croyait prêt à jaillir de sa poitrine. Déboussolé, Kerorian fut frappé de vertige et se reprit le visage dans les mains en secouant la tête. Il est vrai que la version la plus simple et pratique de voir sa vie, c'était de se laisser guider par ses pulsions. De prendre ce qui lui faisait envie, quand il le pouvait, sans attendre autre chose.
Sans projet d'avenir, il pourrait vivre le présent à pleines dents...sans pourtant autant en abuser. Puisque massacrer la plèbe le répugnait, il n'avait qu'à s'en éloigner et manger des pommes ! Et lorsque la solitude l'ennuierait, un séjour "extermination" pour se requinquer et hop ! On n'en parle plus.
Et ça présentait une réponse à son énigme. "Pourquoi défendait-il certaines personnes, et pas d'autres ?" Non pas altruisme, bien au contraire. Par pur égoïsme. Liyu lui avait plût, pour une bonne raison ou non, alors il l'avait voulu pour lui et lui seul. Sa rage et son empressement pour la retrouver lorsqu'on la lui avait enlevée n'étaient pas motivés par un amour qu'il ne ressentait pas...mais par l'offense qu'on lui avait faite. On lui avait pris son jouet, sa chose, et ce seul acte méritait punition.
Avec Pandora...c'était la même chose. La fille lui plaisait, physiquement, moralement. Il voulait la voir grandir, devenir forte...appétissante. Kerorian le comprenait, il souhaitait l'aider à grandir...pour pouvoir la croquer au plus haut de sa forme un jour, et il refusait de laisser quelqu'un d'autre le faire à sa place. Elle était à lui, car il l'avait choisie.

Il secoua la tête de plus belle, se débattant violemment comme si on l'avait enchaîné. Cette vie le répugnerait ! Vivre comme une bête, un animal, se laissant porter par son instinct...c'était indigne d'un guerrier ! A quoi bon chercher le pouvoir absolu si c'était pour vivre comme un chien !?
Et il recommença à marcher, de long en large, d'un air abattu. Les meilleures raisons du monde ne méritaient pas qu'on s'y intéresse, et les plus mauvais choix qui s'offraient à lui n'étaient que des pertes de temps. De nombreuses vérités émergeaient, beaucoup trop à vrai dire, et qu'il ne pouvait pas toutes accepter...
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Pandora
Pandobiatch ~ Héritière de la Cendrefer en sursis.
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Jeu 13 Déc - 13:19
La nuit était fraîche. Après une nouvelle journée de mercenariat, menée de concert avec Kerorian, nous nous étions installés dans un petit coin de forêt. J'avais sorti de ma besace une couverture nouvellement acquise et m'étais enroulée dedans pour manger un repas bien mérité puis, fourbue, je m'étais installée entre les racines d'un arbre massif pour me protéger du vent nocturne et trouver le sommeil.
Le temps se refroidissait, et je me disais qu'il me faudrait peut-être trouver une tente pour me protéger du vent lorsque viendrait la saison froide. Elle serait, certes, moins virulente qu'en mon pays natale, mais à Daein, j'avais été protégée par les murs de pierre du manoir Cendrefer. Ici... Je n'avais rien de tel. Mes vêtements et une couverture, et ma besace pour me servir d'oreiller. Kerorian préférait éviter de passer les nuits à l'auberge.

Je ne savais pas comment il faisait, d'ailleurs. Lorsque je m'endormais le soir, il était encore éveillé. Et lorsque je me réveillais, que ce soit au beau milieu de la nuit ou au matin, il ne dormait toujours pas. Se reposait-il seulement ? Il aurait dû être dans un état de fatigue tel qu'il n'aurait plus dû pouvoir bouger. Mais inlassablement, tel une créature étrange et grotesque de puissance, il continuait à marcher, à se battre... J'étais impressionnée. Et effrayée. Ce fut sur cette pensée, alors que je discernait encore la silhouette trapue de mon ancien garde du corps, que je finis par sombrer dans le sommeil.

Pour me réveiller... Beaucoup trop tôt. Le soleil n'était pas encore levé, mais un brusque courant d'air frais m'avait fait ouvrir les yeux. J'avais le sommeil léger ces derniers temps... Et en plus, je sentais une pression désagréable sur mon bas ventre. J'avais besoin de me soulager. C'était sans doute cela qui m'avais réveillée. Je n'avais pas envie de quitter la relative chaleur de ma couverture, mais je n'avais pas trop le choix... Prenant mon courage à deux mains, encore ensommeillée, je poussai ma couverture sur le coté avec un petit glapissement à cause du froid. Rapidement, mes yeux firent le tour de la clairière. Kerorian en était absent. Il n'était même allongé en train de dormir, non, juste... absent. Il avait sans doute décidé de repartir suivre son chemin, comme il le faisait souvent... Cela voulait dire que j'étais seule responsable de ma vie jusqu'à nouvel ordre.
A chaque fois, cela me faisait un petit pincement au cœur. Je m'habituais à sa compagnie, et il disparaissait. Mais je commençais à m'y faire... Avec ce rôdeur, on ne savait jamais sur quel pied danser.

Je fus rappelée à l'ordre par ma vessie qui demandait toujours à être soulagée. Je m'éloignai donc quelque peu dans les bois pour ce faire, me disant que plus vite ceci serait réglé, plus vite je pourrais retourner "au chaud" sous ma couverture. Je fis mon affaire rapidement, mais alors que je m'apprêtais à revenir au "campement", quelque chose m'interpella. Un bruit. J'entendais un bruit plus loin dans la forêt. Pas un hiboux ou un animal, mais... Une voix, lointaine. Je ne la reconnaissais pas encore, mais la prudence me dicta de retourner chercher au moins mes armes et d'aller voir discrètement de quoi il s'agissait. Ce que je fis donc.

Silencieusement, je retournai au campement chercher ma rapièce et mon tome de glace, puis je retournai quête de cette voix. Je la retrouvai rapidement, et plus je la suivait, plus je la reconnaissais. C'était celle de Kerorian. Alors il n'était pas parti finalement ?Avec qui pouvait-il bien parler ? Rassurée, je quittai ma posture méfiante pour me presser vers ma destination. Je n'entendais aucune autre voix... Mais Kerorian n'était pas du genre à parler tout seul, non ? Il n'était déjà pas du genre à parler tout court...

Finalement, je débouchai sur une clairière. Je serais sans doute tombée en admiration devant la majesté du lieux, son aspect féérique, si un autre élément ne m'avait pas autant perturbé.

Le rôdeur était nu comme un ver.

"Kerorian ! Qu'est-ce qui te prend ?"

Le rouge me montai aux joues, et je cherchai quelque chose, n'importe quoi, sur quoi accrocher mon regard pour ne pas qu'il se fixe de lui-même sur le rôdeur. Finalement, je ramenai mes mains sur mon visage résolument. Quelque part, je me demandais si je n'avais pas interrompu Kerorian dans un moment... D'intimité, puisque la légende voulait que les hommes apprécient particulièrement de...
Mais bon sang, à quoi je pensais moi maintenant ! Essayant de chasser les images perturbantes qui envahissaient mon esprit, je lui tournai carrément le dos, brûlante de honte.

"Tu... tu pourrais te rhabiller s'il te plait ?"

Une chose était certaine, je n'avais plus sommeil. Misère de misère...


« Je commande. Tu obéis. »
La fille des Cendrefer parle en ivory.
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Kerorian
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Jeu 13 Déc - 16:18

S'il y a quelque chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'était bien à ce que Pandora déboule subitement, le prenant un flagrant délit de conflit intérieur et de vulnérabilité. Pendant une seconde, il se figea, comme il l'aurait fait autrefois. Mais lorsqu'elle se cacha le visage et se détourna, le Rôdeur pensa qu'elle était plutôt...une chance de tirer de meilleures conclusions. Seul, il tournait en rond, tiraillé entre trop de vérités.

*Regarde là, cette salope, elle en meurt d'envie !*
"La ferme !"
tonna t-il avec violence, en fixant son ombre de son oeil mort.

Pris au dépourvu, sans armure, sans rien, et dans une profonde confusion...Kerorian se sentait assez mal. Étrangement, c'était...agréable, d'une certaine manière. Il se sentait humain, pour une fois depuis longtemps. Cela dit, il parvenait pas à desserrer sa main gauche, résolument agrippée à la Zwei. Peu importe combien de fois il le leur ordonnait, ses doigts refusaient de lâcher prise.
Toutefois, se moquant éperdument de sa pudeur, il s'avança vers la jeune noble déchue. Puis, son ancienne timidité resurgissant peut-être, ou bien le doute retenant sa langue, il hésita. Son regard errait, cherchant ses mots.


"Pando...est-ce que j'ai eu tort ?"

Une question stupide bien sûr. "As-t-ton tort de sauver une vie ?", aucun humain, même fou, ne répondrait non car la question était trop vague. Mais ce n'était pas celle qu'avait posé Kerorian. Lui, redoutait plutôt un échec total, et si chaque fois qu'il avait fait était le mauvais ? Si toutes les fois où on lui avait tendu une main, il avait saisi celle qu'il ne fallait pas ?

"Pour Liyu...Pour toi...pour tout le reste ?"

Les murmures de son fantôme se voulaient rassurants, pour une fois. Qu'importe sa réponse, il n'appartiendrait qu'à lui d'en tirer les conclusions qui lui conviendraient...autrement dit, autant qu'elle se taise. Si rien de ce qu'elle puisse dire ne pouvait l'aider, à quoi bon l'écouter ?
Mais le Rôdeur...l'aimait bien. Qu'importe que ce soit éphémère, ou stupide, aujourd'hui, Pandora représentait beaucoup plus pour lui qu'il ne l'aurait voulu, et de par cette importance, il comptait pour la première fois sur elle pour l'aider.
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